Category Archives: Événements internationaux

Se désarmer

Se désarmer

Amis d’Ensemble pour l’Europe à Porto (Portugal) 

« Quand on se désarme, quand on s’exproprie, quand on s’ouvre à l’Homme-Dieu qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le passé mauvais et nous offre un temps nouveau où tout est possible. » [1]

Je suis dans l’embarras. On me demande comment s’est passée la rencontre avec mes amis à Porto et, au fond, « Ensemble pour l’Europe », qu’est-ce que c’est ? Que peuvent faire ensemble 166 personnes de 19 pays différents, de 45 Mouvements et Communautés, de 8 Églises, alors que « les semblables s’attirent » et que la diversité est rarement – peut-être jamais – une force de cohésion ? Sans parler des différents points de vue géopolitiques, culturels, historiques, confessionnels. De plus : que vont faire maintenant les Russes et les Ukrainiens, qui étaient aussi présents parmi nous ? L’Europe n’est pas à la mode aujourd’hui. Pourquoi courir après des utopies et des rêves inutiles dans ce monde polarisé ?

Alors que ces pensées et les réponses possibles tourbillonnaient dans ma tête, j’ai pensé à Jésus qui n’a pas commencé par expliquer comment et où il vivait, mais a répondu : « Venez et vous verrez » (Jn 1,39). Ceux qui étaient là physiquement à Porto « sont venus et ont vu ».

Ils ont vu la communion de 11 mouvements portugais qui se sont engagés avec tout leur cœur pour préparer une maison, des repas, la technologie et, avant tout, faire « famille » avec tous les participants.

Ils ont vu des experts qui ont fait don de leurs connaissances et, grâce à leurs talents, élargi l’horizon d’un public attentif.

Ils ont vu des personnalités du monde ecclésial qui, par leur présence et leur prière, ont voulu apporter non seulement leur bénédiction, mais aussi un soutien fort à ce réseau œcuménique.

Ils ont vu des jeunes capables de faire des choix sérieux, qui ont fait prendre un tournant à leur vie ; des jeunes qui, avec générosité, élan et poésie, ont parlé de futurs projets concrets dans leurs pays et leurs villes.

Ils ont vu de la gratitude envers ceux qui, après des années de service, partent pour d’autres tâches ; et des larmes dans les yeux lorsque, à la chaleur du Pacte d’amour réciproque, les cœurs se sont ouverts.

En résumé, ils ont vu un petit peuple qui, comme le peuple « élu », cherche continuellement de l’eau dans le désert. Boire et faire boire.

Le soir de la prière œcuménique, je me suis assise au dernier rang de l’imposante église « Igreja do Cedofeita » de Porto. Un ami m’a invitée à venir au premier rang ; de là, j’ai découvert au fond, derrière l’autel, une représentation que je n’avais jamais vue auparavant : non pas un Rédempteur souffrant sur la croix, ni même un Ressuscité qui a vaincu la mort. Mais une grande statue d’un Christ « désarmé », aux bras tombants, émergeant d’un socle plein de fissures – icône des polarisations, des divisions qui sont en chacun de nous, entre nous et autour de nous.

Je l’ai contemplé. Se désarmer ! Voilà le secret de la force de cohésion ! Ce sera peut-être le « mot-clé » qui ouvrira l’Europe et tout « l’Ensemble » à de nouveaux horizons et à de nouvelles promesses.

Ilona Toth

[1] Extrait d’un texte de Patriarche Athénagoras Ier de Constantinople

Observations d’un jeune Irlandais

Conleth Burns, un jeune Irlandais, engagé dans le projet “United World Project”, a participé à Ottmaring / Augsbourg à la conférence Ensemble pour l’Europe. Nous vous présentons ici l’article qu’il a publié à son retour sur le site de son projet.  

Eglises et Mouvements chrétiens s’unissent pour être Ensemble pour l’Europe 

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de me rendre à Ottmaring et à Augsbourg, au sud de l’Allemagne, pour participer à une rencontre de trois jours d’un réseau d’Eglises et de Mouvements chrétiens, appelée Ensemble pour l’Europe : 180 personnes de 55 mouvements, communautés et Eglises différentes ont vécu trois jours ensemble dans le partage. Tout était traduit simultanément en 5 langues et le réseau a fêté ses 20 ans d’activité. Je représentais le « Projet Monde Uni » et j’étais venu pour comprendre comment les communautés de foi travaillent vraiment ensemble pour l’unité et pour unir le continent européen.

Nous avons écouté des exposés sur les vingt années de cheminement au cours desquelles un groupe de personnes de tout le continent européen se sont réunies, dans leur identité chrétienne commune pour être ensemble pour toute l’Europe. Nous avons parcouru le continent à travers un partage d’expériences, de rencontres, de prière et d’espérance, de l’Ecosse à l’Ukraine et de la France à la République Tchèque. Lors de cette session, alors que nous faisions ce « voyage », deux questions en particulier me trottaient dans la tête : comment se concrétise ce « être ensemble »? Que signifie être ensemble « pour quelque chose » ?

Comment se concrétise ce « être ensemble » ?

J’ai compris ce que signifie « être ensemble » quand je les ai entendus se lancer le défi d’être des passeurs de frontières proactifs, des ambassadeurs de la réconciliation et des « signes prophétiques pour être ensemble crédibles en Europe ».

Je l’ai compris lorsque nous nous sommes réunis sur une place à Augsbourg, tenant une bougie en main et priant pour un peuple européen plus uni.

Je l’ai compris en écoutant un groupe hétérogène de chrétiens parler d’un chemin qu’ils avaient parcouru en plus de vingt ans, rassemblant des milliers de personnes.

Je l’ai compris quand chaque jour au petit déjeuner, déjeuner et dîner, lorsqu’une personne s’asseyait pour manger, il y avait toujours quelqu’un qui vérifiait d’abord si elle avait besoin de traduction ou quelle était la langue qu’il convenait de parler à table. Il y avait une volonté manifeste que les personnes soient en mesure de comprendre et d’être comprises, d’écouter et d’être entendues.

« Etre ensemble », pour ce réseau, consiste à embrasser la diversité réciproque. Etre uni n’est pas toujours facile pour eux ; ils doivent faire face à des défis sur le plan géographique, théologique et culturel. Pourtant, vingt ans plus tard, ce réseau reste uni. Selon leur propre vision, leur structure est celle d’un réseau et non d’une hiérarchie. Leur vision est une union vraie et authentique dont ils prennent soin depuis plus de 20 ans. Vingt ans d’édification de relations honnêtes et laborieuses.

Pour quoi ?

La mission de  Ensemble pour l’Europe  ne consiste pas seulement dans le fait d’être ensemble pour le plaisir d’être ensemble, mais ils veulent vraiment transmettre un message positif pour une Europe plus unie dans toute sa diversité. Ils veulent donner une âme au continent, en soulignant ses racines historiquement chrétiennes. Durant ces trois jours, ils ont surtout raconté l’histoire de leurs rencontres ensemble des vingt dernières années. Mais l’histoire qui n’est pas racontée est souvent la plus intéressante. Pendant les repas et les pauses, nous avons eu l’occasion de découvrir les moments durant lesquels les personnes qui participent à Ensemble pour l’Europe ont été inspirées à rencontrer de nouvelles personnes, à embrasser de nouvelles idées et à réconcilier la diversité comme résultat des réunions qu’elles ont organisées. Dans un sens, Ensemble pour l’Europe commence lorsque vous quittez une de leurs réunions intracontinentales ou nationales.

Seamus Heaney, le poète irlandais qui a reçu le prix Nobel, termine un célèbre poème de son œuvre ‘Scaffolding’ (‘Echafaudage’) par ces vers : « Nous pouvons laisser tomber l’échafaudage, confiants que nous avons construit notre mur. »

Ensemble pour l’Europe  signifie construire des ponts et non pas des murs. Avec le démantèlement de l’échafaudage qui fête ses vingt ans, ce réseau peut être certain que les ponts ont été construits, que les personnes ont été reliées entre elles et qu’elles continueront sur cette voie.

Source: //www.unitedworldproject.org/watch/20-anni-di-insieme-per-leuropa)

Graines d’une nouvelle saison à Augsbourg

Lors de la dernière réunion des Amis pour l’Europe (Ottmaring-Augsbourg 7-9 novembre), caractérisée par une variété impressionnante de participants, les échos recueillis étaient tout aussi variés. En voici quelques-uns:

 « Nous sommes reconnaissants à Dieu pour ce “phénomène d’ensemble”, qui, au fil de toutes ces années, s’est développé en un laboratoire de connaissance mutuelle, de communion, d’unité, d’espérance pour notre continent ».

« J’ai vécu une forte action, à contre-courant de nombreux risques de fragmentation et de nouvelles divisions ».

« Le fait que la Mairie d’Augsbourg nous ait accueillis, a donné une nouvelle visibilité à Ensemble pour l’Europe qui s’engage dans le social, dans la vie civile d’une ville, donnant des ailes à une nouvelle politique, un chemin de paix entre tous les peuples ».

« Je n’avais pas encore vu de telles personnes qui scrutent les signes des temps et cherchent ensemble et concrètement ce qu’il faut faire pour les autres, pour leurs pays et pour ceux d’Europe.

« J’ai vu qu’il n’y a pas de POUR s’il n’y a pas d’abord un ENSEMBLE ».

« Apprenant des évangéliques, j’ai compris que le catholique que je suis devait se convertir à la prière.”

« Je suis fasciné par l’image de devenir ‘médiateur évanescent’ (voir le rapport d’Herbert Lauenroth Programme et Matériell) sur les frontières des relations. Ensemble pour l’Europe m’a semblé être une rencontre de grande unité entre 55 Mouvements de différentes dénominations chrétiennes de 23 pays où s’est manifestée aussi l’âme politique d’une Europe qui se renouvelle, où les nations cherchent l’unité dans la distinction, dans la liberté, en dehors de tout nationalisme ».

« Comme il y a peu de chrétiens d’autres confessions à Rome, la dimension œcuménique s’est ouverte à moi, à travers l’expérience concrète de contact avec des personnes d’une même foi, même si elles appartiennent à des traditions différentes (…). Il y a eu en moi la preuve de la valeur culturelle de notre engagement aux 7 OUI  que nous déclarons, en vue d’améliorer la société civile selon l’intuition originale des fondateurs d’une Europe unie qui visait non seulement la paix, mais également la solidarité sociale et la fraternité entre les peuples ».

« Je veux faire entrer ‘EpE’ dans ma vie quotidienne en commençant par mes voisins qui sont d’une autre nation ».

« J’ai appris ici combien il est beau d’être différents. La différence est voulue par Dieu. Plus nous sommes différents, plus Dieu est présent. Le découvrir est un vrai défi ».

« EpE est devenu pour moi un lieu d’espérance où la rencontre et la réconciliation préparent l’avenir, où les différents peuples sont prêts à se connaître, avec leurs histoires et leurs traditions. Construire des ponts plutôt que des murs”.

« En travaillant ensemble, chrétiens de différentes Eglises, je fais l’expérience de la beauté de l’Eglise du Christ, dans son plus grand souffle, et je sens que mon identité chrétienne s’est accrue. Dans le contexte politique et religieux dans lequel nous vivons en Europe, je pense pouvoir en témoigner, y compris par mon service aux réfugiés ».

Ne s’agit-il pas peut-être de quelques graines, le fruit de 20 ans d’expérience, qui peuvent germer à nouveau et marquer d’autres étapes de la fraternité en Europe et au-delà ?

Pour des informations sur la conférence, cliquez ici>>

Le Secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

 

« C’était comme Pâques »

Larisa Musina, chrétienne orthodoxe de Moscou, pro-directrice de l’Institut d’éducation Saint Filaret, a participé à la célébration du 20ème anniversaire d’Ensemble pour l’Europe à Augsbourg/Allemagne en novembre dernier. Elle représentait « Orthodoxe Transfiguration Brotherhood ».

Au cours du congrès, on a rappelé la signature historique de la « Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification » du 31.10.1999, le jour de la naissance du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe, l’une des réponses concrètes à la soif d’unité du peuple chrétien.

Nous vous présentons ici des extraits d’un article-interview d’Oleg Glogolev à Larisa Musina dès son retour à Moscou.

« L’évêque luthérien Christian Krause, l’un des deux signataires de la Déclaration en 1999, a assisté à la rencontre de cette année. Il était alors Président de la Fédération Luthérienne Mondiale. Il a dit deux choses importantes. La première, c’est que le chemin vers la Déclaration n’a pas été facile. Il a fallu beaucoup d’efforts pour terminer le XXème siècle sans laisser aux générations futures une division aussi importante. La seconde est qu’il a témoigné d’apprécier beaucoup le travail des Mouvements et des Communautés ecclésiales.

Ce dialogue et les processus associés trouvent leur origine et se développent dans la logique du renouveau de la vie ecclésiale. Il s’agit de maintenir l’authenticité de l’Église chrétienne en développant sa capacité à réaliser sa vocation première dans le monde. Il est intéressant de noter que cette initiative a été prise principalement par les mouvements ecclésiastiques ».

Larisa s’exprime ainsi lors de la soirée solennelle de clôture : « Le soir, nous avons prié ensemble dans l’église luthérienne Sant’Anna, l’église où la Déclaration a été signée. Puis, avec les bougies allumées, nous sommes allés sur la place voisine. Nous avons remercié Dieu pour ses dons, y compris le don de l’unité des chrétiens, où de nombreuses personnes ont donné leur témoignage. Puis, toujours avec les bougies allumées, nous nous sommes dirigés vers la ville. C’était come Pâques. »

Avec la lumière du Ressuscité dans le cœur, les participants sont retournés dans leur pays apporter Dieu au peuple.

Par Beatriz Lauenroth

Source: //psmb.ru/a/eto-bylo-kak-na-paskhu.html

 

 

Célébration d’anniversaire à Augsbourg

Ambassadeurs de la réconciliation et signes d’espérance. Ensemble pour l’Europe fête son anniversaire à l’hôtel de ville d’Augsbourg.

La salle de l’Hôtel de ville d’Augsbourg était pleine à craquer: 300 membres de 55 Communautés chrétiennes et Mouvements de diverses Eglises de 25 pays européens se sont réunis ce samedi pour célébrer ensemble quelques anniversaires mémorables tels que la chute du mur de Berlin il y a 30 ans et le début d’une nouvelle ère de rencontre entre l’Est et l’Ouest en l’Europe.

La « Déclaration commune sur la justification » a été signée, il y a vingt ans à Augsbourg, par des représentants de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique et, l’après-midi du même jour à Ottmaring, le premier groupe de responsables de différents groupes ecclésiaux s’est réuni: catholiques, protestants et Églises libres. Là est né le réseau « Ensemble pour l’Europe ». Pour les personnes présentes, les trois événements étaient étroitement liés et ont façonné « l’esprit fondateur » de l’initiative.

L’évêque protestant émérite, Christian Krause, les a encouragés: « Vous êtes les ambassadeurs de la réconciliation ». En 1999, alors qu’il était le Président de la Fédération luthérienne mondiale, il fut l’un des deux signataires de la « Déclaration commune » et, en tant que témoin, il leur rappela les nombreux progrès encourageants qui ont été réalisés depuis lors dans l’œcuménisme. Dans l’actuel climat d’euroscepticisme croissant et de polarisation politique, c’est précisément l’expérience de la diversité réconciliée qui est nécessaire entre les Mouvements et les Communautés spirituels.

Bertram Meier, l’actuel administrateur diocésain d’Augsbourg, a souligné l’importance de cette capacité de réconciliation lors d’un dialogue avec son collègue protestant, l’évêque régional Axel Piper: « L’unité dans la diversité est aussi un défi au sein de l’Église. Il s’agit d’apprendre à se comprendre, non seulement avec la tête mais aussi avec le cœur. Axel Piper a confirmé que c’est cet effort qui forme aussi les relations œcuméniques à Augsbourg : « Nous devons rester curieux les uns des autres, nous devons nous intéresser les uns aux autres car nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres ».

Gerhard Pross, modérateur du Réseau œcuménique, a ensuite esquissé les perspectives d’avenir: “Il s’agit de résister à la tentation de développer de nouvelles structures organisationnelles et d’approfondir le thème de la réconciliation. « Dans ces temps difficiles, nous voulons être un signe prophétique pour une coexistence crédible en Europe ».

Dans l’après-midi, Pavel Fischer, sénateur de la République Tchèque a apporté une contribution importante à la dimension sociopolitique « d’Ensemble pour l’Europe ». Il a brossé un tableau actuel de l’engagement en faveur de la liberté et de la dignité humaine dans le contexte d’une société européenne fortement influencée par les médias. « Nous devons devenir des citoyens actifs, avoir le courage de défendre les autres, les faibles, de parler pour la justice

A la fin de la journée, le Père Heinrich Walter, du Mouvement Schoenstatt, a fait le point: « L’Europe a besoin de cet esprit positif car il y a déjà assez de messagers du désastre ! »

Le groupe a ensuite quitté la mairie pour l’église évangélique Sainte-Anne, où la déclaration commune sur la doctrine de la justification a été signée en 1999. C’est là que la journée s’est terminée par une prière œcuménique et une procession aux chandelles allumées, en souvenir du tournant pacifique de la chute du mur. Sur la place devant l’église, le jubilé s’est terminé par des chants et une bénédiction.

Deuxième jour du Congrès à Ottmaring

180 participants de 20 pays (traduction en 5 langues en direct). 55 mouvements et Communautés de différentes Églises étaient réunis à Ottmaring, où Ensemble pour l’Europe a commencé il y a 20 ans.

Un participant, qui vient tout juste d’entrer en contact avec cette initiative, disait : « Ici, le meilleur de chacun est réveillé ».

Au début de la journée, Andy Pettman a accompagné les participants dans un moment de réflexion qui a conduit à une « réponse de gratitude ». « Reconnaître la graine dans les fruits » – est devenu… tangible pour tout le monde quand Thomas Roemer a invité à remplir de graines les petits sacs en papier comme symbole de ce qui est né en 20 ans de cheminement commun : il s’agit maintenant de répandre à nouveau ces graines, gonflés de confiance et d’espérance.

Les exposés qui suivent sont particulièrement intenses : Sœur Nicole Grochowina explique l’efficacité du « prophétique dans la précarité » et Herbert Lauenroth la nécessité de devenir des « travailleurs frontaliers » vivant « au-delà des frontières ».

De nombreux moments d’échange – tantôt en petits groupes spontanés dans la salle, tantôt par langue – permettent à l’atmosphère dense et familière entre les participants de continuer à s’intensifier.

L’après-midi commence par un moment de connaissance de la « Maison de prière » d’Augsbourg par la présence de Johannes Hartl. Elle se poursuit par d’intenses dialogues et discussions en plénière pour réfléchir ensemble sur ce qui a été entendu et vécu et pour comprendre les prochaines étapes pour l’avenir.

Le soir, les participants au Congrès se rendent à Augsbourg où le maire les attend pour une réception dans la « Salle d’Or » de la Mairie. Une visite au centre-ville conclut la journée riche en nouvelles expériences.

Voir aussi “Les 20 ans d’Ensemble!”

Augsbourg – Ville de la paix

Augusta a plus de 2000 ans d’histoire (sa fondation remonte à l’an 15 avant J.C.). La ville a été fondée à partir d’un camp militaire romain. Le christianisme arrive par les Romains, de sorte que la vie chrétienne est présente dans la ville presque depuis ses débuts.

Confessio Augustana

Au XVIème siècle, Augusta devient un lieu important de la Réforme, théâtre de discussions entre Martin Luther et le cardinal Cajetano, l’envoyé papal, qui conduisirent, en conclusion, à la rupture avec l’Église de Rome.

Avec les « Diètes d’Empire » (Reichstage), Augsbourg devient l’une des villes les plus importantes du Saint-Empire romain. En 1530, les Princes d’Allemagne présentent à l’empereur la confessio augustana, qui devient la base de la doctrine luthérienne. Cette « Confession d’Augsbourg », écrite par Philippe Melanchthon, peut être considérée comme une tentative de reconstruire l’unité religieuse brisée.

Paix religieuse d’Augsbourg

Dix ans plus tard, Augsbourg devient une ville de paix religieuse : la « Diète » de 1555 sanctionne « la paix d’Augsbourg » qui doit régler politiquement l’égalité, la coexistence pacifique et égale des deux confessions. Tous les bureaux municipaux sont répartis également entre les confessions. Cela protège les confessions minoritaires. Bien qu’il faille encore 100 ans (avec la terrible « Guerre de Trente Ans » jusqu’à la « Paix de Westphalie » de 1648), pour avoir l’égalité et la paix, la « Paix d’Augsbourg » reste le premier et décisif pas vers la tolérance religieuse.

Fête de la Paix

Le 8 août 1650, Augsbourg célèbre pour la première fois la Grande Fête de la Paix, qui était avant tout une fête de remerciement des chrétiens protestants car maintenant, après de longues luttes de pouvoir, ils retrouvent leurs églises et peuvent célébrer à nouveau leur service. Elle est encore célébrée aujourd’hui et est, depuis de nombreuses décennies, une fête de la paix que toute la ville, avec ses dirigeants politiques, ses églises, les citoyens de la ville, célèbre dans la solidarité œcuménique bien au-delà des confessions. Aujourd’hui, à la veille de la Grande Fête de la Paix, la « Table Ronde des Religions » est chargée d’une prière multi-religieuse pour la paix. Depuis 1950, le 8 août est un jour férié pour tous les habitants d’Augsbourg.

Brigitte Pischner et Margarete Hovestadt

La mairie d’Augsbourg – un lieu historique

Les 20 ans d’Ensemble pour l’Europe, du 7 au 9 novembre 2019, à Ottmaring et à Augsbourg

En 2019, Ensemble pour l’Europe revient en Allemagne, au Centre œcuménique d’Ottmaring / Augsbourg, là où son histoire a débuté en 1999. Des responsables et des représentants de divers Mouvements et Communautés catholiques, protestants, anglicans, des Églises libres et orthodoxes se réunissent au niveau européen pour faire le point de la situation et se tourner vers l’avenir.

Le vendredi 8 novembre, une réception officielle pour les « Amis d’Ensemble pour l’Europe » est prévue à la mairie d’Augsbourg. C’est dans ce lieu historique que la ville veut honorer l’initiative internationale.

La « Salle d’or »

Le cœur de l’hôtel de ville d’Augsbourg est la « Salle d’or », construite entre 1615 et 1620 par Elias Holl. Avec ses portails imposants, ses fresques et son magnifique plafond à caissons, la « Salle d’or » était déjà au moment de sa construction un fleuron de la décoration artistique d’intérieur. La salle doit son nom aux riches ornements dorés qui en décorent l’intérieur.

Prix de la Paix d’Augsbourg – gagnants du prix interconfessionnel

Dans cette salle, en 1998, le jour de la fête de la Paix d’Augsbourg, Chiara Lubich a reçu ce prix pour la paix en raison de son engagement au niveau mondial dans le domaine de l’œcuménisme. Ce prix, qui existe depuis 1985, rend hommage à des personnalités qui ont apporté une contribution particulière à la coexistence ouverte et pacifique des cultures et des religions. Il a été attribué entre autres au rabbin Levinson, au pape Schenuda III de l’Église copte, à l’ancien président fédéral allemand Richard von Weizsäcker et à l’ancien chef d’État de l’URSS, Mikhail Gorbatchev. En 2017, cette prestigieuse reconnaissance a été remise au Secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, Martin Junge.

« Oberer Fletz »

A l’étage situé sous la « Salle d’or » se trouve le célèbre « Oberer Fletz » – une salle au style caractéristique – où se tient le conseil municipal d’Augsbourg les jours ouvrables. C’est là que, le 9 novembre, se réuniront les participants au congrès annuel des « Amis d’Ensemble pour l’Europe ».

Beatriz Lauenroth

Les 20 ans d’Ensemble !

La célébration des 20 ans d’Ensemble pour l’Europe (EPE) rassemble l’histoire, les Églises et la société en une triple fête. Les Amis d’EPE se réuniront à Ottmaring, en Allemagne, du 7 au 9 novembre 2019. Au programme, une réception dans la Salle d’Or de la mairie d’Augsbourg et une journée en divers lieux significatifs de la ville, dont l’église Sainte-Anne. C’est un rendez-vous nouveau et prometteur des peuples en Europe.

Comment cet anniversaire sera-t-il célébré en Allemagne ? Les dates parlent d’elles-mêmes ! Le 31 octobre 2019, ce sera, à Augsbourg, l’anniversaire de la signature historique de la Déclaration conjointe sur la Doctrine de la Justification entre l’Église catholique et la Fédération Luthérienne mondiale. Le même jour, on fêtera à Ottmaring les 20 ans de la première rencontre entre Communautés et Mouvements évangéliques et catholiques, qui a marqué le début d’Ensemble pour l’Europe, et le 9 novembre 2019, ce sera les 30 ans de la chute du mur de Berlin.

Ces anniversaires nous invitent toujours à rendre grâce et en même temps à regarder vers l’avant. Le programme de la rencontre, qui prend en compte ces deux aspects, se déroulera au centre œcuménique d’Ottmaring, à la mairie et dans l’église Sainte-Anne d’Augsbourg.

Après le chemin parcouru à Prague en novembre 2018 >> et la « Journée de l’Europe 2019 » >>, la rencontre en Allemagne veut être un nouveau laboratoire pour des projets concrets en faveur de notre continent.

La première partie du programme se déroulera au Centre œcuménique d’Ottmaring, en commençant par un regard rétrospectif : images, témoignages, échanges sur les expériences des 20 années de chemin parcouru ensemble, d’où découleront les nouvelles perspectives : « Reconnaître les semences à leurs fruits ». Réflexions en groupes et en plénière, temps de prière et d’action de grâces, approfondissement des lignes directrices d’EPE, pour mieux comprendre quelle contribution ce réseau est appelé à apporter à l’Europe.

Grâce à quelques experts, et en dialogue avec eux, seront abordés quelques défis actuels : peur, frontières, murs.

Le soir du vendredi 8 novembre, dans la mairie d’Augsbourg, aura lieu une réception officielle par le maire de la ville.

Samedi 9 novembre, la rencontre se poursuivra à la mairie d’Augsbourg :

  • Les 20 ans de la Déclaration conjointe sur la Justification, avec une intervention de l’évêque évangélique Christian Krause : Histoire et conséquences : quelle signification aujourd’hui ?
  • Ensemble pour l’Europe : fruit de la Déclaration conjointe, l’expérience de l’unité, perspectives, développements dans chaque pays ;
  • En chemin vers l’unique Église de Jésus Christ : visions pour un unique peuple de Dieu ;
  • Les 30 ans de la chute du mur de Berlin et du rideau de fer dans tout le continent ;
  • Défis actuels pour l’Europe et pour l’unité : Pavel Fisher (Prague).

Dans l’église Sainte-Anne : prière pour l’Europe en différentes langues. Puis, sur la place de l’église, action de grâces avec cierges, prières et brefs témoignages.

La vocation d’Ottmaring

VIDÉO – INTERVISTA

Les préparatifs se poursuivent en vue de la célébration des « 20 ans d’Ensemble pour l’Europe ». Ce chemin œcuménique européen original a pris naissance au Centre œcuménique d’Ottmaring, après la signature historique de la Déclaration conjointe sur la justification à Augsbourg (Allemagne).

Severin Schmid a vu naître cette communion dont « la partition est écrite au ciel » et a collaboré à son développement. Nous lui avons demandé comment les choses se sont passées.

Ilona Toth, hongroise, membre de l’actuel Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe, a participé en 2018 à la célébration du 50ème anniversaire d’Ottmaring. Quelle est son impression sur ce Centre œcuménique proche d’Augsbourg ?

Relever le grand défi mondial

David Maria Sassoli est devenu le nouveau président du Parlement européen. A cette occasion, nous vous proposons des extraits de son interview du 24 mars 2017, à la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, lorsqu’il avait participé à Rome à la veillée œcuménique et internationale organisée par Ensemble pour l’Europe.

Le reportage est réalisé par la journaliste Claudia de Lorenzi

« Montrer au monde que la fraternité et l’unité sont possibles, malgré les différences culturelles et confessionnelles. » C’est dans cet objectif qu’une veillée de prière œcuménique pour l’Europe >> avait eu lieu à Rome, dans la basilique des Saints-Apôtres. Une occasion qui a réuni des membres du réseau international Ensemble pour l’Europe, en présence de représentants des institutions italiennes et européennes, et qui se déroulait en même temps dans 56 autres villes de toute l’Europe.

Parmi les personnes présentes se trouvait M. David Sassoli, eurodéputé italien du Parti démocrate. Nous l’avions interviewé :

Monsieur Sassoli, à la veille du 60ème anniversaire du Traité de Rome, qui a marqué la naissance de l’Union Européenne, nous constatons de plusieurs côtés que l’Europe a perdu ses racines chrétiennes, centrée comme elle l’est sur la finance, la bureaucratie et les intérêts nationaux, incapable de solidarité et d’accueil, et de planifier un développement centré sur la personne. Qu’en pensez-vous ?

« Il faut tout d’abord que les chrétiens se fassent entendre davantage, et il doit exister dans le monde chrétien des réseaux qui passent le témoin aux autres. Parce qu’il y a des valeurs communes, comme la paix, le vivre ensemble, la solidarité, la justice qui ont certes une matrice chrétienne, mais qui sont aujourd’hui assumées comme paradigme d’engagement politique, culturel et moral de la part aussi de citoyens qui ne sont pas chrétiens. Ce sont ces éléments qui font l’identité européenne. Voilà pourquoi les chrétiens doivent être contents parce que dans l’identité européenne, on retrouve des valeurs du monde chrétien. Mais pour l’instant, nous devons bien l’expliquer à nos citoyens, parce que l’Europe fait peur, suscite l’anxiété, semble être un poids, alors qu’au contraire, nous avons besoin de faire de l’unité des Européens une valeur pour relever le grand défi de ce siècle qui façonnera le marché mondial. La mondialisation non réglementée devient marginalisation, pauvreté, misère, elle peut être catastrophique pour de nombreuses régions de la planète. Le grand pari de l’Europe est de donner des règles et des valeurs au monde. Parce que les règles du marché sans la défense des Droits de l’homme, le sens de la liberté et de la démocratie, ne seraient que des lois économiques où les plus forts l’emportent, nous ne voulons pas de cela.  Donc, le pari est celui-ci : les valeurs chrétiennes qui sont à l’origine de l’identité européenne aujourd’hui sont l’élément qui permettra de relever le grand défi mondial ».

Lire l’interview complète>>

Photo: ©Thomas Klann

 

Chercher ensemble

Les 20 ans d’ « Ensemble pour l’Europe », du 7 au 9-11-2019 à Ottmaring et Augsbourg / Allemagne. La visite de l’évêque régional Axel Piper.

Fin février, seize représentants d’Ensemble pour l’Europe se sont réunis à Ottmaring, pour préparer la rencontre des « Amis » qui aura lieu du 7 au 9 novembre 2019. Ce réseau international est né il y a 20 ans, raison suffisante pour en rappeler les débuts et dégager des perspectives pour l’avenir.

Au cours de sa première visite du Centre Œcuménique d’Ottmaring, Axel Piper, qui est depuis le 1er janvier 2019 évêque régional de l’Église évangélique luthérienne d’Augsbourg et de Souabe, a rencontré Gerhard Pross, Ilona Toth, Herbert Lauenroth et Diego Goller, membres de l’équipe dirigeante d’Ensemble pour l’Europe, afin de mieux connaître cette initiative.

Quelles sont l’expérience de l’évêque Axel Piper et sa vision de l’Église ? Pour lui il ne s’agit pas de structures, mais de « personnes qui cherchent ensemble ». Il dit aussi : « Il suffit d’‘’être curieux’’ – au meilleur sens du terme ». Il attend avec impatience sa nouvelle tâche, « pour connaître de nouvelles personnes, de nouveaux défis et contribuer à mettre en place un nouveau départ dans l’Église et dans la société ». Il a beaucoup apprécié l’initiative d’Ensemble pour l’Europe.

Il a donc déjà réservé sur son agenda les dates des 7, 8 et 9 novembre 2019 pour la rencontre des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe.

Beatriz Lauenroth

Foto: © Maria Kny

Europe dans «l’âge de l’anxiété»

Un engagement renouvelé et accru est nécessaire pour promouvoir une « culture de la confiance », confiance dans le Dieu  « séculaire », présent en ce monde.   

L’intervention de Herbert Lauenroth au le Congrès International de « Ensemble pour l’Europe, Munich 2016 » est encore aujourd’hui plus que jamais d’actualité. En voici le texte complet.

À l’heure actuelle sévient des angoisses et des questions obsédantes concernant le nouveau rapport qui est à équilibrer entre «liberté» individuelle et «sécurité» collective et la signification des frontières – dans le contexte d’une restructuration de la «société du risque» ou “ouverte” vers «la société de l’angoisse”.

Dans le livre de la Genèse, Dieu appelle Adam – dans un moment dramatique: «Où es-tu, Adam ?” – L’appel s’adresse à Adam, qui – dans la honte et l’angoisse – a pris refuge dans le sous-bois et se cache de la vue de Dieu, parce qu’il a pris conscience de sa nudité existentielle et de sa pauvreté. L’image correspond à notre situation actuelle en Europe : L’homme se barricade, il se retranche dans son désespoir. Poussés par l’angoisse et la honte, il reste prisonnier de soi-même, et il ne comprend pas que la libération de l’angoisse et de l’implication coupable ne réussira que s’il s’expose à l’appel de Dieu, à la vue des autres personnes, dans lesquelles Dieu le rencontre depuis toujours.

Donc, l’Europe se trouve dans ce sous-bois, dans ces implications d’angoisse et de honte par les propres limites et histoires de culpabilité. Ce sous-bois, c’est Idomeni, la frontière macédonienne, les barrières de fil de fer barbelé à la frontière serbo-hongroise, mais il représente aussi les exclusions variés de de notre société.
Si vous lisez maintenant le scénario biblique en vue de la transformation de l’Europe en «forteresse» – comme protection contre les réfugiés, l’image acquiert encore une autre lecture : Alors il se présente à nous la souveraine européenne : en tant que celle qui est effectivement sans demeure, sans abri, fugitive – qui est dans la fuite la plus fatale : celle devant soi-même.

L’Europe doit, donc, entendre l’appel de Dieu biblique à nouveau : comme une question de la destinée, de la mission et de la responsabilité pour soi-même et pour le monde: “Europe, où es-tu ?”

Cette image de l’étroitesse existentielle, de laquelle Dieu appelle à en sortir, trouve son pendant dans les visions d’un isolement cosmique de l’homme, dans un espace de monde indifférent, inhospitalier, que le philosophe et mathématicien Blaise Pascal a exprimé : «Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ! “. Il s’agit d’un être effaré ou en proie, qui effraie l’homme isolé, abandonné à soi-même ; cela reflète le leitmotiv qui a été décrit comme “perte du centre” ou «sans-abrisme métaphysique». Cette peur de la perte de soi et du monde peut tout aussi bien ouvrir un nouvel espace expérientiel :

Le poète tchèque et président Vaclav Havel, en son temps, dans un bilan des révolutions pacifiques des années 1989-90 en Europe de l’est, a parlé de la peur comme «peur de la liberté” : “Nous étions comme des détenus qui étaient habitués à la prison, puis, libérés du coup dans cette liberté tant attendue, ils ne savaient pas comment traiter avec elle et ils étaient désespérés parce qu’ils devaient constamment prendre des décisions eux-mêmes et assumer la responsabilité pour leur propre vie.”

Il s’agit, selon Havel, d’affronter cette peur. Puis, dans cette vérité, elle peut devenir une bénédiction: “La peur de la propre incapacité peut éveiller en nous de nouvelles capacités : la peur que nous ne réussissons pas, peut être le meilleur moteur pour notre désir de réussir quand-même. La peur de la liberté peut être justement ce qui nous enseigne finalement à faire bon usage de notre liberté. Et la peur de l’avenir peut être justement ce qui nous oblige à tout faire pour que l’avenir sera meilleur.”

Le grand théologien protestant Paul Tillich identifie enfin la peur comme une expérience fondamentale de la connaissance dans l’existence humaine : “Le courage d’être”, dit Tillich, “est enracinée dans le Dieu qui apparaît lorsque Dieu dans l’angoisse du doute a disparu.” Cela signifie que seulement l’expérience de l’angoisse comme expérience de la perte d’un ancien image de Dieu qu’on a considéré comme déterminant et immuable et d’un ancien image de l’homme et du monde, libère, ce qu’appelle Tillich, le «courage d’être”. Le vraie Dieu – divin – apparaît, en quelque sorte, dans le coeur de l’angoisse, et lui seul provoque une libération ou le passage de l’angoisse. Cette expérience conduit l’homme dans l’autre réalité inconnue du monde – et de là vers les horizons plus profonds de l’expérience de l’être. Il se révèle dans le manque présumé d’un visage et d’une histoire du monde comme face de l’Autre.

Donc, il s’agit de descendre dans ces «espaces intérieurs du monde” où se trouvent les angoisses biographiques et collectives et les expériences de la perte, pour y rencontrer le Dieu qui nous sauve. Deux exemples :

Yad Vashem: Ma visite en automne dernier dans le mémorial de la Shoah, je ne l’oublierai jamais : Je suis abasourdi par cette architecture de l’angoisse qui apparaît labyrinthique – jusqu’au «Monument aux enfants”, une salle souterraine, où la lumière des bougies allumées est réfléchie par les miroirs. Dans cette sombre salle de voix incorporelles qui appellent constamment les données de vie élémentaires des victimes innocentes, je ressentis une nouvelle, profonde solidarité, oui, une simultanéité en vue de cette angoisse primaire profonde, d’être non seulement éliminé physiquement, mais d’être effacé aussi culturellement. Le témoignage de ce lieu devient pour moi une propre expérience : donner un lieu au nom perdu, préserver une mémoire du nom de Dieu et de ses créatures. Mon commentaire dans le Livre d’Or est une parole du prophète Isaïe, qui exprime aussi bien ma perplexité que l’intuition de la présence imperdable d’un Dieu parternel : “Ne crains rien, car je te rachète, Je t’appellé par ton nom : tu es à moi! ”

Et par rapport aux grands récits européens de la peur, le philosophe et théologien tchèque Tomás Halik décrit une expérience similaire: “Nous construisons pas le projet audacieux de l’unité européenne sur un sol inconnu ou une friche. Nous le construisons sur un sol avec des strates, dans lequels des trésors oubliés et des débris brûlés sont déposés, où des dieux, des héros et des criminels sont enterrés, où des pensées rouillées et des bombes non explosées reposent. Nous avons besoin de nous mettre en chemin de temps en temps et de regarder dans les profondeurs de l’Europe, dans le pègre, comme Orphée a regardé Eurydice ou le Christ Abraham et les patriarches de l’Ancien Testament.”

Pour moi, ces différentes «descentes dans les profondeurs de la peur» convergent dans le récit du baptême de Jésus dans Matthieu : “Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Il s’agit de descendre avec le Christ pour atteindre le zéro, sur lequel il s’ouvre de façon toute surprenante le ciel. Et ici il se manifeste la loi de la vie de Dieu : «Ce qui vient d’en haut, doit pousser d’en bas.” Ainsi, en Jésus, avec leui et par lui se constitue cette communauté fraternelle, solidaire et pluraliste, dans laquelle l’individu se reconnaît comme «fils et filles de Dieu» et dans laquelle la «dignité humaine» et «l’être à l’image de Dieu» forment une unité inséparable.

Dans ses notes “Résistance et soumission” mises par écrit en détention, Dietrich Bonhoeffer voit le coeur de l’identité chrétienne dans la réponse à la demande de Jésus au moment de son agonie à Gethsémani : «Ne pouvez-vous pas veiller une heure avec moi ?” – C’est le invitation à la veillée aux côtés de Jésus, de sa présence tournée vers le Père dans un monde séculier – soi-disant sans Dieu – et cette présence de Jésus transforme divers lieux dans des espace d’expérience et d’attente de vie trinitaire.

La «peur» apparaît dans ce passage clé de l’Évangile comme un lieu privilégié de l’apprentissage de la foi, où convergent nos craintes confuses et “aveugles”, se transforment dans l’authentique et illuminante “crainte de Dieu” de Jésus. Parce que :

  • Dans, avec, par Jésus il se produit la libération et le passe de l’angoisse du Fils vers le Père : Le renoncement présumé du Fils convertit à un don de soi au Père.
  • L’unité grandit comme expérience de la confiance mutuelle dans la sensibilité au mystère de Dieu, de l’altérité de l’autre ; la philosophe juive Simone Weil a trouvé une formulation remarquable pour cette expérience : seulement “le consentement à la distance de l’autre” sans réserve – dit la philosophe française Simone Weil – permet une proximité authentique ; selon Tillich, la réalité complète de Dieu apparaît, après que les images idéologiques de Dieu se sont évanouis.
  • Il s’agit donc de préférer l’inconnu, l’étranger, le marginalisé – comme un “lieu d’apprentissage” de la foi – en, avec, par Jésus.
  • Cela vaut en particulier pour les différents charismes et communautés parmi vous : Lors d’une réunion d'”Ensemble pour l’Europe” en Novembre 2013 à Paris, avec Jean Vanier, fondateur de l”Arche”, il nous est apparu clairement : en fait, la tâche des charismes consiste dans l’accueil du «charisme du monde» et de le refléter justement au monde ; son témoignage était très impressionnant : pas vivre principalement avec et pour les “destinataires” des Béatitudes de Jésus, mais à partir eux. Eux, qui sont apparemment les personnes qui reçoivent, sont, en fait ceux qui sont les vrais doué de Dieu, les donateurs. Ils sont les porteurs d’un message, d’une présence de Dieu, qui doit être portée des bords de notre société à son centre. L’Évêque d’Aix-la-Chapelle et philosophe de la religion Klaus Hemmerle a formulé succinctement : «Laisse-moi apprendre chez toi le message que je dois te transmettre.”
  • C’est précisément cette volonté d’apprendre qui rend les charismes «des intermédiaires disparraissants ” (E. Balibar), des acteurs prophétiques dans nos sociétés ; ils ont surmonté leurs propres craintes de perte et savent désormais créer un espace de la rencontre entre des groupes hostiles, antagonistes ; ils maîtrisent patiemment “la négociation mutuelle du milieu brisé” (de M.Barnes), c’est à dire la “négociation” créative ou le “dégagement” d’un “centre” indéfini, dans laquelle les opposés sont libéré pour la réciprocité.
  • Cependant, cela présuppose l’expérience constante d’une libération de de l’angoisse : la disponibilité dont est fait “Ensemble pour l’Europe” avec la plénitude de ses traditions, de ses horizonts d’expériences et de ses histoires : descendre en, avec, par Jésus dans les abîmes, les histoires des autres avec leur réalité indisponible, qui toutefois veulent trouver un écho, une résonance dans la propre vie de chacun, dans la propre, spécifique tradition, foi et histoire de Dieu – et justement par cela les libérer à elles-mêmes.

Ainsi, il pourrait avoir besoin d’une “inversion de poussée”, d’une véritable metánoia des «pieux», dans la compréhension d’eux-mêmes et du monde, d’une nouvelle foi dans l’amour de Dieu pour le monde, révélé dans le Christ.

Une “conversion” – ou un déplacement de l’accent – du rejet anxieux du «monde» vers une vue, libérée de l’angoisse, sur la réalité de Dieu dans ce monde ; une réalité, qui doit être expérimentée et témoignée d’une façon toute nouvelle : juste à nos frontières. Il convient de surmonter une «herméneutique du soupçon” en vue du «monde» et de grandir de plus en plus dans une «culture de confiance”, donc de grandir aussi dans une confiance en Dieu avec un ton laïc, ce qui est fondé en Jésus.

En jetant le regard en haut, sur le dôme du bâtiment du Circus Krone, nous laisse penser, peut-être, aux trapézistes – en tant qu’interprètes de la libération de l’angoisse, toujours dans le risque de la confiance, en lâchant et en s’étirant de nouveau dans l’espace de l’avenir, comme «le sauteur en suspense” (H.Nouwen). Un moment artistique dans l’intervalle prophétique et aussi toujours précaire de “La Pesanteur et la Grâce”, comme le dit Simone Weil : cet intervalle dans lequel la créature sait d’être toujours maintenue et soutenue, d’être “racheté” de soi-même et libérée vers l’autre :

“Un sauteur doit sauter, et un receveur doit attraper, et le sauteur doit faire confiance, avec les bras et les mains tendus, que le receveur sera là. … Rappèlle-toi que tu es un enfant bien-aimé de Dieu. Il sera là quand tu fais ton long saut. Ne pas essayer de le saisir. Il te saisira. Étends simplement tes bras et tes mains – et fais confiance, confiance, confiance”! 

Herbert Lauenroth, Centre œcuménique de Ottmaring, à Munich, Circus-Krone-Bau, 01.07.2016

Photo: Trapézistes ©Thierry Bissat (MfG); H. Lauenroth: ©Ursula Haaf

 

Être « pour » l’Europe

« S’émerveiller de la puissance de l’Esprit de Dieu pour notre temps ».  Dès le début, le cardinal Walter Kasper a accompagné et soutenu le cheminement d’Ensemble pour l’Europe. Lors du dernier Congrès, le 30 juin 2016 à Munich, il a partagé ce qui lui tient à cœur.  

Chers amis, c’est merveilleux d’être de nouveau avec vous, et encore plus merveilleux de voir ce que vous êtes devenus depuis Stuttgart 2004. Le rêve d’alors commence à devenir une réalité. L’Esprit de Dieu est puissant pour notre temps. Nous avons des raisons de rendre grâce.

1.   Notre rêve a commencé à Augsbourg le 31 octobre 1999. Les chrétiens protestants et catholiques ont déclaré officiellement et conjointement : ensemble nous confessons que Jésus-Christ est notre salut. Beaucoup ont prétendu que cette déclaration ne signifiait rien et qu’elle est restée sans suite. Non, elle n’est pas restée sans suite. Vous êtes cette suite, votre mouvement en est le fruit. Le pape Jean-Paul II avait raison. Cette déclaration a été un jalon déterminant.

Un jalon est une étape sur le chemin, pas le but. La prochaine étape est déjà devant nous : en automne 2016 à Lund, en octobre 2017 à Wittenberg. Il y a encore des sceptiques. Nous disons : 500 ans de séparation, ça suffit ! Cela ne peut pas rester comme ça. Ce serait trahir Jésus-Christ et une honte devant le monde si nous nous en tenions seulement à de belles paroles sans effet.

Nous avons un rêve, mais nous ne sommes pas des rêveurs. Nous savons que l’œcuménisme est une manifestation de l’Esprit Saint dans l’Église. On peut compter sur Lui. C’est lui qui a été l’instigateur du mouvement œcuménique. Il le conduira à son aboutissement. L’unité dans la diversité réconciliée est possible. Dites aux experts de la séparation qui font des réserves : « Nous sommes des experts de l’unité ». Nous l’avons expérimentée : déjà aujourd’hui, elle est possible, bien plus que vous ne pensez ! Chacun peut se lever, chacun peut changer sa façon de penser.

2.  L’unité de l’Église est d’autant plus importante qu’aujourd’hui l’Europe est en danger. « Ensemble pour l’Europe » est plus important qu’avant. Dans cette situation très critique de l’Europe et du monde il ne s’agit pas de nous. Le mot le plus important dans votre programme est « pour ». Ensemble « pour » l’Europe.

Quand j’étais jeune, après le désastre de la deuxième guerre mondiale, l’Europe représentait un projet de paix pour nous les jeunes. Des ennemis allaient devenir amis. Cela a donné 70 ans de paix et de prospérité, plus longtemps que nos ancêtres avaient jamais rêvé connaître. Ce n’est pas un rêve, c’est la réalité, c’est notre avenir. Voilà que maintenant les fantômes d’un égoïsme national, que l’on croyait enterrés depuis longtemps, sortent de leurs tombes et répandent la peur et la terreur.

Chacun de nous aime son pays, sa langue et sa culture. Nous ne voulons pas le nivellement. La diversité de l’Europe est sa richesse. Mais l’amour de la patrie n’a rien à voir avec le nationalisme qui exclut et marginalise, qui construit des murs et des clôtures. L’amour de la patrie est ouvert, il se laisse enrichir et veut enrichir les autres. Par contre, celui qui remonte le pont-levis va bientôt mourir de faim lui-même.

Le processus de paix européen continue. Le pape François dit que l’Europe est en chantier. L’Europe n’a jamais été terminée, elle a toujours été en chantier. Il a toujours été sa force d’intégrer d’autres cultures : les Celtes, les Germains, les Normands, les Slaves, et les Musulmans que nous ne rencontrons pas aujourd’hui pour la première fois.

Après la chute du mur de Berlin, nous avons laissé éclater notre joie, avec des espoirs de communications sans frontières, de démocratie universelle, de droits de l’homme universels. Maintenant, on est arrivé à un autre rendez-vous avec la mondialisation. Les problèmes du monde viennent chez nous. Ce ne sont pas des chiffres abstraits, ce sont des personnes avec des visages. Ce sont des enfants de Dieu. Ils nous posent de nouveaux challenges. Oui, nous devrions construire des ponts. Les ponts ne nivellent pas les fossés, ils créent des chemins au-dessus des fossés. Nous devrions être bâtisseurs de ponts et artisans de paix.

Le rêve du vivre ensemble de tous les chrétiens et du vivre ensemble pour l’Europe continue. Des tâches nouvelles se présentent : nous devrions montrer l’attrait du christianisme à ceux qui arrivent chez nous, montrer qu’être un chrétien est une belle chose. En tant que chrétiens, nous ne pouvons le faire qu’ensemble, protestants et catholiques, si nous mettons de côté nos différences.

Est-ce possible ? Oui ! En tant que chrétiens, nous croyons en la résurrection et en la puissance de l’Esprit de Dieu. Nous croyons que la vie est plus forte que la mort et l’amour plus fort que la haine. Qui d’autre que nous, chrétiens, est appelé à être témoins de l’espérance pour un nouveau vivre ensemble des chrétiens et en Europe ? Jésus-Christ est au milieu de nous, il nous montre le chemin. Son Esprit est avec nous. Ce n’est pas le temps de la peur, c’est le temps de l’espoir.

Cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens

Télécharger ici :  EpE Munich 2016 – Impulsions de conversation sur le discours du Cardinal W. Kasper du 30 juin 2016, Sr. Nicole Grochowina

L’espérance a-t-elle un avenir ?

On ne compte plus les recherches faites du point de vue religieux, social ou culturel sur l’avenir de notre continent. L’année européenne du patrimoine culturel y porte elle aussi un grand intérêt. Les Mouvements et les Communautés ont-ils une contribution spécifique à apporter ?

Extrait du discours de Michael Hochschild : « La réconciliation avec l’avenir », Ensemble pour l’Europe, Munich, 1er juillet 2016

L’espérance a-t-elle un avenir ou bien notre monde s’est-il empêtré sans espoir dans des crises et des problèmes ? Si l’avenir a encore une chance, comment devrions-nous le nommer, ce nouveau monde ? Et n’aurait-t-il pas besoin du soutien de forces créatives émanant de la société, et même des religions ?

1. L’avenir a besoin d’espérance, si nous ne voulons pas rester englués dans la crise permanente actuelle et céder au désespoir.
2. L’avenir n’a pas seulement besoin de beaucoup d’espérance, mais le monde que nous espérons a aussi besoin d’un autre nom que celui de moderne, car l’évolution de la société moderne est sérieusement compromise et nous souffrons de multiples crises d’orientation. Si l’avenir doit être différent, au bout d’un développement vers quelque chose de meilleur, il y a la société dite post-moderne.
3. S’il en sort à la fin quelque chose de meilleur, cela dépend aussi de nouvelles forces créatives culturelles. C’est ici que pèse dans la balance la contribution des nouveaux Mouvements spirituels et aussi des nouveaux Mouvements sociaux. Avec leurs idéaux élevés, ils visent toujours un avenir et anticipent déjà en vue de celui-ci une partie du programme de la société et des Églises. Bref, ils montrent déjà aujourd’hui ce que pourrait être demain.

Les défis sont au nombre de deux : d’une part, nous sommes plongés dans une crise profonde du système de la société moderne. Il ne suffit plus maintenant de s’adapter en continu aux nouvelles situations : un changement radical de la civilisation moderne est en marche et exige de nous une nouvelle façon de penser et d’agir.
Le deuxième défi réside dans les nouveaux Mouvements spirituels eux-mêmes : leur foi, leur engagement et tout spécialement leur confiance sont extrêmement utiles sur le chemin qui nous conduira hors de la crise, parce qu’ils sont créateurs de cette nécessaire confiance en l’avenir. Mais les nouveaux Mouvements doivent se reconnaître comme des forces culturelles créatives plus fortement qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent et se comporter en conséquence. En un certain sens, ils doivent devenir davantage des Mouvements avec engagement social.

Il faut aujourd’hui regarder vers l’avant, autrement dit : se réconcilier avec l’avenir.

Les nouveaux Mouvements sociaux et encore plus les nouveaux Mouvements spirituels sont vraiment faits pour cela. Les visions de l’avenir leur appartiennent comme la carte d’adhésion à une organisation. Les Mouvements ne proposent pas seulement des alternatives concrètes pour d’autres orientations de vie, mais surtout ils élargissent des chemins étroits, aplanissent les difficultés. Voici l’exemple d’un individu moderne : à cause de cela, il se développe à nouveau en lui une personne sociale, ou religieuse, selon le Mouvement, avec des liens et des responsabilités dans son milieu de vie concret.

A cet égard, les nouveaux Mouvements spirituels doivent montrer qu’en tant que Mouvements spirituels, ils ne sont jamais seulement spirituels, mais ont toujours une portée sociale et qu’ils puisent dans la foi leur force créative culturelle. Alors ils dépassent même les nouveaux Mouvements sociaux, parce qu’ils ne se limitent pas comme eux à des thèmes spécifiques mais qu’avec Dieu et le monde, ils ont une portée illimitée. « L’Ensemble » des Mouvements spirituels et de leurs Églises est décisif pour cela : seule une Église réconciliée peut apporter une contribution crédible à la réconciliation. Cependant, un « Ensemble pour l’Europe » ne sera pas suffisant pour une réconciliation avec l’avenir. C’est un « Ensemble » pour le monde entier de demain qui est nécessaire.

Prof. Dr. Michael Hochschild, directeur de recherche et professeur de la pensée postmoderne sur Time-Lab Paris / Institut d’Etudes et de Recherches postmoderne; a étudié l’éducation, la sociologie, la philosophie, la psychologie et la théologie à Hambourg, Francfort et Bielefeld.

Lire le discours intégral : 2016 07 01 EpE Munich – M. Hochschild sur la réconciliation avec l’avenir>>

Juntos por México

Le réseau ENSEMBLE traverse l’océan

Le nom en dit long : Ensemble pour le Mexique, mais il ne dit pas tout. Peut-être n’arrivera-t-on pas à comprendre tout ce que signifie cette « Union Nationale des Mouvements Catholiques » du Mexique, mais il est possible d’en faire l’expérience. En témoigne la deuxième rencontre nationale de Juntos por México (JXM), qui s’est déroulée à Querétaro, du 6 au 8 octobre 2017. Plus de 60 Mouvements d’Église, associations de laïcs et institutions catholiques y ont participé, avec des représentants des conseils des laïcs de plus de 90 diocèses du Mexique (presque la totalité), soit environ 4 700 personnes, jeunes et adultes « Ensemble pour… ». Pour un Mexique fraternel, pour une société éclairée, assainie, renouvelée par les valeurs de l’Évangile, de l’Amour. Un espace de dialogue, de communion, d’évangélisation à l’intérieur de l’Église, pour « sortir ensemble » et collaborer à la construction d’une société nouvelle.

Voici ce que dit le Manifeste final, lu à la fin de l’événement et ratifié par les signatures des participants (sur une banderole de toile de 20 mètres de long) : « Nous voulons être des personnes qui aspirent à être les semences d’un peuple nouveau, là où elles vivent et avec tous ceux qu’elles rencontrent, poussées par Celui qui nous invite à servir et à travailler dans l’amour du prochain, pour un Mexique plus solidaire dans ses valeurs civiles, plus uni dans ses différences culturelles, un pays résolument en faveur de la personne ».

La vie et les paroles de nombreuses personnes le confirment, comme l’ont souligné les responsables nationaux de JXM, Carlos Valle et Esther Pérez, lors de la première conférence de presse concernant l’événement. Il y a été mis en avant l’importance de la communion, de l’unité, le besoin de réflexion et le rôle de la femme. Tous – y compris Mgr Faustino Armendáriz, évêque du diocèse de Querétaro – ont mis en lumière le rôle des laïcs dans l’action civile en faveur de la famille et de la justice sociale.

La famille a aussi été le thème du message fort que le pape François a envoyé pour la rencontre, soutenant et encourageant le travail en faveur de la famille, de la promotion de l’unité et de la vie, avec le souhait « qu’il porte abondamment des fruits, en sorte que la société mexicaine devienne une authentique famille où personne ne se sente exclu, et que chacun puisse expérimenter dans sa propre vie la tendresse et la proximité de Dieu ».

Fête, chants, réflexions, ateliers : un programme varié tout orienté à trouver des réponses et ouvrir un chemin vers la concrétisation du slogan : « Laïcs : il est temps de sortir ensemble pour renouveler le monde ! ».

Le tremblement de terre qui a frappé le pays les 7 et 19 septembre a laissé son empreinte, la solidarité aussi, qui s’est mise en place spontanément, forte et efficace, dans les villes les plus touchées. Une solidarité qui a révélé le vrai visage du peuple mexicain. Ces jours-ci un appel a été lancé pour que ce « vrai visage » ne se montre pas que lors des catastrophes, mais aussi dans la vie de la société au quotidien.

Les douze workshops constituaient un éventail des domaines importants de la réalité sociale : économie, politique, éducation, émigration, corruption sociale et culture de la légalité, communication, écologie, volontariat social, jeunes, famille, tissu social, reconstruire la paix, doctrine sociale de l’Église.

Pour avancer concrètement un réseau de volontariat a été lancé qui se propose d’articuler et de mettre en relation les programmes de volontariat social à l’initiative des mouvements déjà en cours. Les domaines de réalisation de ces programmes étant variés, le réseau aura la tâche d’ouvrir des espaces de collaboration réciproque, en développant la possibilité de participation et d’incidence dans la société mexicaine.

Raffaele Massolin

 

 

Munich 2016 – Finalement sur le web

Ça y est ! Grâce au travail de beaucoup de personnes, la documentation de l’événement, qui a eu lieu à Munich du 30 juin au 2 juillet 2016, est désormais entièrement sur le site web : photos, thèmes du congrès et de la manifestation sur la place publique.

Celle-ci est disponible en Anglais et en Allemand

Vous pouvez tout de suite feuilleté ces documents  en Anglais >

Vous pouvez tout de suite feuilleté en allemand :  en Alemand >

Vous pouvez aussi télécharger la version pdf en Anglais > ou en Allemand > 

Secrétariat d’Ensemble pour l’Europe

60. Jahrestag Römische Verträge /Kroatien

Am 7. Juni haben wir endlich unser Miteinander – Gebet für Europa durchführen können, das von 5 Gemeinschaften vorbereitet wurde. Es waren etwa 150 Personen anwesend, die in einer tiefen Atmosphäre der Gemeinschaft für die Zukunft Europas gebetet haben.

Hanny Knüsel

60 ans du Traités de Rome /Castres (France)

Pour le présent et l’avenir de l’Europe, Castres le 24 mars 2017

Mgr Georges Pontier, le 28 mars 2017, dans son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, a encouragé à “regarder l’avenir de l’Europe avec confiance”: “Ce samedi 25 mars dernier, se fêtait à Rome le soixantième anniversaire de la signature des traités de Rome, acte fondateur de l’Union européenne. La veille, le Pape François en a reçu les 27 chefs d’État. Dans un discours apprécié, il les a encouragés dans leurs responsabilités en rappelant ce qui a guidé les pères fondateurs « les piliers sur lesquels ils ont voulu édifier la communauté économique européenne et que j’ai déjà rappelés : la centralité de l’homme, une solidarité effective, l’ouverture au monde, la poursuite de la paix et du développement, l’ouverture à l’avenir… L’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes ». Beaucoup de voix s’expriment pour que l’Europe retrouve cet esprit solidaire qui a présidé à son histoire.

A l’heure où le Pape François s’adressait aux chefs d’Etat, les Tarnais étaient invités à prier pour l’Europe en l’église St-Jean/St-Louis de Castres ou à s’y unir par le cœur. Cette initiative était promue par le Service diocésain de la Mission universelle de l’Eglise, sous l’impulsion des Mouvements Focolari et Vivre et Aimer, membres du réseau Ensemble pour l’Europe (formé de quelque 300 communautés et mouvements chrétiens)“Ce soir, une Veillée de prière œcuménique et internationale aura lieu à Rome en la Basilique des Saints-Apôtres, à l’initiative du réseau Ensemble pour l’Europe. En écho à cette célébration, des soirées de prière auront lieu à Bruxelles, à Paris, et dans bien d’autres villes européennes… Au moment où l’Europe traverse une période difficile, entre peur de l’avenir et peur de l’étranger, nous vous invitons à prier, nous aussi à Castres, pour une Europe qui redécouvre sa véritable identité dans la rencontre avec l’autre. »

Des lectures bibliques ont conduit le recueillement, amenant chacun à un questionnement intérieur : « Écoutons la Parole de Dieu, puis laissons-La retentir en nous dans le silence de l’Adoration. D’abord dans le Livre d’Isaïe au chapitre 2 (v. 3-5). ‘Jean Monnet, Robert Schumann, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi, les pères fondateurs de l’Europe avaient tant souffert de la guerre… Méditons en silence. Je suis chrétien. Est-ce que je pose des actes de paix ?… dans ma famille ?… dans mes rapports de voisinage et de travail ?… Lors de rencontres (en paroisse, dans la vie sociale…)?

Ecoutons la Parole de Dieu dans l’Évangile selon Saint Matthieu au chapitre 5 (v. 12-16).‘ Je suis chrétien. Est-ce que j’essaie d’être sel dans le bout de terre européenne que j’habite ? Comment est-ce que je vis en témoin de lumière dans mon quartier, dans mes lieux d’engagement et de loisir ?’

Ecoutons la Parole de Dieu dans les Actes des Apôtres au chapitre 16 (9-10).‘ Je suis chrétien. Est-ce que j’accueille celui qui est différent ? Est-ce que je vois un frère à aider, en celui qui est étranger, qu’il soit d’un autre pays européen ou d’un autre continent ?’

Chacun a ensuite reçu le drapeau de l’un des pays européens et s’est engagé à prier avec persévérance pour cette nation.

R-L Coureau

60º Trattati di Roma /Flash da città italiane

Viterbo

A Viterbo, il 17 marzo 2017,  120 persone hanno realizzato la prima veglia internazionale ed ecumenica per l’Europa presso la chiesa di S. Murialdo, sostenuta dal  Consiglio Diocesano dei laici, con la partecipazione anche di una predicatrice valdese e del parroco romeno ortodosso, accompagnato da alcuni parrocchiani.

Un messaggio della Segreteria Internazionale di Insieme per l’Europa ha creato un legame con tutte le altre veglie.

Nel programma, di rilievo l’omelia del Vescovo, S.E. Mons. Lino Fumagalli sulle radici cristiane dell’Europa e l’esempio di un frutto attuale di quelle ‘radici’: la testimonianza presentata da un membro dell’Associazione Papa Giovanni XXIII, di accoglienza e accompagnamento nei campi profughi ai confini tra Libano e Siria, per la collaborazione di più organizzazioni.

Parma

Parma: organizzatori della veglia per l’Europa nuovi e antichi carismi (es. Associazione Teilhard de Chardin, Mov. dei Focolari e missionarie Saveriane, che hanno ospitato l’incontro, in una sala riunioni gremita), con coinvolgimento della Comunità Baha’i, del gruppo yoga Svarupananda e di membri dei ”Musulmani per il dialogo”. Si è riflettuto sull’unità e la pace fra gli Stati e sul dialogo fra le religioni. Ha parlato della veglia un articolo di Laura Caffagnini nel settimanale di Parma, del 30 marzo: Vita-Nuova_Parma.pdf

Siena

A Siena  già il  23.3.2017, si è realizzata una veglia ecumenica di preghiera per il 60° anniversario dei Trattati di Roma, col contributo di vari Movimenti e Comunità cattoliche, attive a Siena, che hanno coinvolto anche rappresentanti della Chiesa Anglicana e della Chiesa Ortodossa. L’incontro, con una buona partecipazione di gente, si è  svolto nella chiesa di San Cristoforo ed è stato guidato dall’Arcivescovo, Mons. Antonio Buoncristiani, presente anche il Professor Paolo Nardi, Priore generale dell’Associazione Internazionale dei Caterinati.

Foggia

Alla veglia ecumenica di Foggia, organizzata da alcuni Movimenti cattolici (fra cui Rinnovamento nello Spirito, Neocatecumenali e Focolari) hanno partecipato i Valdesi, alcuni Pentecostali, un Ortodosso. Espressivo il commento da parte del Consiglio Ecumenico di Foggia: “INSIEME PER L’EUROPA”: bellissima serata di preghiera e di riflessione, nella quale i rappresentanti delle confessioni cristiane hanno testimoniato, attraverso la loro riflessione spirituale su passi della Bibbia, che comunione, riconciliazione e unità sono possibili ancora oggi in Europa. “Insieme per l’Europa” è una forza di coesione e traduce i valori base del cristianesimo in risposta concreta alle sfide di un continente in crisi.

Varazze

Anche a Varazze (Savona) ci si è voluti associare alle veglie organizzate da Insieme per l’Europa, organizzando il 25 marzo una preghiera, con la celebrazione dei Vespri, ad iniziativa della Presidente dell’Associazione Internazionale dei Caterinati, Marina  Delfino. Erano presenti, insieme ad un buon numero di laici, la priora del terz’Ordine Domenicano e il priore, padre Daniele Mazzoleni, con alcuni frati.

a cura di Ada Maria Guazzo

Slovenia: Veglie in 17 località e servizio TV nazionale

Ora è un tempo giusto perché l’Europa si rinnovi

In Slovenia si sono svolte veglie di preghiera per l’Europa in 17 città e paesi. Diversi luoghi hanno visto la partecipazioni di Vescovi, come a Ljubljana, l’arcivescovo Stanislav Zore, a Strunjan, Il vescovo Jurij Bizjak, nella diocesi di Celje, il vescovo. Stanislav Lipovšek, a Novo Mesto il vescovo, Andrej Glavan.

L’iniziativa è stata accolta e seguita dai media. Nel giornale cattolico nazionale “Družina” (La famiglia), con tiratura di oltre 30.000 copie, è uscito un articolo con il titolo: “Per l ‘Europa dello Spirito, vieni ed aiutaci”.

La settimana prima delle varie iniziative, alla radio cattolica nazionale “Radio Ognjišče”, molto ascoltata in Slovenia, varie volte al giorno è stata data la notizia di questo avvenimento. Diverse le interviste, tra cui quella con il comitato nazionale di Insieme per l’Europa.

Nella città di Strunjan, la chiesa era piena dalle ore 18 della sera del 24 marzo fino alle ore 9 del giorno successivo. Il coro era composto da giovani di diversi Movimenti. Tutto molto solenne e partecipato, tanto che la TV nazionale slovena, canale 1, ha scelto di mandare in onda un servizio “Orizzonti dello Spirito”.

Link della trasmissione: //4d.rtvslo.si/arhiv/obzorja-duha/174463819

Veglia per l’Europa in Slovenia – Testo in italiano della Trasmissione “Obzorja Duha” 2.4.2017>>

 

60º Trattati di Roma /Matera (Italia)

Una tappa importante a Matera

Un’altra tappa importante del cammino ecumenico a Matera è stato l’aver aderito alla iniziativa internazionale di Insieme per l’Europa che – in occasione dei 60 anni dalla firma dei trattati di Roma, che hanno istituito l’Unione Europea – ha proposto a Roma e in molte città europee momenti di preghiera e riflessione.

L’idea è stata proposta al gruppo ecumenico di Matera, che l’ha accolta con entusiasmo, ravvisandovi una ulteriore occasione per poter innanzitutto crescere nel dialogo fra noi e poi per offrire insieme un importante momento di riflessione e testimonianza di esperienze positive alla città e alle istituzioni nel nostro territorio. Si è voluto dare un taglio laico all’iniziativa, permettendo anche a non cristiani e non credenti di potersi ritrovare in ciò che abbiamo proposto.

L’incontro, realizzato il 25 marzo, nella parrocchia Maria Madre della Chiesa, è iniziato con il video del Gen Verde “Io credo nel noi”, evidenziando che l’unità nella diversità – che sperimentiamo profondamente nel gruppo ecumenico – è ciò che sta alla base del cammino ‘insieme’ intrapreso da anni.

Con il primo intervento, è stata presentata la storia dell’Unione europea nei suoi tratti più salienti, evidenziando quali sono stati gli ideali e l’anelito che ha guidato i padri fondatori, cosa è rimasto oggi di quegli ideali, quali sono le prospettive attuali e le sfide che ci interpellano. Questo momento è stato affidato a Camilla Spada, docente di Storia e Filosofia  e ad Achille Spada, consigliere Regionale, che ha saputo – da amministratore – ben evidenziare problematiche politiche e culturali che oggi ci investono, ma anche porre l’accento sulla necessaria riscoperta e valorizzazione di quegli ideali umani di cui l’esperienza cristiana è stata portatrice in Europa.

E’ stata poi presentata l’esperienza di Insieme per l’Europa, come rete internazionale di circa 300 movimenti e comunità cristiane in Europa che liberamente vogliono costruire una “cultura di reciprocità”, basata su rapporti di comunione nel rispetto della diversità, e che da oltre 15 anni sperimentano che l’unità è possibile. E’ seguito il video di presentazione di Insieme per l’Europa.

Sono seguite alcune testimonianze di accoglienza e di integrazione realizzate in loco, per dare un segno di come singolarmente ed insieme si può essere costruttori della ‘nostra’ Europa. Giuseppe e Paola Montemurro, della comunità Battista, hanno raccontato come da mesi accolgono alcuni ragazzi africani migranti – minorenni senza più genitori –  giunti in un paese in provincia di Matera, andandoli a prendere nel fine settimana e ospitandoli nella loro casa, nella stanza dei loro figli oramai fuori per l’università. Li hanno inseriti nella scuola calcio di cui è responsabile Giuseppe, e stanno anche cercando loro un lavoro. Catia Caponero ha presentato l’esperienza dei “Corridoi umanitari” a cui collabora, insieme con esponenti della Comunità di Sant’Egidio,  di Comunione e Liberazione ed anche non credenti. Recentemente hanno accolto e seguono a Matera una famiglia proveniente dalla Siria.

L’incontro – durato circa 2 ore – si è concluso con un impegno per l’Europa, in cui, facendo proprie le parole del Card. Martini, si è voluto evidenziare la necessità di “lavorare per una Europa dello spirito, fondata non soltanto sugli accordi economici, ma anche su valori umani ed eterni”.

All’incontro hanno preso parte più di 80 persone; in tanti hanno detto di essere stati contenti per il taglio “laico” e universale dell’incontro, per le forti testimonianze ascoltate, per aver potuto conoscere la realtà di Insieme per l’Europa.

Negli organizzatori rimane la gioia di aver costruito un altro momento importante di condivisione e di unità non soltanto col gruppo ecumenico, ma anche con persone che hanno a cuore il “Bene comune”, certi che il don Gino Galante – pioniere del dialogo ecumenico a Matera e partito per il cielo pochi giorni prima dell’incontro – abbia contribuito…

Vedi anche articolo LOGOS_Matera_31.03.2017.pdf

 

Foto in alto della città di Matera di Luca Aless, CC BY-SA 4.0, //commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45529817

60º Trattati di Roma /Trento (Italia)

Veglia ecumenica per l’Europa, 24 marzo 2017, Chiesetta di Santa Chiara a Trento.

Erano presenti circa 100 persone, fra cui la teologa Milena Mariani, preside dell’ Istituto superiore di scienze religiose e, a nome del sindaco Andreatta, l’assessore Chiara Maule.

Nel programma, si sono alternati interventi, riflessioni, preghiere, canti e letture della Scrittura.

Molto apprezzato il contributo sugli ideali dei fondatori dell’Europa del Prof. Beppe Zorzi, (incaricato dal Presidente della Provincia Autonoma di Trento e del Trentino-Alto Adige, Ugo Rossi). Vedi in fondo il suo testo scaricabile.

Hanno collaborato alla preparazione 7 Movimenti ecclesiali di varie Chiese.

Il vicario generale della diocesi di Trento,  Mons. Marco Saiani, il padre ortodosso rumeno Joan Catalin e la signora Cornelia Steubing, della Comunità luterana di Bolzano (vedi in fondo il suo testo scaricabile), sono intervenuti con delle riflessioni appropriate sul momento storico attuale che vede venir meno i valori fondativi dell’Unione Europea. Particolarmente bello il contributo della comunità ortodossa rumena con un loro tipico canto.

Le impressioni dei partecipanti: un momento intenso di comunione, di unità, di riflessione, che “ha rimesso in cuore il desiderio per un’Europa unita”.

Da scaricare:

Libretto Veglia di preghiera a Trento, 24.3.2017>>
Intervento Prof. G. Zorzi – Veglia per l’Europa a Trento, 24.3.2017>>
Intervento C. Steubing – Veglia per l’Europa a Trento, 24.3.2017>>

Di Mario e Luisa Franzoia

60º Trattati di Roma /Trieste (Italia)

Un modo gioioso di essere cittadini europei segnati per sempre dall’ideale della fraternità.

Ieri l’incontro sull’Unione Europea ha visto confluire nella sala dell’oratorio di S. Giacomo 150 persone. Il programma ha visto gli interventi di d. Vatta e di Giampiero Viezzoli pieni di contenuti valoriali e informativi, a cui sono seguiti gli interventi di un gruppo di ragazzi delle scuole medie, che ci hanno contagiato con la loro freschezza giovanile, e l’intervento testimoniale dell’Iman Nader Akkad sull’Islam in Europa.

Hanno allietato la serata i ragazzi dell’orchestra di flauti del Liceo Musicale locale. Nella prima parte dell’incontro vi è stata la presenza del Sindaco Di Piazza, che ha fatto eco all’esigenza di riprendere il cammino forse al momento interrotto dell’unità europea. Erano presenti anche il Senatore Francesco Russo e la Consigliera comunale Fabiana Martini. Sono seguite le testimonianze fornite dalla lettera inviataci dalla Comunità ebraica, un testo bellissimo e commovente, in cui si palesa la sensazione di possibili ritorni all’indietro verso forme di intolleranza che già tanto hanno fatto soffrire e subito dopo dall’affettuoso saluto del Pastore Avventista Michele Gaudio. Hanno concluso i giovani del Servizio del Volontariato europeo col racconto delle loro esperienze in altre nazioni e con la presenza di un professore giapponese in visita in Europa, dove ha potuto godere di questo clima civile e politico comunque diverso, aperto e conciliativo.

La nota forse più rilevante di questa serata, che si è poi conclusa con una simpatica danza collettiva sulle note di una canzone di supporto all’insieme che l’Europa può e deve essere, è stata la presenza attiva e partecipe dei giovani delle varie associazioni a cominciare dai due presentatori, Ilaria e Andrea, per poi passare a dei giovanissimi studenti dichiaratisi convinti europeisti, ai musicisti flautisti, ai giovani volontari europei, ai giovani presenti in sala. E naturalmente il respiro di una festa comunitaria sentita e fraterna, dove ci si vede volentieri, perchè volentieri si è lavorato ottenendo il risultato del formarsi di un’apertura del cuore e della mente che vada oltre le solite chiusure, ma anche oltre le visioni ristrette o indifferenti.

Un impegno comune per una causa di notevole spessore come quella di relazionarsi nel rispetto tra persone di varie appartenenze. Un modo gioioso di essere cittadini europei segnati per sempre dall’ideale della fraternità.

di Elena e Silvano Magnelli

60. Jahrestag Römische Verträge /Aus 11 Städten Deutschlands

Gebet um die Einheit Europas und um den Frieden

Am Vorabend des 60. Jahrestages der Unterzeichnung der Römischen Verträge hatte das ökumenische Netzwerk Miteinander für Europa zu einem Gebet für Europa eingeladen. In Rom und in mehr als 50 europäischen Städten, davon 15 in Deutschland, beteten Hunderte von Menschen für die Einheit Europas und für den Frieden.

Esslingen, Winnenden und Breitenbrunn

Im CVJM-Haus in Esslingen, so berichtet Valerian Grupp, habe es mit neun Teilnehmern einen zahlenmäßig kleinen, aber dichten Gebetsabend mit Mitgliedern aus der kath. Kirche, der Baptistengemeinde und dem CVJM gegeben. Diana Fischer berichtet aus Winnenden, dass ihre Gebetsgruppe aus 12 Personen aus dem Asarja e.V. und aus der evangelische Allianz Winnenden bestanden habe. Am Ende der zwei Stunden intensiven Gebetes und des gemeinsamen Lobpreises sei für einzelne Nationen konkret gebetet und der Segen Gottes über diese Länder ausgesprochen worden. In der Missions- u. Begegnungsstätte Maria Baumgärtle in Breitenbrunn traf sich eine Gruppe von 20 Personen: Missionare vom Kostbaren Blut, ein Teil des Chors “Klangzauber” aus Breitenbrunn und weitere Einzelpersonen. An die Lektüre eines Infotextes über die Römischen Verträge schloss sich die gemeinsame Gebetszeit an, die sich ganz an der vom Netzwerk “Miteinander für Europa” zur Verfügung gestellten Gottesdienstvorlage orientierte. Besonders war das Bewusstsein, zeitgleich mit anderen Europäerinnen und Europäern in anderen Städten des Kontinentes zu beten und mit ihnen verbunden zu sein.

Ellwangen

Bei einer Gebetsveranstaltung in Ellwangen in der Franziskuskapelle betonte der CDU-Landtagsabgeordnete Winfried Mack, dass die Unterzeichnung der Römischen Verträge vor 60 Jahren den Menschen in Europa Frieden und Freiheit gebracht hätten. „Nach Jahrhunderten blutigster Kriege, Knechtschaft, staatlicher oder durch Banden organisierter Gewalt, nach Verirrungen im Nationalismus und gerade noch der gänzlichen Selbstzerstörung entgangen (Stichwort: Wunderwaffe), ist es diesem Kontinent gelungen, umzukehren!“ Ein einiges Europa sei der richtige Weg, den es weiterzugehen gelte. Mack forderte: „Wir müssen die Kraft finden, die großen Aufgaben in Europa gemeinsam zu lösen, ohne dass die Menschen dafür in ihrer heimatlichen Identität bedrängt werden.“ Angesichts der Tatsache, dass Ellwangen 700 Jahre lang ein Benediktinerkloster hatte, in dem der später heilig gesprochene Methodius drei Jahre lang Gefangener der fränkischen Herrscher gewesen sei, regte der Abgeordnete an, „die Patrone Europas, den heiligen Benedikt und die heiligen Brüder Cyrill und Methodius um deren Fürsprache für uns und alle Menschen in Europa zu bitten.”

Weinheim

Auf dem zentralen Marktplatz der Stadt Weinheim/Bergstraße (bei Heidelberg) waren zum „Gebet für Europa“ etwa 100 Personen verschiedener Generationen aus der Stadt und aus den umliegenden Gemeinden zusammengekommen. Eingeladen waren Mitglieder aller Kirchen und kirchlichen Gemeinschaften, die der Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen (ACK) in Weinheim und Umgebung angehören. Gekommen war u.a. auch der Oberbürgermeister von Weinheim, Heiner Bernhard mit seiner Frau, der sich im Anschluss für die Initiative herzlich bedankt hat. Christian Pestel, Pastor der Baptistengemeinde, gestaltete den Gottesdienst aktiv mit. Bei der Kundgebung waren Teilnehmer von unterschiedlichen Konfessionen vertreten, etliche auch von der Baptistengemeinde.

Vallendar-Schönstatt

Mit einer international in fünf Sprachen gestalteten Gebetszeit, schaltete sich die Schönstatt-Bewegung in die Gebetsinitiative für Europa ein. Pater Ludwig Güthlein, Leiter der Schönstatt-Bewegung Deutschland, brachte zum Ausdruck, dass Europa gerade heute für seine Entwicklung „göttliche Kräfte“ brauche. „Deshalb beten wir heute Abend: Herr Jesus Christus, komm erneut mit deiner Gnade, um diesem Europa seine Seele zu erhalten.“ Eindrücklich für die knapp 50 Teilnehmer im und vor dem Urheiligtum und für die Mitbeter, die an ihren Monitoren die Feier im Live-Stream von www.schoenstatt-tv.de verfolgten, waren die „Traum“-Worte von Papst Franziskus über Europa, die er bei der Verleihung des Karlspreises am 6. Mai 2016 zum Ausdruck brachte und die in Deutsch, Französisch und Englisch vorgetragen wurden. (Siehe Bericht bei www.schoenstatt.de)

Landau/Pfalz

In der Kapelle des Katholischen Altenzentrums Landau/Pfalz kamen etwa 45 Personen aus verschiedenen christlichen Religionsgemeinschaften zusammen. Vertreten waren katholische, evangelische, baptistische und weitere freikirchliche Christen aus der Süd- und Südwestpfalz und aus dem Elsass, die Mitglieder in einer Vielzahl von Gemeinschaften und Bewegungen sind, so z.B. die Fokolarbewegung, Stadtmissionen Landau-Zeiskam und Annweiler, Hauskreisgemeinschaft Hassloch, Ökumenischer Hauskreis Annweiler, Ökumenischer Gebetskreis Südwestpfalz, Charismatische Erneuerung Landau, Evangelische Stiftskirchengemeinde, Katholiken aus verschiedenen Pfarreien. Neben dem Dank für 70 Jahre Frieden wurde vor allem darum gebetet, dass sich Blockierungen in Europa lösen. Dabei wurde nicht nur um den Erhalt der EU, sondern auch für notwendige Reformen und Umbauten gebetet.

Selbitz/Oberfranken

Die Communität der Christusbruderschaft Selbitz hat zum Gebet für Europa ihr Abendgebet für Gäste und Gemeinschaften geöffnet. Gut 35 Geschwistern wurde deutlich, „dass wir uns allesamt um ein friedliches und zugewandtes Miteinander in Europa bemühen, denn: Dieses ist keine Selbstverständlichkeit, sondern braucht unser Engagement, unsere Leidenschaft für Freundschaften über alle Grenzen hinweg und nicht zuletzt auch unser Gebet“, wie Sr. Nicole zum Ausdruck brachte. Zum Dank für alles, was in Europa in den letzten Jahren, Jahrzehnten und auch Jahrhunderten geworden ist kam auch die Bitte um Gottes Erbarmen für alles, woran Europa schuldig geworden ist – ob dies nun das massenhafte Morden in Kriegen oder die Rückbesinnung auf nationalistische Egoismen war, welche die Einheit Europas und seinen Traum von einem Miteinander über alle Grenzen hinweg zerstören können. Und das Gebet geht weiter: Alle beim Gebet anwesenden, haben ein europäisches Land gewählt, das sie bis Ende November im Gebet begleiten werden. Dann nämlich findet 2017 die letzte größere Wahl in Europa statt.

München

In der Münchner Heilig-Geist-Kirche war das Gebet für Europa Teil der regelmäßigen „Stay and Pray“ Initiative. Von den im Miteinander-Netzwerk vertretenen Gemeinschaften beteiligten sich der CVJM München, die Vineyard Gemeinde, die Agape Gemeinschaft, das Lobpreisteam, Jugend 2000 und die Fokolar Bewegung.  Ein besonders dichter Moment waren die frei gesprochenen Fürbitten: die Gegenwart des Heiligen Geistes war spürbar und offensichtlich anziehend, denn viele Fußgänger traten in die Kirche ein, um zusammen mit den Vertretern der Gemeinschaften in Gebet und Gesang zu verweilen. Ein schönes, lebendiges Bild von Jung und Alt vereint in gemeinsamer Fürbitte.

Borken

In Kloster Burlo bei Borken waren etwa 60 Mitglieder der Fokolar-Bewegung versammelt, zu denen überraschend 10 Marienschwestern der Schönstatt-Bewegung dazu kamen, obwohl deren Gemeinschaft ihre übliche Anbetungszeit hielt. So wurde nicht nur für das Miteinander in Europa gebetet, sondern auch das Miteinander der Gemeinschaften erlebt.

Rottenburg-Liebfrauenhöhe

Neben 50 Schönstätter Marienschwestern die auf der Liebfrauenhöhe wohnen, nahmen 150 weitere Teilnehmerinnen und Teilnehmer beim Gebet für Europa teil, das in der Kröniungskirche des Schönstatt-Zentrums in der Nähe von Rottenburg stattfand. Vor allem Mitglieder der Fokolar-Bewegung waren neben den Mitgliedern der Schönstattbewegung und vielen Mitchristen aus den umliegenden Ortschaften zum Abendgebet gekommen, das von Sr. M. Monika März und Pfr. Klaus Rennemann, Schönstatt-Bewegung, Claudia Hofrichter, Mitglied bei Kolping und Mitglied im Kultur- und Integrationsausschuss Ergenzingen, sowie von P. Dr. Lothar Penners, Mitglied im Trägerkreis von „Miteinander für Europa“ Deutschland, gestaltet wurde. Ortsvorsteher Horst Schuh, Baisingen, sprach von seinen Erfahrungen mit „Europa frei und offen: Leben, Reisen, Arbeiten auf unserem Kontinent“. Er zeigte aus seinen Kinder- und Jugenderfahrungen auf, wie sich Europa von einem Kontinent der vielen Grenzen in ein Europa der Freiheit und des Friedens gewandelt hat. Landrat Roland Bernhard, der vor 25 Jahren Vertreter der Landesregierung in Brüssel war, schilderte die Aufgaben Europas für heute und der Zukunft. Er zeigte die politischen Schwierigkeiten und Herausforderungen, v.a. in der Flüchtlingsfrage und den wirtschaftlichen Herausforderungen und rief uns dazu auf, über die Grenzen Europas zu schauen. P. Dr. Lothar Penners, Rottenburg-Liebfrauenhöhe, wies anhand des Wortes aus dem Kolosserbrief „Lasst nicht nach im Beten; seid dabei wachsam und dankbar…, seid weise im Umgang mit den Außenstehenden, nutzt die Zeit! Eure Worte seien immer freundlich, doch mit Salz gewürzt.“ (Kol. 4,2-6), hin auf die christliche Verantwortung und zeigte über die kultur- und religionsgeschichtliche Entwicklung Europas, wie sehr Christen aufgrund ihres Glaubens eine große Sendung für Frieden und Solidarität haben. Pfr. Klaus Rennemann beschrieb den Einsatz für Europa als Auftrag Gottes: Denn Europa müsse – trotz der vielen Herausforderungen – für die Welt zu einem sichtbaren Zeichen und Garant des Friedens und des gelingenden Miteinanders werden. Abgeschlossen wurde die Veranstaltung durch das Gebet für Europa, das Vater unser, einen tiefen Friedensgruß und die Möglichkeit zur Anbetung im Bitten um ein gelingendes Miteinander.

Quelle: www.miteinander-wie-sonst.org

Titelbild: “Dank-Sterne” für Europa (Foto: Valerian Grupp)

60th anniversary of the Rome Treaties /Hungary

SZEGED

Rövid hír: „Örömmel közöljük, hogy a márc. 24.-e imaestet megtartottuk a tervek szerint a baptista imaházban.

Szépen sikerült.  A lelkész kört egy baptista és egy evangélikus lelkész képviselte.

A testvéri beszélgetések valóban kinyitották a szívünket és úgy éreztük szerves része vagyunk ennek a nagy ’álomnak’, ami az egység! Egy konkrét szikra is megszületett a lelkészekben, hogy az idei Tágas Tér fesztiválra meghívják az Együtt Európáért képviselőit.”

Intervention de Mons. Nunzio Galantino

Mons. Galantino, Secrétaire général de la conférence épiscopale italienne, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde » .

Une considération de caractère littéraire peut nous aider à cueillir toute la force et la portée de cette expression.

Dans les versets qui la précèdent immédiatement (Mt 5,1-12), Jésus avait proclamé les Béatitudes. Donc, ce « vous êtes sel… vous êtes lumière » n’est pas une définition que Jésus entend donner à ses disciples ! Mais plutôt, après avoir proclamé les Béatitudes, Jésus veut dire à ses disciples : vous voyez, si votre vie se déroule dans la logique des Béatitudes… vous êtes sel et lumière de la terre ; seulement si vous vivez dans la logique des béatitudes votre présence contribue à donner du gout à votre vie et à celle des autres, saveur et beauté à votre existence et à celle des autres.

J’ai voulu faire cette présentation parce que beaucoup d’entre nous pensent encore qu’il suffit de se présenter comme « chrétiens » pour que tout de suite on nous croie, pour qu’on nous reconnaisse la fonction de « lumière » (point de référence) et de « sel » (porteur de sens). C’est un discours qui vaut pour nous tous, probablement aussi pour toutes les traditions chrétiennes et pour ceux qui appartiennent à toute foi religieuse. Je crois en fait qu’il s’agisse d’une tentation qui peut atteindre tout homme, de n’importe quel milieu, même au-delà de toute appartenance religieuse. Il y en a même qui pensent qu’il suffise de se présenter vêtus d’une certaine manière ou utiliser un certain langage pour être automatiquement crédible comme personnes qui donnent du gout et un sens nouveaux à la vie.

En nous présentant les béatitudes et en les faisant suivre par ce « vous êtes sel… vous êtes lumière », Jésus a indiqué la route que le croyant est appelé à parcourir. Le disciple de Jésus est appelé à suivre un code bien défini, celui des béatitudes, fait de passion pour les œuvres de paix, d’attention miséricordieuse envers les autres, de vie vécue dans la pauvreté et marquée par la sobriété. C’est cela qui donne un sens et du gout à la vie du croyant, en en faisant une vie qui resplendit.

Souvent, au lieu de répandre du gout et donner de la beauté à travers des gestes et des choix concrets, comme nous le demande Jésus, nous nous engageons (plus souvent, nous « nous donnons un mal fou ») à démontrer, à argumenter. Au lieu d’allumer la lumière, nous préférons organiser quelque chose de mastodonte et de grandiose pour… étonner !

Mais ce n’est pas ce que nous demande l’évangile ! Au contraire il nous donne une indication qui frôle la banalité quand il affirme que l’amour ne se démontre pas, l’amour se vit ; et justement puisqu’il se vit, l’amour ne se démontre pas mais se montre. Le gout authentique des choses ne se démontre pas, mais se réalise. La lumière ne se démontre pas, la lumière s’allume et par la fait même se rend visible.

Lorsque Jésus dit « Vous êtes sel… vous êtes lumière », c’est comme s’il disait : Vous voulez faire connaitre Dieu ? Ne discutez pas sur Lui, ne démontrez rien ; faites plutôt quelque chose de concret ; mais de tellement beau, de tellement sensé et savoureux… que, celui qui vous rencontre puisse spontanément dire : mais c’est vraiment beau ce que tu fais et ce que tu vis ! Qui t’en donne l’inspiration ? Au nom de qui tu le fais ?

C’est ainsi que Dieu veut être présenté et témoigné ! Avec la même force et la même évidence que la lumière ; avec le même gout fort que le sel : à travers des choix et des gestes concrets, qui donnent du gout et inspirent du sens à la vie.

Beaucoup de nos choix pastoraux, et nos manières de nous positionner par rapport à la société où nous vivons, surtout celles qui ne vont pas dans cette direction, risquent d’être des diversions. Nous risquons de cacher l’unique action que l’évangile nous propose : celle de mettre en évidence/témoigner ; ce qui veut dire faire des choix et poser des actes qui rendent avec évidence « savoureuse » la vie vécue avec le Christ. Si la vie du croyant se présente de cette manière, avec une vie qui a un sens, du gout au point de faire de la vie une réussite… alors, même les contenus que nous essaierons de transmettre auront un sens différent ! Alors, que signifie être lumière, sel ? Qu’est-ce qui peut donner du gout et du soleil à notre vie de croyants ?

On peut le faire en s’engageant à ouvrir de nouvelles voies et à rêver à de nouvelles possibilités, en osant plus et en luttant contre le fatalisme et l’habitude : deux maladies mortelles, non seulement pour le croyant ! Nous devons sourire de nouveau et en conséquence faire sourire celui que nous rencontrons. Le sourire, parce qu’il se sent compris, parce qu’il rencontre des gens qui ne supportent pas l’esprit guerrier et discriminant des « petites âmes ». Nous devons sourire de nouveau et rendre le sourire contagieux pour que notre être lumière illumine sans prétendre aveugler ; et notre être sel donne un gout délicat sans prétendre tout assurer. Pensez combien cela dérangerait une lumière qui aveugle et mauvaise une pitance trop salée !

Etre lumière et sel dans le respect de ceux qui nous rencontrent ! Quelle délicatesse est demandée, surtout aujourd’hui, au croyant !

Nous ne soulignerons jamais assez ce que Pierre recommande aux destinataires de sa première lettre : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui se trouve en vous, à tous ceux qui vous demandent des explications. Mais faites-le avec patience et respect, et en ayant une conscience propre. » (1 Pt 3,15s)

—————————–

Prions avec Matthieu 5, 13-16

Seigneur, Tu me demandes d’être « sel”. Tu me demandes donc de rester au contact de la terre, d’être présent dans le temps où je vis, ici et maintenant. Attentif à mes besoins et à ceux qui sont autour de moi.

Tu me demandes d’être « lumière », à un moment où les ténèbres semblent se faire plus épaisses. La lumière me permet de voir le contour et les couleurs des objets, de la réalité et du monde, dans leurs nuances, et dans leur beauté. Mais elle permet aussi de connaitre leurs innombrables nécessités.

Donne de la saveur, Seigneur, à ma vie ; Donne de la consistance à mes espoirs ; Donne de la confiance à mes peurs ; Donne de la lumière à mes obscurités, et paix à mon cœur, à mes pensées, à mes émotions.
 Fais-moi comprendre, Seigneur, que je serai “sel”, si je sais être humble, en ce temps d’arrogance ; homme de paix, en ce temps de malversation ; Libre des « choses », en ce temps où la personne « vaut » en fonction du compte en banque qu’elle possède.

Fais-moi comprendre que je ne serai vraiment « sel » et « lumière » que si je suis engagé à dénoncer tout profit dans un Occident qui a fondé son propre bienêtre sur l’usurpation.

Je serai « sel de la terre » si, avec et dans mon environnement, je ne recule pas devant les nécessités des autres.

Intervention de Andrea Riccardi

Andrea Riccardi, Fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Chers amis,

Cela, ne le cachons pas : de nombreux Européens se sentent perdus et dépaysés. Où va l’Europe ? Résistera-t-elle à la tentation de se séparer ? L’Europe semble ne plus protéger ses ressortissants. Au contraire, certains essaient de parcourir la voie opposée à celle des Pères fondateurs de l’Europe, qui avaient une mémoire vive de l’horreur de la guerre, des murs de haine, des camps de concentration et des ruines. De nos jours, la génération qui se souvient de cette histoire a disparu. On considère peu l’histoire car pris par le présent d’une politique d’émotions et d’angoisse. Le recours à la guerre lui-même en arrive à être considéré trop “normal”, alors que c’est une folie pour celui qui a vu même hier – en Irak ou en Libye – que la guerre produit la guerre.

L’Europe ne vit pas, si elle n’a pas la mémoire. Nous serons le continent du futur si nous sommes celui de la mémoire. Or il faut se souvenir de la grande paix, soixante-dix ans, construite solidement après des siècles de guerres. C’est le fruit de l’Europe unie : la paix a apporté la prospérité, le développement d’une culture aux racines antiques. C’est une réalité qui s’impose, évidente, plus que les émotions et les peurs qui dominent le présent. Cette Europe est notre paix et notre prospérité.

Sa crise est venue, lorsque les égoïsmes l’ont bloquée : égoïsmes nationaux, de groupe, d’intérêts, et enfin personnels. Ils l’ont bloquée dans son élan. L’Europe n’a donc pas accompli le saut qui aurait fait d’elle la protagoniste de la scène mondiale, avec une politique étrangère et de défense en commun. Non seulement la paix pour l’Europe, mais une politique commune de paix pour la Méditerranée, les Balkans, l’Afrique, le monde. « Europe, force tranquille » – disait Tommaso Padoa Schioppa. Les égoïsmes risquent, de nos jours, de la bloquer et de la dévorer de l’intérieur. Ils poussent à redevenir les maîtres des destins nationaux et de voir chez les autres une menace. Ainsi les frontières reprennent de la valeur : envers les immigrés, parmi les jeunes et les personnes âgées, parmi les riches et ceux qui sont fragiles, entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Les frontières peuvent devenir des murs : certains pensent qu’ils éloignent les tragédies du monde. L’Europe est, elle aussi, impliquée dans la guerre cruelle en Syrie, qui dure depuis six ans, plus que la première guerre mondiale.

Les murs offrent l’illusion de protéger : en réalité ils manifestent la décadence. Ils sont la ligne Maginot de la défaite morale et politique de l’Europe.

Dans le monde global, l’histoire n’a pas de digues, mais elle demande des acteurs forts et unis. Cela demande d’avancer unis et sans faire marche arrière à la recherche d’abris par groupes ou nations, car nous sommes dans une période globale nouvelle. On ne fait pas marche arrière. Les États nationaux autonomes sont une embarcation pour des navigations des temps passés. Nous devons faire face aux dimensions du défi et de la vie d’aujourd’hui : cela ne sert à rien de poursuivre la politique de l’autruche. Une Europe fermée ou divisée sera submergée par les marchés et par les géants économico-politiques dans un monde global et interdépendant. Sur les scénarios de la globalisation, il faut plus d’Europe, si nous voulons que ce soit la terre des jeunes, si nous voulons que notre identité humanistique, religieuse et des droits survive : il ne suffit pas que ce soit uniquement la terre qui nous protège, nous, retraités, pendant quelques années. Un monde sans Europe manquera d’une force de paix et de sagesse historique.

Nous sommes rassemblés entre chrétiens. L’idée européenne ne fut pas confessionnelle, mais bien chrétienne : elle se développa avec la passion de l’Église du moment. Mais de nos jours, quand l’Est et l’Ouest prennent des voies différentes, quand le grand objectif européen qui exprime une extraversion chrétienne du continent, s’ébranle, où sont les voix des chrétiens ? et celles des Églises ? Quand les frontières se transforment en murs face aux réfugiés, où sont ces voix ? Quand ce monde se retrouve face à un risque de guerre, le silence est souvent là.

La forte voix de Pape François – pensons au discours pour le Prix Charlemagne – reste solitaire dans un christianisme, fragmenté comme l’Europe, peu capable de sortir des égocentrismes de groupe ou ecclésiastiques, incapable de nourrir une vision. Que cette prière commune puisse, que la Parole de Dieu puisse comme à l’époque des prophètes, faire croître une grande vision pour notre époque dans les corps et dans l’esprit. Il faut se remettre à penser et à agir avec élan, avec une vision, parce que nous avons vécu pendant trop de périodes des moments de mesures étroites et des mots sans lumière. Karol Wojtyla, au cours des années pendant lesquelles l’Europe était partagée par un mur dur : « Le monde souffre surtout à cause d’un manque de vision ».

 

Intervention de Gerhard Pross

Gerhard Pross, Modérateur de Ensemble pour l’Europe, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

« Ensemble – pour – l’Europe ». Il n’est pas possible de rendre de façon plus précise combien « Ensemble – pour – l’Europe » est important pour environ 300 Communautés et Mouvements d’inspiration chrétienne.

Nous sommes un réseau œcuménique de communautés et de Mouvements chrétiens. Nous venons de plus de 30 Pays européens, de l’Oural à l’Atlantique ; nous parlons des langues différentes ; nous vivons au sein de cultures diverses et nous appartenons à des Églises différentes : nous sommes catholiques, évangélistes, anglican, orthodoxes, d’Églises libres. Parmi nous, vivent des spiritualités diverses.

Pourtant, nous sommes convaincus, car nous en avons fait l’expérience, que l’unité est possible. Notre chemin commun a commencé par une expérience de réconciliation profonde au sein d’un groupe de responsables. L’unité est devenue possible.

Depuis, nous vivons une unité dans la diversité. Chacun conserve son originalité. Mais de la réconciliation, vécue en Jésus Christ, naît la force d’expérimenter la diversité de l’autre en tant que richesse.

Nous rappelons ici, tout particulièrement, trois fondateurs qui, maintenant, nous accompagnent du Ciel : Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, a donné la première impulsion ; Helmut Nicklas, responsable du CVJM (YMCA) de Munich, est devenu l’architecte de l’« Ensemble » ; le Cardinal Miloslav Vlk a exprimé, tout particulièrement parmi nous, le pont entre charisme et hiérarchie ecclésiastique.

Quand, en mai 2004, nous avons invité 10 000 participants à un grand évènement à Stuttgart, l’Europe tirait parti de l’impulsion positive des nouveaux Pays qui s’étaient ajoutés à l’Union Européenne. Au cours de l’été 2016, la situation était bien différente lors d’un grand Congrès et d’une Manifestation auxquels nous avions invité les personnes à Munich seulement 3 jours après la Brexit. Nous avons ressenti et nous ressentons encore maintenant que : L’Europe vit un moment de désarroi.

L’Union Européenne vit une crise après l’autre. Dans une période de crise, ponctuée par des actes de terrorisme, avec des milliers de personnes, là, à Munich, nous avons dit publiquement, clairement et à voix haute, notre ‘OUI‘ à l’Europe. « Il n’y a pas d’alternatives à ‘l’Ensemble en Europe’ ». C’est par ces mots de la Constitution de l’Union Européenne que nous avons commencé notre Message à Munich.

Puis-je le dire d’une manière personnelle en tant que l’un des porte-parole d’Ensemble pour l’Europe ? L’initiative de Munich m’a profondément touché et j’ai placé l’Europe à la première place de mon agenda. Depuis 17 ans nous sommes, ensembles, sur le même chemin, mais il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui d’exprimer notre OUI à l’Europe.

  • À une époque où se dressent le populisme, les égoïsmes et les nationalismes, nous disons notre OUI à une culture de la relation et de l’alliance.
  • À une époque où les démons qui nous ont amenés plusieurs fois à la catastrophe, reviennent, nous disons notre OUI à l’Évangile, à la réconciliation et à l’amour.

Au sein de nos Mouvements, nous devons éveiller la conscience de l’urgence de notre OUI à l’Europe.

En tant que Communautés et Mouvements, nous devons exprimer publiquement notre OUI à l’Europe.

Nous nous engageons pour une Europe de « l’ensemble ». Pour une Europe qui reconnaisse la diversité en tant que richesse et qui vive « l’ensemble » en paix et en unité. Et notamment, pour une Europe à laquelle Dieu, au cours de l’histoire, a confié une mission : l’ensemble du ciel et de la terre, l’ensemble de la foi et de son incidence sur le monde, parce que, dans le [Christ] crucifié, c’est le ciel et la terre qui se rencontrent.

Aujourd’hui – mais non pas seulement aujourd’hui – à la veille de la célébration des “60 ans du Traité de Rome”, nous nous réunissons pour prier et pour rappeler, en tant que Communautés et Mouvements chrétiens, que nous comptons – en plus de notre engagement – sur l’aide essentielle de Dieu.

L’Europe a besoin de notre prière.

 

Interview avec David-Maria Sassoli

Monsieur David-Maria Sassoli, membre du Parlement Européen italien du Parti Démocrate, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Monsieur Sassoli, à la veille du 60ème anniversaire des Traités de Rome, qui ont marqué la naissance de l’Union Européenne, en plusieurs endroits nous constatons combien l’Europe a perdu ses racines chrétiennes, concentrée comme elle l’est sur le financement, la bureaucratie et les intérêts nationaux, incapable de solidarité et d’accueil, et de projeter un développement central sur la personne. Qu’est-ce que vous en pensez ?

« Il faut tout d’abord que les chrétiens se fassent entendre davantage, et il doit y avoir des réseaux dans le monde chrétien qui donnent le relai à d’autres.  Parce qu’il y a des valeurs partagées, comme la paix, la cohabitation, la solidarité, la justice qui ont certainement une matrice chrétienne mais qui, de nos jours, sont assumés en tant que paradigme d’engagement politique, culturel, moral de la part aussi de citoyens qui ne sont pas chrétiens. Voilà les éléments qui font l’identité européenne : voilà pourquoi les chrétiens doivent être très contents parce que dans l’identité européenne nous retrouvons des valeurs qui appartiennent au monde chrétien. Mais, en ce moment, il est nécessaire que nous l’expliquions bien à nos citoyens parce que l’Europe fait peur, provoque l’anxiété, semble un poids, alors que nous avons besoin de faire de l’unité des européens la valeur nécessaire pour jouer le grand défi de ce siècle qui sera de donner une forme au marché global. La globalisation sans règles devient marginalisation, pauvreté, misère, elle peut être catastrophique  pour beaucoup de zones de la planète. Le grand défi de l’Europe est de donner des règles et des valeurs au monde. Parce que les règles du marché sans la défense des droits humains, le sens de la liberté et de la démocratie, ne seraient que des lois économiques qui font prévaloir le plus fort et nous ne le voulons pas. Donc le défi est celui-ci : les valeurs chrétiennes qui sont à l’origine de l’identité européenne aujourd’hui sont l’élément pour faire face au grand défi mondial ».

Pour surmonter l’écart entre les Pays économiquement plus forts et ceux qui sont en train de progresser, nous parlons d’une Europe « à deux vitesses » , qu’est-ce que vous en pensez ?

« Si cela signifie qu’il y aura une Europe de série A et une de série B, alors ça ne va pas. Au contraire, si cela signifie que certains Pays peuvent s’associer, comme cela est prévu par le Traité de Lisbonne, en tant que coopération renforcée et parier sur des politiques communes qui ne dénaturent pas les standards européens, voilà ce qui est intéressant. C’est de cette façon que nous avons fait l’euro, avec une coopération renforcée qui est partie de dix, onze Pays et ensuite d’autres se sont agrégés.  C’est une bonne méthode parce qu’en effet, dans les mécanismes européens, il est difficile de trouver l’unanimité. S’il y avait, par exemple, des Pays comme la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique et d’autres qui parient sur un défi commun, nous le souhaiterions vivement : nous aurions un noyau qui part et tire l’envolée et ensuite d’autres qui se regroupent ».

 Le nécessité de revoir les Traités a été souvent discutée. Pape François aussi l’a souligné dans son discours au Parlement Européen, en mai dernier, à l’occasion de l’attribution du Prix Charles Magne. Dans quelle direction doivent-ils être modifiés ?

« Nous devrions arriver à les changer, j’opte pour arriver à une Constitution européenne, mais je dois dire, avec réalisme et regret, qu’en ce moment, rouvrir la discussion sur les Traités cela peut être très dangereux, il faut être prudents. Si nous reprenons maintenant le problème de Schengen, qu’est-ce qu’il en serait alors de cette Europe et avec ces Gouvernements si nationalistes ? Des Gouvernements qui ont peur des invasions des immigrés. Il vaut mieux, maintenant, de se concentrer sur quelques politiques qui peuvent développer davantage l’Europe parce que c’est de cela que nous avons besoin au-delà des Institutions, des règles et des traités ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec Luca Maria Negro

Luca Maria Negro, pasteur baptiste, Président de la Fédération des églises évangéliques en Italie (Fcei), lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Un évènement comme celui de ce soir, où diverses églises chrétiens se retrouvent unies pour prier, est la preuve que l’unité dans la diversité est possible. Comment l’affirmation et la protection de la propre identité et des traditions se concilie-t-elle  avec la rencontre et l’ouverture envers l’autre ?

« En tant que mouvement œcuménique, nous, nous constatons cela depuis au moins 50 ans, parce que le mouvement a comme slogan unis mais différents, unis en respectant les charismes que les diverses églises ont. Il s’agit aussi du slogan de l’Union Européenne, nous ne savons pas s’il a été pris en connaissance de cause par le mouvement œcuménique, mais nous croyons qu’il est, de nos jours, plus que jamais valable. Malheureusement il semble que l’Europe a perdu l’anima. Nous ne sommes pas arrogants et nous ne voulons pas dire que, l’âme de l’Europe, c’est nous, mais en tant qu’église, nous voulons témoigner de toutes nos forces que l’œcuménisme, le fait de dialoguer ensemble, de construire des sociétés qui dialoguent, de promouvoir l’œcuménisme laïque de la société soit fondamental » .

Récupérer les valeurs chrétiennes qui fondirent l’Europe signifie offrir un patrimoine valable pour tous les peuples, non pas seulement pour les chrétiens…

« En tant que protestants nous n’insistons pas d’une façon particulière sur la récupérations des valeurs chrétiennes, parce que cela donnerait l’impression que nous voulons les imposer aussi à ceux qui n’ont pas la même foi que nous. Mais il y a des valeurs comme celles du dialogue et de la solidarité qui sont aussi chrétiennes et qui peuvent être partagées par toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté. C’est cela que nous privilégions, la découverte de ces valeurs sur lesquelles  l’Europe est née parce que « Oui’ » , n’oublions pas que de nombreux chrétiens ont contribué à la croissance de l’Europe, mais il y avait aussi de nombreux laïcs qui l’ont fondée. Ces jours-ci, nous avons de nouveau évoqué que le Mouvement Fédéraliste Européen est né en Italie chez un Valois, Mario Alberto Rollier, mais il y avait avec lui des personnes laïques comme Altiero Spinelli, et que tous se sont retrouvés en travaillant pour construire une Europe unie ».

Comment est-ce que l’on éduque concrètement au dialogue ?

« Comment est-ce que l’on apprend à marcher ? En marchant. Il en est de même pour le dialogue. Il faut commencer, sortir de soi-même. Nous ferons certainement des erreurs, parce qu’il est parfois facile, même sans le vouloir, de blesser autrui outre sa sensibilité. Sous cet aspect, le mouvement œcuménique a certainement beaucoup d’expériences à partager avec ceux qui s’ouvrent pour la première fois au dialogue ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec Donato Falmi

Dr. Donato Falmi, ancien directeur de la maison d’édition Città Nuova (Nouvelle Cité), coresponsable du Mouvement des Focolari de Rome et du Centre de l’Italie, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Si l’on observe cette Europe d’aujourd’hui, partagée et égarée, il nous semble que l’intuition de Chiara Lubich, dans le lointain 1999, de mettre en route la constitution d’un réseau œcuménique international des mouvements chrétiens était prophétique…

« Elle est prophétique parce qu’il semble vraiment que Chiara ait prévu que l’unité de l’Europe n’était pas quelque chose de facile, qu’il fallait donc une force spirituelle de fond, peut-être cachée, mais si forte qu’elle irait contre ces courants négatifs que l’on constate de nos jours. Quand Chiara lança cette idée, au fond l’Europe était encore un idéal qui, tout compte fait, “avait du succès” ; de nos jours nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire de la redécouvrir. Et si nous n’avions pas pris ce chemin et si nous n’avions pas développé la conscience de ce fait aujourd’hui, nous n’en serions pas capable. C’est une concrétisation, au-delà de toutes les déclarations de principe, pour redonner à l’Europe sa dimension chrétienne, mettre de nouveau le christianisme à la base de l’Europe ( … ). Cette expérience, que l’on est en train de faire ensemble au niveau d’églises et de mouvements appartenant aux diverses âmes chrétienne de l’Europe – parce que le christianisme est une réalité unique mais avec tant d’expressions – est peut-être la proposition la plus concrètes pour affirmer que l’Europe a une base chrétienne. Dans ce sens, elle est géniale ».

Pape François a mis en évidence que, pour construire une Europe plus unie et solidaire, le dialogue est nécessaire. Le mouvement des Focolari a trouvé, dès sa constitution et justement dans le dialogue, une voie féconde pour l’unité. Que signifie dialoguer et comment apprenons-nous l’art du dialogue ?

« Il y a ici une intuition fondamentale, qui est la redécouverte que Chiara fait de la nature même de Dieu, qui est amour. Si nous voulons traduire la parole amour avec un terme qui exprime la dynamique des relations, nous pouvons utiliser le mot dialogue. Qu’y a-t-il de plus fondé sur le dialogue que l’amour ? Et d’autre part, sans l’amour, il n’y a pas de vrais dialogue parce que le dialogue comporte dans tous les cas l’accueil de l’autre, il comporte donc un oubli de soi, ce qui ne signifie pas négation mais veut dire faire toujours un pas à l’arrière pour accueillir l’autre. La loi fondamentale, c’est cela. Ce n’est qu’après cela qu’il est possible de comprendre comment le dialogue devient au fond la seule voie qui permet d’atteindre l’unité, parce qu’elle respecte les différences et, en même temps, elle saisit ce qu’il y a de bon et ce qui unit ».

On assiste au cours des dernières années en Europe à l’avancement du populisme et des mouvements soi-disant souverainistes. Là, peut-être que l’Europe doit faire un examen de conscience : quelle faute reconnaitre et comment changer ?

« Ce qui peut expliquer cette situation, c’est que l’Europe a beaucoup visé sur le bien-être matériel. L’Europe a élaboré, pour l’avantage de tout le monde, des valeurs comme celles qui sont résumées dans la Déclaration des Droits de l’Homme, signée par les leaders mondiaux, mais ensuite la tentation de s’aplatir sur un bien-être de nature matérielle, en oubliant ce qu’il y a de plus profond dans l’âme humaine, est une dure réalité. En atteignant les plus grands objectifs de civilisation, l’Europe a aussi atteint un bien-être qui lui a fait oublier les conditions plus profondes d’une concorde civile. De nos jours, nous sommes en train d’un payer les conséquences mais nous sommes peut-être en train de récupérer, bien que difficilement, les valeurs que nous avions oubliées, ce qui ne signifie pas que le bien-être matériel n’est pas une valeur, il l’est, mais en restant à sa place, avec les valeurs qui doivent toutefois être primordiales ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec P. Heinrich Walter

P. Heinrich Walter, responsable de la coordination internationale du Mouvement de Schönstatt, à l’occasion de la veillée œcuménique à Rome 2017

Quelle contribution Pape François peut-il offrir à l’évolution de cette Europe, envers la construction d’une Europe plus solidaire et inspirée par les valeurs chrétiennes ?

«  Je pense que le Pape, en tant qu’Argentin,  observe l’Europe d’un angle différent par rapport à nous, plus objectif, et qu’il comprend que l’Europe manque de vitalité, parce qu’elle est terrifiée,  parce qu’elle a peur. Pape François est un enthousiaste et il comprend très bien que le monde a besoin d’être rénové ».

 Quel témoignage les Églises chrétiennes peuvent-elles donner à l’Europe en tant qu’unies dans leur diversité ?

« Dans cette Europe en crise, ce qui manque, c’est la liberté, pour chaque Pays, de collaborer selon ses propres possibilités. Mais certains Pays subissent une pression excessive à cause de l’urgence des réfugiés. Ce qui est nécessaire, c’est qu’il y ait, en Europe, une alliance entre les Pays afin que chacun, en toute liberté, offre sa propre contribution » .

Claudia Di Lorenzi

 

 

 

 

Rome 2017

Rome 2017

25 mars 2017, 60e anniversaire du Traité de Rome. La voix d’Ensemble pour l’Europe se fait entendre

C’est l’occasion la veille pour des personnalités politiques, des responsables d’Églises et des laïcs représentants du réseau Ensemble pour l’Europe de se réunir dans la basilique des Saints Apôtres à Rome pour une Veillée œcuménique et internationale. Avec ce défi : comment donner forme à un authentique humanisme européen-chrétien ? Comment amener la foi à s’ouvrir davantage à la culture ?

La Veillée, présidée par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a rassemblé plus de 750 personnes de 23 Mouvements et Communautés. Parmi eux, Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Siluan, évêque de l’Église roumaine-orthodoxe en Italie, Heiner Bludau, doyen de l’Église évangélique luthérienne en Italie, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio et Gerhard Pross, modérateur d’Ensemble pour l’Europe.

Le président de la République italienne, Sergio Matarella, a transmis aux participants « l’assurance de sa pleine participation, avec la conviction que des moments de rencontre comme celui-ci donnent un important signe d’espérance, nécessaire pour construire une Europe unie et solidaire ».

Quelques expressions marquantes de la soirée : « Nous voulons davantage d’Europe ! ». « Au cours de l’histoire, Dieu a confié une mission à ce continent : ensemble pour ciel et terre, ensemble la foi et l’incidence sur le monde ». « Les valeurs chrétiennes sont des valeurs européennes et vice versa. La culture du dialogue, de la tolérance, de l’ouverture, de la fraternité peuvent être vécues au-delà de la confession et de la religion, au-delà de tout credo. Cette veillée servira à réveiller ces grandes valeurs ».

Cette prière œcuménique et internationale s’est déroulée aussi dans 56 autres villes d’Europe avec solennité et participation.

Cliquez ici pour voir le clip vidéo de l’événement>>
Cliquez ici pour voir la vidéo complète de l’événement (en italien)>>
Cliquez ici pour voir aussi les interviews pendant l’événement (playlist)>>

le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

L’Europe que nous voulons construire

Veillée de Prière Ecuménique et Internationale – La foi s’ouvre à la culture

Le soir du 24 mars 2017, à Rome, la basilique des Saints-Apôtres est pleine de monde. A la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, plus de 750 personnes s’y sont rassemblées pour une prière présidée par le cardinal Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens. Catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans, clercs et laïcs, ont répondu à l’invitation d’Ensemble pour l’Europe, initiative de 300 Mouvements et Communautés chrétiens. La chorale composée de 8 Mouvements présents à Rome en donnait un exemple, ainsi que celle de la communauté orthodoxe-roumaine.

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a transmis à tous les participants « l’assurance de sa pleine participation, avec la conviction que des moments de rencontre comme celui-ci donnent un important signe d’espérance, nécessaire pour construire une Europe unie et solidaire ».

Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio), Gerhard Pross (actuel modérateur d’Ensemble pour l’Europe) ont parlé à plusieurs reprises et sous divers aspects de la crise de l’Europe, provoquée entre autres par les égoïsmes nationaux, de groupe et individuels. Ils ont lancé sous diverses formes l’invitation à croire encore au projet des Pères Fondateurs de l’Europe : œuvrer en faveur de la paix, de la justice et de la solidarité dans le monde (Préambule du Traité adoptant une constitution pour l’Europe, déclaré par les chefs d’État le 29 octobre 2004).

Dans ce contexte, l’hymne trisagion « Dieu est Saint, Dieu Saint et Fort », chanté par une foule profondément touchée a résonné de façon solennelle.

Le père Heinrich Walter, du Mouvement Schönstatt, a souligné dans une interview : « Il y a deux points essentiels sur le chemin vers une nouvelle intégration européenne : il faut cultiver les racines chrétiennes de l’Europe. Nous, les Mouvements, nous nous y engageons. Il faut aussi respecter la liberté de l’autre. Nous, d’Ensemble pour l’Europe, nous essayons de vivre de cette manière. Et nous voulons partager cette expérience avec toute l’Europe ».

Siméon Catsinas, prêtre grec-orthodoxe à Rome, a partagé sa joie à la fin de la Veillée : « Je suis heureux de cette soirée. Les chrétiens, nous devons travailler ensemble, nous devons donner un témoignage commun. Il est urgent que nous avancions ensemble sur cette route ».

A la question de savoir si le document : « Du conflit à la communion » est un modèle pour l’Europe, le doyen de l’Église évangélique-luthérienne en Italie (CEL), le pasteur Heiner Bludau, a répondu : « Assurément, le document montre un passé positif. Il doit maintenant s’inscrire de plus en plus dans la vie. Il pourra ainsi devenir un modèle convainquant pour toute l’Europe ».

Au cours de la Veillée, les paroles de haute politique et les paroles de l’Écriture résonnaient comme au même niveau. Jesùs Moràn, co-président du Mouvement des Focolari, affirme : « On ne peut penser l’Europe sans le christianisme. Le christianisme qui a formé l’Europe est le celui de l’Europe unie : l’aspect œcuménique est donc la réalité la plus fondamentale de l’Europe. Et l’Europe doit se retrouver comme civilisation du christianisme. Les valeurs chrétiennes sont des valeurs européennes et vice versa. La culture du dialogue, de la tolérance, de l’ouverture, de la fraternité peuvent être vécues au-delà des confessions et des religions, au-delà de tout credo. Cette Veillée servira à réveiller ces grandes valeurs ».

Plus de 4 000 personnes ont suivi la manifestation en direct et les partages sont nombreux sur les réseaux sociaux. Cette prière s’est déroulée dans 50 autres villes d’Europe, avec solennité et grande participation. La voix d’Ensemble pour l’Europe s’est fait entendre !

Beatriz Lauenroth

Pour voir la galerie photo complète: //www.flickr.com/photos/fotomas2008/sets/72157681856163965

L’Europe telle que je l’imagine. La voix des jeunes

Depuis sa création, le rêve européen a été une occasion de surmonter les méfiances réciproques entre les peuples européens et les préjugés qui les ont accompagnées au cours des siècles.

Toutefois, dans l’histoire de l’intégration européenne, le chapitre « jeunes » a été souvent sacrifié au profit d’autres thèmes non moins importants, comme l’environnement ou les droits des travailleurs. Les choses ont commencé à changer dans les années 90 et 2000, quand ont été élaborés, d’une part, des programmes d’échanges pour les jeunes, dont le plus fameux est Erasmus, entre étudiants en université, et d’autre part, des programmes de soutien à l’emploi, comme Garanzia Giovani.

L’Europe est une perspective séduisante pour les jeunes. Beaucoup la voient comme une opportunité de créer vraiment une communauté plus vaste d’hommes et de femmes, qui puissent chercher des points de contact entre cultures et traditions ayant déjà aujourd’hui une forte racine commune. L’Europe est aussi une opportunité de travailler et de voyager, d’élargir ses horizons et de ne plus se sentir enfermés dans nos frontières nationales désormais étroites. Les manifestations des jeunes après le Brexit, demandant à pleine voix de revoir le vote sur l’appartenance à l’Union Européenne, nous en dit long sur l’attachement que de nombreux jeunes ressentent désormais vis-à-vis de notre continent et de nos valeurs.

D’autre part, on se trompe si on pense que chez les jeunes prédomine une vision de l’Europe optimiste et rassurante. Chaque jour, notre génération se demande si les promesses de bien-être matériel et spirituel, d’égalité entre les peuples européens et d’amour entre nos nations sont effectivement tenues. L’Italie a un taux de chômage des jeunes de 40% et, que ce soit la faute de nos gouvernements ou de l’Union Européenne, le fait est que là où il n’y a pas de travail, il n’y a pas non plus de dignité (comme l’ont affirmé Benoît XVI et le pape François). La réaction européenne à la crise économique et fiscale a été lente et insuffisante, aggravant les inégalités et générant bien des souffrances. Si jusqu’à ces 5 ou 6 dernières années, aucune voix ne se levait contre le projet européen, elles sont nombreuses aujourd’hui à vouloir s’éloigner de ce rêve, le considérant désormais comme irréalisable. Dans ce contexte, les jeunes se rendent parfaitement compte des problèmes, de façon très lucide. La « génération Erasmus » se détourne du rêve européen, comme le montrent les préférences de vote en Italie, en Espagne et en France.

Pourtant, la perspective pourrait changer et être renversée, dans les pensées de ceux qui gouvernent l’Europe, à cause de l’avenir des jeunes. Quel monde nous attend ? Une société divisée, injuste et marquée par la peur, ou bien une société qui soit unie et dont les citoyens vivent dans la sécurité, qui défend l’État de droit et envisage l’avenir avec espérance ? La différence entre avoir l’Europe et ne pas l’avoir se situe là. Pour préserver l’avenir des jeunes, nos gouvernants doivent faire quelques sacrifices. Nous ne parlons pas de réduire le nombre de voitures ni de baisser les salaires, objectif qui nous semble désormais atteint, avec un peu trop de zèle. Non, le véritable sacrifice est de renoncer au pouvoir pour un but plus élevé. Pourquoi, par exemple, n’a-t-on pas encore créé un ministère de l’économie européen ? Nous sommes une Union avec une monnaie et sans État. Pourquoi n’existe-t-il pas une diplomatie européenne ?

Conserver des relations diplomatiques officielles entre Pays qui font partie de ce qui est, à bien des points de vue, presque une confédération (et dont les ministres s’entendent tous les jours), c’est gaspiller de l’argent. Pourquoi n’existe-t-il pas de véritable élection pour le président de la Commission européenne ? Avoir la possibilité de voir, à la télévision ou sur les places, qui gouvernera l’Europe, pourrait engendrer une plus grande responsabilité en haut lieu et une plus grande conscience pour le peuple. Pourquoi ne fait-on pas cela, ou avance-t-on si lentement, presque avec lassitude ?

Le chrétien connaît la réponse, parce qu’il connaît bien la différence entre le pouvoir utilisé pour soi-même et le pouvoir qui a pour but la bonne gestion de la communauté, dont les responsables politiques se doivent de prendre soin. Les jeunes sont certainement prêts à soutenir le rêve européen, à la condition qu’il parte d’une communauté d’hommes et de femmes et non d’intérêts et de règlements. Ce n’est qu’avec un objectif commun et une conscience de partager le même destin et le même chemin que l’on peut accomplir l’indispensable saut culturel dont l’Europe a besoin. Un saut que l’on peut faire demain, parce qu’une fois encore, c’est le choix des hommes qui change le cours de l’histoire.

 

Federico Castiglioni (Rome, 17/11/88). Diplômé en Sciences politiques avec félicitations du jury à l’Université Rome 3 et actuellement doctorant en Études européennes à la même université. A publié plusieurs articles de vulgarisation et scientifiques, en italien et en anglais, toujours sur des thèmes liés à l’actualité européenne ou au rôle de l’Union Européenne dans le monde. Est responsable des relations externes des Jeunes Fédéralistes Européens (JEF Italy) et délégué au Forum italien des jeunes.

Zygmunt Bauman “Soif de paix”

« […] Toutes les étapes et les phases de l’histoire de l’humanité avaient un dénominateur commun : elles étaient caractérisées d’un côté par l’inclusion, de l’autre par l’exclusion.

Il s’effectuait une identification réciproque, à travers l’inclusion et l’exclusion. Le ‘’nous’’ pouvait se mesurer avec l’hostilité réciproque. Le sens du ‘’nous’’ était que nous ne sommes pas eux. Et le sens du ‘’eux’’ était qu’ils ne sont pas nous. Les uns avaient besoin des autres pour exister comme entité reliée l’une à l’autre et pour pouvoir s’identifier dans un lieu ou un groupe d’appartenance. Il en a été ainsi pendant toute l’histoire de l’humanité. Ce qui a causé de grandes effusions de sang. Une forme d’auto-identification qui naît de l’identification de quelque chose d’autre en ce qui concerne le prochain.

Nous nous trouvons aujourd’hui face à la nécessité inéluctable de la prochaine étape de cette histoire, dans laquelle nous sommes en train d’élargir la notion d’humanité. En parlant d’identité de soi, nous avons un concept de ce que nous incluons dans cette idée d’humanité mise ensemble.

Je dirais que nous nous trouvons devant un pas supplémentaire à accomplir qui demande l’abolition du pronom ‘’eux’’. Jusqu’à ce jour, nos ancêtres avaient quelque chose en commun : un ennemi. Maintenant, face à la perspective d’une humanité globale, où le trouvons-nous, cet ennemi ?

Nous nous trouvons dans une réalité cosmopolite et donc tout ce qui est fait, même dans le coin le plus reculé du monde, a un impact sur le reste de notre planète et sur les perspectives d’avenir. Nous sommes tous dépendants les uns des autres et on ne peut pas revenir en arrière. […] »

Zygmunt Bauman, sociologue et philosophe, 18-09-2016, Assise (Italie), à l’Assemblée d’ouverture de la rencontre « Soif de paix ».

 

 

 

Sergio Mattarella et l’Europe des jeunes

« […] Je voudrais maintenant m’adresser surtout aux jeunes.

Je sais bien que votre dignité est aussi liée au travail. Et je sais bien qu’aujourd’hui, dans notre pays, si pour les adultes le travail est insuffisant, souvent précaire et parfois sous-payé, il l’est encore davantage pour vous. Votre génération est plus instruite que toutes celles qui vous ont précédé. Vous avez des connaissances et de grandes potentialités. La possibilité d’être acteurs de la vie sociale doit vous être assurée.

Beaucoup d’entre vous étudient ou travaillent dans d’autres pays d’Europe. C’est souvent une grande opportunité, mais ce doit être un choix libre. Si on est contraint de quitter l’Italie par manque de travail, on se trouve face à une pathologie qui a besoin qu’on y porte remède.

Les jeunes qui décident de le faire méritent toujours respect et soutien.

Et quand on ne peut pas ramener dans le pays l’expérience mûrie à l’étranger, c’est toute la société qui est appauvrie.

En février dernier, dans une université de New York, j’ai rencontré des étudiants de tous les continents. Une jeune a commencé son intervention en disant qu’elle se sentait citoyenne européenne, en plus d’être italienne.

De nombreuses expériences de jeunes qui partagent des valeurs, des idées, une culture, avec d’autres jeunes Européens disent à l’évidence que l’Europe n’est pas simplement le produit de quelques traités. Elle est un continent qui, après avoir été pendant des siècles divisé par des guerres et des inimitiés, a choisi un chemin de paix et de développement commun.

Ces jeunes comprennent qu’il vaut mieux affronter ensemble les choix à faire pour notre temps. Ils comprennent encore mieux la valeur de l’intégration européenne pacifique face à la tragédie des enfants d’Alep, aux milliers de personnes noyées en Méditerranée et à toutes les guerres qui se déroulent dans le monde. Ils n’acceptent pas que l’Europe, en se contredisant, se montre divisée et inerte, comme c’est le cas avec l’immigration.

De l’Union européenne, nous attendons des gestes de solidarité concrète sur les problèmes de la répartition des réfugiés et de la gestion respectueuse de la dignité des personnes pour le rapatriement de ceux qui n’obtiennent pas le droit d’asile. […] »

Sergio Matarella, président de la République italienne, discours à la Nation, 31-12-2016

 

 

Nouveaux horizons après l’événement de Lund (Suède)

Un anniversaire en communion

« C’est pour moi une grande joie d’être ici aujourd’hui, à rendre témoignage de l’œuvre de l’Esprit Saint qui sème l’unité parmi des disciples de Jésus.

L’Esprit Saint, selon les paroles de Martin Luther : ‘’appelle toute la chrétienté sur la terre, la rassemble, l’éclaire, la sanctifie et la maintient en Jésus-Christ, dans l’unique vraie foi’’.

Aujourd’hui, à Lund et à Malmö, nous expérimentons le miracle moderne de l’Esprit Saint, comme les disciples en ont fait l’expérience dans ma ville natale de Jérusalem, il y a deux mille ans. Aujourd’hui, tandis que nous nous réunissons pour exprimer notre espérance d’unité, nous nous rappelons la prière sacerdotale du Christ : « que tous soient un […], afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21). Remercions le Dieu Un et Trine parce que nous sommes en train de passer du conflit à la communion. La rencontre historique d’aujourd’hui envoie au monde entier ce message : les engagements religieux poursuivis avec force peuvent amener à une réconciliation pacifique au lieu d’apporter davantage encore de conflits dans notre monde déjà tourmenté. Quand des membres d’une religion travaillent à l’unité et à la réconciliation, la religion peut promouvoir la prospérité de toutes les communautés humaines. […] »

Extrait du discours de l’évêque Munib Younan, président de la Fédération luthérienne mondiale, Lund (Suède), 31-10-2016

 

Un anniversaire en communion – Commémoration du 500e anniversaire de la Réforme

Dans un article paru dans l’Osservatore Romano (17/01/2017), le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, explique le sens de la commémoration commune entre catholiques et luthériens du cinquième centenaire de la Réforme.

Le cardinal Koch rappelle la prière œcuménique du pape François à Lund (Suède), le 31 octobre 2016, avec l’évêque Munib Younan, président de la Fédération mondiale luthérienne (LWB), à l’occasion de la commémoration de la Réforme. La prière historique « n’a pas toujours été accueillie avec gratitude, elle a aussi rencontré critiques et oppositions. Du côté catholique, on a craint une dérive protestante du catholicisme. Du côté protestant, on a parlé de trahison de la Réforme ». Au lieu de cela – fait observer le cardinal Koch – la commémoration de cet anniversaire « se présente aux deux parties comme une invitation bienveillante à dialoguer sur ce que les catholiques peuvent apprendre de la Réforme et sur ce que les protestants peuvent tirer de l’Église catholique comme enrichissement pour leur propre foi », en dépassant toute partialité et polémique.

Martin Luther « ne voulait absolument pas la rupture avec l’Église catholique ni la fondation d’une nouvelle Église, mais il avait à l’esprit le renouveau de la chrétienté tout entière dans l’esprit de l’Évangile. […] Le fait qu’à ce moment-là son idée de réforme n’ait pas pu se réaliser est dû pour une bonne part à des facteurs politiques ».

La commémoration de 2017 – souligne encore le cardinal – doit donc être comprise « comme une invitation à revenir à la préoccupation originelle de Luther » à la lumière de trois concepts-clefs : la gratitude pour les 50 années d’intense dialogue entre catholiques et luthériens, un repentir public accompagné d’une purification de la mémoire historique, et l’espérance qu’une commémoration commune de la Réforme puisse permettre « d’accomplir de nouveaux pas vers une communion ecclésiale engageante. Cette dernière doit demeurer l’objectif de tout  effort œcuménique et c’est donc aussi précisément ce que doit viser la commémoration de la Réforme. Après 500 ans de division, après avoir vécu pendant une longue période en mode opposé ou parallèle, nous devons apprendre à vivre les uns avec les autres en étant liés plus solidement, et nous avons à le faire déjà aujourd’hui ».

( résumé de Beatriz Lauenroth )

Le rêve de pape François

A l’occasion de la remise du prix Charlemagne, à Rome, le 6 mai 2016, le pape François a fait part de son rêve pour l’Europe

(…) Avec l’esprit et avec le cœur, avec espérance et sans vaine nostalgie, comme un fils qui retrouve dans la mère Europe ses racines de vie et de foi, je rêve d’un nouvel humanisme européen, d’« un chemin constant d’humanisation », requérant « la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine ».

Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère : une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie.

Je rêve d’une Europe qui prend soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en recherche d’accueil parce qu’il n’a plus rien et demande un refuge.

Je rêve d’une Europe qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu’elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs.

Je rêve d’une Europe où être migrant ne soit pas un délit mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l’être humain tout entier.

Je rêve d’une Europe où les jeunes respirent l’air pur de l’honnêteté, aiment la beauté de la culture et d’une vie simple, non polluée par les besoins infinis du consumérisme ; où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et une grande joie, non un problème du fait du manque d’un travail suffisamment stable.

Je rêve d’une Europe des familles, avec des politiques vraiment effectives, centrées sur les visages plus que sur les chiffres, sur les naissances d’enfants plus que sur l’augmentation des biens.

Je rêve d’une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans oublier les devoirs envers tous.

Je rêve d’une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie. Merci.

Remise du prix Charlemagne, extrait du discours du pape François, Rome, Salle Royale, Vendredi 6 mai 2016

Pour lire le texte intégral : //w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html

 

Le Message de Munich 2016

Ensemble pour l’Europe. Rencontre. Réconciliation. Avenir.
Munich le 2/7/2016 

Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble

« Unis dans la diversité ». Cet espoir européen est aujourd’hui plus actuel que jamais. L’Europe ne doit pas devenir une « forteresse » et ériger de nouvelles frontières. Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble. Une vie ensemble dans la diversité réconciliée est possible.

L’Évangile – une source d’espoir

Jésus-Christ a prié pour l’unité et il a donné sa vie pour cela. C’est l’Évangile qui nous le dit ; depuis 2000 ans, il est une force créative pour la culture en Europe. Jésus-Christ nous enseigne l’amour sans limite pour tous les hommes. Il nous montre le chemin de la miséricorde et de la réconciliation : nous pouvons demander pardon et nous pardonner les uns aux autres. L’Évangile est une puissante source dans laquelle nous pouvons puiser de l’espoir pour l’avenir.

L’Europe – une culture du respect et de l’estime

Les terribles expériences des guerres mondiales nous ont enseigné que la paix est un don précieux que nous devons préserver. Notre avenir sera façonné par une culture du respect et de l’estime de l’autre, y compris de l’étranger.

L’unité est possible – surmonter les divisions

Nous demandons à tous les chrétiens, en particulier aux responsables des Églises, de surmonter les divisions. Les divisions ont provoqué la souffrance, la violence, l’injustice et miné la crédibilité de l’Évangile. En tant que chrétiens, nous voulons vivre ensemble dans la réconciliation et en pleine communion.

Notre engagement

  • Nous vivons avec l’Évangile de Jésus-Christ et nous le témoignons en paroles et en actes.
  • Nous suivons la voie de la réconciliation et nous aidons nos communautés, Églises, peuples et cultures, qu’ils puissent vivre « unis dans la diversité ».
  • Nous rencontrons les personnes qui ont d’autres religions et d’autres convictions avec respect et nous recherchons avec elles un dialogue ouvert.
  • Nous nous engageons à faire grandir la bienveillance et la paix dans le monde.
  • Nous avons la vision d’un vivre ensemble en Europe, qui est plus fort que toute peur et tout égoïsme.
  • Nous faisons confiance à l’Esprit Saint, qui renouvelle et vivifie sans cesse le monde.

Un point de vue français

60 ans après le Traité de Rome, un point de vue français

Nous y sommes ! Nous n’y sommes pas tous, mais nous sommes tout de même arrivés à 28 pays pour fêter les 60 ans de l’Europe. Le 25 mars 1957, date du Traité de Rome, seuls 6 pays ont signé la création de la Communauté Européenne, qui deviendra l’Union Européenne à partir de 1993. Parmi les 6 pays fondateurs, il y avait la France avec toute sa conviction. Conduits par l’ide de Jean Monnet, qui a trouvé un écho grâce à la voix de Robert Schuman, les Français ont accepté la grande idée européenne.

Vue comme un instrument de paix et de stabilité, l’idée d’Europe était au service des pays pour une reconstruction rapide et plus facile du continent. L’Europe a aussi (et peut-être surtout) été considérée par la France et par ses dirigeants successifs comme un tremplin vers un pouvoir et une influence plus larges, parce que de dimension européenne. L’amour envers la patrie française, la défense des valeurs nationales et l’influence de la France dans le monde ont caractérisé l’action de la France dans le processus d’intégration européenne. Comme l’a rappelé le général de Gaulle en 1954 : toucher à la souveraineté française ne faisait pas partie du « contrat européen », et la France l’a montré jusqu’à aujourd’hui.

Cependant, les grands pères fondateurs français, qui aimaient l’Europe autant que la France, ont heureusement laissé une descendance fertile. De nombreux présidents français, Valéry Giscard d’Estaing en tête, ont continué à se dépenser pour la cause européenne. Giscard d’Estaing, reprenant les discours pleins d’espérance des pères fondateurs, a laissé rêver (comme Jacques Delors) d’une Union Européenne politique : une union des peuples européens, mais une union respectueuse de la différence de chaque culture et religion.

En 2005, avec le référendum sur la constitution européenne, les Français ont cependant rappelé que, si la politique et les dirigeants peuvent faire beaucoup, ils ont impuissants sans le consensus populaire. Car le référendum pour la constitution européenne a été repoussé par la majorité des Français. L’expérience de 2005 est assurément la démonstration la plus claire du point de vue français sur l’Union. C’est un refrain que les Français entonnent souvent : si l’Union Européenne est nécessaire, avoir davantage d’Europe, « ce serait trop ». Pourquoi trop ? Parce que les Français, comme nombre d’autres peuples européens, ont peur d’être englobés dans une Europe supranationale, où il n’y aurait plus de distinction entre un Français et un Italien, où la particularité et la souveraineté de chaque pays seraient absorbées par un grand « Tout Européen ».

Si les Français acceptent l’Europe aujourd’hui, c’est parce qu’ils sentent valorisés leur identité et leur ordre socio-économique. Mais plus encore, les Français acceptent l’Europe parce qu’ils partagent les valeurs primaires qui sont à la base de l’Europe de 1957 : la solidarité, le partage, la liberté, la paix et la fraternité entre les peuples. Toutes ces valeurs, donc, qui sont pour la plupart de provenance chrétienne et qui sont ce que les Français voient dans l’Europe. Abandonnant les implications religieuses, ils se sentent attachés à ces fondements moraux  qui sont la base de l’Europe d’aujourd’hui. Même si penser ces valeurs et les revendiquer ne veut pas toujours dire les appliquer – nous le voyons dans l’actuelle crise des réfugiés – il n’en demeure pas moins que les Français se sentent une partie constituante de cette réalité européenne.

Le 25 mars 2017, Rome célèbrera les 60 ans du Traité de Rome. Cet anniversaire nous rappelle que l’Europe est jeune ! Les divers événements, les congrès et la marche pour l’Europe seront les moments forts. Au-delà de la nécessité de la relance de la politique européenne, ce sera aussi l’occasion de rappeler les valeurs chrétiennes qui sont communes à tous les peuples européens. Ces valeurs seront, selon moi, la base de la relance européenne, parce qu’elles sont actuellement les seules qui ne sont pas source de peur, mais d’unité.

 

 

Marie Trélat, étudiante française à Sciences Po Paris, spécialisée en Union Européenne, en particulier l’Europe centrale et l’Europe de l’Est. Vit actuellement à Rome (projet Erasmus) et fréquente l’Université LUISS Guido Carli. Membre de la GFE-Rome (Jeunesse Fédéraliste Européenne), s’occupe du bureau des relations internationales de la section de Rome. A travaillé pendant 5 mois à la rédaction française de Radio Vatican.

Un point de vue d’Allemagne

60 ANS « TRAITÉ DE ROME » 24-25 mars 2017

Le 25 mars 1957, avec la volonté commune de créer les fondements d’une collaboration étroite entre les pays européens, et décidés à sauvegarder le développement économique et social de chaque pays à travers une action commune, qui pourra abolir les barrières qui divisent l’Europe et sauvegarder et consolider la paix et la liberté, six pays européens (Allemagne, France, Italie et les pays du Benelux) ont décidé de créer une « Communauté Économique » basée sur ces fondements de paix, réconciliation et collaboration, ainsi que mentionné au début du contrat.
En même temps, tous les autres États européens sont invités à « se joindre à cet effort ».
La fondation de la « Communauté Économique Européenne » (CEE) allait beaucoup plus loin qu’une recherche d’avantages, parce que dès le début des années cinquante, le ministre des Affaires Étrangères français Robert Schuman (1886-1963) expliquait que la paix en Europe ne pouvait être suffisamment assurée que si les pays réussissaient à contrôler ensemble les ressources minières utilisées pour la guerre, comme le charbon et l’acier.
De plus, dans ce contrat, l’Allemagne est acceptée comme un partenaire équivalent, 12 ans seulement après la fin de la guerre.
Ceci marquait un pas décisif vers la réconciliation sur le continent européen, dans lequel la France et l’Allemagne avaient un rôle déterminant.
Depuis 1992, l’Union Européenne répond en faisant l’union politique du continent. Ce qui ne serait pas pensable sans considérer le contrat signé à Rome sur la « Communauté Économique Européenne », c’est-à-dire le « Traité de Rome ».
Ce contrat est à comprendre comme un acte de naissance de l’Europe unie, même si, dans les détails, il s’occupe de dispositions telles que l’importation, l’exportation, les relations avec les douanes, les tribunaux, l’orientation de la politique économique, la libre circulation des marchandises et la création de commissions.
L’intention avec laquelle tout cela a été établi est importante et est expliquée très clairement dans le préambule : Une Union pour éliminer les barrières, conserver la paix et la liberté, promouvoir le développement et améliorer ainsi les conditions de vie des personnes en Europe, et ceci avec ceux qui étaient ennemis pendant la guerre.

 

 

Sœur Ph. D. Nicole Grochowina, de la Christusbruderschaft de Selbitz (Allemagne), professeur d’histoire moderne à l’Université d’Erlangen-Nuremberg depuis 2012. Membre du Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe et du Comité des experts en œcuménisme de l’Église évangélique bavaroise.

Un point de vue d’Italie

LE TRAITÉ DE ROME ET L’UNION EUROPÉENNE

Le 25 mars 1957 a été signé le Traité de Rome, considéré comme l’acte fondateur de la grande famille européenne. Le premier document signé institue une Communauté Économique Européenne (CEE), le second est l’Euratom, pour la recherche commune sur un usage pacifique de l’énergie nucléaire.
Le Traité CEE réunit les États signataires, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas en une Communauté, avec pour objectif, comme le rappelle l’article 2, de créer un marché commun et de favoriser la transformation des conditions économiques des échanges et de la production dans la Communauté.
Il a aussi un objectif plus politique : contribuer à la construction fonctionnelle de l’Europe politique, vers une unification plus ample de l’Europe. Comme le déclarent dans le préambule les signataires du Traité : « être déterminés à établir les fondements d’une union toujours plus étroite entre les peuples européens ».
Le Traité de Rome avait été précédé, en 1951, par la signature du Traité de Paris, qui constituait la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) : par le contrôle commun de ces industries, on entendait éviter le réarmement unilatéral de l’un des États membres.
En fait, la tentative de promouvoir l’union européenne au niveau politique et économique est née d’un désir qui a vu le jour après la seconde guerre mondiale : associer les États européens de manière à rendre impossible une autre guerre.
« Pour la paix future, la création d’une Europe dynamique est indispensable… Il faut abandonner les voies du passé et entrer dans une voie de transformation… L’Europe n’a jamais existé. Ce n’est pas la somme de souverainetés réunies en conseil qui crée une entité. Il faut vraiment créer l’Europe » (Jean Monnet, Memorandum, 3 mai 1950).
« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans efforts créatifs à la hauteur des dangers qui la menacent. La contribution que peut fournir à la civilisation une Europe organisée et vivante est indispensable au maintien des relations pacifiques…
L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait » (Robert Schuman, 9 mai 1950).
« Reconstruisons la paix à l’intérieur et à l’extérieur. Et surtout, pour l’obtenir, donnons un témoignage de discipline, d’ordre, de bonne volonté, de travail, cherchons la meilleure répartition possible des biens de la terre, pour surmonter les difficultés qui sont naturelles, mais surmontables si les hommes sont prêts au sacrifice et savent qu’il faut, pour gagner, avoir une foi absolue en la Providence divine » (Alcide De Gasperi, 20 avril 1950).

Les hauts et les bas de l’Union européenne, entre élans extraordinaires et brusques coups de frein, ont amené au cours des années à la signature d’autres traités (//www.politicheeuropee.it/comunicazione/?c=Version-francaise) avec la création des diverses institutions comme le Parlement européen, la Commission européenne, le Conseil de l’Europe et ainsi de suite.

 

 

Maria Bruna Romito, Mouvement des Focolari, diplômée en histoire. A vécu en Hongrie de 1989 à 2000, enseignant l’italien et l’histoire à l’université catholique de Budapest. Vit actuellement à Rome et travaille au Conseil Pontifical de la Culture.

Cela s’est passé ainsi…

Dans l’expérience que nous avons vécu au cours de l’événement d’Ensemble pour l’Europe à Munich du 30 Juin au 2 juillet , tout était présent : RENCONTRE avec des personnes très différentes, mais qui étaient toutes d’accord pour affronter ensemble le FUTUR. Les témoignages de RECONCILIATION nous ont montré qu’un parcours fait ensemble n’est pas une utopie. Compte tenu de tous se qui s’est passé entre temps dans la ville –et dans différentes parties du monde- le message de « Ensemble » est plus que jamais nécessaire et actuel.

Voici quelques échos parmi ceux qui en ont fait l’expérience (dans leur langue d’origine)
  • München zeigte ein tiefes echtes Gesicht eines Europa, das sich auf Gott und die Welt öffnet. Es wurde verständlich und erfahrbar: Miteinander geht es, Miteinander aller Charismen und Gaben. Der Glaube, die Liebe und die Offenheit führen zur Entängstigung…
  • Magnifique rassemblement avec le souffle des origines et qui ouvre un nouvel avenir pour Ensemble pour l’Europe. Une lumière et une espérance dans une Europe qui en a bien besoin! Remarquable organisation de nos amis allemands.
  • I am British and have always had a very strong sense of being European, and part of a positive process of unification. It was a challenge coming to Munich a week after Brexit, knowing that everyone would ask my opinion about it. I was initially very sad, but I know that being European and being Christian is a bigger idea than any particular political process or institution, and that unity will go ahead anyway. The positive attitude and support of a very impressive list of Christian leaders was very important and can only further this process. The young people present were a great witness to things already happening , and a hope for a better future.
  • Ho colto la profondità, il desiderio di continuare sempre più insieme per una nuova Europa nel cammino della pace costruita sui valori comuni del dialogo e dell’amore. Non abbiamo paura, andiamo avanti, nella certezza che Dio Amore ci precede sempre, a noi tutti gli sforzi, a Lui la gloria del Suo Amore passato dalle nostre azioni positive.
  • Das Podium „Zukunft der Gesellschaft – Auftrag und Verantwortung der jungen Generation“ erfüllte aber voll und ganz meine Erwartungen: Junge Leute, die von ihrem Glauben und ihrer Jugendarbeit innerhalb ihrer Gemeinschaft berichteten. Mir gefiel es sehr gut, mich endlich mit anderen Jugendlichen, die sowohl ähnliche als auch komplett verschiedene Ansichten als ich hatten, auszutauschen und zu diskutieren.
  • Ho capito che anche i piccoli come me possono fare qualcosa per l’Europa, nella stessa strada dei grandi, per iniziare questa unione spirituale dell’Europa, gli uni per gli altri.
  • Hi everyone, I did watch this wonderful event which was a wonderful way to involve people like me around the world in Unity with all ‘People of Good Will’. God’s choicest blessings on everyone who organised this and those who took part. We are meant to be together and not live selfish lives in isolation from our neighbour.
  • Il fatto che ci siamo trovati in un circo mi suggerisce che è importante mettersi in gioco come fanno i protagonisti del circo, giocarsi la vita  per essere di aiuto agli altri.
  • J’ai beaucoup apprécié ce moment à Munich. Maintenant avec toute l’équipe de Lyon nous nous engageons à diffuser ce que nous avons vécu. Bien avec chacun.
  • Insgesamt bin ich sehr dankbar für die Erfahrung der Veranstaltung in München und trage die Erlebnisse und Begegnungen noch lebendig in mir. Vor allem verbinde ich mich im Gebet Tag für Tag weiterhin mit allen, die dort waren, und habe die Hoffnung, dass das Wunder der Einheit der Kirchen eines Tages von Gott geschenkt wird. (…) Für alles, was bei der Kundgebung am Stachus auf der Bühne geboten wurde, kann ich nur meine Anerkennung aussprechen.
  • Anche l’aprire e chiudere l’ombrello (…) non ha distolto da un clima di unità, di gioia, di profondità che ho avvertito. Mi è sembrata la manifestazione della speranza.
Munich 2016

Munich 2016

RENCONTRE. RÉCONCILIATION. AVENIR.

C’est le titre de la quatrième Manifestation internationale d’Ensemble pour l’Europe qui a eu lieu à Munich en Allemagne.

Cette rencontre a commencé par un congrès avec des représentants des 300 mouvements et communautés (dont 200 étaient représentés) qui adhérent à l’esprit d’Ensemble pour l’Europe, du 30 juin au 1er juillet 2016, dans le Circus Krone Bau. Des séances plénières le matin et le soir, 17 forum et 19 tables rondes les après midi sur des thèmes d’actualité, comme par exemple les réfugiés et leur intégration, l’œcuménique, l’environnement, le dialogue avec l’Islam, la crise économique, la recherche du bien commun, le difficile lien entre les pays européens…. 1700 participants de 32 pays d’Europe mais aussi quelques participants d’autres continents.

Dans l’après midi du 2 juillet sur la place public « Karlsplatz (Stachus) », plus de 5000 personnes -parmi lesquels beaucoup de jeunes- se sont réunis pour une grande manifestation. Les témoignages de réconciliation durant ce chemin de 15 années dans l’atmosphère d’Ensemble pour l’Europe ont été très forts, touchants, et plein d’espérances ainsi que l’accolade fraternelle entre les différentes autorités qui étaient là, de l’Eglise Catholique, luthérienne et orthodoxe.

« L’unité et possible », c’est ce que les personnes qui étaient présents sur la place et les personnes reliés dans plus 7000 points par un streaming, dans différentes parties du monde, ont pu voir et expérimenter. Fort et donnant une ligne directive, ont été les messages vidéo tant du Pape François que du Patriarche Bartholomé I.

La scène très vivante et animée par un groupe musical de jeunes de différents pays. Sur la scène une porte qui « ouvre au futur », comme symbole d’un chemin parcouru et du futur que l’on souhaite parcourir, pour un partage plein de valeurs qui ont leurs racines dans l’Evangile.

Voir la vidéo de la Manifestation EpE Munich 02/07/2016 (FR) 

Cliquez ici pour voir d’autres vidéos de la manifestation (playlist) en plusieurs langues>>. 

le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

En direct de Munich – 3er jour

« Oui à des ponts de miséricorde. Oui à la découverte de l’autre, de sa richesse. Oui à la compréhension que nous sommes vraiment « une seule chose », qu’il existe une unité et une fraternité pour lesquelles travailler et que nous devons trouver les chemins pour « détruire » les nombreux « murs de séparation »». Ces paroles d’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, lues par Marco Impagliazzo, l’actuel président, expriment bien l’esprit et l’engagement des 5 000 personnes présentes sur la Karlspatz de Munich, le 2 juillet, lors de la Manifestation publique conclusive de l’édition 2017 d’Ensemble pour l’Europe.

Quatre grands thèmes ont servi de fil conducteur à l’événement : l’unité est possible ; la réconciliation ouvre à l’avenir ; une culture de la relation et de la miséricorde ; mission et avenir. Maria Voce, présidente des Focolari a ouvert la rencontre par un engagement solennel : « Aujourd’hui, ici, nous nous engageons à être des instruments de ce tournant, des instruments d’une nouvelle vision de l’Europe, des instruments d’une accélération sur le chemin vers l’unité en ouvrant un dialogue profond avec tous et pour tous les hommes et les femmes de notre planète  ». Les messages vidéo envoyés par le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomé Ier et par le pape François ont apporté une grande joie.

Ont suivi des témoignages de réconciliation entre Églises et communautés. « La réconciliation ouvre à l’avenir – a affirmé Gerhard Pross de Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe – même si nous sommes et restons différents, nous voulons vivre en unité, nous enrichir de nos différences, et que la contagion s’étende à nos villes et à l’Europe ». Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens, Rome, a expliqué qu’un réseau universel d’amitié a vu le jour et l’évêque Frank Otfried July, vice-président de la Fédération luthérienne mondiale : « Nous vivons ensemble de nombreuses expériences en tant qu’Églises : nous travaillons pour les réfugiés, nous prions ensemble. Nous voulons reporter le Christ au centre de l’Europe ». Le Métropolite roumain-orthodoxe pour l’Allemagne et le centre-nord de l’Europe, Serafim Joanta (Nuremberg) a partagé les joies et peines de sa mission : « Ma plus grande souffrance, ce sont les poussées fondamentalistes qui risquent de détruire les tentatives d’unité entre les chrétiens. De plus, les jeunes sont souvent absents de nos Églises ». Des représentants d’Églises chrétiennes et de mouvements ont prié ensemble le Notre Père, « signe prophétique de pardon et de réconciliation, que nous voulons ne jamais oublier », a expliqué le révérend Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises.

La voix des jeunes a été un signe fort et plein d’espérance : « Je rêve d’une Europe de l’amitié, moins individualiste. L’Europe commence par moi, parce que je suis Europe », a affirmé Maria, de République Tchèque.

« Ensemble », un autre mot-clef : « En 2017, ce sera les 500 ans de la Réforme – a expliqué l’évêque évangélique Heinrich Bedford-Strohm, président de la Confédération luthérienne en Allemagne – et nous voulons vivre cet anniversaire ensemble, Église luthérienne et Église catholique ». Le cardinal Reinhard Marx, de Munich, président de la Conférence épiscopale catholique allemande, a ajouté : « Nous devons reconnaitre les signes de l’unité que nous vivons déjà : nous ne sommes pas séparés, nous voulons témoigner le Christ ensemble ».

Le message final, lu à plusieurs voix par les responsables des Communautés et Mouvements, exprime à la fois les fruits du chemin parcouru et les prochaines étapes : « L’Europe ne doit pas devenir une forteresse et ériger de nouvelles frontières. Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble. Nous demandons à tous les chrétiens (…) de surmonter les divisions. Notre engagement : Nous vivons l’Évangile de Jésus-Christ et nous le témoignons en paroles et en actes. Nous nous engageons à faire grandir la bienveillance et la paix dans le monde ».

En direct de Munich – 2er jour

Maria Voce, présidente des Focolari a ouvert la deuxième journée du Congrès : « L’Europe traverse la nuit de ses principes, la nuit de son rôle dans le monde, la nuit de ses rêves. […] Ensemble pour l’Europe nous semble vraiment être le sujet en mesure d’inspirer des personnes, seules ou associées, dans leur engagement pour une Europe libre, réconciliée, démocratique, solidaire et fraternelle, et qui peut être un don pour le reste de l’humanité ».

Steffen Kern, de la Fédération évangélique (Wuerttemberg) : « Où plaçons-nous notre espérance, nous les chrétiens ? Nous devons prendre sur nous les souffrances et les nuits de nos villes. A Stuttgart est née la Maison de l’Espoir qui accueille des femmes et personnes seules. Nous voulons témoigner par notre engagement que Dieu n’abandonne personne ». Thomas Römer (CVJM Munich) affirme que la force de notre continent est le Christ et son Évangile. « Jésus est aussi dans les tempêtes, il faut avoir foi. Il est monté sur la barque pour nous sauver ».

L’après-midi, Ensemble pour l’Europe a ouvert ses propres lieux de dialogue, confrontation et projets.

La table ronde « Chrétiens et musulmans en dialogue » a fait ressortir la nécessité de se connaître, se rencontrer et travailler ensemble autour des défis sociaux et culturels. Pasquale Ferrara, nouvel ambassadeur italien à Alger, a souligné que ce ne sont ni les cultures ni les religions qui font le dialogue, mais les personnes. Il faut tremper dans le concret et les réalités. L’imam Baztami a invité à rencontrer et connaître l’autre. De nombreuses idées et projets ont émergé du débat entre la philosophe des religions Beate Beckmann-Zoeller, Thomas Amberg de l’Église évangélique, et Mgr Dubost, évêque français. « Le remède à la division entre chrétiens et musulmans est l’altérité, reconnaître l’autre comme frère » a affirmé Gérard Testard, d’Efesia (France).

A la table ronde « Pistes ou un développement durable en Europe », le cardinal Turkson, l’ingénieur environnemental Daniele Renzi, Hans-Hermann Böhm et d’autres experts ont encouragé à suivre l’invitation du pape François à un débat sérieux et ouvert sur les changements climatiques et les défis écologiques. « Sciences et religion devraient dialoguer – a affirmé le cardinal – pour apporter une contribution commune à la société ».

« Martyre, le difficile témoignage des chrétiens de notre temps » : à cette autre table ronde et en se référant à la situation actuelle, Michael Brand, membre du Bundestag, a rappelé cette phrase de saint Boniface : « Nous ne voulons pas rester muets comme des chiens ». Il continue : « Je pense personnellement que si la menace du terrorisme arrive de l’extérieur, à l’intérieur de nos frontières nous sommes attaqués par un sécularisme agressif. Je crains moins l’islamisation de l’Europe que la diminution de la foi chrétienne ».

En direct de Munich – 1er jour

Rencontre, réconciliation, avenir. Ce sont les maîtres mots de la quatrième édition de la rencontre internationale Ensemble pour l’Europe. Depuis 1999, 300 Mouvements et Communautés chrétiennes parcourent un chemin commun de réconciliation, de compréhension mutuelle et d’unité. Ici, à Munich, au Circus-Krone, 200 Mouvements sont présents et participent activement. Ils sont 1 700 membres, de 40 pays, réunis pour le Congrès des représentants des Mouvements, animés du désir de porter encore les valeurs chrétiennes dans les difficultés où se débat l’Europe.

Martin Wagner (YMCA Munich) a ouvert la rencontre : « Réconciliation sera notre mot-clef. Nous en avons besoin, nous voulons être des ambassadeurs de réconciliation : nous l’avons déjà expérimentée et là est notre avenir. Nous voulons partager, travailler ensemble pour l’unité et surtout contribuer, en tant que chrétiens, à soutenir les défis de l’Europe aujourd’hui ». Gerhard Pross (YMCA Esslingen) a salué ainsi les 1 700 participants : « Dieu veut que nous marchions ensemble vers l’unité ». Et le cardinal Walter Kasper : « 500 ans de division, c’est trop ! nous avons un engagement envers l’unité de l’Europe, sinon nous trahissons le Christ et, aujourd’hui, cette unité est d’autant plus importante que l’Europe est en danger ». L’évêque de l’Église évangélique Krause : « En 2007, nous avons signé le Manifeste pour une Europe unie et adhéré aux “7 OUI” : nous avions un rêve, nous avons prié Dieu et il nous a exaucés ». Sœur Lioba Ruprecht : « Nous devons construire la culture de l’alliance ». Hartmud Steeb, de l’Alliance évangélique : « Ce dialogue commun a commencé dans les années 90. Dieu lui-même a prié pour l’unité. Rencontre, espérance et avenir sont les mots qui vont nous accompagner ces jours-ci ».

L’après-midi, 19 forums ont rassemblé les participants autour des questions les plus brûlantes de notre continent : responsabilité sociale, intégration, économie, œcuménisme, défis pastoraux, les jeunes et l’Europe, mariage et famille, réconciliation, évangélisation, etc. Temps de partage d’expériences, d’idées et de projets, mais aussi d’un fort témoignage de foi. Dans le forum « Prix et valeur de l’unité », le cardinal Kasper a affirmé que la difficulté d’une authentique réconciliation constitue un des obstacles majeurs pour le mouvement œcuménique. Le pardon est nécessaire pour pouvoir poursuivre le chemin ensemble.

« La réconciliation est une tâche difficile – a ajouté Walter Kriechbaum, de l’YMCA de Munich – mais c’est par elle que nous guérirons et deviendrons porteurs d’unité ».

Après le Brexit : Ensemble pour l’Europe devient un signe prophétique

Après les nouvelles de vendredi matin, au lendemain du « Brexit », les responsables du Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe s’expriment à l’unisson : le Congrès européen qui aura lieu les 30 juin et 1er juillet, et la Manifestation du 2 juillet sur la Karlsplatz, dans le centre de Munich, acquièrent dans ce contexte un nouveau relief, une signification plus ample.

Le père Heinrich Walter, du mouvement Schönstatt se montre à la fois bouleversé et déterminé : « Dorénavant, Ensemble pour l’Europe devient encore davantage un signe d’espérance contre toute espérance. L’origine chrétienne est déterminante en ce qui concerne l’identité. Sur le fond historique de cette semaine, Dieu lui-même fait d’Ensemble pour l’Europe un signe prophétique. »

Gerhard Pross, de l’YMCA d’Esslingen, et porte-parole de l’initiative en Allemagne : « Désormais, il est d’autant plus important que de Munich parte un signe clair pour un Ensemble pour l’Europe – un signe de la communion – contre les égoïsmes et les peurs de notre temps. Il me semble significatif que ce soient le pape François, Andrea Riccardi et Jeff Fountain qui prononcent une parole décisive pour l’Europe et non pas les politiques. »

Et depuis Rome, Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari : « Ce referendum confirme que l’Europe unie, ce n’est ni la politique, ni l’économie qui la font, mais les valeurs partagées par les Européens. Ensemble pour l’Europe ne pouvait tomber à un meilleur moment. »

 

Une appréciation encourageante

Nous avons reçu un nouveau parrainage pour le prochain évènement qui se déroulera à Munich en juillet prochain.

Avec des paroles d’encouragement et d’appréciation pour cette initiative, le président du Parlement Européen Martin Schulz, met l’événement « Rencontre. Réconciliation. Avenir » sous le patronage du Parlement Européen.

Il souligne dans sa longue lettre l’importance d’un engagement commun en faveur de la solidarité et de la paix, de la tolérance et du dialogue, du sentiment d’appartenance à l’Europe et d’une citoyenneté active.

C’est le troisième patronage reçu des Institutions européennes, avec celui du président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et celui du secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland.

C’est un appel à s’engager pour contribuer à réaliser notre « rêve » d’une Europe unie et multiforme, avec une cohésion sociale forte dans la multiplicité culturelle. Nos différences ne doivent plus être des motifs de peur ni de séparation. Nous vivons pour une Europe qui ne les supprime pas, mais les redécouvre comme des richesses, les développe et les harmonise… >QUELLE IDÉE AVONS-NOUS DE L’EUROPE ?

logo

Foto: Ulz

L’Europe sous les projecteurs des jeunes

L’Europe ? Ombres et lumières… et beaucoup à donner. 

Une soirée avec des jeunes du monde entier au siège du Secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe.

Atmosphère de joyeuse attente : ils arrivent enthousiastes et l’esprit ouvert, mais en même temps sérieux et conscients que parler de l’Europe aujourd’hui est quelque chose d’important. Au siège d’Ensemble pour l’Europe, fin avril, la soirée commence avec un appétissant plat typique de leur confection et une pizza très italienne. Ils sont 8 jeunes, étudiants ou jeunes professionnels, Européens ou non, originaires de Hongrie, de Slovaquie, du Brésil, du Kenya, du Nigeria et des Philippines. Nous nous sommes laissés surprendre et enrichir en écoutant leurs différentes visions de l’Europe, avec ombres et lumières. Ils ont manifesté un grand intérêt pour le prochain rassemblement de Munich : « Rencontre. Réconciliation. Avenir » et leur désir d’y apporter leur contribution pour que le vieux continent fasse pleinement fructifier les richesses de sa tradition et de sa culture, inspirant ainsi leurs pays respectifs et toute l’humanité.

En regardant le programme prévu, nous nous sommes bien entendu arrêtés – pour écouter des extraits – sur les différents groupes de musique qui seront présents le 2 juillet 2016 sur la grande place de Munich. L’une des chansons au programme semblait très significative : Wir sind eins (Nous sommes un) > //www.youtube.com/watch?v=Y4zX98_Sr4s

D’ici le rendez-vous de Munich, ces jeunes s’engagent de toutes les manières. Ils ont tout de suite proposé d’inviter leurs amis et connaissances et de diffuser l’invitation sur les réseaux sociaux et tous autres moyens disponibles.

En juillet, certains seront retournés dans leur propre continent, mais Marcos, Marie et Szabina iront à Munich, en tant que constructeurs actifs de l’Europe dès maintenant.

L’équipe du Secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

Messages-vidéo et patronage de l’Union Européenne

Par des messages personnels, des chefs religieux apportent leur soutien au réseau Ensemble pour l’Europe pour le 2 juillet 2016. La Commission européenne et le Conseil de l’Europe confirment leur patronage.

Au cours des dernières semaines, le Vatican et le Phanar d’Istanbul ont confirmé officiellement que le pape François et le patriarche œcuménique Bartholomé 1er adresseraient un message-vidéo personnel pour la grande Manifestation œcuménique du réseau Ensemble pour l’Europe, le 2 juillet à Munich>

Début septembre, lors d’une audience privée, le père Heinrich Walter, du Mouvement de Schönstatt, et en tant que représentant du Comité d’Orientation international d’Ensemble pour l’Europe, avait remis au pape la brochure d’information pour la Manifestation à Munich, en lui demandant un message-vidéo. « Voulez-vous qu’on le fasse tout de suite ? », avait demandé le chef de l’Église catholique avec un clin d’œil. Désormais, la confirmation officielle est arrivée du Vatican que le message-vidéo est en préparation.

En novembre dernier, lors d’une rencontre personnelle avec le patriarche Bartholomé 1er, Maria Voce, Diego Goller et Gerhard Pross, du Comité d’Orientation international, l’avaient invité au rassemblement de Munich. Vu qu’il ne pourra être présent à cette date, il avait promis d’envoyer un message, ce qu’il a confirmé il y a quelques jours lors d’une rencontre privée avec les Focolari d’Istanbul.

Ces deux chefs religieux apprécient et soutiennent le travail des Communautés et des Mouvements spirituels et encouragent l’initiative d’Ensemble pour l’Europe.

Le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland, apportent leur soutien à la Manifestation en accordant leur patronage.

Pour plus d’informations télécharger Communiqué de presse II: Messages-vidéo du pape et du patriarche

COE-Logo-Quadrilogo_en

Une étape importante au Transtévère

Le Comité d’Orientation en pleine préparation à J-85 de la rencontre de Munich

Le quartier du Transtévère, à Rome, fourmille de monde… touristes, familles, enfants, personnes âgées, toutes plus ou moins affairées… Seule la présence de deux soldats en armes exprime tacitement que cette ville est au cœur d’une Europe qui vit une situation inimaginable il y a encore quelques années. Se détachant de la foule, quelques personnes se dirigent vers une humble porte, l’entrée de la Communauté Sant’Egidio à Rome. L’ancien couvent des Carmélites – comme un pont entre anciens et nouveaux charismes – accueille les membres du Comité d’Orientation qui se réunissent pour deux journées de travail en vue du prochain grand événement organisé par Ensemble pour l’Europe à Munich, en Allemagne, du 30 juin au 2 juillet 2016.

Une des premières à arriver est Maria Voce (Emmaüs), présidente du Mouvement des Focolari. Elle est accueillie affectueusement par tous et en particulier par Marco Impagliazzo, le maître de maison, président de la Communauté hôte. La joie grandit au fur et à mesure de l’arrivée des amis venus d’Allemagne, de France et de Belgique, tous prêts à mettre de côté leurs soucis pour partager ensemble la responsabilité d’avoir déjà expérimenté que l’unité dans la diversité est possible. Attention, écoute, partage, franchise dans le travail complexe sur les programmes, rendu possible grâce au précieux support du secrétariat et des traducteurs.

La participation commune à la prière du soir de la Communauté Sant’Egidio dans la basilique Sainte-Marie en Transtévère, accompagnée de chants harmonieux, semblait illustrer les paroles de Maria Voce : ce que fait une Communauté ou un Mouvement, c’est comme si tous les autres le faisaient.

Les dernières heures sont intenses, le calendrier est plein, l’avion décolle… Le challenge reste le même pour la rencontre de Munich et les journaux télévisés annoncent encore bien peu de bonnes nouvelles… Tous repartent convaincus plus que jamais que le réseau vivant des Communautés et Mouvements en Europe apportera toujours plus sa contribution à l’avenir du continent.

Ilona Toth

Miteinander für Europa: Ein Kongress für christliche Werte

Der internationale ökumenische Kongress von “Miteinander für Europa”, verbunden mit einer öffentlichen Kundgebung, findet vom 30. Juni bis 2. Juli in München statt. Bischof i.R. Herwig Sturm (Evangelische Kirche A.B.) und Chiarina Marent (Fokolar-Gemeinschaft) gehören der österrichischen Koordinationsgruppe dieser europaweiten Initiative an. Sie geben einen Ausblick auf die kommende Großveranstaltung in München und vermitteln einen Einblick in die Anliegen von “Miteinander für Europa” auf geistlicher und politischer Ebene.

27. April 2016

//www.youtube.com/watch?v=AvOUYsS4lU8&feature=em-upload_owner

Entretien avec le patriarche Bartolomeo I

Entretien avec le patriarche Bartolomeo I

À l’occasion d’une rencontre œcuménique d’Evêques organisée par le Mouvement des Focolari, le 25 novembre 2015, le patriarche Bartolomeo -accompagné du Métropolite Elpidophoros Lambriniadis – a rencontré dans le monastère de Ayatriada sur l’île de Halki (proche de Constantinople) Maria Voce, Gerard Pross e Diego Goller du comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe.

Dans l’entretien, qui a duré environ une demi-heure, il a voulu être informé de la préparation de l’événement de Munich 2016 en montrant tout son intérêt pour l’initiative et les sujets qui y seront abordé. Il ne pourra pas y participer personnellement étant engagé par le Saint-Synode Panorthodoxe qui aura lieu à Constantinople à la Pentecôte 2016. Comme signe de sa participation il enverra à Munich un de ses représentants et fera parvenir pour cette occasion un message vidéo pour les participants.

La brochure “Ensemble pour l’Europe – Munich 2016” dans les mains du Pape François

La brochure “Ensemble pour l’Europe – Munich 2016” dans les mains du Pape François

P. Heinrich Walter raconte à propos de sa rencontre avec Pape François :

« Au cours de ces mois derniers, nous avions cherché comment faire en sorte qu’il nous soit possible de mieux faire connaître le réseau de Ensemble pour l’Europe à Pape François, tout en désirant qu’il nous donne, moyennant un enregistrement vidéo, une contribution pour la Manifestation publique du 2 juillet 2016 sur la « Karlsplatz » de Munich.

Quand il a été clairement précisé que, pendant l’audience privée du Pape pour le chapitre général de ma Communauté le 2 septembre, il aurait été possible d’échanger quelques mots avec lui, j’ai volontiers sauté sur l’occasion. Je venais de recevoir du secrétariat international de Ensemble pour l’Europe à Rocca di Papa la brochure en langue italienne – encore fraîchement imprimée.

Je savais que l’on ne devait pas profiter des audiences pour faire de la publicité, mais j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai expliqué, en espagnol, notre projet à Pape François ; je lui ai dit quelques mots sur le début de Ensemble et comment Dieu a opéré pendant ces 15 dernières années. Je lui ai présenté les Mouvements concernés, j’ai parlé du caractère œcuménique d’Ensemble et de notre désir qu’il apporte sa contribution vidéo pour la Manifestation. Le Pape a écouté avec beaucoup d’attention et, presque comme une confirmation, il a dit, avec un ton blagueur : « On veut le faire immédiatement ? » À la fin, j’ai encore pu parler avec son secrétaire, l’archevêque Gänswein, qui a confirmé que le réseau Ensemble pour l’Europe était connu et il a suggéré de répéter notre demande d’ici quelques mois par écrit. »

P. Heinrich Walter, Schönstatt-Bewegung

Bruxelles 2012

Bruxelles 2012

Ensemble pour l’Europe – Bruxelles, 12 mai 2012. 

« Un courant d’espérance » : c’est le titre des actes de la journée dont la manifestation centrale s’est déroulée à Bruxelles, lors du troisième grand événement organisé par Ensemble pour l’Europe.

Plus de 1 000 personnes venues de toute l’Europe étaient réunies dans la Gold Hall : des personnalités du monde de la politique et de la culture, des Églises, des représentants de Mouvements et Communautés chrétiennes. Nombre de messages et de soutiens.

Une caractéristique nouvelle et originale par rapport aux manifestations européennes précédentes est la réalisation – en simultané avec la rencontre de Bruxelles – d’un réseau dense de manifestations organisées dans 152 villes de 22 pays d’Europe. Petits ou grands rassemblements qui ont initié ou intensifié le chemin de collaboration entre 300 Mouvements et Communautés pour le bien commun du territoire. Nombreux témoignages concernant les « 7 OUI » affirmés à Stuttgart en 2007 et qui, au fil des années, ont trouvé une concrétisation à divers niveaux, activités et projets, en particulier pour une intégration équitable et respectueuse des différents peuples.

Différentes initiatives, ce 12 mai, entrainent la participation de personnes de tous âges, conditions et convictions : une chaîne humaine qui a couvert le périmètre d’une île, montgolfières, drapeaux européens, musiques, tables rondes, défilés, manifestations dans les rues et sur les places.

Dans de nombreuses villes, les ados de divers Mouvements soutiennent l’initiative en organisant parallèlement « Run4Unity », avec fougue et créativité. A Bruxelles, les jeunes sont présents par leurs chants, leurs expériences et l’initiative « Face2Faith in Europe ».

A la fin de la journée, des dizaines de milliers de personnes reliées par satellite avec Bruxelles ont adressé à l’Europe un message d’espérance, d’unité et de paix.

Voir la vidéo « Un courant d’espérance »

par le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

Flash rencontre de Bruxelles

 

Flash événements locaux

Stuttgart 2007

Stuttgart 2007

« Ensemble pour l’Europe 2007 » – Stuttgart, 12 mai. Ce n’est pas seulement un événement, c’est une façon de regarder l’avenir.

Le rêve d’un continent où les chrétiens s’engagent ensemble avec conviction pour composer une « Europe de l’esprit ». Les éléments d’une culture nouvelle apparaissent : la culture de la communion. 8.000 personnes appartenant à 250 Communautés et Mouvements chrétiens réunies à Stuttgart.

Encouragement de chefs d’État, présence de hauts représentants de différents Églises et du monde politique européen. Récits d’histoires personnelles et d’initiatives inspirées par l’Évangile vécu. Courage d’aller au-delà des souffrances et des difficultés. A la fin de la journée, déclaration solennelle accompagnée d’engagements et de requêtes, qui se conclut par l’affirmation de « 7 OUI » : à la vie, à la paix, à la création, à la famille, à une économie équitable, à la solidarité, à la responsabilité envers la société.

Nombreux moments artistiques qui expriment la beauté et la richesse des diverses cultures.

Des manifestations se déroulent en parallèle dans toute l’Europe puis, dans le même esprit, des rencontres analogues sont organisées par la suite dans des pays d’autres continents.

Comme en 2004, la journée est précédée par un congrès de deux jours, qui rassemble 2.000 participants.

voir la vidéo “Ensemble pour l’Europe 2007”

Par le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

Stuttgart 2004

Stuttgart 2004

L’événement  « Ensemble pour l’Europe 2004 » – Stuttgart, 8 mai 2004

Pour donner une âme à l’Europe : plus de 9 000 participants réunis à Stuttgart et 100 000 personnes reliées par satellite dans 163 villes d’Europe et 35 villes sur d’autres continents. Pour la première fois dans l’histoire, plus de 180 Mouvements et Communautés de différentes Églises chrétiennes sont réunis : catholiques, évangéliques, orthodoxes et anglicans.

La vision de l’Europe à la lumière des charismes : « Le besoin d’une Europe de l’Esprit se fait sentir pour apporter une contribution au développement du continent ». Un public varié et joyeux. Une rencontre d’hommes et de femmes, citoyens européens, entrepreneurs, engagés en politique, jeunes, prêtres et pasteurs. Avec la volonté de parvenir à l’unité du continent en respectant les différences, sans oublier l’exigence de l’ouverture, au-delà des limites de l’Union Européenne et de l’Europe. Nombreux messages de personnalités politiques et religieuses.

Des jeunes interviennent pour dire quelle Europe ils souhaitent.

Interventions de leaders charismatiques, politiques, d’évêques de différentes Églises… Nombreux témoignages. Musique, danses et diverses expressions artistiques. Un pacte de réconciliation et de fraternité. Un message final proclamé ensemble pour continuer le chemin. Une Europe unie pour un monde uni.

Voir la vidéo “A Heart for Europe” (EN) –  “Ein Herz für Europa” (DE) – “Un cuore per l’Europa” (IT)

Par le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe