Monthly Archives: février 2018

Être « pour » l’Europe

Être « pour » l’Europe

« S’émerveiller de la puissance de l’Esprit de Dieu pour notre temps ».  Dès le début, le cardinal Walter Kasper a accompagné et soutenu le cheminement d’Ensemble pour l’Europe. Lors du dernier Congrès, le 30 juin 2016 à Munich, il a partagé ce qui lui tient à cœur.  

Chers amis, c’est merveilleux d’être de nouveau avec vous, et encore plus merveilleux de voir ce que vous êtes devenus depuis Stuttgart 2004. Le rêve d’alors commence à devenir une réalité. L’Esprit de Dieu est puissant pour notre temps. Nous avons des raisons de rendre grâce.

1.   Notre rêve a commencé à Augsbourg le 31 octobre 1999. Les chrétiens protestants et catholiques ont déclaré officiellement et conjointement : ensemble nous confessons que Jésus-Christ est notre salut. Beaucoup ont prétendu que cette déclaration ne signifiait rien et qu’elle est restée sans suite. Non, elle n’est pas restée sans suite. Vous êtes cette suite, votre mouvement en est le fruit. Le pape Jean-Paul II avait raison. Cette déclaration a été un jalon déterminant.

Un jalon est une étape sur le chemin, pas le but. La prochaine étape est déjà devant nous : en automne 2016 à Lund, en octobre 2017 à Wittenberg. Il y a encore des sceptiques. Nous disons : 500 ans de séparation, ça suffit ! Cela ne peut pas rester comme ça. Ce serait trahir Jésus-Christ et une honte devant le monde si nous nous en tenions seulement à de belles paroles sans effet.

Nous avons un rêve, mais nous ne sommes pas des rêveurs. Nous savons que l’œcuménisme est une manifestation de l’Esprit Saint dans l’Église. On peut compter sur Lui. C’est lui qui a été l’instigateur du mouvement œcuménique. Il le conduira à son aboutissement. L’unité dans la diversité réconciliée est possible. Dites aux experts de la séparation qui font des réserves : « Nous sommes des experts de l’unité ». Nous l’avons expérimentée : déjà aujourd’hui, elle est possible, bien plus que vous ne pensez ! Chacun peut se lever, chacun peut changer sa façon de penser.

2.  L’unité de l’Église est d’autant plus importante qu’aujourd’hui l’Europe est en danger. « Ensemble pour l’Europe » est plus important qu’avant. Dans cette situation très critique de l’Europe et du monde il ne s’agit pas de nous. Le mot le plus important dans votre programme est « pour ». Ensemble « pour » l’Europe.

Quand j’étais jeune, après le désastre de la deuxième guerre mondiale, l’Europe représentait un projet de paix pour nous les jeunes. Des ennemis allaient devenir amis. Cela a donné 70 ans de paix et de prospérité, plus longtemps que nos ancêtres avaient jamais rêvé connaître. Ce n’est pas un rêve, c’est la réalité, c’est notre avenir. Voilà que maintenant les fantômes d’un égoïsme national, que l’on croyait enterrés depuis longtemps, sortent de leurs tombes et répandent la peur et la terreur.

Chacun de nous aime son pays, sa langue et sa culture. Nous ne voulons pas le nivellement. La diversité de l’Europe est sa richesse. Mais l’amour de la patrie n’a rien à voir avec le nationalisme qui exclut et marginalise, qui construit des murs et des clôtures. L’amour de la patrie est ouvert, il se laisse enrichir et veut enrichir les autres. Par contre, celui qui remonte le pont-levis va bientôt mourir de faim lui-même.

Le processus de paix européen continue. Le pape François dit que l’Europe est en chantier. L’Europe n’a jamais été terminée, elle a toujours été en chantier. Il a toujours été sa force d’intégrer d’autres cultures : les Celtes, les Germains, les Normands, les Slaves, et les Musulmans que nous ne rencontrons pas aujourd’hui pour la première fois.

Après la chute du mur de Berlin, nous avons laissé éclater notre joie, avec des espoirs de communications sans frontières, de démocratie universelle, de droits de l’homme universels. Maintenant, on est arrivé à un autre rendez-vous avec la mondialisation. Les problèmes du monde viennent chez nous. Ce ne sont pas des chiffres abstraits, ce sont des personnes avec des visages. Ce sont des enfants de Dieu. Ils nous posent de nouveaux challenges. Oui, nous devrions construire des ponts. Les ponts ne nivellent pas les fossés, ils créent des chemins au-dessus des fossés. Nous devrions être bâtisseurs de ponts et artisans de paix.

Le rêve du vivre ensemble de tous les chrétiens et du vivre ensemble pour l’Europe continue. Des tâches nouvelles se présentent : nous devrions montrer l’attrait du christianisme à ceux qui arrivent chez nous, montrer qu’être un chrétien est une belle chose. En tant que chrétiens, nous ne pouvons le faire qu’ensemble, protestants et catholiques, si nous mettons de côté nos différences.

Est-ce possible ? Oui ! En tant que chrétiens, nous croyons en la résurrection et en la puissance de l’Esprit de Dieu. Nous croyons que la vie est plus forte que la mort et l’amour plus fort que la haine. Qui d’autre que nous, chrétiens, est appelé à être témoins de l’espérance pour un nouveau vivre ensemble des chrétiens et en Europe ? Jésus-Christ est au milieu de nous, il nous montre le chemin. Son Esprit est avec nous. Ce n’est pas le temps de la peur, c’est le temps de l’espoir.

Cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens

Soutien à la lecture et des impulsions de conversation de Sr. Nicole Grochowina, Selbitz : 

Impulsions De Conversation Sr Nicole Grochowina (128.8 KB)

Slovénie : dialogue dynamique entre les Mouvements

Slovénie : dialogue dynamique entre les Mouvements

Le 1er février a été pour nous tous une journée importante. Pour la première fois, nous, représentants de plusieurs Mouvements, sommes allés présenter Ensemble pour l’Europe au Parlement slovène, au siège du parti chrétien démocrate.

Jozef Horvat, président du comité pour les affaires étrangères, et ses collaborateurs nous ont accueillis chaleureusement. Le hongrois Pal Toth, professeur en communication et expert des relations Est-Ouest, a évoqué les tensions entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest et indiqué comment Ensemble pour l’Europe peut apporter sa contribution pour aider à résoudre ces problèmes. Le président a ensuite demandé à chacun d’entre nous – y compris l’ancien ministre de la culture, présent avec nous – de partager nos idées. Avec ses collaborateurs, il nous a remercié de tout cœur de notre visite, appréciant notre contribution et nos idées. Ils vont proposer au Parlement slovène de supprimer un des deux jours fériés de la fête du 1er mai et de faire officiellement du 9 mai un jour férié, pour la journée de l’Europe.

Le soir même, nous nous sommes retrouvés, les représentants des divers Mouvements, avec Mgr Stanislav Zore, archevêque de Ljubljana, et Pal Toth. Nous avons fait le point sur la rencontre des Amis de Ensemble pour l’Europe à Vienne en novembre dernier. La prière œcuménique à la cathédrale Saint-Étienne nous particulièrement interpelés et nous a tous encouragés à faire des avancées concrètes pour la réconciliation en Slovénie. Pal Toth a présenté son intervention « Culture de la rencontre et du dialogue entre l’Est et l’Ouest en Europe ». Puis le professeur Igor Bahovec a confirmé l’importance de trouver des espaces de dialogue et de rencontre et de redécouvrir les racines de l’Europe chez nos fondateurs. Les Mouvements, avec tous les hommes de bonne volonté, peuvent apporter des réponses concrètes pour l’Europe de l’Esprit.

Nous avons présenté les cinq pas concrets décidés pour les prochaines années et ils ont trouvé un large écho. Nous qui faisons partie de divers Mouvements et Communautés, nous avons une « deuxième vocation », celle de travailler non seulement pour notre Mouvement, mais d’entreprendre un chemin commun. Mgr Zore nous a encouragés à faire des rencontres avec cet objectif, parce que seule la communauté peut porter du fruit. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons être témoins du christianisme, selon le testament de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17,21).

Tout naturellement, nous avons renouvelé solennellement le Pacte d’amour réciproque. La soirée s’est poursuivie avec questions, réponses et propositions. Nous avons aussi été interviewés par la radio. Dans un dialogue fraternel, nous avons renforcé nos relations et nos décisions. Une flamme d’enthousiasme s’est allumée, selon l’expression d’un participant. Jésus au milieu de nous a guidé nos pas vers une communion toujours plus pleine en vue d’une collaboration fructueuse pour l’Europe.

Pavel et Marjiana Snoj