Category Archives: Italia

L’éducation, une chance unique

L’éducation, une chance unique

Journée de l’Europe 2022 en Italie – Vidéoconférence sur les bonnes pratiques d’éducation, proposée par des jeunes de différents Mouvements

La Journée de l’Europe a pris cette année un relief sans précédent, en cette heure inimaginable où l’Europe est en guerre. Ensemble pour l’Europe en Italie a attiré l’attention sur le caractère central d’une éducation qui propose aux nouvelles générations une formation intégrale, présentée comme la seule chance de reconstruire le tissu relationnel fraternel et d’offrir une formation à la paix et aux vérités qui donnent sens à la vie.

Carina Rossa, qui enseigne à l’université LUMSA et à l’Institut universitaire Sophia, a prêté sa voix. Elle est aussi membre du comité de promotion du Pacte mondial pour l’Éducation, lancé par le pape François en 2019. C’est un pacte qui vise à faire tomber les barrières et à construire des ponts.

Cette année, déclarée « Année de la jeunesse » par l’Union Européenne, ce sont précisément des jeunes issus de groupes, associations et mouvements, qui ont présenté ces bonnes pratiques en matière d’éducation (le texte se trouve dans les archives du site) réalisées dans les domaines les plus divers.

On peut en mesurer l’impact par les nombreuses impressions à chaud arrivées sur le chat pendant la connexion par Zoom, suivie en direct par plus de 1 000 personnes, auxquelles se sont ajoutées 700 autres en une semaine, provenant également des pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest. En voici quelques-unes :

« J’ai beaucoup apprécié les témoignages et les interventions, de jeunes et de moins jeunes. J’ai été très impressionnée par le témoignage de Beatriz et son message d’accueil et d’amour (des réfugiés ukrainiens). Une initiative dense et riche ». (une député européenne de Milan)

« La première chose qui ressort, c’est le chœur des voix qui ont témoigné sur des tons différents de la force de l’espoir. La seconde est la beauté des jeunes, quelque chose de vraiment éclairant. Les jeunes sont l’espoir, mais avec le style de cette initiative qui les montre côte à côte avec des personnes plus âgées, et on ne sait pas qui donne plus et qui reçoit plus. J’ai été particulièrement frappé par le fait que les jeunes et les personnes âgées ont besoin les uns des autres. La dernière expérience de partage était ce dont j’avais besoin pour donner un peu de paix à mon cœur déchiré par la guerre ». (de San Remo)

« Moment d’échange édifiant. Tant de vie créative ! Cela donne non seulement l’espérance, mais aussi la certitude qu’une Europe solidaire, avec des cœurs unis, est déjà à l’Œuvre. » (de Munich)

Carla Cotignoli et Beatriz Lauenroth

Photo: Archives de Trente

2022 05 08 Les Bonnes Pratiques D’éducation (139.9 KB, 4 downloads)
Chiedete e vi sarà dato

Chiedete e vi sarà dato

Il comitato Italia di Insieme per l’Europa invita a pregare per la pace

Come già hanno fatto i nostri amici di Insieme per l’Europa della Germania e dell’Austria anche noi del Comitato Italiano abbiamo deciso di continuare a pregare insieme per la Pace.
Siamo contenti se vorrete partecipare per:

Venerdì 18 marzo 2022
Dalle 19.00 alle (max.) 19,45 (CET)

Fai clic sul link seguente per entrare nel webinar:
//us06web.zoom.us/j/84185016279?pwd=dUoybTJ0ejZ0by92ektUZC93Rm1iZz09

ID webinar: 841 8501 6279

Passcode: 901594

La preghiera si svolgerà in Italiano. Siamo grati se molti pregano con noi!

Comitato di Insieme per l’Europa Italia

Foto:  //de.freepik.com/ 

 

Songes et visions

Songes et visions

Les élèves d’un lycée de Rome et l’avenir de notre continent : la citoyenneté active pour l’Europe commence dans le monde de l’éducation !

C’est vrai, les faits le prouvent ! « Vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens auront des visions » (Joël 3,1). Quand les enseignants proposent des stimuli, présentent des idéaux, dévoilent des perspectives, les jeunes savent répondre avec enthousiasme, perspicacité et créativité. Les élèves du Liceo Classico Augusto de Rome et leur professeur Maria Paola Aloi (qui adhère à Ensemble pour l’Europe) en sont un exemple.

Impliqués dans un projet de citoyenneté active sur le thème de l’Union européenne, ils ont identifié et analysé avec sérieux certaines questions brûlantes, à la recherche de solutions. Lors de l’interprétation d’un morceau de musique classique, les élèves ont su lire la métaphore de l’harmonie des différences dans le contexte européen, dans une commune symphonie. En mettant en scène le voyage d’une petite fille sur un bateau voguant vers l’inconnu, ils ont stigmatisé les tragédies horribles qui se déroulent dans nos mers.

Dans une relecture du mythe de l’Europe, ils ont reconnu les racines d’une culture qui contient dans son ADN l’hospitalité et l’accueil du voyageur ou du migrant. Par le biais d’un jeu vidéo imaginaire intitulé “The Game”, ils ont favorisé une réflexion sur l’histoire des migrants sur la route des Balkans. Avec lucidité, ils ont rédigé une lettre fictive au Président du Parlement européen, David M. Sassoli, dans laquelle ils exposaient un plan stratégique à partir du “couloir humanitaire”, concentré sur : Prévention, Secours, Accueil.

Ces initiatives, réalisées également le 10 mai dans d’autres lycées associés, à l’occasion de la Journée de l’Europe, ont été présentées à nouveau le matin du 3 juin lors d’une réunion sur la plate-forme de rencontre, à laquelle ont participé des représentants du réseau italien d’Ensemble pour l’Europe (8 villes italiennes ; 6 Mouvements adhérant à Ensemble pour l’Europe). Irene Loffredo (Mouvement des Focolari), une jeune de Pozzuoli (Naples), a parlé d’une riche expérience de volontariat à la prison locale, par des membres de différents mouvements et Églises ; une expérience qui a entrainé une plus grande humanité et divers changements. Aldo Bernabei (Caterinati) a illustré les projets de l’Union européenne concernant le projet Erasmus et le Corps européen de solidarité : dans ce dernier, 270 000 jeunes seront impliqués dans des activités de solidarité au cours des prochaines années.

Il est maintenant prévu de proposer l’initiative à des écoles d’autres villes, en contactant les enseignants, en proposant des jumelages entre classes et en offrant le soutien des protagonistes de cette expérience.

Informés de l’initiative, les bureaux du Parlement européen de Milan et de Rome ont exprimé conjointement leurs compliments pour l’extrême engagement et le soin mis dans les divers projets réalisés.

Dolores Librale et Ada Maria Guazzo

Photo: Pixabay

L’Italie en action

L’Italie en action

Pour la Terre et pour l’Homme

NOUS AVONS ENCORE ORGANISÉ CETTE ANNÉE UN RENDEZ-VOUS POUR TOUTE L’ITALIE, AVEC LA CONTRIBUTION DES DIFFÉRENTS GROUPES, DE ROME À TRENTE, DE MILAN À PALERME…

IL EST POSSIBLE DE REVOIR L’ÉVÉNEMENT (VIDEOCONFERENCE) SUR YOU TUBE: //www.youtube.com/watch?v=H5W0OfgJ0LY

  • Rapport de Luigino Bruni, professeur d’économie politique à la LUMSA de Rome : “D’une Écologie intégrale à une Économie solidaire”
  • Intervenants: Jonut Radu (orthodoxe roumain), Mons. Marco Gnavi, Pasteur Luca Maria Negro
  • Expériences « Pour la Terre et pour l’Homme ».


Le dépliant (en italien) avec les données d’accès peut être téléchargé ici :

Festa Europa 9 Maggio 2021 ITALIA (187.6 KB, 70 downloads)

 

Giuseppe Del Coiro au nom de l’équipe nationale italienne

 

L’Italie « Ensemble » : le temps est venu d’une nouvelle humanité

Journée de l’Europe 2020 – « C’était vraiment un miracle… un événement auquel on n’assistait pas, mais on y participait ! » C’est la première impression à chaud parmi les nombreuses que nous avons reçues.

La préparation

C’est vrai, nous y avons cru, à cette opportunité EN LIGNE, EN RELATION COMME L’EST LA NATURE ! Nous avons cru à la créativité de Dieu et, en quelques jours, l’Esprit Saint, avec nous et nos quelques « pain et poisson poissons » (cf. Jean 6:9), a réalisé un grand événement œcuménique auquel ont participé d’importants représentants du monde chrétien. Leur présence, de toute l’Italie, a été le fruit d’un long et cordial travail de communion, de dialogue, de relations entretenues, accompli par les Comités dans chaque région. Leur engagement à construire l’unité était palpable dans chaque parole, chaque geste, expression ou préoccupation.

Sur une idée du Comité du réseau Ensemble pour l’Europe romain, les Comités d’Italie se sont unis pour réaliser cet événement en ligne et, bien qu’ils ne se connaissent pas tous, chacun a vécu une réelle fraternité et l’impression d’avoir travaillé pendant des mois, et non deux semaines, en vivant concrètement entre tous le « Pacte d’amour réciproque » (inspiré de Jn 13,34), fondement de tout ce qui se réalise sous le nom d’Ensemble pour l’Europe.  

9 mai, 18 heures : l’Italie ENSEMBLE en ligne !

L’initiative de 25 Mouvements ou Communautés d’EpE a totalisé presque 500 vues de la liaison en direct… unis du nord au sud du pays pour célébrer ensemble la Fête de l’Europe Solidaire ! Parmi les participants, on comptait M. Stefano Fassina et quelques élus locaux. Quarante-cinq ministres d’Églises et Communautés chrétiennes étaient reliés. Des messages avaient été envoyés par l’évêque Giovanni Traettino (fondateur de l’Église Pentecôtiste de la Réconciliation) – le pasteur Mauro Adragna (CPR de Palerme) l’a lu à tous – et par le pasteur Luca Maria Negro, président de la Fédération des Églises évangéliques en Italie.

Pour une écologie intégrale

En référence au 70e anniversaire de la « Déclaration Schuman », l’événement était consacré au « Oui à la création »,  qui concerne la protection de la nature et de l’environnement, dons de Dieu à sauvegarder avec un soin respectueux pour les générations futures. Le titre choisi était : « Écologie intégrale : une utopie soutenable pour l’Europe ». Les interventions de Stefania Papa, professeur, spécialisée en écologie, de Luca Fiorani, physicien spécialiste du climat, et une vidéo-synthèse des messages du pape François, du patriarche Bartolomé 1er et d’Antonio Guterres (secrétaire général de l’ONU) pour la 50e Journée mondiale de la Terre, ont permis de prendre conscience de la façon dont on peut travailler à un présent et un avenir meilleurs, dans une culture du respect, de la coopération et de la réciprocité.

Prière œcuménique

C’est dans le même esprit qu’a été vécue la prière œcuménique des représentants des différentes Églises. Costantino Vacros, de l’Église gréco-orthodoxe, a débuté par la lecture de la Genèse (1, 26-31), suivie d’une intervention très appréciée de Gabriela Lio, pasteure baptiste et présidente de la Fédération des femmes évangéliques en Italie. Nous avons ensuite prié avec le pasteur Nino Genova (Mouvement Nouvelle Pentecôte) et avec divers représentants de Mouvements et Communautés catholiques. Tous ensemble, ils ont solennellement renouvelé le pacte d’amour réciproque, dans la joie et l’harmonie. Nous avons terminé la journée par le Notre Père, pour nous rappeler que nous sommes UN et qu’ensemble nous pouvons réaliser une Nouvelle Humanité.

Emanuela Cannella – service de presse Ensemble pour l’Europe Rome

Vous pouvez voir l’événement sur facebook EpE Rome>> et sur youtube>>.
Nous vous proposons ici quelques-unes des images fixes réalisées par Emanuela Cannella et Emanuela Fioravanti.

Europe Day 2019 Palermo

Le texte n’est actuellement disponible qu’en italien et en anglais.

Vidéo et photos avec la permission de Biagio Pittaresi, comité organisateur

 

Europe Day 2019 Trento

Pour l’instant, le texte n’est disponible qu’en italien.

Foto: © Barbara Passalacqua / Nino Carella

Europe Day 2019 Castel Gandolfo

Le texte n’est disponible qu’en italien.

Foto: ©Thomas Klann

Et à Rome, que fait-on ?

Le groupe de Mouvements et Communautés de Rome a accueilli sérieusement l’invitation à suivre un « Chemin de prière » de six semaines pour l’Europe, du 25 mars au 9 mai 2019. Les communautés de 5 importantes basiliques liées aux saints patrons de l’Europe se sont engagées à faire une prière quotidienne pour l’Europe, animée à tour de rôle un jour de la semaine par les Mouvements d’Ensemble pour l’Europe.

En outre, plusieurs initiatives ont été prises pour approfondir quelques-uns de nos 7 OUI :

Une intervention de Gigi De Palo sur « la Famille », suivie d’un débat avec des universitaires, le 28 avril à 15h 30, au Galoppatoio de la Villa Borghèse, dans le contexte du « Village pour la terre », //www.villaggioperlaterra.it/

Une réunion sur « Paix nucléaire et défis environnementaux » en Europe, le point de vue des chrétiens, le 8 mai de 9h à 16h, à l’Istituto Maria SS. Bambina, Cité du Vatican, www.nuclearforpeace.org

Pour le 8 mai 2019, veille de la fête de l’Europe :

  • 16h 30, dans l’Espace Europa (géré par le Bureau en Italie du Parlement européen et par la Délégation en Italie de la Commission) : rencontre culturelle « Dans l’esprit des Pères fondateurs, une nouvelle économie pour l’Europe », avec Leonardo Becchetti (professeur d’économie politique à l’université Tor Vergata), suivie d’un débat;
  • 18h 30, dans la basilique des douze Apôtres (piazza SS Apostoli), veillée œcuménique pour l’Europe avec pour ce leitmotiv : « … chacun les entendait parler sa propre langue » (Ac 2,6).

Télécharger ici le dépliant (disponible uniquement en italien)

Volantino 8 Maggio 2019 Roma (228.1 KB)

Préparatifs à Padoue

Les participants à la rencontre des Amis d’Ensemble pour l’Europe, en novembre dernier, nous ont partagé l’expérience qu’ils ont vécue et les projets à venir.

En vue du 9 mai, fête de l’Europe, nous avons tous offert notre disponibilité pour organiser ensemble une Veillée de prière. Dès les premiers contacts, nous avons été surpris de trouver un grand intérêt pour le projet : de nouveaux groupes intéressés nous ont été signalés et nous avons pu tisser un éventail de relations.

Nous nous sommes tournés en premier vers l’Église locale pour créer en synergie l’événement du 9 mai. Puis nous sommes allés voir le prêtre responsable du centre universitaire et coordonnateur d’un « Festival biblique », qui aura lieu du 10 au 12 mai. Nous avons trouvé un grand accueil, car leur Festival a pour thème « la ville et la citoyenneté ». L’Europe était déjà un sujet à leur calendrier et nous avons donc proposé d’insérer la Veillée d’Ensemble pour l’Europe dans le programme du Festival.

Il nous a aussi été demandé de faire venir un expert de l’Europe pour parler aux jeunes ; et encore d’ouvrir un concours de photos avec des prix, pour des étudiants de l’école secondaire de Padoue et Province, sur le thème : « Jamais sans l’autre ». Le responsable du Festival nous a demandé d’insérer dans la soirée consacrée à l’Europe une courte vidéo sur l’histoire d’Ensemble pour l’Europe.

Nous avons parlé avec le responsable de la pastorale des migrants, qui nous a ouvert un monde inconnu : dans le diocèse de Padoue, il y a 110 000 immigrés, plus de la moitié sont chrétiens et sont suivis par quelques prêtres originaires de leur pays. Nous nous sommes retrouvés ensuite avec 12 prêtres de la pastorale des migrants : de l’Inde, du Sri Lanka, de Chine et d’Europe de l’Est, qui ont bien accueilli la proposition de la Veillée et de la soirée. Jamais nous n’aurions imaginé parler, dans un modeste presbytère, à une représentation aussi mondiale !

Nous avons fait la connaissance du responsable du Conseil œcuménique des Églises, un prêtre orthodoxe-roumain : participer à un Festival biblique est pour lui source de joie, parce que « c’est la Bible qui nous unit tous ».

Par la suite, nous avons rencontré le Conseil œcuménique presque au complet : les responsables des Églises grecque-orthodoxe, roumaine-orthodoxe, méthodiste et luthérienne. Nous avons décidé avec eux de garder la date du 9 mai pour faire la Veillée, en ouverture du Festival, dans l’église Sainte-Sophie, une très belle église romane de Padoue.

Toutes les personnes contactées font partie de la commission de préparation de la Veillée (désormais internationale et œcuménique), qui se terminera par un temps convivial avec des plats de divers pays.

L’équipe Ensemble pour l’Europe de Padoue

En « Famille » à Assise

Ensemble pour l’Europe est l’invité de l’Association « Villes pour la Fraternité »

On dit que l’Europe est unie, si nous unissons les villes. Mais n’existe-t-il pas quelque chose d’universel « semblable », capable d’inspirer et animer un tel réseau?

Ensemble pour l’Europe est un E.N.S.E.M.B.L.E de chrétiens qui oeuvre pour la fraternité envers tous, avec un engagement social et politique au sens le plus large pour notre continent. L’Association « Villes pour la Fraternité » est une organisation qui veut contribuer, et pas seulement en Italie, à la diffusion du principe même de la fraternité en politique. Nous sommes donc « en famille », alors!

Dans la ville de Saint François d’Assise le 22 Juin, 2017, s’est réuni l’équipe directive de l’Association « Villes pour la Fraternité » avec des représentants de différentes villes italiennes. A cette occasion « Ensemble pour l’Europe » a été invité à la suite d’un un premier contact qui a eu lieu à Rome le 17 Février, dans le cadre de la remise à de la municipalité d’Assise du prix «Chiara Lubich pour la Fraternité » (v. Article « Nouvelles internationales » sur ce site. Le souhait de l’Association est qu’il puisse se développer une collaboration pour le bien commun à multiplier.

« Notre » modus vivendi « doit être la fraternité » – a souligné le vice-président, Donatella Tesei, apportant des exemples concrets de collaboration entre les villes de l’Italie centrale. Les faits et les exemples, qu’Ensemble pour l’Europe a pu témoigner , en expliquant leur travail dans les différents pays d’Europe, semblaient faire écho à ces paroles.

Voici la fraternité, vraie et possible « semblable » qui crée une synergie entre les différents administrateurs des « Villes pour la Fraternité » et les groupes de Mouvements et Communautés Ensemble pour l’Europe; ils peuvent aussi offrir leur contribution spirituelle et culturelle aux défis qui émergent dans les villes.

Ilona Tóth et Ada Maria Guazzo

 

60º Trattati di Roma /Matera (Italia)

Una tappa importante a Matera

Un’altra tappa importante del cammino ecumenico a Matera è stato l’aver aderito alla iniziativa internazionale di Insieme per l’Europa che – in occasione dei 60 anni dalla firma dei trattati di Roma, che hanno istituito l’Unione Europea – ha proposto a Roma e in molte città europee momenti di preghiera e riflessione.

L’idea è stata proposta al gruppo ecumenico di Matera, che l’ha accolta con entusiasmo, ravvisandovi una ulteriore occasione per poter innanzitutto crescere nel dialogo fra noi e poi per offrire insieme un importante momento di riflessione e testimonianza di esperienze positive alla città e alle istituzioni nel nostro territorio. Si è voluto dare un taglio laico all’iniziativa, permettendo anche a non cristiani e non credenti di potersi ritrovare in ciò che abbiamo proposto.

L’incontro, realizzato il 25 marzo, nella parrocchia Maria Madre della Chiesa, è iniziato con il video del Gen Verde “Io credo nel noi”, evidenziando che l’unità nella diversità – che sperimentiamo profondamente nel gruppo ecumenico – è ciò che sta alla base del cammino ‘insieme’ intrapreso da anni.

Con il primo intervento, è stata presentata la storia dell’Unione europea nei suoi tratti più salienti, evidenziando quali sono stati gli ideali e l’anelito che ha guidato i padri fondatori, cosa è rimasto oggi di quegli ideali, quali sono le prospettive attuali e le sfide che ci interpellano. Questo momento è stato affidato a Camilla Spada, docente di Storia e Filosofia  e ad Achille Spada, consigliere Regionale, che ha saputo – da amministratore – ben evidenziare problematiche politiche e culturali che oggi ci investono, ma anche porre l’accento sulla necessaria riscoperta e valorizzazione di quegli ideali umani di cui l’esperienza cristiana è stata portatrice in Europa.

E’ stata poi presentata l’esperienza di Insieme per l’Europa, come rete internazionale di circa 300 movimenti e comunità cristiane in Europa che liberamente vogliono costruire una “cultura di reciprocità”, basata su rapporti di comunione nel rispetto della diversità, e che da oltre 15 anni sperimentano che l’unità è possibile. E’ seguito il video di presentazione di Insieme per l’Europa.

Sono seguite alcune testimonianze di accoglienza e di integrazione realizzate in loco, per dare un segno di come singolarmente ed insieme si può essere costruttori della ‘nostra’ Europa. Giuseppe e Paola Montemurro, della comunità Battista, hanno raccontato come da mesi accolgono alcuni ragazzi africani migranti – minorenni senza più genitori –  giunti in un paese in provincia di Matera, andandoli a prendere nel fine settimana e ospitandoli nella loro casa, nella stanza dei loro figli oramai fuori per l’università. Li hanno inseriti nella scuola calcio di cui è responsabile Giuseppe, e stanno anche cercando loro un lavoro. Catia Caponero ha presentato l’esperienza dei “Corridoi umanitari” a cui collabora, insieme con esponenti della Comunità di Sant’Egidio,  di Comunione e Liberazione ed anche non credenti. Recentemente hanno accolto e seguono a Matera una famiglia proveniente dalla Siria.

L’incontro – durato circa 2 ore – si è concluso con un impegno per l’Europa, in cui, facendo proprie le parole del Card. Martini, si è voluto evidenziare la necessità di “lavorare per una Europa dello spirito, fondata non soltanto sugli accordi economici, ma anche su valori umani ed eterni”.

All’incontro hanno preso parte più di 80 persone; in tanti hanno detto di essere stati contenti per il taglio “laico” e universale dell’incontro, per le forti testimonianze ascoltate, per aver potuto conoscere la realtà di Insieme per l’Europa.

Negli organizzatori rimane la gioia di aver costruito un altro momento importante di condivisione e di unità non soltanto col gruppo ecumenico, ma anche con persone che hanno a cuore il “Bene comune”, certi che il don Gino Galante – pioniere del dialogo ecumenico a Matera e partito per il cielo pochi giorni prima dell’incontro – abbia contribuito…

Vedi anche articolo LOGOS_Matera_31.03.2017.pdf

 

Foto in alto della città di Matera di Luca Aless, CC BY-SA 4.0, //commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45529817

60º Trattati di Roma /Trento (Italia)

Veglia ecumenica per l’Europa, 24 marzo 2017, Chiesetta di Santa Chiara a Trento.

Erano presenti circa 100 persone, fra cui la teologa Milena Mariani, preside dell’ Istituto superiore di scienze religiose e, a nome del sindaco Andreatta, l’assessore Chiara Maule.

Nel programma, si sono alternati interventi, riflessioni, preghiere, canti e letture della Scrittura.

Molto apprezzato il contributo sugli ideali dei fondatori dell’Europa del Prof. Beppe Zorzi, (incaricato dal Presidente della Provincia Autonoma di Trento e del Trentino-Alto Adige, Ugo Rossi). Vedi in fondo il suo testo scaricabile.

Hanno collaborato alla preparazione 7 Movimenti ecclesiali di varie Chiese.

Il vicario generale della diocesi di Trento,  Mons. Marco Saiani, il padre ortodosso rumeno Joan Catalin e la signora Cornelia Steubing, della Comunità luterana di Bolzano (vedi in fondo il suo testo scaricabile), sono intervenuti con delle riflessioni appropriate sul momento storico attuale che vede venir meno i valori fondativi dell’Unione Europea. Particolarmente bello il contributo della comunità ortodossa rumena con un loro tipico canto.

Le impressioni dei partecipanti: un momento intenso di comunione, di unità, di riflessione, che “ha rimesso in cuore il desiderio per un’Europa unita”.

Di Mario e Luisa Franzoia

Libretto Veglia Di Preghiera 24.3.2017 TRENTO (55.0 KB, 305 downloads)

Intervento Prof. G. Zorzi, Veglia per l'Europa TRENTO 2017 (18.4 KB, 482 downloads)

Intervento C. Steubing, Veglia per l'Europa TRENTO 2017 (13.5 KB, 462 downloads)

60º Trattati di Roma /Trieste (Italia)

Un modo gioioso di essere cittadini europei segnati per sempre dall’ideale della fraternità.

Ieri l’incontro sull’Unione Europea ha visto confluire nella sala dell’oratorio di S. Giacomo 150 persone. Il programma ha visto gli interventi di d. Vatta e di Giampiero Viezzoli pieni di contenuti valoriali e informativi, a cui sono seguiti gli interventi di un gruppo di ragazzi delle scuole medie, che ci hanno contagiato con la loro freschezza giovanile, e l’intervento testimoniale dell’Iman Nader Akkad sull’Islam in Europa.

Hanno allietato la serata i ragazzi dell’orchestra di flauti del Liceo Musicale locale. Nella prima parte dell’incontro vi è stata la presenza del Sindaco Di Piazza, che ha fatto eco all’esigenza di riprendere il cammino forse al momento interrotto dell’unità europea. Erano presenti anche il Senatore Francesco Russo e la Consigliera comunale Fabiana Martini. Sono seguite le testimonianze fornite dalla lettera inviataci dalla Comunità ebraica, un testo bellissimo e commovente, in cui si palesa la sensazione di possibili ritorni all’indietro verso forme di intolleranza che già tanto hanno fatto soffrire e subito dopo dall’affettuoso saluto del Pastore Avventista Michele Gaudio. Hanno concluso i giovani del Servizio del Volontariato europeo col racconto delle loro esperienze in altre nazioni e con la presenza di un professore giapponese in visita in Europa, dove ha potuto godere di questo clima civile e politico comunque diverso, aperto e conciliativo.

La nota forse più rilevante di questa serata, che si è poi conclusa con una simpatica danza collettiva sulle note di una canzone di supporto all’insieme che l’Europa può e deve essere, è stata la presenza attiva e partecipe dei giovani delle varie associazioni a cominciare dai due presentatori, Ilaria e Andrea, per poi passare a dei giovanissimi studenti dichiaratisi convinti europeisti, ai musicisti flautisti, ai giovani volontari europei, ai giovani presenti in sala. E naturalmente il respiro di una festa comunitaria sentita e fraterna, dove ci si vede volentieri, perchè volentieri si è lavorato ottenendo il risultato del formarsi di un’apertura del cuore e della mente che vada oltre le solite chiusure, ma anche oltre le visioni ristrette o indifferenti.

Un impegno comune per una causa di notevole spessore come quella di relazionarsi nel rispetto tra persone di varie appartenenze. Un modo gioioso di essere cittadini europei segnati per sempre dall’ideale della fraternità.

di Elena e Silvano Magnelli

Intervention de Mons. Nunzio Galantino

Mons. Galantino, Secrétaire général de la conférence épiscopale italienne, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde » .

Une considération de caractère littéraire peut nous aider à cueillir toute la force et la portée de cette expression.

Dans les versets qui la précèdent immédiatement (Mt 5,1-12), Jésus avait proclamé les Béatitudes. Donc, ce « vous êtes sel… vous êtes lumière » n’est pas une définition que Jésus entend donner à ses disciples ! Mais plutôt, après avoir proclamé les Béatitudes, Jésus veut dire à ses disciples : vous voyez, si votre vie se déroule dans la logique des Béatitudes… vous êtes sel et lumière de la terre ; seulement si vous vivez dans la logique des béatitudes votre présence contribue à donner du gout à votre vie et à celle des autres, saveur et beauté à votre existence et à celle des autres.

J’ai voulu faire cette présentation parce que beaucoup d’entre nous pensent encore qu’il suffit de se présenter comme « chrétiens » pour que tout de suite on nous croie, pour qu’on nous reconnaisse la fonction de « lumière » (point de référence) et de « sel » (porteur de sens). C’est un discours qui vaut pour nous tous, probablement aussi pour toutes les traditions chrétiennes et pour ceux qui appartiennent à toute foi religieuse. Je crois en fait qu’il s’agisse d’une tentation qui peut atteindre tout homme, de n’importe quel milieu, même au-delà de toute appartenance religieuse. Il y en a même qui pensent qu’il suffise de se présenter vêtus d’une certaine manière ou utiliser un certain langage pour être automatiquement crédible comme personnes qui donnent du gout et un sens nouveaux à la vie.

En nous présentant les béatitudes et en les faisant suivre par ce « vous êtes sel… vous êtes lumière », Jésus a indiqué la route que le croyant est appelé à parcourir. Le disciple de Jésus est appelé à suivre un code bien défini, celui des béatitudes, fait de passion pour les œuvres de paix, d’attention miséricordieuse envers les autres, de vie vécue dans la pauvreté et marquée par la sobriété. C’est cela qui donne un sens et du gout à la vie du croyant, en en faisant une vie qui resplendit.

Souvent, au lieu de répandre du gout et donner de la beauté à travers des gestes et des choix concrets, comme nous le demande Jésus, nous nous engageons (plus souvent, nous « nous donnons un mal fou ») à démontrer, à argumenter. Au lieu d’allumer la lumière, nous préférons organiser quelque chose de mastodonte et de grandiose pour… étonner !

Mais ce n’est pas ce que nous demande l’évangile ! Au contraire il nous donne une indication qui frôle la banalité quand il affirme que l’amour ne se démontre pas, l’amour se vit ; et justement puisqu’il se vit, l’amour ne se démontre pas mais se montre. Le gout authentique des choses ne se démontre pas, mais se réalise. La lumière ne se démontre pas, la lumière s’allume et par la fait même se rend visible.

Lorsque Jésus dit « Vous êtes sel… vous êtes lumière », c’est comme s’il disait : Vous voulez faire connaitre Dieu ? Ne discutez pas sur Lui, ne démontrez rien ; faites plutôt quelque chose de concret ; mais de tellement beau, de tellement sensé et savoureux… que, celui qui vous rencontre puisse spontanément dire : mais c’est vraiment beau ce que tu fais et ce que tu vis ! Qui t’en donne l’inspiration ? Au nom de qui tu le fais ?

C’est ainsi que Dieu veut être présenté et témoigné ! Avec la même force et la même évidence que la lumière ; avec le même gout fort que le sel : à travers des choix et des gestes concrets, qui donnent du gout et inspirent du sens à la vie.

Beaucoup de nos choix pastoraux, et nos manières de nous positionner par rapport à la société où nous vivons, surtout celles qui ne vont pas dans cette direction, risquent d’être des diversions. Nous risquons de cacher l’unique action que l’évangile nous propose : celle de mettre en évidence/témoigner ; ce qui veut dire faire des choix et poser des actes qui rendent avec évidence « savoureuse » la vie vécue avec le Christ. Si la vie du croyant se présente de cette manière, avec une vie qui a un sens, du gout au point de faire de la vie une réussite… alors, même les contenus que nous essaierons de transmettre auront un sens différent ! Alors, que signifie être lumière, sel ? Qu’est-ce qui peut donner du gout et du soleil à notre vie de croyants ?

On peut le faire en s’engageant à ouvrir de nouvelles voies et à rêver à de nouvelles possibilités, en osant plus et en luttant contre le fatalisme et l’habitude : deux maladies mortelles, non seulement pour le croyant ! Nous devons sourire de nouveau et en conséquence faire sourire celui que nous rencontrons. Le sourire, parce qu’il se sent compris, parce qu’il rencontre des gens qui ne supportent pas l’esprit guerrier et discriminant des « petites âmes ». Nous devons sourire de nouveau et rendre le sourire contagieux pour que notre être lumière illumine sans prétendre aveugler ; et notre être sel donne un gout délicat sans prétendre tout assurer. Pensez combien cela dérangerait une lumière qui aveugle et mauvaise une pitance trop salée !

Etre lumière et sel dans le respect de ceux qui nous rencontrent ! Quelle délicatesse est demandée, surtout aujourd’hui, au croyant !

Nous ne soulignerons jamais assez ce que Pierre recommande aux destinataires de sa première lettre : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui se trouve en vous, à tous ceux qui vous demandent des explications. Mais faites-le avec patience et respect, et en ayant une conscience propre. » (1 Pt 3,15s)

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Prions avec Matthieu 5, 13-16

Seigneur, Tu me demandes d’être « sel”. Tu me demandes donc de rester au contact de la terre, d’être présent dans le temps où je vis, ici et maintenant. Attentif à mes besoins et à ceux qui sont autour de moi.

Tu me demandes d’être « lumière », à un moment où les ténèbres semblent se faire plus épaisses. La lumière me permet de voir le contour et les couleurs des objets, de la réalité et du monde, dans leurs nuances, et dans leur beauté. Mais elle permet aussi de connaitre leurs innombrables nécessités.

Donne de la saveur, Seigneur, à ma vie ; Donne de la consistance à mes espoirs ; Donne de la confiance à mes peurs ; Donne de la lumière à mes obscurités, et paix à mon cœur, à mes pensées, à mes émotions.
 Fais-moi comprendre, Seigneur, que je serai “sel”, si je sais être humble, en ce temps d’arrogance ; homme de paix, en ce temps de malversation ; Libre des « choses », en ce temps où la personne « vaut » en fonction du compte en banque qu’elle possède.

Fais-moi comprendre que je ne serai vraiment « sel » et « lumière » que si je suis engagé à dénoncer tout profit dans un Occident qui a fondé son propre bienêtre sur l’usurpation.

Je serai « sel de la terre » si, avec et dans mon environnement, je ne recule pas devant les nécessités des autres.

Intervention de Andrea Riccardi

Andrea Riccardi, Fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Chers amis,

Cela, ne le cachons pas : de nombreux Européens se sentent perdus et dépaysés. Où va l’Europe ? Résistera-t-elle à la tentation de se séparer ? L’Europe semble ne plus protéger ses ressortissants. Au contraire, certains essaient de parcourir la voie opposée à celle des Pères fondateurs de l’Europe, qui avaient une mémoire vive de l’horreur de la guerre, des murs de haine, des camps de concentration et des ruines. De nos jours, la génération qui se souvient de cette histoire a disparu. On considère peu l’histoire car pris par le présent d’une politique d’émotions et d’angoisse. Le recours à la guerre lui-même en arrive à être considéré trop “normal”, alors que c’est une folie pour celui qui a vu même hier – en Irak ou en Libye – que la guerre produit la guerre.

L’Europe ne vit pas, si elle n’a pas la mémoire. Nous serons le continent du futur si nous sommes celui de la mémoire. Or il faut se souvenir de la grande paix, soixante-dix ans, construite solidement après des siècles de guerres. C’est le fruit de l’Europe unie : la paix a apporté la prospérité, le développement d’une culture aux racines antiques. C’est une réalité qui s’impose, évidente, plus que les émotions et les peurs qui dominent le présent. Cette Europe est notre paix et notre prospérité.

Sa crise est venue, lorsque les égoïsmes l’ont bloquée : égoïsmes nationaux, de groupe, d’intérêts, et enfin personnels. Ils l’ont bloquée dans son élan. L’Europe n’a donc pas accompli le saut qui aurait fait d’elle la protagoniste de la scène mondiale, avec une politique étrangère et de défense en commun. Non seulement la paix pour l’Europe, mais une politique commune de paix pour la Méditerranée, les Balkans, l’Afrique, le monde. « Europe, force tranquille » – disait Tommaso Padoa Schioppa. Les égoïsmes risquent, de nos jours, de la bloquer et de la dévorer de l’intérieur. Ils poussent à redevenir les maîtres des destins nationaux et de voir chez les autres une menace. Ainsi les frontières reprennent de la valeur : envers les immigrés, parmi les jeunes et les personnes âgées, parmi les riches et ceux qui sont fragiles, entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Les frontières peuvent devenir des murs : certains pensent qu’ils éloignent les tragédies du monde. L’Europe est, elle aussi, impliquée dans la guerre cruelle en Syrie, qui dure depuis six ans, plus que la première guerre mondiale.

Les murs offrent l’illusion de protéger : en réalité ils manifestent la décadence. Ils sont la ligne Maginot de la défaite morale et politique de l’Europe.

Dans le monde global, l’histoire n’a pas de digues, mais elle demande des acteurs forts et unis. Cela demande d’avancer unis et sans faire marche arrière à la recherche d’abris par groupes ou nations, car nous sommes dans une période globale nouvelle. On ne fait pas marche arrière. Les États nationaux autonomes sont une embarcation pour des navigations des temps passés. Nous devons faire face aux dimensions du défi et de la vie d’aujourd’hui : cela ne sert à rien de poursuivre la politique de l’autruche. Une Europe fermée ou divisée sera submergée par les marchés et par les géants économico-politiques dans un monde global et interdépendant. Sur les scénarios de la globalisation, il faut plus d’Europe, si nous voulons que ce soit la terre des jeunes, si nous voulons que notre identité humanistique, religieuse et des droits survive : il ne suffit pas que ce soit uniquement la terre qui nous protège, nous, retraités, pendant quelques années. Un monde sans Europe manquera d’une force de paix et de sagesse historique.

Nous sommes rassemblés entre chrétiens. L’idée européenne ne fut pas confessionnelle, mais bien chrétienne : elle se développa avec la passion de l’Église du moment. Mais de nos jours, quand l’Est et l’Ouest prennent des voies différentes, quand le grand objectif européen qui exprime une extraversion chrétienne du continent, s’ébranle, où sont les voix des chrétiens ? et celles des Églises ? Quand les frontières se transforment en murs face aux réfugiés, où sont ces voix ? Quand ce monde se retrouve face à un risque de guerre, le silence est souvent là.

La forte voix de Pape François – pensons au discours pour le Prix Charlemagne – reste solitaire dans un christianisme, fragmenté comme l’Europe, peu capable de sortir des égocentrismes de groupe ou ecclésiastiques, incapable de nourrir une vision. Que cette prière commune puisse, que la Parole de Dieu puisse comme à l’époque des prophètes, faire croître une grande vision pour notre époque dans les corps et dans l’esprit. Il faut se remettre à penser et à agir avec élan, avec une vision, parce que nous avons vécu pendant trop de périodes des moments de mesures étroites et des mots sans lumière. Karol Wojtyla, au cours des années pendant lesquelles l’Europe était partagée par un mur dur : « Le monde souffre surtout à cause d’un manque de vision ».

 

Intervention de Gerhard Pross

Gerhard Pross, Modérateur de Ensemble pour l’Europe, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

« Ensemble – pour – l’Europe ». Il n’est pas possible de rendre de façon plus précise combien « Ensemble – pour – l’Europe » est important pour environ 300 Communautés et Mouvements d’inspiration chrétienne.

Nous sommes un réseau œcuménique de communautés et de Mouvements chrétiens. Nous venons de plus de 30 Pays européens, de l’Oural à l’Atlantique ; nous parlons des langues différentes ; nous vivons au sein de cultures diverses et nous appartenons à des Églises différentes : nous sommes catholiques, évangélistes, anglican, orthodoxes, d’Églises libres. Parmi nous, vivent des spiritualités diverses.

Pourtant, nous sommes convaincus, car nous en avons fait l’expérience, que l’unité est possible. Notre chemin commun a commencé par une expérience de réconciliation profonde au sein d’un groupe de responsables. L’unité est devenue possible.

Depuis, nous vivons une unité dans la diversité. Chacun conserve son originalité. Mais de la réconciliation, vécue en Jésus Christ, naît la force d’expérimenter la diversité de l’autre en tant que richesse.

Nous rappelons ici, tout particulièrement, trois fondateurs qui, maintenant, nous accompagnent du Ciel : Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, a donné la première impulsion ; Helmut Nicklas, responsable du CVJM (YMCA) de Munich, est devenu l’architecte de l’« Ensemble » ; le Cardinal Miloslav Vlk a exprimé, tout particulièrement parmi nous, le pont entre charisme et hiérarchie ecclésiastique.

Quand, en mai 2004, nous avons invité 10 000 participants à un grand évènement à Stuttgart, l’Europe tirait parti de l’impulsion positive des nouveaux Pays qui s’étaient ajoutés à l’Union Européenne. Au cours de l’été 2016, la situation était bien différente lors d’un grand Congrès et d’une Manifestation auxquels nous avions invité les personnes à Munich seulement 3 jours après la Brexit. Nous avons ressenti et nous ressentons encore maintenant que : L’Europe vit un moment de désarroi.

L’Union Européenne vit une crise après l’autre. Dans une période de crise, ponctuée par des actes de terrorisme, avec des milliers de personnes, là, à Munich, nous avons dit publiquement, clairement et à voix haute, notre ‘OUI‘ à l’Europe. « Il n’y a pas d’alternatives à ‘l’Ensemble en Europe’ ». C’est par ces mots de la Constitution de l’Union Européenne que nous avons commencé notre Message à Munich.

Puis-je le dire d’une manière personnelle en tant que l’un des porte-parole d’Ensemble pour l’Europe ? L’initiative de Munich m’a profondément touché et j’ai placé l’Europe à la première place de mon agenda. Depuis 17 ans nous sommes, ensembles, sur le même chemin, mais il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui d’exprimer notre OUI à l’Europe.

  • À une époque où se dressent le populisme, les égoïsmes et les nationalismes, nous disons notre OUI à une culture de la relation et de l’alliance.
  • À une époque où les démons qui nous ont amenés plusieurs fois à la catastrophe, reviennent, nous disons notre OUI à l’Évangile, à la réconciliation et à l’amour.

Au sein de nos Mouvements, nous devons éveiller la conscience de l’urgence de notre OUI à l’Europe.

En tant que Communautés et Mouvements, nous devons exprimer publiquement notre OUI à l’Europe.

Nous nous engageons pour une Europe de « l’ensemble ». Pour une Europe qui reconnaisse la diversité en tant que richesse et qui vive « l’ensemble » en paix et en unité. Et notamment, pour une Europe à laquelle Dieu, au cours de l’histoire, a confié une mission : l’ensemble du ciel et de la terre, l’ensemble de la foi et de son incidence sur le monde, parce que, dans le [Christ] crucifié, c’est le ciel et la terre qui se rencontrent.

Aujourd’hui – mais non pas seulement aujourd’hui – à la veille de la célébration des “60 ans du Traité de Rome”, nous nous réunissons pour prier et pour rappeler, en tant que Communautés et Mouvements chrétiens, que nous comptons – en plus de notre engagement – sur l’aide essentielle de Dieu.

L’Europe a besoin de notre prière.

 

Interview avec David-Maria Sassoli

Monsieur David-Maria Sassoli, membre du Parlement Européen italien du Parti Démocrate, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Monsieur Sassoli, à la veille du 60ème anniversaire des Traités de Rome, qui ont marqué la naissance de l’Union Européenne, en plusieurs endroits nous constatons combien l’Europe a perdu ses racines chrétiennes, concentrée comme elle l’est sur le financement, la bureaucratie et les intérêts nationaux, incapable de solidarité et d’accueil, et de projeter un développement central sur la personne. Qu’est-ce que vous en pensez ?

« Il faut tout d’abord que les chrétiens se fassent entendre davantage, et il doit y avoir des réseaux dans le monde chrétien qui donnent le relai à d’autres.  Parce qu’il y a des valeurs partagées, comme la paix, la cohabitation, la solidarité, la justice qui ont certainement une matrice chrétienne mais qui, de nos jours, sont assumés en tant que paradigme d’engagement politique, culturel, moral de la part aussi de citoyens qui ne sont pas chrétiens. Voilà les éléments qui font l’identité européenne : voilà pourquoi les chrétiens doivent être très contents parce que dans l’identité européenne nous retrouvons des valeurs qui appartiennent au monde chrétien. Mais, en ce moment, il est nécessaire que nous l’expliquions bien à nos citoyens parce que l’Europe fait peur, provoque l’anxiété, semble un poids, alors que nous avons besoin de faire de l’unité des européens la valeur nécessaire pour jouer le grand défi de ce siècle qui sera de donner une forme au marché global. La globalisation sans règles devient marginalisation, pauvreté, misère, elle peut être catastrophique  pour beaucoup de zones de la planète. Le grand défi de l’Europe est de donner des règles et des valeurs au monde. Parce que les règles du marché sans la défense des droits humains, le sens de la liberté et de la démocratie, ne seraient que des lois économiques qui font prévaloir le plus fort et nous ne le voulons pas. Donc le défi est celui-ci : les valeurs chrétiennes qui sont à l’origine de l’identité européenne aujourd’hui sont l’élément pour faire face au grand défi mondial ».

Pour surmonter l’écart entre les Pays économiquement plus forts et ceux qui sont en train de progresser, nous parlons d’une Europe « à deux vitesses » , qu’est-ce que vous en pensez ?

« Si cela signifie qu’il y aura une Europe de série A et une de série B, alors ça ne va pas. Au contraire, si cela signifie que certains Pays peuvent s’associer, comme cela est prévu par le Traité de Lisbonne, en tant que coopération renforcée et parier sur des politiques communes qui ne dénaturent pas les standards européens, voilà ce qui est intéressant. C’est de cette façon que nous avons fait l’euro, avec une coopération renforcée qui est partie de dix, onze Pays et ensuite d’autres se sont agrégés.  C’est une bonne méthode parce qu’en effet, dans les mécanismes européens, il est difficile de trouver l’unanimité. S’il y avait, par exemple, des Pays comme la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique et d’autres qui parient sur un défi commun, nous le souhaiterions vivement : nous aurions un noyau qui part et tire l’envolée et ensuite d’autres qui se regroupent ».

 Le nécessité de revoir les Traités a été souvent discutée. Pape François aussi l’a souligné dans son discours au Parlement Européen, en mai dernier, à l’occasion de l’attribution du Prix Charles Magne. Dans quelle direction doivent-ils être modifiés ?

« Nous devrions arriver à les changer, j’opte pour arriver à une Constitution européenne, mais je dois dire, avec réalisme et regret, qu’en ce moment, rouvrir la discussion sur les Traités cela peut être très dangereux, il faut être prudents. Si nous reprenons maintenant le problème de Schengen, qu’est-ce qu’il en serait alors de cette Europe et avec ces Gouvernements si nationalistes ? Des Gouvernements qui ont peur des invasions des immigrés. Il vaut mieux, maintenant, de se concentrer sur quelques politiques qui peuvent développer davantage l’Europe parce que c’est de cela que nous avons besoin au-delà des Institutions, des règles et des traités ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec Luca Maria Negro

Luca Maria Negro, pasteur baptiste, Président de la Fédération des églises évangéliques en Italie (Fcei), lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Un évènement comme celui de ce soir, où diverses églises chrétiens se retrouvent unies pour prier, est la preuve que l’unité dans la diversité est possible. Comment l’affirmation et la protection de la propre identité et des traditions se concilie-t-elle  avec la rencontre et l’ouverture envers l’autre ?

« En tant que mouvement œcuménique, nous, nous constatons cela depuis au moins 50 ans, parce que le mouvement a comme slogan unis mais différents, unis en respectant les charismes que les diverses églises ont. Il s’agit aussi du slogan de l’Union Européenne, nous ne savons pas s’il a été pris en connaissance de cause par le mouvement œcuménique, mais nous croyons qu’il est, de nos jours, plus que jamais valable. Malheureusement il semble que l’Europe a perdu l’anima. Nous ne sommes pas arrogants et nous ne voulons pas dire que, l’âme de l’Europe, c’est nous, mais en tant qu’église, nous voulons témoigner de toutes nos forces que l’œcuménisme, le fait de dialoguer ensemble, de construire des sociétés qui dialoguent, de promouvoir l’œcuménisme laïque de la société soit fondamental » .

Récupérer les valeurs chrétiennes qui fondirent l’Europe signifie offrir un patrimoine valable pour tous les peuples, non pas seulement pour les chrétiens…

« En tant que protestants nous n’insistons pas d’une façon particulière sur la récupérations des valeurs chrétiennes, parce que cela donnerait l’impression que nous voulons les imposer aussi à ceux qui n’ont pas la même foi que nous. Mais il y a des valeurs comme celles du dialogue et de la solidarité qui sont aussi chrétiennes et qui peuvent être partagées par toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté. C’est cela que nous privilégions, la découverte de ces valeurs sur lesquelles  l’Europe est née parce que « Oui’ » , n’oublions pas que de nombreux chrétiens ont contribué à la croissance de l’Europe, mais il y avait aussi de nombreux laïcs qui l’ont fondée. Ces jours-ci, nous avons de nouveau évoqué que le Mouvement Fédéraliste Européen est né en Italie chez un Valois, Mario Alberto Rollier, mais il y avait avec lui des personnes laïques comme Altiero Spinelli, et que tous se sont retrouvés en travaillant pour construire une Europe unie ».

Comment est-ce que l’on éduque concrètement au dialogue ?

« Comment est-ce que l’on apprend à marcher ? En marchant. Il en est de même pour le dialogue. Il faut commencer, sortir de soi-même. Nous ferons certainement des erreurs, parce qu’il est parfois facile, même sans le vouloir, de blesser autrui outre sa sensibilité. Sous cet aspect, le mouvement œcuménique a certainement beaucoup d’expériences à partager avec ceux qui s’ouvrent pour la première fois au dialogue ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec Donato Falmi

Dr. Donato Falmi, ancien directeur de la maison d’édition Città Nuova (Nouvelle Cité), coresponsable du Mouvement des Focolari de Rome et du Centre de l’Italie, lors de la veillée œcuménique à Rome 2017

Si l’on observe cette Europe d’aujourd’hui, partagée et égarée, il nous semble que l’intuition de Chiara Lubich, dans le lointain 1999, de mettre en route la constitution d’un réseau œcuménique international des mouvements chrétiens était prophétique…

« Elle est prophétique parce qu’il semble vraiment que Chiara ait prévu que l’unité de l’Europe n’était pas quelque chose de facile, qu’il fallait donc une force spirituelle de fond, peut-être cachée, mais si forte qu’elle irait contre ces courants négatifs que l’on constate de nos jours. Quand Chiara lança cette idée, au fond l’Europe était encore un idéal qui, tout compte fait, “avait du succès” ; de nos jours nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire de la redécouvrir. Et si nous n’avions pas pris ce chemin et si nous n’avions pas développé la conscience de ce fait aujourd’hui, nous n’en serions pas capable. C’est une concrétisation, au-delà de toutes les déclarations de principe, pour redonner à l’Europe sa dimension chrétienne, mettre de nouveau le christianisme à la base de l’Europe ( … ). Cette expérience, que l’on est en train de faire ensemble au niveau d’églises et de mouvements appartenant aux diverses âmes chrétienne de l’Europe – parce que le christianisme est une réalité unique mais avec tant d’expressions – est peut-être la proposition la plus concrètes pour affirmer que l’Europe a une base chrétienne. Dans ce sens, elle est géniale ».

Pape François a mis en évidence que, pour construire une Europe plus unie et solidaire, le dialogue est nécessaire. Le mouvement des Focolari a trouvé, dès sa constitution et justement dans le dialogue, une voie féconde pour l’unité. Que signifie dialoguer et comment apprenons-nous l’art du dialogue ?

« Il y a ici une intuition fondamentale, qui est la redécouverte que Chiara fait de la nature même de Dieu, qui est amour. Si nous voulons traduire la parole amour avec un terme qui exprime la dynamique des relations, nous pouvons utiliser le mot dialogue. Qu’y a-t-il de plus fondé sur le dialogue que l’amour ? Et d’autre part, sans l’amour, il n’y a pas de vrais dialogue parce que le dialogue comporte dans tous les cas l’accueil de l’autre, il comporte donc un oubli de soi, ce qui ne signifie pas négation mais veut dire faire toujours un pas à l’arrière pour accueillir l’autre. La loi fondamentale, c’est cela. Ce n’est qu’après cela qu’il est possible de comprendre comment le dialogue devient au fond la seule voie qui permet d’atteindre l’unité, parce qu’elle respecte les différences et, en même temps, elle saisit ce qu’il y a de bon et ce qui unit ».

On assiste au cours des dernières années en Europe à l’avancement du populisme et des mouvements soi-disant souverainistes. Là, peut-être que l’Europe doit faire un examen de conscience : quelle faute reconnaitre et comment changer ?

« Ce qui peut expliquer cette situation, c’est que l’Europe a beaucoup visé sur le bien-être matériel. L’Europe a élaboré, pour l’avantage de tout le monde, des valeurs comme celles qui sont résumées dans la Déclaration des Droits de l’Homme, signée par les leaders mondiaux, mais ensuite la tentation de s’aplatir sur un bien-être de nature matérielle, en oubliant ce qu’il y a de plus profond dans l’âme humaine, est une dure réalité. En atteignant les plus grands objectifs de civilisation, l’Europe a aussi atteint un bien-être qui lui a fait oublier les conditions plus profondes d’une concorde civile. De nos jours, nous sommes en train d’un payer les conséquences mais nous sommes peut-être en train de récupérer, bien que difficilement, les valeurs que nous avions oubliées, ce qui ne signifie pas que le bien-être matériel n’est pas une valeur, il l’est, mais en restant à sa place, avec les valeurs qui doivent toutefois être primordiales ».

Claudia Di Lorenzi

Interview avec P. Heinrich Walter

P. Heinrich Walter, responsable de la coordination internationale du Mouvement de Schönstatt, à l’occasion de la veillée œcuménique à Rome 2017

Quelle contribution Pape François peut-il offrir à l’évolution de cette Europe, envers la construction d’une Europe plus solidaire et inspirée par les valeurs chrétiennes ?

«  Je pense que le Pape, en tant qu’Argentin,  observe l’Europe d’un angle différent par rapport à nous, plus objectif, et qu’il comprend que l’Europe manque de vitalité, parce qu’elle est terrifiée,  parce qu’elle a peur. Pape François est un enthousiaste et il comprend très bien que le monde a besoin d’être rénové ».

 Quel témoignage les Églises chrétiennes peuvent-elles donner à l’Europe en tant qu’unies dans leur diversité ?

« Dans cette Europe en crise, ce qui manque, c’est la liberté, pour chaque Pays, de collaborer selon ses propres possibilités. Mais certains Pays subissent une pression excessive à cause de l’urgence des réfugiés. Ce qui est nécessaire, c’est qu’il y ait, en Europe, une alliance entre les Pays afin que chacun, en toute liberté, offre sa propre contribution » .

Claudia Di Lorenzi

 

 

 

 

Rome 2017

Rome 2017

25 mars 2017, 60e anniversaire du Traité de Rome. La voix d’Ensemble pour l’Europe se fait entendre

C’est l’occasion la veille pour des personnalités politiques, des responsables d’Églises et des laïcs représentants du réseau Ensemble pour l’Europe de se réunir dans la basilique des Saints Apôtres à Rome pour une Veillée œcuménique et internationale. Avec ce défi : comment donner forme à un authentique humanisme européen-chrétien ? Comment amener la foi à s’ouvrir davantage à la culture ?

La Veillée, présidée par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a rassemblé plus de 750 personnes de 23 Mouvements et Communautés. Parmi eux, Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Siluan, évêque de l’Église roumaine-orthodoxe en Italie, Heiner Bludau, doyen de l’Église évangélique luthérienne en Italie, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio et Gerhard Pross, modérateur d’Ensemble pour l’Europe.

Le président de la République italienne, Sergio Matarella, a transmis aux participants « l’assurance de sa pleine participation, avec la conviction que des moments de rencontre comme celui-ci donnent un important signe d’espérance, nécessaire pour construire une Europe unie et solidaire ».

Quelques expressions marquantes de la soirée : « Nous voulons davantage d’Europe ! ». « Au cours de l’histoire, Dieu a confié une mission à ce continent : ensemble pour ciel et terre, ensemble la foi et l’incidence sur le monde ». « Les valeurs chrétiennes sont des valeurs européennes et vice versa. La culture du dialogue, de la tolérance, de l’ouverture, de la fraternité peuvent être vécues au-delà de la confession et de la religion, au-delà de tout credo. Cette veillée servira à réveiller ces grandes valeurs ».

Cette prière œcuménique et internationale s’est déroulée aussi dans 56 autres villes d’Europe avec solennité et participation.

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le Secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

L’Europe que nous voulons construire

Veillée de Prière Ecuménique et Internationale – La foi s’ouvre à la culture

Le soir du 24 mars 2017, à Rome, la basilique des Saints-Apôtres est pleine de monde. A la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, plus de 750 personnes s’y sont rassemblées pour une prière présidée par le cardinal Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens. Catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans, clercs et laïcs, ont répondu à l’invitation d’Ensemble pour l’Europe, initiative de 300 Mouvements et Communautés chrétiens. La chorale composée de 8 Mouvements présents à Rome en donnait un exemple, ainsi que celle de la communauté orthodoxe-roumaine.

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a transmis à tous les participants « l’assurance de sa pleine participation, avec la conviction que des moments de rencontre comme celui-ci donnent un important signe d’espérance, nécessaire pour construire une Europe unie et solidaire ».

Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio), Gerhard Pross (actuel modérateur d’Ensemble pour l’Europe) ont parlé à plusieurs reprises et sous divers aspects de la crise de l’Europe, provoquée entre autres par les égoïsmes nationaux, de groupe et individuels. Ils ont lancé sous diverses formes l’invitation à croire encore au projet des Pères Fondateurs de l’Europe : œuvrer en faveur de la paix, de la justice et de la solidarité dans le monde (Préambule du Traité adoptant une constitution pour l’Europe, déclaré par les chefs d’État le 29 octobre 2004).

Dans ce contexte, l’hymne trisagion « Dieu est Saint, Dieu Saint et Fort », chanté par une foule profondément touchée a résonné de façon solennelle.

Le père Heinrich Walter, du Mouvement Schönstatt, a souligné dans une interview : « Il y a deux points essentiels sur le chemin vers une nouvelle intégration européenne : il faut cultiver les racines chrétiennes de l’Europe. Nous, les Mouvements, nous nous y engageons. Il faut aussi respecter la liberté de l’autre. Nous, d’Ensemble pour l’Europe, nous essayons de vivre de cette manière. Et nous voulons partager cette expérience avec toute l’Europe ».

Siméon Catsinas, prêtre grec-orthodoxe à Rome, a partagé sa joie à la fin de la Veillée : « Je suis heureux de cette soirée. Les chrétiens, nous devons travailler ensemble, nous devons donner un témoignage commun. Il est urgent que nous avancions ensemble sur cette route ».

A la question de savoir si le document : « Du conflit à la communion » est un modèle pour l’Europe, le doyen de l’Église évangélique-luthérienne en Italie (CEL), le pasteur Heiner Bludau, a répondu : « Assurément, le document montre un passé positif. Il doit maintenant s’inscrire de plus en plus dans la vie. Il pourra ainsi devenir un modèle convainquant pour toute l’Europe ».

Au cours de la Veillée, les paroles de haute politique et les paroles de l’Écriture résonnaient comme au même niveau. Jesùs Moràn, co-président du Mouvement des Focolari, affirme : « On ne peut penser l’Europe sans le christianisme. Le christianisme qui a formé l’Europe est le celui de l’Europe unie : l’aspect œcuménique est donc la réalité la plus fondamentale de l’Europe. Et l’Europe doit se retrouver comme civilisation du christianisme. Les valeurs chrétiennes sont des valeurs européennes et vice versa. La culture du dialogue, de la tolérance, de l’ouverture, de la fraternité peuvent être vécues au-delà des confessions et des religions, au-delà de tout credo. Cette Veillée servira à réveiller ces grandes valeurs ».

Plus de 4 000 personnes ont suivi la manifestation en direct et les partages sont nombreux sur les réseaux sociaux. Cette prière s’est déroulée dans 50 autres villes d’Europe, avec solennité et grande participation. La voix d’Ensemble pour l’Europe s’est fait entendre !

Beatriz Lauenroth

Pour voir la galerie photo complète: //www.flickr.com/photos/fotomas2008/sets/72157681856163965

L’Europe sans la fraternité est impensable

Salle Capitulaire de l’église San Salvatore in Lauro, à Rome, 17 février 2017 : Ensemble pour l’Europe était présent au congrès de l’association « Città per la Fraternità » (Des villes pour la fraternité).

Après  le mot d’accueil de la présidente Milvia Monachesi ont eu lieu plusieurs analyses des potentialités et des problématiques du continent européen. Parmi les intervenants : Donato Falmi, ex directeur de la maison d’édition Città Nuova, Marco Filippeschi, maire de Pise et président de la Ligue pour les Autonomies, et Silvia Costa, députée européenne, alliance des socio-démocrates, actuellement coordinatrice de la Commission Culture et Instruction, qui a affirmé en conclusion qu’« une Europe sans la fraternité est impensable ».

Lors du thème : « Europe : Liberté, Égalité et… Fraternité ? – Quelle chance aujourd’hui », l’expérience d’Ensemble pour l’Europe, présentée par Diego Goller (Italie) et Ilona Toth (Hongrie) a mis en lumière l’action des Communautés et Mouvements de différentes Églises chrétiennes qui veulent apporter leur contribution à l’unité européenne, à partir de leur riche patrimoine spirituel et culturel.

« On dit que l’Europe s’unit en unissant les villes. C’est là, dans les villes, que se trouvent les vrais problèmes à résoudre, les vraies réponses à donner. On dit souvent : ‘’agir localement, penser globalement’’. Il vaudrait peut-être mieux dire qu’aujourd’hui il faut ‘’penser localement et agir globalement’’, parce que les idées naissent de la vie, du territoire, des périphéries, et parce que les causes des problèmes que nous rencontrons dans nos villes ont souvent leur origine au niveau global ». C’est ce que suggère Diego Goller. Se référant à Chiara Lubich,  il continue : « A propos d’Ensemble pour l’Europe, Chiara disait dès le début que c’est ‘’un ENSEMBLE qui, si on le traduit, signifie fraternité, tandis qu’Europe indique le côté politique, parce que nous servons un projet politique au sens large du terme’’ ».

« Au cours de ses 17 ans d’existence, Ensemble pour l’Europe a mûri son message qu’elle a exprimé dans la déclaration finale de « Stuttgart 2007 » sous la forme d’une série de ‘’OUI’’, afin que les villes soient des lieux d’accueil, ouvertes aux différentes cultures », poursuit Ilona Toth. Elle cite aussi Michael Hochschild, sociologue franco-allemand, professeur à Paris. A la question de savoir si l’espérance a encore un avenir, il a déclaré à la dernière Manifestation à Munich en 2016 : « La réponse, ce sont les Mouvements eux-mêmes, forces créatives à caractère social, sinon franchement religieux. Leur foi, leur engagement et surtout leur confiance sont très recherchés pour sortir de la crise de la société, parce qu’ils créent cette confiance nécessaire en l’avenir. Mais pour cela, les nouveaux Mouvements spirituels doivent se comprendre de manière encore plus forte désormais comme des forces culturelles formatives et se comporter en conséquence. D’une certaine manière, ils doivent devenir davantage des Mouvements sociaux ».

Elle cite aussi Alcide de Gasperi, un des pères fondateurs de l’Europe, qui a prononcé dès 1952 des paroles qui nous invitent aujourd’hui encore au dialogue démocratique : « Il faut choisir : ou bien parler, discuter, faire appel à la raison, aux capacités humaines, ou bien recourir à la force, à l’autorité, imposer la volonté d’une personne. […] Par le passé, nombreux ont été les conflits et les guerres dus à l’impossibilité de trouver un accord, de discuter, à l’impossibilité de se réunir en une assemblée et de traiter de paix. Ne vaut-il pas mieux que nous fassions un effort pour parvenir à la paix, pour avoir des institutions qui garantissent cette paix ? ».

« Merci de votre invitation, merci de cette chance pour nos synergies. Travaillons ensemble pour que nos maisons, nos communautés et nos villes soient des laboratoires de communion, d’amitié et de fraternité, capables  d’intégration, ouverts au monde entier » a déclaré en conclusion Diego Goller.

A la fin du Congrès, a eu lieu la cérémonie de la 8e édition du prix Chiara Lubich pour la Fraternité, remis cette année à la commune d’Assise, la ville où « 600 ans avant la déclinaison des trois principes de la Modernité forgés par la Révolution française (Liberté, Égalité et Fraternité), a résonné pour la première fois le mot Fraternité, grâce à François », comme indiqué dans la motivation du prix.

Voir aussi : www.cittaperlafraternita.org/europa-e-fraternita-binomio-impegnativo/

Video Congrès: //youtu.be/edJSuqMdDaI

Sergio Mattarella et l’Europe des jeunes

« […] Je voudrais maintenant m’adresser surtout aux jeunes.

Je sais bien que votre dignité est aussi liée au travail. Et je sais bien qu’aujourd’hui, dans notre pays, si pour les adultes le travail est insuffisant, souvent précaire et parfois sous-payé, il l’est encore davantage pour vous. Votre génération est plus instruite que toutes celles qui vous ont précédé. Vous avez des connaissances et de grandes potentialités. La possibilité d’être acteurs de la vie sociale doit vous être assurée.

Beaucoup d’entre vous étudient ou travaillent dans d’autres pays d’Europe. C’est souvent une grande opportunité, mais ce doit être un choix libre. Si on est contraint de quitter l’Italie par manque de travail, on se trouve face à une pathologie qui a besoin qu’on y porte remède.

Les jeunes qui décident de le faire méritent toujours respect et soutien.

Et quand on ne peut pas ramener dans le pays l’expérience mûrie à l’étranger, c’est toute la société qui est appauvrie.

En février dernier, dans une université de New York, j’ai rencontré des étudiants de tous les continents. Une jeune a commencé son intervention en disant qu’elle se sentait citoyenne européenne, en plus d’être italienne.

De nombreuses expériences de jeunes qui partagent des valeurs, des idées, une culture, avec d’autres jeunes Européens disent à l’évidence que l’Europe n’est pas simplement le produit de quelques traités. Elle est un continent qui, après avoir été pendant des siècles divisé par des guerres et des inimitiés, a choisi un chemin de paix et de développement commun.

Ces jeunes comprennent qu’il vaut mieux affronter ensemble les choix à faire pour notre temps. Ils comprennent encore mieux la valeur de l’intégration européenne pacifique face à la tragédie des enfants d’Alep, aux milliers de personnes noyées en Méditerranée et à toutes les guerres qui se déroulent dans le monde. Ils n’acceptent pas que l’Europe, en se contredisant, se montre divisée et inerte, comme c’est le cas avec l’immigration.

De l’Union européenne, nous attendons des gestes de solidarité concrète sur les problèmes de la répartition des réfugiés et de la gestion respectueuse de la dignité des personnes pour le rapatriement de ceux qui n’obtiennent pas le droit d’asile. […] »

Sergio Matarella, président de la République italienne, discours à la Nation, 31-12-2016

 

 

Evénements Locaux 2009

Ensemble pour l’Europe s’intensifie. Avec les Manifestations de Stuttgart en 2004 et 2007 à la dimension du continent, des Communautés et Mouvements chrétiens ont entrepris un chemin « Ensemble » pour l’Europe en de nombreux endroits.

En 2009, pour insuffler une dynamique localement, des rencontres nationales se déroulent dans douze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, France, Hongrie, Irlande du Nord, Italie, Russie, Suisse, Slovaquie et Slovénie, généralement avec la présence de représentants d’un autre pays, pour donner la dimension européenne. Chaque manifestation a sa caractéristique propre, selon sa culture et les Communautés et Mouvements qui l’organisent ensemble sur place. L’objectif commun est de faire face de manière responsable aux défis que l’Europe doit relever aujourd’hui, en commençant par son propre territoire.

Dans plusieurs pays, des radios, chaînes de télévision et la presse couvrent l’événement. Des témoignages du terrain expriment la vie des chrétiens dans diverses situations : l’accueil et la défense de la vie, la complexité des problématiques de la famille aujourd’hui, le rapport avec la nature, la solidarité avec les pauvres et les personnes qui ont besoin de soutien, l’engagement pour la paix, pour la sécurité de la ville et dans les divers domaines de la société.

Ces témoignages apportent l’assurance qu’on peut trouver dans l’Évangile la réponse à toutes les questions.

Voir la vidéo “10 Ans pour l’Europe”

par le secrétariat international de Ensemble pour l’Europe

Würzburg et Ischia, 7/12/2013

Ils nous écrivent d’Allemagne (Würzburg)

« Une journée très spéciale dans notre Ensemble” – c’est ainsi que les responsables de Mouvements et Communautés d’Églises variées d’Allemagne résument la rencontre du 7 décembre 2013 à Würzburg. Ils étaient 120 engagés dans l’Ensemble pour l’Europe qui s’étaient donné rendez-vous pour réfléchir sur l’année passée et sur le prochain pas à faire.

Nous rapportons ce que Gerhard Pross, modérateur de ‘Rencontre des Responsables’ écrit : “La journée a commencé par une réflexion sur une pensée de Chiara Lubich qui nous appelle à l’Ensemble.

Un riche échange d’expériences a suivi : collaboration entre Mouvements et Communautés dans diverses villes d’Allemagne, comme par exemple les ‘Oasis de paix et de prière’, qui ont été formées à Stuttgart.

Le Président de la Conférence épiscopale allemande, l’archevêque Robert Zollitsch, est venu en visite, participer à la rencontre. Il voit dans l’Ensemble une initiative qui unit les Églises, un témoignage important et un signe d’encouragement. Il a parlé notamment en vue de 2017, l’année du 500e anniversaire du début de la Réforme luthérienne.

Il a souhaité que cet anniversaire puisse devenir une occasion de rencontre et de nouvelle compréhension. Dans le dialogue, différents aspects ont été soulignés.

Le pacte de l’amour réciproque, avec lequel le réseau de l’Ensemble pour l’Europe est né, a été mis en évidence. Il n’est pas suffisant de se connaître. Une vraie collaboration fraternelle est nécessaire, une collaboration qui soit un exemple pour les peuples européens.

« Pour moi, cela a été un moment historique, quelqu’un ouvre tout grand ses bras”, a commenté un responsable. Et un autre a souhaité à l’archevêque Zollitsch de continuer cette voie avec courage : « Le peuple est avec vous ! »

Pendant la réunion, on a relaté la rencontre des ‘Amis d’Ensemble pour l’Europe’ de novembre dernier à Paris. Ensemble ne rassemble pas seulement des Mouvements d’Églises variées, mais également des membres appartenant à presque tous les peuples européens. Il en est ressorti le sens d’une responsabilité pour une contribution culturelle, sociale et politique.

Gerhard écrit encore : “Avec le comité allemand, nous avons préparé la journée du 7 décembre avec une prière d’’écoute’. Après être parvenu à mettre de côté toutes nos considérations et avoir cherché à L’écouter, Lui, nous nous sommes sentis encouragés. Quelqu’un a dit : « Ici, il y a le Ressuscité au milieu de nous, n’ayez pas peur ! ».

Nous sommes repartis pleins de joie, de courage et d’espérance.

Nous avons reçu une grâce particulière au cours de cette rencontre et nous avons la certitude que l‘Ensemble pour-suit son chemin. Intuitivement, nous avons pu comprendre quelque chose de la ‘partition écrite au ciel’.

Nouvelles d’Ischia (Italie), 7 sept. 2013

Le défilé pour la paix.. « Le 7 septembre 2013 – écrivent Rita et Giulio Seller – à l’occasion de la Journée mondiale de la prière pour la paix, le Comité ‘Ischia pour l’Europe’’ s’est mobilisé pour une grande manifestation pour la paix : un défilé avec chants et retraite aux flambeaux. En signe d’adhésion, les magasins ont baissé lumières et sons. La marche s’est terminée dans la pinède avec des interventions variées : poésies et prières sur la paix de luthériens et de catholiques, entrecoupées de morceaux de musique d’artistes de l’île. L’évêque catholique s’est rendu présent par un message vidéo.

Nombreux sont ceux qui ont laissé impressions et réflexions, exprimant leur gratitude pour l’événement ».

Gabriella Fallacara e Severin Schmid