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Les charismes face au coronavirus

Les charismes face au coronavirus

Face à la ‘non-disponibilité’ de la pandémie, nous pouvons développer une nouvelle disponibilité par l’action de l’Esprit Saint, qui nous fait trouver un nouveau foyer dans nos charismes, les espaces intérieurs de notre spiritualité respective; une nouvelle confiance, pour témoigner que dans chaque désespoir nous découvrons toujours un chemin orienté vers l’avenir, le chemin de Dieu avec nous.

C’est la quintessence d’un groupe des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe durant la rencontre Zoom du 14.11.2020.

 

Cinq charismes, parmi tous ceux qui sont réunis dans « Ensemble pour l’Europe » se sont présentés en témoignant comment ils répondent au défi actuel de la pandémie. Dans l’harmonie des différentes caractéristiques, on perçoit quelque chose de la « partition écrite au Ciel ».

Voici les textes des diverses contributions que vous pouvez télécharger :

2020 11 14 1 Corona à la rencontre des Charismes - Introduction27 novembre 2020
2020 11 14 2 Contribution de Sant'Egidio27 novembre 2020
2020 11 14 3 Contribution de Mouvement de Schoenstatt27 novembre 2020
2020 11 14 4 Contribution de Mouvement des Focolari27 novembre 2020
2020 11 14 5 Contribution réseau de prière Allemagne27 novembre 2020
2020 11 14 6 Contribution de Efesia27 novembre 2020
2020 11 14 7 Conclusion après les Contributions sur les Charismes27 novembre 2020

Secrétariat international d’EpE

En ligne et pourtant entièrement analogique

En ligne et pourtant entièrement analogique

« On remarque ici l’anti-virus de la fraternité ». Le 14.11.2020, quelque 300 amis de « Ensemble pour l’Europe » (EpE) se sont réunis pour leur réunion annuelle 2020 sur le world wide web. Les représentants d’une quarantaine de Mouvements les plus impliqués dans le réseau ont fait une expérience de communion et de partage intense en composant « une belle mosaïque de visages et de communautés » au service du prochain, dans les domaines les plus variés.

« C’est comme si aujourd’hui nous réécrivions les Actes des Apôtres », lit-on dans un commentaire arrivé pendant l’événement.

Cette année, la préparation a été concertée comme jamais ! 14 des groupes locaux d’EpE en Europe occidentale et orientale – du Portugal à l’Ukraine, de la Russie à l’Irlande du Nord, de la Grèce à la République tchèque – ont partagé leurs expériences à travers des témoignages, des films et des photos. Après ce mélange varié, le « filet invisible » qui lie tout le monde semblait plus dense et plus réel que jamais.  « Nous sommes l’aréopage d’aujourd’hui, d’où nous pouvons donner du courage aux personnes », a dit un participant.

En « priant et en vivant ensemble et en s’engageant pour les autres », tous les mouvements et communautés apportent une contribution visible à un monde plus uni.

Par le biais d’innombrables chats, beaucoup ont participé activement à la conférence.

Une session de la journée a été consacrée à la question de savoir comment nos charismes brillent en cette période de coronavirus. Il s’agit d’écouter ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui. Avec la pandémie, un signal d’alarme retentit. Dans la prière, les Mouvements se rendent disponibles à Dieu et, dans une culture de l’alliance, approfondissent leur relation avec Lui. Dans une culture de la rencontre, ils apprennent à dialoguer sans perdre leur identité et, notamment par la solidarité avec les pauvres, ils rendent visible leur amour pour Dieu et pour les hommes.

La Communauté de Sant’Egidio, le Mouvement de Schoenstatt, le jeune mouvement Efesia né en France, un représentant du Congrès des responsables en Allemagne et le mouvement des Focolari ont témoigné de la manière dont leurs charismes répondent avec créativité et solidarité aux défis de la pandémie. « Covid a renforcé notre unité » – « La nouvelle forme de l’Église est l’amitié vécue », c’est ainsi que certains des participants ont exprimé ce qu’ils avaient vécu.

Après un échange souvent très personnel dans plus de 40 groupes de discussion, il est apparu clairement que les relations entre les participants et avec les autres sont plus importantes que jamais : « Le Royaume de Dieu existe dans les relations. Partageons même les difficultés afin que l’autre personne puisse percevoir l’amour de Dieu. Regardons ensemble vers l’avenir et reconnaissons-nous dans ce réseau. Ensemble, il y a plus de force, on peut voir plus loin ».

«  L’heure des chrétiens a sonné en Europe», a déclaré Julio en fin d’après-midi, invitant au nom du réseau EpE présent au Portugal à tenir la prochaine réunion des « Amis » dans la ville de Porto du 4 au 6 novembre 2021.

La réunion 2020 s’est terminée par un moment de prière solennel dans la soirée. En ligne – mais de manière très réelle – les participants de toute l’Europe ont ressenti la présence de Dieu et, ensemble, ils ont demandé la force et la confiance pour être de plus en plus des signes d’espoir et d’aide concrète pour le monde. Un participant l’a exprimé ainsi : « Aujourd’hui, le monde vit dans la peur, l’incertitude, la confusion. Je suis sûr que tous les éléments qui ont émergé de cette réunion sont un grand antidote à tout ce qui est négatif ».

Secrétariat international de TfE

Graphique: ©Together4Europe

Regarder « la partition » d’en Haut

« La partition est écrite au ciel ; écoutons ensemble l’Esprit Saint et faisons ce qu’il nous dit ». C’est ce que Chiara Lubich a souligné au début d’Ensemble pour l’Europe (EpE). Un programme auquel les initiateurs d’EpE se sont consacrés sans réserve. Après Chiara (1920-2008) et Helmut Nicklas (1939-2007), Sœur Anna Maria aus der Wiesche (1952-2020) et l’année dernière le Père Michael Marmann (1937-2019) sont récemment arrivés à destination.

C’étaient des personnes si profondément enracinées dans leur Église et leur Communauté qu’elles pouvaient en toute confiance se laisser guider par l’Esprit dans l’immensité d’EpE. C’est à leur témoignage courageux, à leur confiance et à leur sagesse qu’EpE doit son existence et sa réalisation.

Sœur ANNA MARIA AUS DER WIESCHE, Communauté Christusbruderschaft Selbitz  – une femme qui, dans sa douceur, était rebelle, déterminée et prophétiquement douée [1]

Gerhard Pross, du Comité d’Orientation d’EpE, écrit :

Le 31 août 2020, Sœur Anna-Maria nous a quittés. Plein de gratitude, je pense aux 20 années pendant lesquelles elle a contribué à façonner EpE. Avec Thomas Römer et moi-même, elle a animé la « Rencontre de responsables évangéliques  » en Allemagne en 2000, où Chiara Lubich et l’Évêque Ulrich Wilckens ont ouvert la voie au grand événement de réconciliation entre les confessions lors de cette rencontre. Outre sa naissance le 31.10.1999 à Ottmaring, ce fut une heure fondamentale pour EpE et sa mission d’unité. Dès le début, Sœur Anna-Maria a été impliquée dans le Comité d’Orientation d’EpE, modérant conjointement les grands Congrès de Stuttgart en 2004 et 2007, ainsi que le moment de la réconciliation entre les Eglises lors de l’événement de Munich en 2016.

Sœur Anna-Maria avait un talent inné pour le leadership. La clarté et la capacité d’intégration faisaient autant partie d’elle qu’une vision spirituelle précise. Un de ses dons était l’amour des personnes, avec la proximité qu’elle ressentait pour l’individu et en même temps avec la vision d’ensemble. Son don à Dieu, son amour pour l’Église et sa vie pour l’unité ont façonné ses pensées et ses actions. Avec une grande attention, elle observait les signes des temps et était toujours prête à écouter ce qui était important en ce temps-là. Son oui à la vie, sa joie et son rire étaient contagieux.  Sœur Anna-Maria laisse un grand vide. Nous la garderons dans nos cœurs avec gratitude pour ce que nous avons reçu à travers elle.

P. MICHAEL MARMANN – homme de communion, fort et libre  [2]

« Nous pensons que ce processus en cours en Europe est un clair signe des temps. Et les signes des temps sont les voix de Dieu. Le christianisme ne peut pas être seulement une superstructure religieuse, mais il doit prendre la personne dans sa globalité », déclarait le père Marman à la veille de la première manifestation d’EpE à Stuttgart en 2004.

En 1991, il est élu Supérieur Général des Pères de Schoenstatt et est en même temps Président du Présidium Général du Mouvement. À ce titre, il était également un pionnier dans l’ouverture à l’œcuménisme et à la communion entre les Mouvements des différentes Églises. « Il y avait en lui une ouverture naturelle pour une plus grande communion entre les Mouvements spirituels, en particulier dans le réseau « Ensemble pour l’Europe » (…) dans la ferme conviction que l’unité des Eglises et leur réveil est une condition décisive pour un nouveau lien de vie entre le monde autonome et fragmenté et son origine infinie ». [3]

P. Heinrich Walter, a vu en lui une attention et une sympathie “prophétique“, « j’entends “prophétique” comme réponse à un défi d’aujourd’hui qui va au-delà des attentes, réalise des synergies et met en route des processus inattendus »[4]Ce fut également le cas après la veillée de Pentecôte avec Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre en 1998, lorsque le Père Michael s’est immédiatement mis d’accord avec Chiara Lubich, Andrea Riccardi, Salvatore Martinez et Frances Ruppert (Cursillos) pour former le premier noyau de la communion souhaitée par le Pape entre les nouveaux Mouvements et Communautés. Déjà l’année suivante, le cercle s’élargissait avec les membres des Communautés de l’Église Évangélique Luthérienne : c’était la naissance de « Ensemble pour… » !

Afin de transmettre aux membres des Mouvements la forte expérience que leurs dirigeants respectifs avaient faite entre eux, une réunion s’est tenue à Munich en 2001. Devant environ 5000 personnes, Chiara a proposé de sceller un pacte d’amour réciproque. Les premiers à être d’accord furent Helmut Nicklas et le père Michael Marmann. Ce « pacte » est devenu la base de tout ce qui s’est développé depuis lors dans l’engagement commun. Merci, Père Michael !

Pour plus d’informations, voir le vidéo-story >>

Compilé par Cornelia Karola Brand, Secrétariat international d’EpE

[1] De la lettre de condoléances d’Herbert Lauenroth, Ottmaring
[2] cfr. Ekklesia, n.4 (2019/3), S.51-53
[3] Nécrologie de P. Theo Breitinger, Provincial des Pères de Schoenstatt, février 2019.
[4] cfr. Ekklesia, n.4 (2019/3), S.51-53

Réunion virtuelle européenne des « Amis » à l’automne 2020

Du 12 au 14 novembre 2020 aura lieu la réunion annuelle des  « Amis des Ensemble pour l’Europe », qui se déroulera cette fois-ci en deux temps : au niveau national et européen.

Cette année, en raison de la pandémie du Covid-19, la réunion internationale initialement prévue à Varsovie, en Pologne, ne pourra pas avoir lieu sous forme présentielle.

Au niveau européen, nous serons connectés via Zoom le 14 novembre 2020. Nous aurons plusieurs éléments de réflexion, des occasions de partage (dans les quatre langues : français, anglais, allemand et italien) et une prière commune. Comment les différents charismes, reliés au sein du réseau « Ensemble pour l’Europe », affrontent-ils la pandémie ? L’échange permettra aux participants de se connaître plus profondément.

Réunions nationales en guise de préparation

Avant la réunion européenne, les membres du réseau sont invités à participer aux réunions nationales.  « Cela peut avoir lieu dans les jours qui précèdent immédiatement le 14 novembre ou quelques semaines avant ; il peut s’agir d’une réunion en présence ou virtuelle – en fonction des possibilités de rencontre dans les différents pays », lit-on dans la lettre d’invitation. L’objectif des réunions nationales est également de préparer les contributions pour la réunion européenne.

Prévisions pour 2021

Dans l’espoir que l’évolution de la pandémie le permette, la réunion habituelle des « Amis » au niveau européen se tiendra en présence du 4 au 7 novembre 2021. Le pays et le lieu précis doivent encore être décidés.

Secrétariat international de EpE

 

 

 

Les projets politiques vivent aussi de la spiritualité

Les projets politiques vivent aussi de la spiritualité

« Ensemble pour l’Europe » a reçu une lettre du Président du Parlement européen, David Maria Sassoli. Il souligne combien les valeurs européennes communes sont nécessaires pour la gestion des crises. Le Président est heureux de rester en contact avec le réseau.

Dans une lettre adressée au « Ensemble pour l’Europe » (EpE), le Président du Parlement européen, David Maria Sassoli, remercie le réseau œcuménique pour son service au continent européen. Il observe que les Pères fondateurs de l’Europe avaient clairement à l’esprit que le projet politique EUROPA ne pouvait fonctionner que s’il se nourrissait également d’une spiritualité vécue. « Les valeurs européennes communes, telles que convenues par les États membres lors de la signature des traités de l’UE, sont plus nécessaires que jamais pour surmonter les crises, notamment l’actuelle pandémie COVID-19 », déclare M. Sassoli.

Combattre les tentations égoïstes et nationalistes

Le président souligne combien il apprécie toutes les initiatives qui « stimulent le débat public sur les questions civiles ». L’intention du Parlement européen et l’engagement du « Ensemble pour l’Europe » voient « une approche commune fondée sur la solidarité et l’idéalisme ». La crise COVID-19, la nécessité d’une plus grande écologie et les relations de l’Union européenne avec les citoyens des pays tiers arrivant sur son territoire « sont autant de questions qui ne peuvent être abordées sans combattre les tentations égoïstes et nationalistes ».

Encouragement pour les prochaines étapes

Le réseau œcuménique considère cette lettre d’appréciation comme un encouragement pour les prochaines étapes. La lettre de Bruxelles souligne que la prière et les actions pour l’Europe, comme celles relatives au 9 mai, contribuent de manière importante à son unité.

Heinrich Brehm / Beatriz Lauenroth

Voir la traduction française de la lettre:

2020 07 09 Lettre Du Président Du Parlement Européen David Maria Sassoli A EpE FR (78.2 KB)

 

 

 

Traverser l’Europe en un jour

Vivre le 9 mai 2020 en ligne : En raison du Covid-19, tous les événements prévus pour la Journée de l’Europe – dans laquelle est engagé Ensemble pour l’Europe – se sont déroulés en ligne. Pour les forums, les conférences, la prière et les chants, Ensemble pour l’Europe était relié avec des personnes de tout le continent.

Italie

En Italie, plus de 900 amis d’Ensemble pour l’Europe ont mis le pays en réseau par une conférence zoom. Le thème « Écologie intégrale : une utopie soutenable pour l’Europe » a été illustré en deux interventions sur la façon de travailler en vue d’un présent et d’un avenir meilleurs de la planète, en respectant la nature et les personnes. La rencontre s’est terminée par une prière œcuménique avec les représentants de nombreuses Églises et communautés et par le renouvellement de la promesse d’amour réciproque, que l’on appelle le « pacte » ( comparez Jn. 13,34 ).

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, deux conférences ont eu lieu, à partir d’Utrecht et d’Amsterdam. « Utrecht en dialogue » et « Pax » ont permis, par petits groupes en ligne, un vivant échange d’idées sur l’Europe, avec la participation d’un public jeune.

Le « Centre Schuman » a échangé sur la situation du continent. Il y a soixante-dix ans, Robert Schuman annonçait son plan pour jeter les fondements de la Maison Europe avec ses cinq cents millions d’habitants. Jeff Fountain, fondateur du Centre Schuman qui a maintenant dix ans, a conclu le forum par une prière insolite. Sur la musique de l’hymne européen l’Ode à la joie, il a chanté en anglais : « Avec la vision devant nous d’une vraie communauté / De tous les peuples européens, riches dans la diversité / Prions et œuvrons ensemble pour la solidarité / Paix, égalité, liberté, fondées dans ta charité ».

Autriche et Europe de l’Est

La ville de Graz a réuni six pays pour un échange d’expériences. Les « Amis d’Ensemble » en Autriche, Slovénie, Croatie, Slovaquie, Hongrie et Italie du Nord ont partagé sur leur façon de vivre la crise du Covid-19 dans un esprit de soutien réciproque. A la fin, l’évêque Wilhelm Krautwaschl a remercié les participants pour leur exemple de communauté internationale et conclu ainsi : « Par la croix, nous sommes unis les uns aux autres malgré toutes nos différences et nos séparations ».

Allemagne

L’YMCA d’Esslingen-Stuttgart s’attendait à une participation majoritairement locale pour une rencontre de prière. Comme celle-ci est devenue un événement en ligne, s’y sont aussi joints les amis d’Ensemble pour l’Europe d’autres Mouvements de plusieurs villes d’Allemagne, d’Italie et des Pays-Bas. Pour eux tous, la soirée est devenue une véritable expérience « d’Ensemble ».

France

En France, il y a eu 34 points de connexion, à Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse et Tours, formant ainsi un réseau national qui a montré les diversités entre les groupes et en même temps une grande appréciation réciproque. Gérard Testard (Efesia) a encouragé chacun à rendre « la voix française » de plus en plus présente en Europe. Un des participants a conclu ainsi : « C’était un moment de fraternité et de confiance dans l’Europe, qui nous a tous remplis d’une nouvelle espérance ».

Beatriz Lauenroth

Les événements seront encore disponibles en ligne dans les prochains jours sur :

Italie : facebook.com/Insiemepereuropa.roma>>
Amsterdam : facebook schuman centre>>

 

L’Italie « Ensemble » : le temps est venu d’une nouvelle humanité

Journée de l’Europe 2020 – « C’était vraiment un miracle… un événement auquel on n’assistait pas, mais on y participait ! » C’est la première impression à chaud parmi les nombreuses que nous avons reçues.

La préparation

C’est vrai, nous y avons cru, à cette opportunité EN LIGNE, EN RELATION COMME L’EST LA NATURE ! Nous avons cru à la créativité de Dieu et, en quelques jours, l’Esprit Saint, avec nous et nos quelques « pain et poisson poissons » (cf. Jean 6:9), a réalisé un grand événement œcuménique auquel ont participé d’importants représentants du monde chrétien. Leur présence, de toute l’Italie, a été le fruit d’un long et cordial travail de communion, de dialogue, de relations entretenues, accompli par les Comités dans chaque région. Leur engagement à construire l’unité était palpable dans chaque parole, chaque geste, expression ou préoccupation.

Sur une idée du Comité du réseau Ensemble pour l’Europe romain, les Comités d’Italie se sont unis pour réaliser cet événement en ligne et, bien qu’ils ne se connaissent pas tous, chacun a vécu une réelle fraternité et l’impression d’avoir travaillé pendant des mois, et non deux semaines, en vivant concrètement entre tous le « Pacte d’amour réciproque » (inspiré de Jn 13,34), fondement de tout ce qui se réalise sous le nom d’Ensemble pour l’Europe.  

9 mai, 18 heures : l’Italie ENSEMBLE en ligne !

L’initiative de 25 Mouvements ou Communautés d’EpE a totalisé presque 500 vues de la liaison en direct… unis du nord au sud du pays pour célébrer ensemble la Fête de l’Europe Solidaire ! Parmi les participants, on comptait M. Stefano Fassina et quelques élus locaux. Quarante-cinq ministres d’Églises et Communautés chrétiennes étaient reliés. Des messages avaient été envoyés par l’évêque Giovanni Traettino (fondateur de l’Église Pentecôtiste de la Réconciliation) – le pasteur Mauro Adragna (CPR de Palerme) l’a lu à tous – et par le pasteur Luca Maria Negro, président de la Fédération des Églises évangéliques en Italie.

Pour une écologie intégrale

En référence au 70e anniversaire de la « Déclaration Schuman », l’événement était consacré au « Oui à la création »,  qui concerne la protection de la nature et de l’environnement, dons de Dieu à sauvegarder avec un soin respectueux pour les générations futures. Le titre choisi était : « Écologie intégrale : une utopie soutenable pour l’Europe ». Les interventions de Stefania Papa, professeur, spécialisée en écologie, de Luca Fiorani, physicien spécialiste du climat, et une vidéo-synthèse des messages du pape François, du patriarche Bartolomé 1er et d’Antonio Guterres (secrétaire général de l’ONU) pour la 50e Journée mondiale de la Terre, ont permis de prendre conscience de la façon dont on peut travailler à un présent et un avenir meilleurs, dans une culture du respect, de la coopération et de la réciprocité.

Prière œcuménique

C’est dans le même esprit qu’a été vécue la prière œcuménique des représentants des différentes Églises. Costantino Vacros, de l’Église gréco-orthodoxe, a débuté par la lecture de la Genèse (1, 26-31), suivie d’une intervention très appréciée de Gabriela Lio, pasteure baptiste et présidente de la Fédération des femmes évangéliques en Italie. Nous avons ensuite prié avec le pasteur Nino Genova (Mouvement Nouvelle Pentecôte) et avec divers représentants de Mouvements et Communautés catholiques. Tous ensemble, ils ont solennellement renouvelé le pacte d’amour réciproque, dans la joie et l’harmonie. Nous avons terminé la journée par le Notre Père, pour nous rappeler que nous sommes UN et qu’ensemble nous pouvons réaliser une Nouvelle Humanité.

Emanuela Cannella – service de presse Ensemble pour l’Europe Rome

Vous pouvez voir l’événement sur facebook EpE Rome>> et sur youtube>>.
Nous vous proposons ici quelques-unes des images fixes réalisées par Emanuela Cannella et Emanuela Fioravanti.

Liaison internationale pour la Fête de l’Europe

« Bonjour à vous tous réunis ici à la mairie de Graz pour notre rencontre en cette Journée de l’Europe ! » C’est la salutation que nous avions prévue pour le samedi 9 mai 2020. Le coronavirus a contrarié nos plans.

Fin mars, l’équipe régionale d’Ensemble pour l’Europe de Styrie a donc décidé de reporter la rencontre à l’année prochaine et de proposer pour cette année un simple programme de substitution par Skype.

La vidéoconférence d’Ensemble pour l’Europe du samedi 9 mai 2020

Cependant, la « solution de repli » s’est finalement transformée en une rencontre en ligne d’une heure, avec une centaine de participants actifs, et avec des invités d’Autriche et de cinq pays limitrophes du sud et de l’est auxquels l’équipe de la Styrie se sent particulièrement liée. A cette rencontre en ligne ont participé des chrétiens de l’Église catholique romaine, de l’Église protestante, de l’Église orthodoxe roumaine et de communautés d’Églises libres.

De brèves contributions de Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Croatie, Italie et Carinthie ont donné une vision actuelle et authentique de la vie quotidienne en ce temps de crise due au coronavirus. Tous les participants étaient heureux de pouvoir échanger leurs expériences et de connaitre ce que vivent les personnes dans les autres pays. On peut ainsi désormais prier encore mieux les uns pour les autres.

L’évêque du diocèse, Mgr Wilhelm Krautwaschl, a participé à la rencontre en ligne. Il a remercié pour la communion transfrontalière et a conclu par ces paroles : « Par la croix, nous sommes unis les uns aux autres, malgré les distances et toutes nos différences ».

Perspectives pour le 8 mai 2021…

Naturellement, une vidéoconférence ne peut remplacer une journée de rencontre, mais, à l’heure actuelle, dans cette Journée de l’Europe 2020, l’Ensemble a été vécu et renforcé. C’était une préparation réussie à la Journée de rencontre du 8 mai 2021, lorsque – nous l’espérons – nous pourrons vraiment dire : « Grüß Gott hier im Rathaus Graz… ! », « Bienvenue à la mairie de Graz ! ».

Ensemble pour l’Europe, équipe de Styrie, Autriche

Un événement particulier

Un événement particulier

La Journée de l’Europe 2020 et le Pape François

Depuis six semaines nous sommes en route ensemble. Durant un parcours de prière commun, nous nous sommes imprégnés de la Parole de Dieu et de notre réflexion sur l’Europe (2016). Nous nous sommes souvenus de tous les pays européens dans la prière. Au premier plan se trouvait le désir d’être tous unis et de façonner l’Europe par la force de la prière.

9 mai 2020, la Journée de l’Europe

Notre chemin nous mène maintenant au 9 mai 2020, la Journée de l’Europe. Elle devrait être une journée de rencontre entre les Communautés, les Mouvements et les pays. Mais cette année, la pandémie du Covid 19 nous empêche de nous rencontrer concrètement à l’église, sur les places des villes, dans des réunions conviviales, pour des conférences et pour des prières.

Cela ne signifie pas que les activités de cette journée sont annulées, au contraire: une grande créativité s’exprime dans les conférences digitales, les prières, les groupes de discussion et de dialogues en ligne entre Communautés, Mouvements et représentants politiques, qui qui sont initiés, par exemple, à Utrecht, Graz, Rome, Lyon et Esslingen. Les frontières linguistiques et nationales sont franchies pour réfléchir ensemble sur l’Europe et pour mettre le continent en prière. Toutes les informations pertinentes se trouvent sur le page « Journée de l’Europe 2020 »   >>

Lettre du Pape François

Les événements du 9 mai seront sous la bénédiction papale, puisqu’une lettre du Pape François est arrivée au secrétariat d’Ensemble pour l’Europe à Rome le 22 avril 2020. Le Pape nous remercie pour notre lettre du 12 avril 2020 et nous exhorte au service du bien commun, service inspirés par les valeurs de solidarité, de paix et de justice. Il prie pour nous et envoie à tous la bénédiction apostolique. La lettre, traduite en quatre langues, peut être téléchargée ici en français.

Sr. Nicole Grochowina, Christusbruderschaft Selbitz

2020 04 22 Segreteria Di Stato Papa Francesco IT (1.1 MB, 9 downloads)

Photo Pape François:  Pixabay/Manfred Kindlinger

 

 

 

 

 

Jeunes en responsabilité

Jeunes en responsabilité

L’Europe pour l’avenir – L’avenir de l’Europe. František Talíř a 27 ans et son enthousiasme est contagieux quand il parle de démocratie et de réformes.

« Depuis 1989, nous avons senti la brise fraîche de la démocratie et de la liberté en République Tchèque et en Slovaquie. L’adhésion à l’Union Européenne, les voyages et le travail à l’étranger sont maintenant la norme. Mais les pays de l’ancien bloc de l’Est se distinguent de l’Europe de l’Ouest par leur mentalité et leur culture. Vivre ensemble, c’est encore marcher sur la corde raide et maintenant, le Covid-19 nous montre que nos privilèges ne sont pas du tout évidents. »

František est historien et très actif en politique. Aux dernières élections, son parti l’a nommé candidat au Parlement européen à Bruxelles et, pour les prochaines élections régionales, il est le candidat principal de l’Union Démocratique Chrétienne de Slovaquie.

« Nous les jeunes en particulier, nous devons nous intéresser à l’actualité en Europe et dans le monde et prendre l’initiative, par exemple pour aller aux urnes ou adhérer à un parti. Ce n’est pas la démocratie qui doit changer, mais les personnes qui donnent forme à la démocratie. » C’est un long processus, reconnait František, mais il est important de commencer par soi-même et de ne pas chercher à faire porter la responsabilité sur les autres. « Le ‘’Fridays for Future’’, je n’y souscrirais certes pas totalement, mais les jeunes signalent un problème et parviennent à faire réagir des personnes de toutes les générations. »

František conseille aux personnes de prendre conscience de leurs racines pour donner un avenir à l’Europe. « J’ai lu les textes des Pères fondateurs de l’Europe. Adenauer, De Gasperi et Schuman ont eu plus de difficultés après la seconde guerre mondiale que nous n’en avons aujourd’hui. Pourtant, ensemble, ils ont fait de grandes choses. »

Beatriz Lauenroth

František Talíř était présent à la rencontre des ‘Amis de Ensemble pour l’Europe’ à Prague en 2018.

L’interview complète de Maria Motykova avec František Talíř peut être suivie (en tchèque, slovaque et allemand) sur : Podcast Europa per il futuro – Futuro per l’Europa

 

“Dialogue Europe en ligne” 9 mai 2020

“Dialogue Europe en ligne” 9 mai 2020

70 ans après la Déclaration de Robert Schuman et après 75 ans de paix en Europe, quel sera l’avenir ?

 9 mai 2020,  Journée de l’Europe,
de 14h à 16h,
aura lieu un “Dialogue Europe en ligne”,
à partir d’Utrecht/Pays-Bas
 

Après enregistrement sur https://www.utrechtindialoog.nl/bijeenkomsten/europa/, vous recevrez un message électronique contenant un lien et un code d’accès pour participer. La participation est gratuite.

Langues : hollandais et anglais

L’Union Européenne, avec 513 millions d’habitants et une grande diversité de pays, cultures et identités, est un projet unique dans l’histoire du monde. C’est le plus grand projet de paix après la seconde guerre mondiale. Citons Robert Schuman : « La coopération et l’intégration européenne ne peuvent et ne doivent devenir une entreprise économique et technique. L’Europe a besoin d’une âme, de la connaissance de ses racines historiques et de sa responsabilité dans le présent et pour l’avenir, ainsi que d’une volonté politique au service du même idéal humain ». Il y a trente ans, la chute du mur de Berlin en 1989, événement plein de promesses qui nous a tous surpris, tant à l’Est qu’à l’Ouest, a provoqué une euphorie qui s’est répandue dans toute l’Europe : paix en Europe, pour tous !

En 2020, 70 ans après la Déclaration de Robert Schuman, nous réfléchirons sur la manière dont s’est développé ce projet humain et, surtout, sur la façon dont nous pouvons le poursuivre et l’améliorer. Nous échangerons sur la culture et les valeurs en Europe : comment affronter nos différences et qu’avons-nous en commun ? Quelles sont nos racines historiques ? Quel avenir voulons-nous pour l’Europe ? Quels sont les principaux défis qu’elle  a à relever ? Comment pouvons-nous travailler ensemble à une paix stable en Europe et quelles sont les valeurs indispensables pour y parvenir ? Nous répondrons à ces questions durant le dialogue en petits groupes de discussion.
Nous vous attendons !

Programme
14h 00 Introduction au sujet de façon interactive
14h 15 Vidéo de PAX : 4 scénarios futurs pour l’Europe en 2040
14h 20 Dialogue « autour de la table » … virtuelle ! (session parallèle avec discussions par groupes)
15h 20 Session plénière pour recueillir les résultats du dialogue

Ensemble pour l’Europe aux Pays-Bas soutient activement cette initiative, organisé par Pax voor vrede en Comité Europadag Utrecht.

Beatriz Lauenroth

Photos de personnes : ©Canva

Le défi d’aujourd’hui pour l’Europe

Le défi d’aujourd’hui pour l’Europe

Ensemble pour l’Europe en contact avec l’Union européenne et le Vatican

C’est un moment crucial dans l’histoire de l’Europe et de l’Union Européenne, qui demande la cohésion de tous les intéressés. C’est pour cette raison qu’Ensemble pour l’Europe a écrit aux présidents du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil européen (David Sassoli, Ursula von der Leyen, Charles Michel) pour les remercier de leur travail et pour les soutenir dans leurs décisions pour lutter contre le Covid-19.

Dans la même lettre envoyée aux trois responsables, il est dit entre autres : « Toutefois, surtout en ce moment, nous voulons nous engager et prier pour l’ensemble et pour la solidarité en Europe. Nous sommes convaincus que l’avenir de l’Europe – et du monde – réside dans l’ENSEMBLE. Maintenant encore, l’Europe peut en donner l’exemple. Et au milieu des immenses défis imposés par la pandémie du Covid-19, nous vous demandons de ne pas oublier les réfugiés et les demandeurs d’asile aux frontières de l’Union Européenne. Nous vous demandons d’adopter promptement des mesures généreuses pour aider et – dans la mesure du possible – accueillir ces personnes. »

Une autre lettre a été envoyée au pape François. Le dimanche de Pâques, il avait expressément invité le monde à faire face ensemble à la pandémie. Le Comité Directeur d’Ensemble pour l’Europe a assuré le Saint-Père de son soutien et de son engagement. « Nous nous sentons particulièrement interpelés par votre appel spécial adressé à l’Union Européenne, un appel à trouver un juste chemin dans ce défi posé à notre époque, sachant bien que pourrait en dépendre ‘’non seulement son avenir, mais celui du monde entier’’ ». Et encore : « Votre appel ‘’à donner des preuves supplémentaires de solidarité en ayant recours à des solutions alternatives’’ rencontre notre profonde adhésion et notre engagement en de nombreux pays d’Europe. »

Beatriz Lauenroth

Photo Von der Leyen / Sassoli:  © European Union 2019 – Source: EP / CC BY  /
Photo Charles Michel:  Belgian Federal Government http://premier.fgov.be/nl/biografie
Photo pape François: http://www.korea.net/Francis: http://www.korea.net/
Ensemble en ligne – un réseau virtuel, mais bien réel

Ensemble en ligne – un réseau virtuel, mais bien réel

Le covid-19 se propage à une vitesse supersonique et on n’entrevoit pas encore la fin de la pandémie. C’est un moment difficile dans les familles, sur les lieux de travail, dans les communautés et dans les églises, dans les villes. Beaucoup sont plongés dans la douleur et la souffrance, dans l’incertitude et l’isolement.

N’ayez pas peur
L’appel à se mettre en pause intérieure est arrivé à point. Dieu nous ôte des mains la possibilité de faire des choses. Il appelle à la conversion, à la pénitence, au jeune et à la prière.

D’autre part, ces dernières semaines, l’importance de la cohésion et des réseaux entre les personnes nous sont apparus plus clairement que d’habitude ! En réponse à la diffusion du coronavirus, le monde vit dans un courant de vie et de créativité qui délivre cet unique message : Courage – Je suis avec vous – N’ayez pas peur – Ensemble nous y arriverons !

Réagir
Le 28 mars, Ensemble pour l’Europe a entamé un chemin de prière pour se rapprocher de Dieu, et qui l’aide à approfondir un « Credo » unanime en vue de l’Europe. Comment peut-on encore mettre à profit ce temps pour en sortir plus mûrs et plus conscients des dons que Dieu a donnés aux Mouvements, avec et pour les autres ? Les charismes des Mouvements et des Communautés nous sont donnés pour répondre aux défis de la société en Europe et pour l’Europe.

Conscience chrétienne « sociale »
Chiara Lubich nous encourageait déjà en 2004 à Stuttgart : « Voilà ce sur quoi Jésus insistait plus que tout : ‘’Aimez-vous les uns les autres ! Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres’’ (Jn 13,34). Il appelle ce commandement nouveau et sien. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont appelés à cet amour réciproque, mais aussi les groupes et les Mouvements, les villes, les régions, les États. Notre époque exige des disciples de Jésus une conscience chrétienne ‘’sociale’’. Il est plus que jamais urgent d’aimer la patrie, et même la vie, de l’autre comme la sienne ».

En ligne vers le 9 mai
Les amis d’Ensemble pour l’Europe saisissent cette occasion extraordinaire pour rester en ligne, alliés pour parcourir la route ensemble et offrir les fruits de leurs charismes à l’Europe. Ils partagent événements et témoignages de ce qu’ils vivent dans leurs villes en vue du 9 mai (voir par exemple Graz/Autriche_plan B pour le Journée de l’Europe 2020>>).

De cette manière, ils fêteront en ligne un 9 mai  « étendu », la Journée de l’Europe. Ce sera un jour à vivre ensemble pour l’Europe dans une réalité virtuelle, mais incroyablement réelle.

Le secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

Graz – « Plan B » pour la Journée de l’Europe 2020

Graz – « Plan B » pour la Journée de l’Europe 2020

Le 27 février, nous avions relaté avec quelle ardeur l’équipe locale d’Ensemble pour l’Europe se préparait pour un événement international à Graz (Autriche), à l’occasion de Journée de l’Europe. Si la pandémie oblige maintenant de passer à un plan B, cela n’empêche pas les membres de l’équipe de continuer « l’Ensemble » et de se préparer pour 2021. Avec aussi une conférence par Skype ce 9 mai.

« Nous avons préparé la Journée de l’Europe du 9 mai 2020, intitulée : ‘’Ensemble pour l’Europe – Rencontre à Graz’’ pour favoriser une rencontre entre les peuples autrichien, italien, slovène, croate et hongrois. Lire la suite>>

Nous avions mis au programme d’approfondir le thème du dialogue, d’échanger des expériences sur ‘’les 7 OUI’’ d’Ensemble pour l’Europe, de proposer des visites guidées de Graz et de conclure par une prière œcuménique. Avec la pandémie du Covid-19 ce n’est plus possible. Malgré cela, nous voudrions continuer notre cheminement ensemble qui, à ce jour, s’est déjà beaucoup renforcé. Nous allons donc essayer de réaliser cette rencontre en 2021 ». C’est ce que nous écrit Theresia Fürpass, de l’équipe d’organisation.

« Laisser passer la Journée de l’Europe de cette année sans la marquer d’un signe, ce serait pécher ! Nous invitons donc tous ceux qui devaient venir à la rencontre ‘’Ensemble pour l’Europe – Rencontre à Graz’’ à une conférence par Skype le 9 mai 2020, de 10h à 11h. Beaucoup ont déjà confirmé leur participation. Quelques-uns d’entre nous parleront de la situation actuelle dans leur pays et à la fin, nous prierons ensemble le Notre Père.

Nous avons confiance : Dieu nous montrera comment avancer. Il nous a guidés jusqu’à présent de façon impressionnante et a rendu possibles bien plus de choses que nous n’aurions pu imaginer. »

L’équipe d’EpE de Styrie (Autriche)

Contact : f.theresia@gmx.at
0043 3842 27 513
0043 664 73577 163

Sur les pas des Pères Fondateurs

Sur les pas des Pères Fondateurs

23 février 2020 : Journée intergénérationnelle à Bruxelles. 51 Européens – jeunes et adultes – de deux Communautés du réseau Ensemble pour l’Europe lors d’un “voyage commun à la découverte” des lieux emblématiques.

Marie-Agnès Grenier nous écrit de Bruxelles :

« Suite à une demande de Pierpaolo de la Communauté Pape Jean XXIII – nous l’avons connu à Ottmaring pour le vingtième anniversaire d’Ensemble pour l’Europe – Philippe et moi nous sommes mis à leur disposition pour rendre service à un groupe de jeunes et d’adultes (51 personnes) de toute l’Europe qui souhaitaient visiter notre ville. Malgré la pluie et le froid, nous avons pu faire découvrir à nos nouveaux amis quelques aspects de la réalité européenne que l’on perçoit dans la capitale belge.

Quand nous avons visité le Parlement, par exemple, nous avons suivi les différentes étapes de l’intégration européenne, appris le fonctionnement du Parlement européen et mieux compris le travail accompli par les députés pour faire face aux problèmes actuels. On a vu la complexité d’une telle structure et compris à quel point a été fondamentale l’intuition des Pères Fondateurs de l’Union Européenne, qui consistait à construire des rapports nouveaux de collaboration et de confiance entre les différentes nations européennes.

Nous sommes allés ensuite sur la Grand-Place, le centre historique de Bruxelles. Au cours des siècles, elle a été un lieu de rencontres politiques, de procès dans les tribunaux, de fêtes culturelles et religieuses et même d’exécutions.

A la fin de la journée, nous étions enivrés de toute cette richesse historique. Mais avant tout, nous avons senti que les liens entre le Mouvement des Focolari et la Communauté Pape Jean XXIII s’étaient renforcés : nous nous sentions une unique famille. Ensemble, nous avons donné vie à une petite expression de l’Union Européenne. »

Beatriz Lauenroth

Photo: ©Matteo Santini; Photo Planetarium: Wikipedia

Schönstatt en visite au Centre des Focolari

Schönstatt en visite au Centre des Focolari

Des responsables du Mouvement Schönstatt de sept pays d’Europe ont visité il y a quelques temps, avant l’urgence du covid-19, Centre international des Focolari à Rocca di Papa, près de Rome. Ils venaient d’Autriche, de République Tchèque, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, d’Espagne et de Suisse. Le groupe était accompagné par le père Heinrich Walter, ancien président du Presidium général de Schönstatt et membre du Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe.

« Rencontrer Chiara Lubich », en visitant les lieux où elle a vécu et en priant sur sa tombe, était le premier but de cette visite. Le second objectif était de pouvoir dialoguer avec quelques-uns des responsables du Centre des Focolari, dont le coprésident Jesús Morán. Dans le contexte des transformations ecclésiales, politiques et culturelles en Europe, l’échange a porté sur le rôle des Mouvements et de leurs charismes et sur le sens de la communion entre les Mouvements, en particulier au sein du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe.

Des deux côtés, la rencontre et le dialogue ont été qualifiés de cordiaux, précieux et fructueux. Il ne s’agissait évidemment que d’une étape sur le long chemin de communion et de collaboration entre Schönstatt et les Focolari, qui a commencé en 1998, la veille de la Pentecôte, place Saint-Pierre à Rome, lors de la rencontre des nouveaux Mouvements et nouvelles Communautés voulue par le pape Jean-Paul II.

Diego Goller

STOP!

STOP!

En tête à tête avec Chiara Lubich pour fêter le centenaire de sa naissance

Hier, j’ai entendu ces mots d’un économiste de renom : « Le mal commun nous a appris soudain ce qu’est le bien commun ». Peu de mots pour énoncer une grande vérité, qui nous renvoie à une autre : « … On connaît mieux les choses par leur contraire ». En fait, tandis que nous baissons la tête en priant pour les morts, pour les malades et pour les personnes inconnues qui travaillent en silence dans les hôpitaux et les points clefs de la ville, nous levons timidement les yeux vers le ciel avec au cœur cette certitude : nous vivons des temps de grâce. Si le coronavirus pouvait parler, il nous dirait peut-être : « Arrêtez-vous, ne vous agitez pas, je suis là pour vous aider… ».

Ce « stop », ce coup d’arrêt était sans doute la dernière chose à laquelle s’attendaient les organisateurs du centenaire de Chiara Lubich pour cette année, pour les cent ans de la naissance de la fondatrice du Mouvement des Focolari. L’Italie et nombre de pays sur les cinq continents attendaient de milliers d’invités, personnalités politiques et ecclésiales ou simples personnes, des gens de toutes langues et cultures, pour fêter, mais surtout rencontrer Chiara, qui continue à vivre dans son grand Idéal : l’unité, « Que tous soient un », la prière de Jésus à son Père (Jn 17,21).

« Stop » donc aux célébrations publiques. Pour le moment. « Cela pourra durer des moments, des jours, peut-être des semaines ou des mois… nous ne sommes pas en mesure de le dire » – nous dit Maria Voce, forcément enfermée chez elle, dans un message vidéo qu’elle a adressé en tant que présidente aux membres des Focolari – « Quoi qu’il en soit, ils passeront. Si nous les vivons bien, ils nous feront redécouvrir la présence vivante et forte de Jésus dans l’Évangile vécu, dans le frère, dans la présence de Jésus au milieu de nous que, même à distance, nous pouvons garder dans notre grande famille ; et surtout dans la souffrance aimée, où nous reconnaissons Jésus Abandonné –  “le Dieu de Chiara”, comme aime le définir l’évêque de Trente – En demeurant en Lui, nous la rencontrerons elle aussi et nous apprendrons à avoir son regard sur chaque situation. Nous pourrons nous aussi revivre l’expérience de Chiara et de ses compagnes, qui ne s’étaient presque pas rendu compte de la guerre ni du moment où elle s’était terminée car, complètement prises par Dieu et par son amour, la réalité qu’elles vivaient était plus forte que tout. Tout a commencé par cette foi renouvelée dans l’amour de Dieu ».

Et c’est Maria Voce qui en reçoit les remerciements. Gerhard Pross (CVJM Esslingen, Allemagne), l’un des initiateurs et l’actuel modérateur d’Ensemble pour l’Europe, écrit :

« Chiara Lubich a été une grâce de Dieu toute particulière pour vous, mais aussi pour tout le peuple de Dieu et pour l’humanité entière. La rencontrer a été quelque chose de tout à fait spécial et, grâce au charisme, elle a eu non seulement le don de fonder un mouvement spirituel, mais aussi celui de mettre en actes une multitude d’impulsions fondatrices et novatrices. […] C’est elle qui nous a invités sur le chemin de l’Ensemble, qui, à partir de la rencontre des responsables (février 2000) et de ‘’Ensemble, sinon comment ?’’ le 8 décembre 2001 à Munich, nous a amenés à Ensemble pour l’Europe en mai 2004 à Stuttgart. Elle était certes ‘’primus inter pares’’, la première entre ses égaux, dans le Comité d’Orientation et elle nous a fait avancer, avec amour et avec une vision claire. Le feu de son amour, sa clarté et sa détermination ont donné le coup d’envoi à Ensemble pour l’Europe. […] Mon cœur est reconnaissant et c’est un grand don pour moi de l’avoir connue et d’avoir fait route avec elle. La rencontrer, c’était rencontrer l’amour. Jésus Christ irradiait d’elle, comme j’ai pu en faire l’expérience à nouveau lors de toutes les rencontres que nous avons eues. Elle s’est mise totalement à Sa disposition ».

Le Mouvement Schoenstatt a été lui aussi présent dès les débuts de notre réseau œcuménique et ne pouvait manquer de s’exprimer. Voici ce qu’écrit l’actuel supérieur général, le père Juan Pablo Catoggio, avec son prédécesseur, le père Heinrich Walter :

« Sa grande contribution à cette époque de l’histoire a été d’avoir toujours recherché l’unité, puisant à la force de l’amour pour le Seigneur et de l’amour réciproque, et d’avoir posé des signes concrets d’unité. De ce style de vie est né partout, petit à petit, une nouvelle culture, une culture qui ne se réfère pas seulement aux chrétiens, mais qui s’adresse à toute personne de bonne volonté. Sa contribution est grande parce qu’elle est venue du cœur d’une femme qui n’a eu ni ministère ni pouvoir et qui n’a jamais aspiré à en avoir. Cela nous indique comment l’Église peut à l’avenir être davantage sel et levain dans la société mondiale actuelle ».

« Stop ! » nous ne pouvons pas nous rencontrer. Alors, en tête à tête avec Chiara, nous pouvons lui dire, avec l’équipe coordinatrice d’Ensemble pour l’Europe en Autriche : « Chère Chiara ! Nous nous engageons pour Ensemble pour l’Europe ! Dans ce réseau – par l’écoute de Dieu, les rencontres, la réconciliation – nous voyons la grandeur de ton rêve : construire une Communauté mondiale ».

Ce « stop » et ce silence extérieur nous accompagneront dans le silence intérieur, où nous comprendrons – individus, peuples et nations – quoi changer, et de quelle manière, après cette tempête énorme, mondiale et peut-être bénie.

Avec Gerhard Pross, nous formulons ce souhait: ” Puissent ces moments être le point de départ d’une nouvelle ouverture à la foi en Europe. Et que nous, chrétiens, témoignions et vivions courageusement notre foi. “

Ilona Toth

Photo: Chiara Lubich avec Maria Voce ©CSC Audiovisivi; Photo Chiara Lubich avec Gerhard Pross / avec P. Heinrich Walter ©Severin Schmid; Logo du centenaire de Chiara Lubich ©Movimento dei Focolari
Plus forte que le virus, une créativité contagieuse

Plus forte que le virus, une créativité contagieuse

Dans la newsletter de fin février, nous vous avions demandé de nous faire part des événements et initiatives en préparation – comme les années passées – autour de la fête de l’Europe, le 9 mai 2020. Nous espérions que de nombreuses rencontres publiques puissent avoir lieu pour transmettre l’esprit qui les anime : l’esprit chrétien, celui qui est porteur d’espérance et d’unité dans la diversité. Mais le covid-19 nous interpelle tous maintenant de façon nouvelle et inattendue.

Qui aurait pu imaginer le scénario qui s’étend dans presque toutes les parties du monde et qui frappe déjà durement l’Europe ?

Pourtant, derrière cette triste réalité, on peut entrevoir une opportunité. C’est ce qu’a bien exprimé l’économiste et journaliste Luigino Bruni, relié au réseau Ensemble pour l’Europe depuis sa création : « Nous sommes en train de vivre un temps où tout est suspendu et c’est notre point commun à tous d’un bout à l’autre du monde. On ne peut prévoir encore quand il sera possible de revenir à la normalité. A l’isolement forcé, c’est le moment de faire encore plus ‘’réseau’’, c’est le moment de communiquer entre nous, de nous rassurer réciproquement pour nous dire que ‘’nous sommes là !’’ et que nous vivons ces moment les uns avec les autres, dans le cœur ».

Un réseau de prière, d’expériences partagées, de solidarité, d’amour réciproque… réseau qui ne peut être compromis par aucun virus ! La véritable menace est tout ce qui pourrait nous éloigner les uns des autres. Prévention, adhésion pleine à ce que nous demandent les autorités, oui – mais sans oublier que l’autre est toujours notre frère, notre sœur.

Les réseaux sociaux sont déjà pleins d’encouragements et du désir de réagir positivement à ce défi mondial pour le transformer en opportunité. Notre créativité réussira-t-elle à « inventer » de nouvelles façons de fêter le 9 mai ensemble ?

Par ces lignes, nous avons introduit la page Web de cette année, consacrée à la « Journée de l’Europe 2020 ». Elle sera en ligne fin mars et vous y trouverez d’autres informations et nouvelles.

A Graz, le 9 mai sera international

A Graz, le 9 mai sera international

« Se rendre visite les uns aux autres, se parler, être un don l’un pour l’autre, prier ensemble ». Depuis plusieurs mois, la ville autrichienne de Graz se prépare pour la Fête de l’Europe, le 9 mai 2020. L’équipe d’Ensemble pour l’Europe de la Styrie invite à une rencontre ouverte et internationale.

A l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai 2020, les amis d’Ensemble pour l’Europe d’Autriche, d’Italie, de Slovénie, de Croatie et de Hongrie se rencontreront à la mairie de Graz. La journée offre l’opportunité d’une rencontre entre des personnes de l’Europe de l’Est et de l’Ouest. Afin de susciter l’échange entre les participants, il est prévu un thème sur le dialogue, suivi d’un temps de partage.

Quelques Mouvements et Communautés d’Ensemble partageront leurs expériences de chrétiens dans les domaines du mariage et de la famille, de l’économie, de la sauvegarde de la vie et de la création, de la responsabilité dans la société, etc., montrant ainsi des chemins pour une Europe toujours plus vivable.

Les visites guidées de la ville aideront à renforcer les liens avec l’Autriche et entre les participants. Au cours de la prière œcuménique finale, dans le Landhaushof, l’Europe sera confiée à Dieu à travers actions de grâces et prières de demande. Le programme de la journée comportera aussi des moments musicaux.

Programme détaillé :

    • 8h 30 Arrivée, accueil avec café et gâteaux
    • 9h 00 Salutation du maire Dr Siegfried Nagl, de Mme Dr Anna Hollwäger, du  surintendant Wolfgang Rehner et d’autres personnes
    • 9h 30 « Une conversation qui nous unit tous », ou l’importance du dialogue pour  l’Europe, par le professeur Mme Petra Seinmair-Pösel
    • 10h 30 Pause
    • 11h 00 Expériences dans les domaines suivants :

– Mariage et famille
– Solidarité avec les pauvres
– Responsabilité dans la société
– Sauvegarde de la vie
– Sauvegarde de la création
– Engagement en faveur de la paix
– Économie au service des personnes

    • 12h 00  Repas, offert par la ville de Graz
    • 13h 30  Visite guidée de la ville, en allemand, italien, croate, slovène et hongrois
    • 15h 30 – 16h 00 Prière œcuménique finale dans la cour du palais Landhaushof

Réservations jusqu’au dimanche 26 avril 2020 :

f.theresia@gmx.at
0043 3842 27 513
0043 664 73577 163

L’équipe d’Ensemble pour l’Europe de la Styrie

Téléchargez l’invitation (en allemand) :

Einladung MfE Graz 9Mai2020 (1.0 MB, 80 downloads)

Photo: Pixabay, Carte: de Tschubby – Eigenes Werk, CC BY-SA 3.0

Observations d’un jeune Irlandais

Conleth Burns, un jeune Irlandais, engagé dans le projet “United World Project”, a participé à Ottmaring / Augsbourg à la conférence Ensemble pour l’Europe. Nous vous présentons ici l’article qu’il a publié à son retour sur le site de son projet.  

Eglises et Mouvements chrétiens s’unissent pour être Ensemble pour l’Europe 

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de me rendre à Ottmaring et à Augsbourg, au sud de l’Allemagne, pour participer à une rencontre de trois jours d’un réseau d’Eglises et de Mouvements chrétiens, appelée Ensemble pour l’Europe : 180 personnes de 55 mouvements, communautés et Eglises différentes ont vécu trois jours ensemble dans le partage. Tout était traduit simultanément en 5 langues et le réseau a fêté ses 20 ans d’activité. Je représentais le « Projet Monde Uni » et j’étais venu pour comprendre comment les communautés de foi travaillent vraiment ensemble pour l’unité et pour unir le continent européen.

Nous avons écouté des exposés sur les vingt années de cheminement au cours desquelles un groupe de personnes de tout le continent européen se sont réunies, dans leur identité chrétienne commune pour être ensemble pour toute l’Europe. Nous avons parcouru le continent à travers un partage d’expériences, de rencontres, de prière et d’espérance, de l’Ecosse à l’Ukraine et de la France à la République Tchèque. Lors de cette session, alors que nous faisions ce « voyage », deux questions en particulier me trottaient dans la tête : comment se concrétise ce « être ensemble »? Que signifie être ensemble « pour quelque chose » ?

Comment se concrétise ce « être ensemble » ?

J’ai compris ce que signifie « être ensemble » quand je les ai entendus se lancer le défi d’être des passeurs de frontières proactifs, des ambassadeurs de la réconciliation et des « signes prophétiques pour être ensemble crédibles en Europe ».

Je l’ai compris lorsque nous nous sommes réunis sur une place à Augsbourg, tenant une bougie en main et priant pour un peuple européen plus uni.

Je l’ai compris en écoutant un groupe hétérogène de chrétiens parler d’un chemin qu’ils avaient parcouru en plus de vingt ans, rassemblant des milliers de personnes.

Je l’ai compris quand chaque jour au petit déjeuner, déjeuner et dîner, lorsqu’une personne s’asseyait pour manger, il y avait toujours quelqu’un qui vérifiait d’abord si elle avait besoin de traduction ou quelle était la langue qu’il convenait de parler à table. Il y avait une volonté manifeste que les personnes soient en mesure de comprendre et d’être comprises, d’écouter et d’être entendues.

« Etre ensemble », pour ce réseau, consiste à embrasser la diversité réciproque. Etre uni n’est pas toujours facile pour eux ; ils doivent faire face à des défis sur le plan géographique, théologique et culturel. Pourtant, vingt ans plus tard, ce réseau reste uni. Selon leur propre vision, leur structure est celle d’un réseau et non d’une hiérarchie. Leur vision est une union vraie et authentique dont ils prennent soin depuis plus de 20 ans. Vingt ans d’édification de relations honnêtes et laborieuses.

Pour quoi ?

La mission de  Ensemble pour l’Europe  ne consiste pas seulement dans le fait d’être ensemble pour le plaisir d’être ensemble, mais ils veulent vraiment transmettre un message positif pour une Europe plus unie dans toute sa diversité. Ils veulent donner une âme au continent, en soulignant ses racines historiquement chrétiennes. Durant ces trois jours, ils ont surtout raconté l’histoire de leurs rencontres ensemble des vingt dernières années. Mais l’histoire qui n’est pas racontée est souvent la plus intéressante. Pendant les repas et les pauses, nous avons eu l’occasion de découvrir les moments durant lesquels les personnes qui participent à Ensemble pour l’Europe ont été inspirées à rencontrer de nouvelles personnes, à embrasser de nouvelles idées et à réconcilier la diversité comme résultat des réunions qu’elles ont organisées. Dans un sens, Ensemble pour l’Europe commence lorsque vous quittez une de leurs réunions intracontinentales ou nationales.

Seamus Heaney, le poète irlandais qui a reçu le prix Nobel, termine un célèbre poème de son œuvre ‘Scaffolding’ (‘Echafaudage’) par ces vers : « Nous pouvons laisser tomber l’échafaudage, confiants que nous avons construit notre mur. »

Ensemble pour l’Europe  signifie construire des ponts et non pas des murs. Avec le démantèlement de l’échafaudage qui fête ses vingt ans, ce réseau peut être certain que les ponts ont été construits, que les personnes ont été reliées entre elles et qu’elles continueront sur cette voie.

Source: http://www.unitedworldproject.org/watch/20-anni-di-insieme-per-leuropa)

Graines d’une nouvelle saison à Augsbourg

Lors de la dernière réunion des Amis pour l’Europe (Ottmaring-Augsbourg 7-9 novembre), caractérisée par une variété impressionnante de participants, les échos recueillis étaient tout aussi variés. En voici quelques-uns:

 « Nous sommes reconnaissants à Dieu pour ce “phénomène d’ensemble”, qui, au fil de toutes ces années, s’est développé en un laboratoire de connaissance mutuelle, de communion, d’unité, d’espérance pour notre continent ».

« J’ai vécu une forte action, à contre-courant de nombreux risques de fragmentation et de nouvelles divisions ».

« Le fait que la Mairie d’Augsbourg nous ait accueillis, a donné une nouvelle visibilité à Ensemble pour l’Europe qui s’engage dans le social, dans la vie civile d’une ville, donnant des ailes à une nouvelle politique, un chemin de paix entre tous les peuples ».

« Je n’avais pas encore vu de telles personnes qui scrutent les signes des temps et cherchent ensemble et concrètement ce qu’il faut faire pour les autres, pour leurs pays et pour ceux d’Europe.

« J’ai vu qu’il n’y a pas de POUR s’il n’y a pas d’abord un ENSEMBLE ».

« Apprenant des évangéliques, j’ai compris que le catholique que je suis devait se convertir à la prière.”

« Je suis fasciné par l’image de devenir ‘médiateur évanescent’ (voir le rapport d’Herbert Lauenroth Programme et Matériell) sur les frontières des relations. Ensemble pour l’Europe m’a semblé être une rencontre de grande unité entre 55 Mouvements de différentes dénominations chrétiennes de 23 pays où s’est manifestée aussi l’âme politique d’une Europe qui se renouvelle, où les nations cherchent l’unité dans la distinction, dans la liberté, en dehors de tout nationalisme ».

« Comme il y a peu de chrétiens d’autres confessions à Rome, la dimension œcuménique s’est ouverte à moi, à travers l’expérience concrète de contact avec des personnes d’une même foi, même si elles appartiennent à des traditions différentes (…). Il y a eu en moi la preuve de la valeur culturelle de notre engagement aux 7 OUI  que nous déclarons, en vue d’améliorer la société civile selon l’intuition originale des fondateurs d’une Europe unie qui visait non seulement la paix, mais également la solidarité sociale et la fraternité entre les peuples ».

« Je veux faire entrer ‘EpE’ dans ma vie quotidienne en commençant par mes voisins qui sont d’une autre nation ».

« J’ai appris ici combien il est beau d’être différents. La différence est voulue par Dieu. Plus nous sommes différents, plus Dieu est présent. Le découvrir est un vrai défi ».

« EpE est devenu pour moi un lieu d’espérance où la rencontre et la réconciliation préparent l’avenir, où les différents peuples sont prêts à se connaître, avec leurs histoires et leurs traditions. Construire des ponts plutôt que des murs”.

« En travaillant ensemble, chrétiens de différentes Eglises, je fais l’expérience de la beauté de l’Eglise du Christ, dans son plus grand souffle, et je sens que mon identité chrétienne s’est accrue. Dans le contexte politique et religieux dans lequel nous vivons en Europe, je pense pouvoir en témoigner, y compris par mon service aux réfugiés ».

Ne s’agit-il pas peut-être de quelques graines, le fruit de 20 ans d’expérience, qui peuvent germer à nouveau et marquer d’autres étapes de la fraternité en Europe et au-delà ?

Pour des informations sur la conférence, cliquez ici>>

Le Secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

 

« C’était comme Pâques »

Larisa Musina, chrétienne orthodoxe de Moscou, pro-directrice de l’Institut d’éducation Saint Filaret, a participé à la célébration du 20ème anniversaire d’Ensemble pour l’Europe à Augsbourg/Allemagne en novembre dernier. Elle représentait « Orthodoxe Transfiguration Brotherhood ».

Au cours du congrès, on a rappelé la signature historique de la « Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification » du 31.10.1999, le jour de la naissance du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe, l’une des réponses concrètes à la soif d’unité du peuple chrétien.

Nous vous présentons ici des extraits d’un article-interview d’Oleg Glogolev à Larisa Musina dès son retour à Moscou.

« L’évêque luthérien Christian Krause, l’un des deux signataires de la Déclaration en 1999, a assisté à la rencontre de cette année. Il était alors Président de la Fédération Luthérienne Mondiale. Il a dit deux choses importantes. La première, c’est que le chemin vers la Déclaration n’a pas été facile. Il a fallu beaucoup d’efforts pour terminer le XXème siècle sans laisser aux générations futures une division aussi importante. La seconde est qu’il a témoigné d’apprécier beaucoup le travail des Mouvements et des Communautés ecclésiales.

Ce dialogue et les processus associés trouvent leur origine et se développent dans la logique du renouveau de la vie ecclésiale. Il s’agit de maintenir l’authenticité de l’Église chrétienne en développant sa capacité à réaliser sa vocation première dans le monde. Il est intéressant de noter que cette initiative a été prise principalement par les mouvements ecclésiastiques ».

Larisa s’exprime ainsi lors de la soirée solennelle de clôture : « Le soir, nous avons prié ensemble dans l’église luthérienne Sant’Anna, l’église où la Déclaration a été signée. Puis, avec les bougies allumées, nous sommes allés sur la place voisine. Nous avons remercié Dieu pour ses dons, y compris le don de l’unité des chrétiens, où de nombreuses personnes ont donné leur témoignage. Puis, toujours avec les bougies allumées, nous nous sommes dirigés vers la ville. C’était come Pâques. »

Avec la lumière du Ressuscité dans le cœur, les participants sont retournés dans leur pays apporter Dieu au peuple.

Par Beatriz Lauenroth

Source: https://psmb.ru/a/eto-bylo-kak-na-paskhu.html

 

 

Célébration d’anniversaire à Augsbourg

Ambassadeurs de la réconciliation et signes d’espérance. Ensemble pour l’Europe fête son anniversaire à l’hôtel de ville d’Augsbourg.

La salle de l’Hôtel de ville d’Augsbourg était pleine à craquer: 300 membres de 55 Communautés chrétiennes et Mouvements de diverses Eglises de 25 pays européens se sont réunis ce samedi pour célébrer ensemble quelques anniversaires mémorables tels que la chute du mur de Berlin il y a 30 ans et le début d’une nouvelle ère de rencontre entre l’Est et l’Ouest en l’Europe.

La « Déclaration commune sur la justification » a été signée, il y a vingt ans à Augsbourg, par des représentants de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique et, l’après-midi du même jour à Ottmaring, le premier groupe de responsables de différents groupes ecclésiaux s’est réuni: catholiques, protestants et Églises libres. Là est né le réseau « Ensemble pour l’Europe ». Pour les personnes présentes, les trois événements étaient étroitement liés et ont façonné « l’esprit fondateur » de l’initiative.

L’évêque protestant émérite, Christian Krause, les a encouragés: « Vous êtes les ambassadeurs de la réconciliation ». En 1999, alors qu’il était le Président de la Fédération luthérienne mondiale, il fut l’un des deux signataires de la « Déclaration commune » et, en tant que témoin, il leur rappela les nombreux progrès encourageants qui ont été réalisés depuis lors dans l’œcuménisme. Dans l’actuel climat d’euroscepticisme croissant et de polarisation politique, c’est précisément l’expérience de la diversité réconciliée qui est nécessaire entre les Mouvements et les Communautés spirituels.

Bertram Meier, l’actuel administrateur diocésain d’Augsbourg, a souligné l’importance de cette capacité de réconciliation lors d’un dialogue avec son collègue protestant, l’évêque régional Axel Piper: « L’unité dans la diversité est aussi un défi au sein de l’Église. Il s’agit d’apprendre à se comprendre, non seulement avec la tête mais aussi avec le cœur. Axel Piper a confirmé que c’est cet effort qui forme aussi les relations œcuméniques à Augsbourg : « Nous devons rester curieux les uns des autres, nous devons nous intéresser les uns aux autres car nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres ».

Gerhard Pross, modérateur du Réseau œcuménique, a ensuite esquissé les perspectives d’avenir: “Il s’agit de résister à la tentation de développer de nouvelles structures organisationnelles et d’approfondir le thème de la réconciliation. « Dans ces temps difficiles, nous voulons être un signe prophétique pour une coexistence crédible en Europe ».

Dans l’après-midi, Pavel Fischer, sénateur de la République Tchèque a apporté une contribution importante à la dimension sociopolitique « d’Ensemble pour l’Europe ». Il a brossé un tableau actuel de l’engagement en faveur de la liberté et de la dignité humaine dans le contexte d’une société européenne fortement influencée par les médias. « Nous devons devenir des citoyens actifs, avoir le courage de défendre les autres, les faibles, de parler pour la justice

A la fin de la journée, le Père Heinrich Walter, du Mouvement Schoenstatt, a fait le point: « L’Europe a besoin de cet esprit positif car il y a déjà assez de messagers du désastre ! »

Le groupe a ensuite quitté la mairie pour l’église évangélique Sainte-Anne, où la déclaration commune sur la doctrine de la justification a été signée en 1999. C’est là que la journée s’est terminée par une prière œcuménique et une procession aux chandelles allumées, en souvenir du tournant pacifique de la chute du mur. Sur la place devant l’église, le jubilé s’est terminé par des chants et une bénédiction.

Deuxième jour du Congrès à Ottmaring

180 participants de 20 pays (traduction en 5 langues en direct). 55 mouvements et Communautés de différentes Églises étaient réunis à Ottmaring, où Ensemble pour l’Europe a commencé il y a 20 ans.

Un participant, qui vient tout juste d’entrer en contact avec cette initiative, disait : « Ici, le meilleur de chacun est réveillé ».

Au début de la journée, Andy Pettman a accompagné les participants dans un moment de réflexion qui a conduit à une « réponse de gratitude ». « Reconnaître la graine dans les fruits » – est devenu… tangible pour tout le monde quand Thomas Roemer a invité à remplir de graines les petits sacs en papier comme symbole de ce qui est né en 20 ans de cheminement commun : il s’agit maintenant de répandre à nouveau ces graines, gonflés de confiance et d’espérance.

Les exposés qui suivent sont particulièrement intenses : Sœur Nicole Grochowina explique l’efficacité du « prophétique dans la précarité » et Herbert Lauenroth la nécessité de devenir des « travailleurs frontaliers » vivant « au-delà des frontières ».

De nombreux moments d’échange – tantôt en petits groupes spontanés dans la salle, tantôt par langue – permettent à l’atmosphère dense et familière entre les participants de continuer à s’intensifier.

L’après-midi commence par un moment de connaissance de la « Maison de prière » d’Augsbourg par la présence de Johannes Hartl. Elle se poursuit par d’intenses dialogues et discussions en plénière pour réfléchir ensemble sur ce qui a été entendu et vécu et pour comprendre les prochaines étapes pour l’avenir.

Le soir, les participants au Congrès se rendent à Augsbourg où le maire les attend pour une réception dans la « Salle d’Or » de la Mairie. Une visite au centre-ville conclut la journée riche en nouvelles expériences.

Voir aussi “Les 20 ans d’Ensemble!”

La splendeur de l’Europe, ce sont ses peuples

Préparer le terrain pour la réconciliation

Walter Kriechbaum est pasteur évangélique et secrétaire des YMCA de Munich (Allemagne). Son cœur bat pour l’Europe et il veut vivre la réconciliation. C’est pourquoi il cultive des amitiés en Pologne et en Ukraine au sein du réseau international et œcuménique Ensemble pour l’Europe.

« En tant qu’Allemand, je me trouve souvent face aux cruautés de l’histoire, au cours de mes voyages en Europe de l’Est. Une fois, avec mes amis polonais, je me suis retrouvé sans voix à Loutsk (Ukraine), sur des lieux de commémoration, là où des milliers de Polonais furent cruellement assassinés et, une autre fois, dans un cimetière, au milieu d’un des plus grands champs de bataille de la seconde guerre mondiale. Mes amis m’ont alors demandé de prier pour les morts, en tant qu’Allemand et que membre de l’Église évangélique, pour demander le pardon et la paix pour nos peuples d’Europe. » Walter Kriechbaum a compris que vivre ensemble la réconciliation peut signifier, entre autres, parcourir le chemin de la désolation avec les autres en faisant siennes leurs souffrances. La réconciliation œcuménique implique d’être attentifs aux dons des autres et de susciter l’espace qui leur permettra de les développer. Pour Walter, la souffrance due à l’unité non encore complète semble être une semence pour l’avenir.

La réconciliation ne réclame pas de représentation proportionnelle

Munich 2016 : durant une prière œcuménique pour l’unité de l’Europe, que Polonais et Allemands avaient préparée ensemble, vingt Russes entre soudain dans l’église. Sur le moment, Walter, qui préside la prière avec un ami polonais, ne sait pas comment gérer cette situation inattendue. Puis il demande à une des personnes du groupe russe de s’avancer et d’apporter sa contribution à la prière. Catholiques, protestants, membres des Églises libres et orthodoxes russes reçoivent à la fin la bénédiction donnée par un prêtre polonais du mouvement de Schoenstatt. Walter : « J’ai appris que la réconciliation œcuménique ne demande ni la proportionnalité, ni de reconnaître qui a raison. Jésus-Christ habite dans le cœur de l’autre et, de façon surprenante, fait en sorte que la différence devienne un complément sans être effacée ».

La réconciliation a besoin de confiance

Au cours de ses nombreux voyages à travers l’Europe de l’Est, Walter continue à construire un réseau d’amitiés : « Mais cela demande patience et persévérance. Il faut souvent des années pour que la méfiance disparaisse. J’ai compris que l’expérience œcuménique ‘’de frontière’’ signifie se sentir proches et lointains en même temps et supporter cette tension. Si nous tournons tous notre regard vers Jésus, une proximité intérieure se développe lentement. Elle ne peut pas être forcée, c’est une œuvre de Dieu ». Pour Walter, la confiance réciproque qui en découle fait que l’on peut parler et crée une liberté intérieure.

La réconciliation demande le détachement

« La réconciliation et la concorde œcuméniques ne peuvent être organisées – dit Walter – nous devons chaque fois être détachés et entrer à nouveau dans le kairos de Dieu. Lui seul connaît le juste moment. » Assurément, on peut ouvrir la route à cette attitude. « Ensemble nous réussirons à faire resplendir l’Europe. Sa splendeur, ce sont ses peuples qui sont en chemin vers la réconciliation. » Walter en est convaincu et, chaque jour, vit pour cela.

Beatriz Lauenroth

 

Augsbourg – Ville de la paix

Augusta a plus de 2000 ans d’histoire (sa fondation remonte à l’an 15 avant J.C.). La ville a été fondée à partir d’un camp militaire romain. Le christianisme arrive par les Romains, de sorte que la vie chrétienne est présente dans la ville presque depuis ses débuts.

Confessio Augustana

Au XVIème siècle, Augusta devient un lieu important de la Réforme, théâtre de discussions entre Martin Luther et le cardinal Cajetano, l’envoyé papal, qui conduisirent, en conclusion, à la rupture avec l’Église de Rome.

Avec les « Diètes d’Empire » (Reichstage), Augsbourg devient l’une des villes les plus importantes du Saint-Empire romain. En 1530, les Princes d’Allemagne présentent à l’empereur la confessio augustana, qui devient la base de la doctrine luthérienne. Cette « Confession d’Augsbourg », écrite par Philippe Melanchthon, peut être considérée comme une tentative de reconstruire l’unité religieuse brisée.

Paix religieuse d’Augsbourg

Dix ans plus tard, Augsbourg devient une ville de paix religieuse : la « Diète » de 1555 sanctionne « la paix d’Augsbourg » qui doit régler politiquement l’égalité, la coexistence pacifique et égale des deux confessions. Tous les bureaux municipaux sont répartis également entre les confessions. Cela protège les confessions minoritaires. Bien qu’il faille encore 100 ans (avec la terrible « Guerre de Trente Ans » jusqu’à la « Paix de Westphalie » de 1648), pour avoir l’égalité et la paix, la « Paix d’Augsbourg » reste le premier et décisif pas vers la tolérance religieuse.

Fête de la Paix

Le 8 août 1650, Augsbourg célèbre pour la première fois la Grande Fête de la Paix, qui était avant tout une fête de remerciement des chrétiens protestants car maintenant, après de longues luttes de pouvoir, ils retrouvent leurs églises et peuvent célébrer à nouveau leur service. Elle est encore célébrée aujourd’hui et est, depuis de nombreuses décennies, une fête de la paix que toute la ville, avec ses dirigeants politiques, ses églises, les citoyens de la ville, célèbre dans la solidarité œcuménique bien au-delà des confessions. Aujourd’hui, à la veille de la Grande Fête de la Paix, la « Table Ronde des Religions » est chargée d’une prière multi-religieuse pour la paix. Depuis 1950, le 8 août est un jour férié pour tous les habitants d’Augsbourg.

Brigitte Pischner et Margarete Hovestadt

La mairie d’Augsbourg – un lieu historique

Les 20 ans d’Ensemble pour l’Europe, du 7 au 9 novembre 2019, à Ottmaring et à Augsbourg

En 2019, Ensemble pour l’Europe revient en Allemagne, au Centre œcuménique d’Ottmaring / Augsbourg, là où son histoire a débuté en 1999. Des responsables et des représentants de divers Mouvements et Communautés catholiques, protestants, anglicans, des Églises libres et orthodoxes se réunissent au niveau européen pour faire le point de la situation et se tourner vers l’avenir.

Le vendredi 8 novembre, une réception officielle pour les « Amis d’Ensemble pour l’Europe » est prévue à la mairie d’Augsbourg. C’est dans ce lieu historique que la ville veut honorer l’initiative internationale.

La « Salle d’or »

Le cœur de l’hôtel de ville d’Augsbourg est la « Salle d’or », construite entre 1615 et 1620 par Elias Holl. Avec ses portails imposants, ses fresques et son magnifique plafond à caissons, la « Salle d’or » était déjà au moment de sa construction un fleuron de la décoration artistique d’intérieur. La salle doit son nom aux riches ornements dorés qui en décorent l’intérieur.

Prix de la Paix d’Augsbourg – gagnants du prix interconfessionnel

Dans cette salle, en 1998, le jour de la fête de la Paix d’Augsbourg, Chiara Lubich a reçu ce prix pour la paix en raison de son engagement au niveau mondial dans le domaine de l’œcuménisme. Ce prix, qui existe depuis 1985, rend hommage à des personnalités qui ont apporté une contribution particulière à la coexistence ouverte et pacifique des cultures et des religions. Il a été attribué entre autres au rabbin Levinson, au pape Schenuda III de l’Église copte, à l’ancien président fédéral allemand Richard von Weizsäcker et à l’ancien chef d’État de l’URSS, Mikhail Gorbatchev. En 2017, cette prestigieuse reconnaissance a été remise au Secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, Martin Junge.

« Oberer Fletz »

A l’étage situé sous la « Salle d’or » se trouve le célèbre « Oberer Fletz » – une salle au style caractéristique – où se tient le conseil municipal d’Augsbourg les jours ouvrables. C’est là que, le 9 novembre, se réuniront les participants au congrès annuel des « Amis d’Ensemble pour l’Europe ».

Beatriz Lauenroth

Les 20 ans d’Ensemble !

La célébration des 20 ans d’Ensemble pour l’Europe (EPE) rassemble l’histoire, les Églises et la société en une triple fête. Les Amis d’EPE se réuniront à Ottmaring, en Allemagne, du 7 au 9 novembre 2019. Au programme, une réception dans la Salle d’Or de la mairie d’Augsbourg et une journée en divers lieux significatifs de la ville, dont l’église Sainte-Anne. C’est un rendez-vous nouveau et prometteur des peuples en Europe.

Comment cet anniversaire sera-t-il célébré en Allemagne ? Les dates parlent d’elles-mêmes ! Le 31 octobre 2019, ce sera, à Augsbourg, l’anniversaire de la signature historique de la Déclaration conjointe sur la Doctrine de la Justification entre l’Église catholique et la Fédération Luthérienne mondiale. Le même jour, on fêtera à Ottmaring les 20 ans de la première rencontre entre Communautés et Mouvements évangéliques et catholiques, qui a marqué le début d’Ensemble pour l’Europe, et le 9 novembre 2019, ce sera les 30 ans de la chute du mur de Berlin.

Ces anniversaires nous invitent toujours à rendre grâce et en même temps à regarder vers l’avant. Le programme de la rencontre, qui prend en compte ces deux aspects, se déroulera au centre œcuménique d’Ottmaring, à la mairie et dans l’église Sainte-Anne d’Augsbourg.

Après le chemin parcouru à Prague en novembre 2018 >> et la « Journée de l’Europe 2019 » >>, la rencontre en Allemagne veut être un nouveau laboratoire pour des projets concrets en faveur de notre continent.

La première partie du programme se déroulera au Centre œcuménique d’Ottmaring, en commençant par un regard rétrospectif : images, témoignages, échanges sur les expériences des 20 années de chemin parcouru ensemble, d’où découleront les nouvelles perspectives : « Reconnaître les semences à leurs fruits ». Réflexions en groupes et en plénière, temps de prière et d’action de grâces, approfondissement des lignes directrices d’EPE, pour mieux comprendre quelle contribution ce réseau est appelé à apporter à l’Europe.

Grâce à quelques experts, et en dialogue avec eux, seront abordés quelques défis actuels : peur, frontières, murs.

Le soir du vendredi 8 novembre, dans la mairie d’Augsbourg, aura lieu une réception officielle par le maire de la ville.

Samedi 9 novembre, la rencontre se poursuivra à la mairie d’Augsbourg :

  • Les 20 ans de la Déclaration conjointe sur la Justification, avec une intervention de l’évêque évangélique Christian Krause : Histoire et conséquences : quelle signification aujourd’hui ?
  • Ensemble pour l’Europe : fruit de la Déclaration conjointe, l’expérience de l’unité, perspectives, développements dans chaque pays ;
  • En chemin vers l’unique Église de Jésus Christ : visions pour un unique peuple de Dieu ;
  • Les 30 ans de la chute du mur de Berlin et du rideau de fer dans tout le continent ;
  • Défis actuels pour l’Europe et pour l’unité : Pavel Fisher (Prague).

Dans l’église Sainte-Anne : prière pour l’Europe en différentes langues. Puis, sur la place de l’église, action de grâces avec cierges, prières et brefs témoignages.

La vocation d’Ottmaring

VIDÉO – INTERVISTA

Les préparatifs se poursuivent en vue de la célébration des « 20 ans d’Ensemble pour l’Europe ». Ce chemin œcuménique européen original a pris naissance au Centre œcuménique d’Ottmaring, après la signature historique de la Déclaration conjointe sur la justification à Augsbourg (Allemagne).

Severin Schmid a vu naître cette communion dont « la partition est écrite au ciel » et a collaboré à son développement. Nous lui avons demandé comment les choses se sont passées.

Ilona Toth, hongroise, membre de l’actuel Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe, a participé en 2018 à la célébration du 50ème anniversaire d’Ottmaring. Quelle est son impression sur ce Centre œcuménique proche d’Augsbourg ?

Découvrir la beauté de la variété

Maria Voce, également connue sous le nom d’Emmaüs, est membre du Comité d’orientation d’Ensemble pour l’Europe. Au sein du mouvement des Focolari dont elle est la présidente, a lieu cet été un événement à dimension européenne. 

Parmi les interviews accordées en vue de ce rendez-vous, nous en avons choisi deux qui nous touchent de près, car elles mettent l’accent sur l’esprit qui anime notre réseau.

Photo: Diego Goller

Relever le grand défi mondial

David Maria Sassoli est devenu le nouveau président du Parlement européen. A cette occasion, nous vous proposons des extraits de son interview du 24 mars 2017, à la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, lorsqu’il avait participé à Rome à la veillée œcuménique et internationale organisée par Ensemble pour l’Europe.

Le reportage est réalisé par la journaliste Claudia de Lorenzi

« Montrer au monde que la fraternité et l’unité sont possibles, malgré les différences culturelles et confessionnelles. » C’est dans cet objectif qu’une veillée de prière œcuménique pour l’Europe >> avait eu lieu à Rome, dans la basilique des Saints-Apôtres. Une occasion qui a réuni des membres du réseau international Ensemble pour l’Europe, en présence de représentants des institutions italiennes et européennes, et qui se déroulait en même temps dans 56 autres villes de toute l’Europe.

Parmi les personnes présentes se trouvait M. David Sassoli, eurodéputé italien du Parti démocrate. Nous l’avions interviewé :

Monsieur Sassoli, à la veille du 60ème anniversaire du Traité de Rome, qui a marqué la naissance de l’Union Européenne, nous constatons de plusieurs côtés que l’Europe a perdu ses racines chrétiennes, centrée comme elle l’est sur la finance, la bureaucratie et les intérêts nationaux, incapable de solidarité et d’accueil, et de planifier un développement centré sur la personne. Qu’en pensez-vous ?

« Il faut tout d’abord que les chrétiens se fassent entendre davantage, et il doit exister dans le monde chrétien des réseaux qui passent le témoin aux autres. Parce qu’il y a des valeurs communes, comme la paix, le vivre ensemble, la solidarité, la justice qui ont certes une matrice chrétienne, mais qui sont aujourd’hui assumées comme paradigme d’engagement politique, culturel et moral de la part aussi de citoyens qui ne sont pas chrétiens. Ce sont ces éléments qui font l’identité européenne. Voilà pourquoi les chrétiens doivent être contents parce que dans l’identité européenne, on retrouve des valeurs du monde chrétien. Mais pour l’instant, nous devons bien l’expliquer à nos citoyens, parce que l’Europe fait peur, suscite l’anxiété, semble être un poids, alors qu’au contraire, nous avons besoin de faire de l’unité des Européens une valeur pour relever le grand défi de ce siècle qui façonnera le marché mondial. La mondialisation non réglementée devient marginalisation, pauvreté, misère, elle peut être catastrophique pour de nombreuses régions de la planète. Le grand pari de l’Europe est de donner des règles et des valeurs au monde. Parce que les règles du marché sans la défense des Droits de l’homme, le sens de la liberté et de la démocratie, ne seraient que des lois économiques où les plus forts l’emportent, nous ne voulons pas de cela.  Donc, le pari est celui-ci : les valeurs chrétiennes qui sont à l’origine de l’identité européenne aujourd’hui sont l’élément qui permettra de relever le grand défi mondial ».

Lire l’interview complète>>

Photo: ©Thomas Klann

 

Fête de l’Europe, fête de peuples

Le 9 mai, Journée de l’Europe de l’Europe, a aussi mobilisé Ensemble pour l’Europe : voici une mosaïque qui dessine un visage de l’Europe porteur d’espérance. Les groupes organisateurs des événements, associations, mouvements et communautés en sont la preuve.

Qu’est-ce qui peut relier des personnes de Prague, Zurich, Rome avec celles de Milan, Toulouse, Esslingen et Ljubljana, avec celles de Padoue, Bruxelles, Selbitz et Palerme ? Et encore celles de Lyon, Viterbe et Strasbourg avec celles de Trente, Paris, Trieste et Klagenfurt ? Un unique désir : vivre la « béatitude » des peuples : « Heureuse la nation qui a le Seigneur pour Dieu » (Ps 33,12). Des peuples qui, avec leurs caractéristiques propres, leur identité forte, leur histoire et leur culture uniques, savent qu’ils font avant tout partie de ce peuple que le « Seigneur a choisi en héritage ». La célébration de la fête de l’Europe a montré une esquisse de ce peuple du Seigneur.

En font partie ceux qui sentent le désir de prier ensemble, donnant ainsi l’occasion de se rencontrer aux responsables de différentes Églises et aux fidèles. Ceux qui, dans leur ville, veulent travailler ensemble à des actions concrètes. D’autres, qui privilégient les relations et, au-delà de leurs frontières, organisent des rencontres de réconciliation entre ethnies aux relations souvent tendues pour des raisons historiques. Il y a ceux qui sont particulièrement sensibles aux problèmes sociaux et qui, sensibilisant aussi les politiques, témoignent par leur engagement dans les hôpitaux, avec les migrants, dans les familles ou avec les jeunes. Quelques-uns se sentent interpelés de façon particulière par les défis culturels et organisent des tables rondes sur le dialogue entre l’Est et l’Ouest de l’Europe ou essayent de sensibiliser l’opinion publique à une économie équitable et au désarmement nucléaire. D’autres encore mettent l’accent sur la visibilité et organisent des marches, ou invitent des experts pour susciter des réflexions. On pourrait continuer encore… N’est-elle pas riche et dynamique cette diversité d’un peuple où chacun se nourrit de son propre charisme et en partage les fruits pour le bien de tous ?

La presse a recueilli leurs voix. Le quotidien La Repubblica, édition de Rome, pose cette question provocatrice : « L’Europe pourra-t-elle être fidèle à sa vocation de mettre en relation traditions, visions et religions ? Oui, si c’est sur la base de ses racines chrétiennes, qui favorisent la rencontre de personnes, groupes, ethnies et peuples et valorisent le positif de chaque culture. C’est sa contribution à l’humanité tout entière : réaliser une unité des diversités réconciliées, qui s’enrichissent réciproquement ». Vita Trentina, l’hebdomadaire diocésain de Trente, souligne : « Ensemble pour l’Europe confirme que l’avenir de l’Europe réside dans une culture de l’Ensemble ». La Cronaca di Palermo énumère les témoignages forts donnés devant 1 600 personnes et racontant comment des membres de différentes Églises transforment ensemble le quotidien de leurs villes. L’Avvenire, quotidien catholique, annonce dans la page de Milan : « Accueil et unité dans la diversité. Voilà l’Europe selon les chrétiens ». On peut aussi lire dans l’hebdomadaire du diocèse de Padoue : « Padoue perçoit l’urgence de la situation européenne et la volonté d’unir la partie civile au souffle chrétien et religieux ».

Voilà quelques flashes de l’histoire de l’Europe aujourd’hui. Les six manifestations en Autriche et les quatre soirées à Vienne avec des intervenants du monde politique parlaient d’une « Europe vivante, dans sa vocation ». En Allemagne, dans plusieurs villes de France, à Bruxelles dans la chapelle pour l’Europe, à Prague, à Klagenfurt et à Ljubljana, tous témoignent que « Tout naît, grandit et fleurit à partir de l’Ensemble ! ».

Merci « fête de l’Europe », tu as mobilisé des énergies, mis en lumière les potentialités de notre continent et ravivé l’espérance en l’avenir.

Ada Maria Guazzo, Ilona Toth

Pour en savoir plus sur les initiatives des différentes villes et régions, cliquez ici>>>

Journée de l’Europe 2019 Strasbourg

Ensemble pour l’Europe  – 9 et 10 mai, 2019

9 Mai, foyer de l’étudiant – Conférence et table ronde

La soirée du 9 mai a eu lieu au FEC, foyer de l’étudiant catholique de Strasbourg, lieu symbolique, comme nous l’a rappelé le conférencier ému, parce que souvent fréquenté par Robert Schumann lors de ses séjours à Strasbourg.

Ensemble avec L’ACI, Terre Solidaire, DECERE, Pax Christi et le Focolare nous avons préparé cette soirée-débat. Environ 100 personnes ont écouté avec beaucoup d’intérêt l’exposé de François Brunagel, ancien chef du protocole du Parlement Européen qui a parlé de manière très claire de l’Europe, faisant entrevoir combien ses débuts avaient été au-delà des talents des fondateurs une sorte de ‘miracle’. Il disait qu’un nouveau souffle sera nécessaire pour faire aller de l’avant l’Europe. Il a nommé ses caractéristiques les plus importantes : la paix, la prospérité économique, le respect des droits de l’homme. Deux témoignages ont suivi, un jeune qui a bénéficié du programme Erasmus et une réfugiée du Cameroun avec des expériences positives et négatives illustrant bien les avantages et les limites de l’Europe. La discussion qui a suivi a surtout permis à clarifier ce qu’est l’Europe, ce qu’elle peut réaliser et ce qui n’est pas de sa compétence. La discussion était animée par la directrice de la RCF Alsace, et aurait pu continuer pendant des heures.

10 Mai, Temple Neuf –  Prière œcuménique 

Le vendredi 10 mai, près de 200 personnes sont venues au Temple Neuf, église protestante du centre de Strasbourg. Elles désiraient marquer par un temps de prière leur engagement pour l’Europe.

La prière a suivi le déroulement du service œcuménique hebdomadaire, enrichie d’intentions pour l’Europe, deux commentaires sur la Béatitude de l’amour aux ennemis Cette béatitude a en effet été déterminante lors de la formation de l’Europe après la deuxième Guerre mondiale et a permis 70 ans de paix. Elle continue à être pertinente aujourd’hui si nous voulons une Europe chrétienne.

Un moment fort a été celui des intentions. Chacun a reçu une étoile dorée sur laquelle par groupes de 2-3 personnes ils pouvaient écrire une intention ou un désir pour l’Europe. Puis ils ont porté leur étoile sur la nappe bleue qui couvrait l’autel formant ainsi un drapeau européen qui ressemblait plutôt à un ciel étoilé. La bénédiction était prononcée en 7 langues par des personnes de différents pays, y compris la Chypre, la Pologne, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’alsacien et l’anglais.

Tous ont été invités à une petite réception où on servait des fromages et des vins des pays européens, piqués par de jolis drapeaux de leur pays d’origine. Le succès de la soirée était évident puisque très vite il n’y avait plus rien à grignoter. Les représentants des mouvements et services d’église étaient très contents de travailler ensemble, de s’être mieux connus et d’avoir acquis visibilité ensemble. Le processus dynamique qui a été mis en marche lors de ces évènements continuera très certainement.

L’équipe d’Ensemble pour l’Europe à Strasbourg

 ©Photo: FEC_Michel Batt / Temple Neuf_Olivier Benoît

 

Europe Day 2019 Carinthie

le texte n’est disponible qu’en allemand

Chercher ensemble

Les 20 ans d’ « Ensemble pour l’Europe », du 7 au 9-11-2019 à Ottmaring et Augsbourg / Allemagne. La visite de l’évêque régional Axel Piper.

Fin février, seize représentants d’Ensemble pour l’Europe se sont réunis à Ottmaring, pour préparer la rencontre des « Amis » qui aura lieu du 7 au 9 novembre 2019. Ce réseau international est né il y a 20 ans, raison suffisante pour en rappeler les débuts et dégager des perspectives pour l’avenir.

Au cours de sa première visite du Centre Œcuménique d’Ottmaring, Axel Piper, qui est depuis le 1er janvier 2019 évêque régional de l’Église évangélique luthérienne d’Augsbourg et de Souabe, a rencontré Gerhard Pross, Ilona Toth, Herbert Lauenroth et Diego Goller, membres de l’équipe dirigeante d’Ensemble pour l’Europe, afin de mieux connaître cette initiative.

Quelles sont l’expérience de l’évêque Axel Piper et sa vision de l’Église ? Pour lui il ne s’agit pas de structures, mais de « personnes qui cherchent ensemble ». Il dit aussi : « Il suffit d’‘’être curieux’’ – au meilleur sens du terme ». Il attend avec impatience sa nouvelle tâche, « pour connaître de nouvelles personnes, de nouveaux défis et contribuer à mettre en place un nouveau départ dans l’Église et dans la société ». Il a beaucoup apprécié l’initiative d’Ensemble pour l’Europe.

Il a donc déjà réservé sur son agenda les dates des 7, 8 et 9 novembre 2019 pour la rencontre des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe.

Beatriz Lauenroth

Foto: © Maria Kny

Vienne: Des citoyens européens se préparent « ensemble »

Du 19 mars au 5 mai, plusieurs rendez-vous auront lieu en divers points de la capitale autrichienne. En vue des prochaines élections européennes, l’objectif est de mettre ensemble citoyens et élus pour parler de politique de façon constructive.

Nos amis de Vienne nous confient ce qui leur tient à cœur :

« Nous nous sentons tous concernés par les problèmes actuels de l’Union Européenne concernant sa politique, son économie et sa forme structurelle. Dans le débat pour l’avenir du continent, nous, d’Ensemble pour l’Europe, nous sentons interpelés à y contribuer, en faisant fructifier ‘’notre vocation à l’unité et notre Culture de l’Ensemble’’. Nous sommes convaincus que ‘’l’unité dans la diversité’’, qui nous a été donnée dans un impressionnant processus de réconciliation, est une réponse de Dieu aux besoins de notre temps. C’est avec cette confiance que nous voulons inviter citoyens, experts et représentants du Parlement de l’Union Européenne à dialoguer entre eux et à donner un signe en faveur d’une politique de réconciliation et de solidarité. »

Les thèmes choisis sont stimulants :

  • Erasmus – former l’Europe
  • Judaïsme dans l’Europe d’aujourd’hui – ancien et nouvel antisémitisme
  • Patrie et Migrants
  • « Parole et pain » – la dimension sociale.

Une soirée conclusive aura lieu le 11 avril à la « Maison de l’Union Européenne ». Elle recueillera les messages issus des différentes rencontres, en présence de représentants de la politique et de l’Église.

Le 5 mai, une prière œcuménique pour l’Europe aura lieu dans une église de Vienne.

Les lieux et modalités des rencontres sont divers, les mouvements et les experts aussi, ainsi que les thématiques et modes d’engagement, mais unique est le désir de ne pas manquer cette occasion d’affirmer : ENSEMBLE, c’est possible !

Nous formulons le souhait que beaucoup s’inspirent de l’exemple de Vienne.

Dans l’invitation:  Prière pour l’Europe, du cardinal Carlo Maria Martini :

Père de l’humanité, Seigneur de l’histoire,
regarde ce continent auquel tu as envoyé
des philosophes, des législateurs et des sages,
précurseurs de la foi en ton Fils mort et ressuscité.
Regarde ces peuples évangélisés par Pierre et Paul,
par les prophètes, les moines et les saints.
Regarde ces régions baignées par le sang des martyrs
et touchées par la voix des réformateurs.
Regarde les peuples unis par de multiples liens
et divisés par la haine et la guerre.

Donne-nous de nous engager pour une Europe de l’Esprit,
fondée non seulement sur les accords économiques
mais aussi sur les valeurs humaines et éternelles :
une Europe capable de réconciliations ethniques et œcuméniques,
prompte à accueillir l’étranger, respectueuse de toute dignité.

Donne-nous de regarder avec confiance notre devoir
de susciter et promouvoir une entente entre les peuples
qui assure pour tous les continents
la justice et le pain, la liberté et la paix.

 

Télécharger ici l’invitation (disponible uniquement en allemand)
   

Miteinander Für Europa - Einladung Wien (2.1 MB)

Porteurs d’espérance

Clarita et Edgardo Fandino, responsables mondiaux des  « Équipes Notre Dame » , vivent à Bogotá en Colombie. Ils ont participé à la récente rencontre des Amis d’Ensemble pour l’Europe à Prague. Nous avons voulu mieux connaître leur expérience.

1)  Quelle a été votre expérience à la rencontre des amis de « Ensemble pour  l’Europe » à Prague ? 

Il est émouvant d’être témoin direct de cette initiative qui, partant des synergies de nombreux mouvements, cherche à donner des réponses d’espérance dans un monde sécularisé en invitant chacun à assumer sa responsabilité devant la société et le monde sans s’isoler, mais en partageant ses richesses évangéliques. Personnellement nous aurions aimé connaître de plus près les charismes spécifiques de chaque mouvement présent, mais nous supposons que d’une part, ils l’ont déjà fait dans d’autres rencontres et d’autre part, le temps limité du programme ne l’a pas permis. Pendant ces deux journées de rencontres, dans les moments libres et de dialogues, nous avons pu partager des expériences avec plusieurs des assistants; nous avons pu noter une ambiance de respect, de fraternité et d’ouverture qui doit être étendue dans  les différents milieux de vie, pour pouvoir être de véritables agents de transformation comme la levure dans la pâte.

2) De votre perspective colombienne, comment voyez-vous l’actuelle Europe ?

Nous n’avons pas participé à cette réunion de Ensemble pour l’Europe en qualité de colombiens mais en tant que responsables du Mouvement des « Équipes Notre Dame », qui a eu son origine en France et qui aujourd’hui est présent dans 92 pays des 5 continents. En tant que colombiens, nous avons noté des grandes différences entre l’Europe et L’Amérique d’aujourd’hui et bien sûr avec notre Colombie natale. L’Europe d’aujourd’hui vit un processus de sécularisation beaucoup plus marqué qu’en Amérique et elle est touchée par des vents de crise et de désintégration avec des tendances séparatistes qui portent atteinte aux institutions et aux régimes en place. Les tendances populistes avec des agitateurs qui polarisent et recueillent des mécontentements sont un problème qui a déjà atteint des dimensions universelles. Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable que nous qui  professons des valeurs de foi, soyons plus actifs à lancer des initiatives de changement qui portent des valeurs transcendantes. Comme le disait  Ernesto Sabato, cet écrivain merveilleux et observateur critique des réalités du monde : « Une chose est certaine, c’est la conviction que seules les valeurs spirituelles pourront sauver la condition humaine d’une catastrophe annoncée. »

3)  Vous êtes les responsables mondiaux du Mouvement « Équipes Notre-Dame » et vous venez de conclure une importante rencontre internationale à Paris. A l’issue de cette rencontre, quels sont vos projets et perspectives pour l’avenir ?

Nous assumons la responsabilité internationale du Mouvement des « Équipes Notre Dame », depuis le mois de juillet dernier à Fatima, au Portugal, où, aux côtés d’environ  9000 assistants, de plus de 70 pays, parmi lesquels on comptait 400 prêtres et évêques, 4000 couples et 200 veufs, nous avons vécu une semaine de rencontre autour de la Parabole de l’Enfant Prodigue, avec comme devise: « Réconciliation, Signe d’Amour ». A la fin de cette rencontre, en guise     d’envoi, nous avons établi les orientations de vie pour les membres du Mouvement, pendant les 6 prochaines années, qui auront comme fil conducteur, la devise: « N’ayez pas peur, allons de l’avant »;  c’est une invitation à agir, en concrétisant notre Vocation et notre Mission à partir de la spécificité de notre charisme: la spiritualité conjugale.

La réunion que nous avons eue récemment à Paris, avec l’équipe responsable internationale, la première des 3 réunions annuelles, qui a déjà été programmée, a eu pour but d’établir la « feuille de route » pour porter à chacun des membres du Mouvement cette devise de Fatima à concrétiser dans leur vie. C’est pourquoi nous avons établi beaucoup de lignes d’action et des défis à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement, toujours en accord avec l’appel que nous lance l’Église et particulièrement le Pape François, d’aller vers les périphéries, en étant des agents de miséricorde. Cet appel est magnifiquement exprimé par le Pape dans sa récente Exhortation Apostolique  Gaudete et Exultate  (GE 26) « Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Tout peut être accepté et être intégré comme faisant partie de l’existence personnelle dans ce monde et être incorporé au cheminement de sanctification. Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre propre mission. »

Parmi les multiples lignes d’action pour lesquelles nous travaillons, il y a entre autres : l’art d’accompagnement des veufs et veuves, la préparation et l’accompagnement des jeunes au mariage et à leurs premières années de vie conjugale, le travail sur d’autres réalités de la vie conjugale : l’accompagnement des personnes majeures, l’écoute des jeunes…etc.

4) Pourriez-vous nous dire quelque chose de vous-mêmes, votre famille, où vous habitez, votre travail… ?”

Nous sommes un couple colombien, mariés depuis 32 ans, 2 enfants, un fils de 26 ans qui vient de se marier et une fille de 24 ans qui vit encore avec nous. Nous habitons à Bogota, une ville cosmopolite d’environ 8 millions d’habitants. Clarita enseigne la musique et le catéchisme et Edgardo est ingénieur civil en activité. Nous appartenons au Mouvement des « Équipes Notre Dame », depuis 22 ans, dans lequel nous avons nourri notre spiritualité conjugale et où nous avons servi dans différentes instances de responsabilité. Aujourd’hui, nous assumons la responsabilité de l’Équipe Internationale pour les 6 prochaines années. Notre vie est partagée entre le travail professionnel d’Edgardo, le travail aux « Équipes Notre Dame », et les fréquents voyages qu’impose cette responsabilité. Nous sommes convaincus que chacun d’entre nous a une mission et une responsabilité dans ce monde, en étant des porteurs d’espérance et des reflets de l’amour du Christ sur l’humanité, en Le rendant présent dans notre entourage et dans les périphéries vers lesquelles nous devons nous rapprocher.

Clarita et Edgardo Fandino, Bogotá/Colombie

 

Voix de Prague – partie 2

Rencontre des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » à Prague – Brèves interviews avec quelques participants – partie 2

“Pour leur communiquer la beauté”. François Delooz, Communauté de Sant’Egidio, Belgique

“Identity is something what we desperately need!” Pavel Fischer, Senator in the Czech Parliament

“Abbiamo un grande fondamento che ci lega.” Matthias Leineweber, Comunità di Sant’Egidio, Germania

“I realised the strength of the Movements.” Pavel Černý, Pastor, Czech Republic

“Europa ist sehr bewegt”. Valerian Grupp, CVJM Esslingen, Deutschland

2° jour de EpE à Prague

Lors de la deuxième journée de la rencontre de Prague, les participants se sont penchés sur la situation des croyants et des Églises en République Tchèque. Par conséquent, en plus des nombreuses occasions de discussions personnelles et d’échanges en groupes, il y a eu trois grandes impulsions thématiques.

Jaroslav Šebek, historien et membre de l’Institut d’histoire de l’Académie des Sciences de République Tchèque, est intervenu sur le thème “Les Églises en République Tchèque et les défis de l’époque actuelle”. La crise des réfugiés est devenue une pierre de touche fondamentale pour l’avenir de l’intégration européenne, où différents concepts se heurtent ” et une fois de plus, c’est symboliquement l’Est contre l’Ouest “, a déclaré J. Šebek. L’un des problèmes actuels est l'”encapsulation de la communication” dans laquelle les médias sociaux sont impliqués. “Alors qu’à l’époque communiste, nous avions un désert d’informations, aujourd’hui nous sommes dans une jungle d’informations.” Le résultat est le même : “La perte d’orientation et une plus grande susceptibilité à la manipulation et à la méfiance de tout et de tous.” Dans une situation aussi difficile, les représentants de l’Église cherchent aussi une orientation.

Pavel Fischer, sénateur au Parlement tchèque, a également décrit la situation actuelle de la République Tchèque et présenté les défis d’un point de vue sociopolitique. Il a souligné l’importance de l’identification émotionnelle avec une expérience sociale personnelle. Elle surgit dans un espace linguistique concret. L’unité de l’Europe ne peut être réalisée qu’en prenant au sérieux tous les processus d’identification locaux et les personnes individuelles avec lesquelles nous cheminons ensemble. La vision d’une Europe unie ne pourra émerger que si les politiques respectent la subsidiarité ainsi que la diversité des peuples, des langues et des cultures européennes.

Interview “Identity is something what we desperately need!” Pavel Fischer

Interview “Let’s engage on the very local level!” Pavel Fischer

Tomáš Halík, sociologue tchèque, philosophe spécialisé en matière de religion et prêtre catholique romain (Prix Templeton 2014), a présenté les développements historiques de l’Eglise tchèque jusqu’à aujourd’hui, dans le cadre de sa contribution sur la situation religieuse dans son pays. Il est apparu clairement que la tentative de l’Église de présenter la foi vécue hier valable pour le présent et l’avenir avait échoué. Aujourd’hui, l’Église populaire traditionnelle n’a plus de force, car sa biosphère disparaît de plus en plus. La religion d’aujourd’hui n’a guère d’influence sur le style de pensée de la génération actuelle, qui vit dans le nouveau cosmos de l’Internet. “La nouvelle génération n’est pas prête à recevoir la religion sans arguments. Aujourd’hui, l’Église est mise au défi de s’adapter avant tout à ceux qi sont en recherche. Ils représentent, pour ainsi dire, le plus grand diocèse. » T. Halík a souligné que « l’avenir de l’Église dépend de sa volonté de communiquer avec ceux qui sont en recherche, de les accompagner. » La foi ne devrait pas être une idéologie de réponses précises, mais une façon de marcher avec les chercheurs. Parce que chacun se pose la question du sens de la vie, l’Église doit être là pour tous, pas seulement pour les croyants. T. Halík a invité le public à être courageux, à prendre au sérieux tous ceux qui cherchent la vérité d’une autre manière et à engager le dialogue avec eux.

Cette journée richement remplie s’est terminée par un temps de prière où toutes les réflexions et tous les thèmes de la journée ainsi que l’avenir de l’Europe ont été portés devant Dieu. Un dîner festif a suivi, prolongé par une veillée culturelle.

Heinrich Brehm

 

 

L’Europe, c’est notre affaire

Petits exemples de synergie entre Mouvements et initiatives en faveur de l’Europe

« Ensemble pour » à Dresde

Nous sommes un petit groupe du Mouvement des Focolari à Dresde. Il y a quelques mois, sur la place principale de la ville, nous avons parlé de la fraternité universelle à environ 200 personnes, en présentant la pensée que Chiara Lubich avait exprimée devant 700 maires d’Europe à Innsbruck en 2001. Pour l’organisation, nous étions avec « Pulse of Europe », une initiative ouverte à tous qui a pour but de vivre ensemble pour une Europe unie et démocratique. Cette organisation fait chaque mois un programme pour sensibiliser les personnes, en mettant en relief la paix et toutes les valeurs sur lesquelles l’Europe est fondée. La parenté spirituelle qui nous lie était évidente, par la personne de Chiara qui a diffusé chez tant de personnes les valeurs de la fraternité universelle, notamment en vue du grand projet de l’Europe unie.

Un des responsables des jeunes du diocèse, un jésuite, voyant notre collaboration, nous a encouragés fortement : « Allez de l’avant ! Vous avez la possibilité de donner votre contribution en toute simplicité. Je vous le demande, avancez avec courage, d’autres ont trop peur ! ». Oui, nous sommes peu nombreux, mais nous pouvons et devons prendre la nouvelle route que Dieu nous montre. Nous sommes très heureux d’avoir connu les membres de « Pulse of Europe » et ils savent que nous les soutenons. Nous le disons sincèrement : leur grand défi, c’est aussi notre affaire.

Monika Scheidler, Ilse Fehr

Le Chemin Néo-catéchuménal fête ses 40 ans en Slovénie. Une occasion de faire la fête dans la grande famille des Mouvements.

Début septembre, le Chemin Néo-catéchuménal de Slovaquie a fêté les 40 ans de sa présence dans le pays. Des représentants de divers Mouvements étaient invités à la fête : Couples pour le Christ, le Mouvement Chemin (Pot), le Mouvement des Focolari, le Renouveau Charismatique et la Communauté de l’Emmanuel. Une fête bien préparée avec la messe solennelle célébrée par 5 évêques et des agapes qui ont permis des rapports fraternels et la communion. Les premiers membres du Chemin Néo-catéchuménal venus d’Italie il y a 40 ans pour apporter cet esprit en Slovénie avaient fait le déplacement : un don particulier qui a permis de construire des relations profondes. Nous avons été accueillis très chaleureusement et les Mouvements présents ont été nommés.

Le réseau des divers Mouvements en Slovénie s’est renforcé ces dernières années, grâce à l’entraide réciproque et aussi à l’hospitalité que le Mouvement des Focolari a offert dans son centre Mariapolis de Planina pour 200 Ukrainiens du Chemin Néo-catéchuménal qui se rendaient à Rome et qui ont pu y loger à l’aller et au retour. La semaine prochaine, nous aurons à nouveau la joie d’accueillir 80 Ukrainiens qui se rendent à Rome. Nous sommes à un point stratégique pour ceux qui se rendent en Italie et nous sommes heureux de contribuer à la communion entre Mouvements.

Pavel e Marjana Snoj, Slovénie

Photo: privé

Sur les traces de la « Révolution de velours »

Ensemble pour l’Europe 2018 à Prague

Prague, capitale de la République Tchèque – pays situé au carrefour historique et culturel de l’Europe – accueillera du 15 au 17 novembre 2018 la rencontre annuelle des Amis d’Ensemble pour l’Europe.

Les grandes évolutions de l’Europe Centrale – et en particulier du peuple tchèque – serviront de toile de fond à cette nouvelle étape du chemin d’Ensemble pour l’Europe, qui prône un accueil réciproque entre les différentes identités culturelles et politiques.

En novembre 2017, la rencontre européenne des Amis d’Ensemble pour l’Europe s’est déroulée à Vienne (Autriche), ville pont entre l’Est et l’Ouest. Un pas de plus et nous nous trouverons au Centre-Est de l’Europe, avec le désir commun de faire face aux difficultés, préjugés et craintes qui, actuellement, pèsent lourdement dans et entre les pays membres de l’Union Européenne, et au-delà. Par la vie de l’Évangile, nourrie et éclairée par la présence du Christ dans les communautés chrétiennes et entre elles, cette rencontre veut témoigner que le chemin vers une Europe « maison des nations et famille des peuples » n’est pas une utopie.

Sur les traces de la « Révolution de velours »

Le 17 novembre, la République Tchèque commémorera le début de la « sametovà revoluce » (révolution pacifique, dite « de velours »), qui a fait de ce pays un des protagonistes de la réunification de l’Europe, processus qui dure encore. Cette coïncidence interpelle les Amis d’Ensemble pour l’Europe, et les invite à renouveler leur engagement commun : porter dans la culture post-séculière l’esprit de l’humanisme chrétien, offrant ainsi leur contribution pour donner vie et forme à une Europe plus unie.

Thomas Halik, théologien et philosophe, ami personnel de Vaclav Havel, Jaroslav Sebek, membre de l’Institut d’Histoire de l’académie des Sciences de République Tchèque, et Pavel Fischer, homme politique tchèque émergent, ainsi que des responsables et représentants de divers Mouvements, Communautés et Associations, ouvriront par des réflexions et témoignages ce congrès à l’objectif audacieux : rappeler une autre Europe, celle des grands espoirs et des promesses. Ils sont issus du riche patrimoine d’une multiplicité ethnique, sociale et culturelle qui tend à la communion et au dialogue.

Le rendez-vous de Prague devient ainsi une étape importante dans l’histoire d’Ensemble pour l’Europe, qui cette fois encore, s’engagera pleinement pour une Europe plus unie, plus juste et plus fraternelle. Belle occasion pour se préparer ensemble aux prochaines élections du Parlement européen.

La rencontre se terminera par une soirée ouverte aux représentants de Mouvements et Communautés des différentes Églises présentes en République Tchèque.

Lieu de la rencontre : Mariapolis Centre, Mladoboleslavská 667, 190 17 Prague 9 – Vinoř, République Tchèque – Tel. +420 286 007 711; e-mail : cmpraha@espol.cz,  www.centrummariapoli.cz

Beatriz Lauenroth

Foto: Canva

La vérité vainc

L’Europe vit des idées qui l’ont fait naître.

Dans le cadre de la préparation à la prochaine rencontre des Amis d’Ensemble pour l’Europe, 3 questions à Jiři Kratochvil, de Prague, spécialiste du dialogue entre les différentes cultures européennes.

Le prochain rendez-vous avec les Amis d’ « Ensemble pour l’Europe » aura lieu à Prague, terre des hussites, du Printemps de Prague et de la Révolution de velours. La grande Histoire du peuple tchèque servira de toile de fond au dialogue entre les participants. Comment mieux comprendre cette Histoire ?

C’est une histoire tourmentée, qui se caractérise par de grands réveils idéalistes et spirituels, par la recherche de la justice et de la vérité, mais qui se sont souvent terminés par d’immenses désillusions. C’est le cas des trois mouvements que vous mentionnez. Le mouvement hussite, qui s’est déchainé après la mort sur le bûcher du prêtre Jan Hus, en 1415, considéré comme un martyr de la vérité par ses disciples. Malheureusement, les guerres qui ont suivi, où il n’était plus question de la vérité, mais du pouvoir, ont complètement dévasté le pays. De même, des siècles plus tard, en 1968, les principaux acteurs du Printemps de Prague voulaient installer un régime socialiste « à visage humain », libéré de tous les mensonges et de la cruauté du passé récent, avec le soutien et l’enthousiasme de toute la nation, comme jamais auparavant. Malheureusement, cet espoir a été détruit sous les roues des chars d’assaut et s’est éteint dans la résignation générale, malgré le sacrifice héroïque de Jan Palach (un étudiant qui s’est immolé par le feu en signe de protestation).

Vient ensuite la Révolution de velours de 1989, dont beaucoup se souviennent. Elle a été conduite par Vaclav Havel et son mot d’ordre : « L’amour et la vérité doivent l’emporter sur le mensonge et la haine ». Personne ne s’attendait à ce que s’ensuive une lutte aussi dure : les valeurs spirituelles des premiers mois, fortement exprimées au cours des manifestations populaires sur les places, se sont éteintes petit à petit, remplacées par le pragmatisme de la « technologie du pouvoir ».

Le drapeau du Président de la République Tchèque porte l’inscription : « La vérité vainc ». En fait, deux mots ont été supprimés de la version originale : « de Dieu ». Soit : « La vérité de Dieu vainc ». Nous sommes certains qu’à la fin de l’Histoire, Sa vérité l’emporte, mais auparavant, peut-être doit-elle subir bien des défaites, comme nous le montre l’Histoire – et pas seulement l’Histoire tchèque – ce qui ne nous dispense pas du devoir de nous mettre toujours de Son côté, celui de la Vérité.

« Ensemble pour l’Europe » veut contribuer à construire l’unité entre l’Europe orientale et occidentale. Quel peut être le rôle de la République tchèque ?

A cause de son histoire religieuse tourmentée, la République Tchèque est un pays très sécularisé. La plus grande partie de la population ne veut pas être identifiée avec une Église. Ce qui ne veut pas dire que les personnes sont athées. Étonnamment, le nombre des athées déclarés diminue. Parmi les gens, surtout les jeunes et les intellectuels, il existe une très forte sensibilité aux valeurs spirituelles et culturelles. Pour preuve, par exemple, l’accueil chaleureux fait en 2009 par la municipalité de Prague au pape Benoît XVI. Peut-être est-ce cette rencontre qui a suscité chez celui-ci l’idée de créer ce qu’il a appelé « la Parvis des gentils », une initiative de dialogue avec le monde « laïc ».

Chercher ensemble différentes formes de ce dialogue, en tant que chrétiens de diverses dénomination unis entre nous, pourrait être une voie pour le projet « Ensemble pour l’Europe ». Les laïcs sécularisés sont dans toute l’Europe, avec des visages et spécificités divers. La République Tchèque pourrait devenir un petit « laboratoire » du dialogue avec eux.

En pensant à l’avenir de l’Europe, quels sont les défis encore à relever pour atteindre le but : l’unité ?

C’est une question très difficile, mais la réponse, même si elle n’est pas simple, me semble assez logique. On dit que chaque nation – et c’est aussi valable pour un continent – vit des idées qui l’ont fait naître. Rappelons-nous d’où est née l’Europe dans laquelle nous vivons aujourd’hui : de Jérusalem (foi), d’Athènes (raison) et de Rome (droit). Sur ces fondements solides se sont développées sa grandeur et sa richesse culturelle, spirituelle et matérielle. Il nous faut aujourd’hui faire face à la situation d’une migration de peuples, semblable à celle du début du Moyen-Age. Le plus grand défi consiste à savoir vivre avec l’altérité des nouveaux arrivants, qui seront sûrement nombreux, parce que les courants migratoires vont continuer, non seulement pour des raisons politiques et économiques, mais avant tout climatiques. Ne nous faisons pas d’illusions : l’Europe telle que nous la connaissons disparaitra tôt ou tard, et aussi pour des raisons de natalité décroissante.

Nous chrétiens, devons être la « minorité créative », en revenant aux racines fortes de notre tradition et à toutes les valeurs authentiques qui en sont nées, sans être fermés aux stimuli nouveaux. Sur cette base spirituelle, en demandant la grâce de Dieu, nous pouvons chercher la nouvelle unité de la nouvelle Europe.

Jiři Kratochvil, né en 1953. Diplômé en économie à Prague. A travaillé de nombreuses années dans plusieurs entreprises d’État dans le secteur de la finance. Après la chute du communisme, a aidé la Caritas à se rénover. A vécu au Canada, en Italie et en Allemagne, outre la République Tchèque et la Slovaquie. Travaille actuellement à Prague en tant que traducteur pour la Conférence épiscopale tchèque.

Photo: Prague: ©Canva; Jiři Kratochvil: privée

En vue de l’avenir

En 2019, des élections directes au Parlement européen auront lieu. Deux semaines auparavant, le 9 mai, nous célébrons la “Journée de l’Europe”. Si ensemble nous voulons contribuer à construire une Europe dynamique et prometteuse, nous devons nous mettre en route à temps dans les différents pays et villes.

Il semble qu’Ensemble pour l’ Europe n’ait jamais été aussi actuelle qu’aujourd’hui, à un moment où l’Europe doit relever de nombreux défis. Nous sommes convaincus que Dieu n’a pas suscité ce réseau sans raison.

L’Europe en emploie beaucoup. Elle est sur toutes les lèvres. Mais comment réussirons-nous à nous impliquer en tant que chrétiens dans la formation de cette Europe ? Nous savons que compte tenu des énormes défis, nous avons des possibilités très limitées. Toutefois, des minorités, petites mais créatives et motivées, peuvent faire la différence et contribuer au changement dans un pays et un continent. Par conséquent, il sera important que nous apportions ce que nous avons reçu, notre charisme, plus encore et que nous le laissions s’épanouir : notre vocation à l’unité, notre culture du vivre ensemble est plus importante que jamais.

Le 9 mai – Journée de l’Europe

Lors de la rencontre des Amis d’EpE 2017 à Vienne, la proposition de Jeff Fountain (Pays-Bas) et du groupe italien de donner vie à la “Journée de l’Europe” célébrée le 9 mai a été accueillie avec beaucoup d’intérêt. Certaines choses ont commencé à bouger ici et là cette année.

En vue de 2019, il semble important d’inclure cette date dès à présent dans notre planification annuelle. Il s’agit de nous mettre ensemble en tant que mouvements et communautés sur le terrain et d’explorer les opportunités de cette journée.

Il peut également être utile d’inclure d’autres initiatives qui s’engagent pour un vivre ensemble en Europe. Deux semaines plus tard, les élections européennes auront lieu, de sorte qu’on peut compter avec le vent dans le dos public et des idées de conception appropriées. Le 9 mai 2019 a donc un potentiel significatif accru : il devrait être une journée de joie, de fête, d’engagement et de prière ! Différentes impulsions sont déjà disponibles en ligne> 

L’Europe a besoin de notre prière

Nous voyons notre contribution à l’Europe aussi dans la prière. À la suite de nos initiatives à la veille du 60e anniversaire des “Traités de Rome” le 24 mars 2017, le 24 mars 2017 , il est apparu clairement quel pouvoir transformateur elle peut déployer. Faisons confiance que beaucoup de choses bougeront dans le ciel et sur la terre si nous prions ensemble pour notre continent.

Gerhard Proß, Diego Goller, P. Heinrich Walter

Voir aussi : Faire bouger ma ville >

Foto: ©Ursel Haaf – www.urselhaaf.de

Europe dans «l’âge de l’anxiété»

Un engagement renouvelé et accru est nécessaire pour promouvoir une « culture de la confiance », confiance dans le Dieu  « séculaire », présent en ce monde.   

L’intervention de Herbert Lauenroth au le Congrès International de « Ensemble pour l’Europe, Munich 2016 » est encore aujourd’hui plus que jamais d’actualité. En voici le texte complet.

À l’heure actuelle sévient des angoisses et des questions obsédantes concernant le nouveau rapport qui est à équilibrer entre «liberté» individuelle et «sécurité» collective et la signification des frontières – dans le contexte d’une restructuration de la «société du risque» ou “ouverte” vers «la société de l’angoisse”.

Dans le livre de la Genèse, Dieu appelle Adam – dans un moment dramatique: «Où es-tu, Adam ?” – L’appel s’adresse à Adam, qui – dans la honte et l’angoisse – a pris refuge dans le sous-bois et se cache de la vue de Dieu, parce qu’il a pris conscience de sa nudité existentielle et de sa pauvreté. L’image correspond à notre situation actuelle en Europe : L’homme se barricade, il se retranche dans son désespoir. Poussés par l’angoisse et la honte, il reste prisonnier de soi-même, et il ne comprend pas que la libération de l’angoisse et de l’implication coupable ne réussira que s’il s’expose à l’appel de Dieu, à la vue des autres personnes, dans lesquelles Dieu le rencontre depuis toujours.

Donc, l’Europe se trouve dans ce sous-bois, dans ces implications d’angoisse et de honte par les propres limites et histoires de culpabilité. Ce sous-bois, c’est Idomeni, la frontière macédonienne, les barrières de fil de fer barbelé à la frontière serbo-hongroise, mais il représente aussi les exclusions variés de de notre société.
Si vous lisez maintenant le scénario biblique en vue de la transformation de l’Europe en «forteresse» – comme protection contre les réfugiés, l’image acquiert encore une autre lecture : Alors il se présente à nous la souveraine européenne : en tant que celle qui est effectivement sans demeure, sans abri, fugitive – qui est dans la fuite la plus fatale : celle devant soi-même.

L’Europe doit, donc, entendre l’appel de Dieu biblique à nouveau : comme une question de la destinée, de la mission et de la responsabilité pour soi-même et pour le monde: “Europe, où es-tu ?”

Cette image de l’étroitesse existentielle, de laquelle Dieu appelle à en sortir, trouve son pendant dans les visions d’un isolement cosmique de l’homme, dans un espace de monde indifférent, inhospitalier, que le philosophe et mathématicien Blaise Pascal a exprimé : «Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ! “. Il s’agit d’un être effaré ou en proie, qui effraie l’homme isolé, abandonné à soi-même ; cela reflète le leitmotiv qui a été décrit comme “perte du centre” ou «sans-abrisme métaphysique». Cette peur de la perte de soi et du monde peut tout aussi bien ouvrir un nouvel espace expérientiel :

Le poète tchèque et président Vaclav Havel, en son temps, dans un bilan des révolutions pacifiques des années 1989-90 en Europe de l’est, a parlé de la peur comme «peur de la liberté” : “Nous étions comme des détenus qui étaient habitués à la prison, puis, libérés du coup dans cette liberté tant attendue, ils ne savaient pas comment traiter avec elle et ils étaient désespérés parce qu’ils devaient constamment prendre des décisions eux-mêmes et assumer la responsabilité pour leur propre vie.”

Il s’agit, selon Havel, d’affronter cette peur. Puis, dans cette vérité, elle peut devenir une bénédiction: “La peur de la propre incapacité peut éveiller en nous de nouvelles capacités : la peur que nous ne réussissons pas, peut être le meilleur moteur pour notre désir de réussir quand-même. La peur de la liberté peut être justement ce qui nous enseigne finalement à faire bon usage de notre liberté. Et la peur de l’avenir peut être justement ce qui nous oblige à tout faire pour que l’avenir sera meilleur.”

Le grand théologien protestant Paul Tillich identifie enfin la peur comme une expérience fondamentale de la connaissance dans l’existence humaine : “Le courage d’être”, dit Tillich, “est enracinée dans le Dieu qui apparaît lorsque Dieu dans l’angoisse du doute a disparu.” Cela signifie que seulement l’expérience de l’angoisse comme expérience de la perte d’un ancien image de Dieu qu’on a considéré comme déterminant et immuable et d’un ancien image de l’homme et du monde, libère, ce qu’appelle Tillich, le «courage d’être”. Le vraie Dieu – divin – apparaît, en quelque sorte, dans le coeur de l’angoisse, et lui seul provoque une libération ou le passage de l’angoisse. Cette expérience conduit l’homme dans l’autre réalité inconnue du monde – et de là vers les horizons plus profonds de l’expérience de l’être. Il se révèle dans le manque présumé d’un visage et d’une histoire du monde comme face de l’Autre.

Donc, il s’agit de descendre dans ces «espaces intérieurs du monde” où se trouvent les angoisses biographiques et collectives et les expériences de la perte, pour y rencontrer le Dieu qui nous sauve. Deux exemples :

Yad Vashem: Ma visite en automne dernier dans le mémorial de la Shoah, je ne l’oublierai jamais : Je suis abasourdi par cette architecture de l’angoisse qui apparaît labyrinthique – jusqu’au «Monument aux enfants”, une salle souterraine, où la lumière des bougies allumées est réfléchie par les miroirs. Dans cette sombre salle de voix incorporelles qui appellent constamment les données de vie élémentaires des victimes innocentes, je ressentis une nouvelle, profonde solidarité, oui, une simultanéité en vue de cette angoisse primaire profonde, d’être non seulement éliminé physiquement, mais d’être effacé aussi culturellement. Le témoignage de ce lieu devient pour moi une propre expérience : donner un lieu au nom perdu, préserver une mémoire du nom de Dieu et de ses créatures. Mon commentaire dans le Livre d’Or est une parole du prophète Isaïe, qui exprime aussi bien ma perplexité que l’intuition de la présence imperdable d’un Dieu parternel : “Ne crains rien, car je te rachète, Je t’appellé par ton nom : tu es à moi! ”

Et par rapport aux grands récits européens de la peur, le philosophe et théologien tchèque Tomás Halik décrit une expérience similaire: “Nous construisons pas le projet audacieux de l’unité européenne sur un sol inconnu ou une friche. Nous le construisons sur un sol avec des strates, dans lequels des trésors oubliés et des débris brûlés sont déposés, où des dieux, des héros et des criminels sont enterrés, où des pensées rouillées et des bombes non explosées reposent. Nous avons besoin de nous mettre en chemin de temps en temps et de regarder dans les profondeurs de l’Europe, dans le pègre, comme Orphée a regardé Eurydice ou le Christ Abraham et les patriarches de l’Ancien Testament.”

Pour moi, ces différentes «descentes dans les profondeurs de la peur» convergent dans le récit du baptême de Jésus dans Matthieu : “Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Il s’agit de descendre avec le Christ pour atteindre le zéro, sur lequel il s’ouvre de façon toute surprenante le ciel. Et ici il se manifeste la loi de la vie de Dieu : «Ce qui vient d’en haut, doit pousser d’en bas.” Ainsi, en Jésus, avec leui et par lui se constitue cette communauté fraternelle, solidaire et pluraliste, dans laquelle l’individu se reconnaît comme «fils et filles de Dieu» et dans laquelle la «dignité humaine» et «l’être à l’image de Dieu» forment une unité inséparable.

Dans ses notes “Résistance et soumission” mises par écrit en détention, Dietrich Bonhoeffer voit le coeur de l’identité chrétienne dans la réponse à la demande de Jésus au moment de son agonie à Gethsémani : «Ne pouvez-vous pas veiller une heure avec moi ?” – C’est le invitation à la veillée aux côtés de Jésus, de sa présence tournée vers le Père dans un monde séculier – soi-disant sans Dieu – et cette présence de Jésus transforme divers lieux dans des espace d’expérience et d’attente de vie trinitaire.

La «peur» apparaît dans ce passage clé de l’Évangile comme un lieu privilégié de l’apprentissage de la foi, où convergent nos craintes confuses et “aveugles”, se transforment dans l’authentique et illuminante “crainte de Dieu” de Jésus. Parce que :

  • Dans, avec, par Jésus il se produit la libération et le passe de l’angoisse du Fils vers le Père : Le renoncement présumé du Fils convertit à un don de soi au Père.
  • L’unité grandit comme expérience de la confiance mutuelle dans la sensibilité au mystère de Dieu, de l’altérité de l’autre ; la philosophe juive Simone Weil a trouvé une formulation remarquable pour cette expérience : seulement “le consentement à la distance de l’autre” sans réserve – dit la philosophe française Simone Weil – permet une proximité authentique ; selon Tillich, la réalité complète de Dieu apparaît, après que les images idéologiques de Dieu se sont évanouis.
  • Il s’agit donc de préférer l’inconnu, l’étranger, le marginalisé – comme un “lieu d’apprentissage” de la foi – en, avec, par Jésus.
  • Cela vaut en particulier pour les différents charismes et communautés parmi vous : Lors d’une réunion d'”Ensemble pour l’Europe” en Novembre 2013 à Paris, avec Jean Vanier, fondateur de l”Arche”, il nous est apparu clairement : en fait, la tâche des charismes consiste dans l’accueil du «charisme du monde» et de le refléter justement au monde ; son témoignage était très impressionnant : pas vivre principalement avec et pour les “destinataires” des Béatitudes de Jésus, mais à partir eux. Eux, qui sont apparemment les personnes qui reçoivent, sont, en fait ceux qui sont les vrais doué de Dieu, les donateurs. Ils sont les porteurs d’un message, d’une présence de Dieu, qui doit être portée des bords de notre société à son centre. L’Évêque d’Aix-la-Chapelle et philosophe de la religion Klaus Hemmerle a formulé succinctement : «Laisse-moi apprendre chez toi le message que je dois te transmettre.”
  • C’est précisément cette volonté d’apprendre qui rend les charismes «des intermédiaires disparraissants ” (E. Balibar), des acteurs prophétiques dans nos sociétés ; ils ont surmonté leurs propres craintes de perte et savent désormais créer un espace de la rencontre entre des groupes hostiles, antagonistes ; ils maîtrisent patiemment “la négociation mutuelle du milieu brisé” (de M.Barnes), c’est à dire la “négociation” créative ou le “dégagement” d’un “centre” indéfini, dans laquelle les opposés sont libéré pour la réciprocité.
  • Cependant, cela présuppose l’expérience constante d’une libération de de l’angoisse : la disponibilité dont est fait “Ensemble pour l’Europe” avec la plénitude de ses traditions, de ses horizonts d’expériences et de ses histoires : descendre en, avec, par Jésus dans les abîmes, les histoires des autres avec leur réalité indisponible, qui toutefois veulent trouver un écho, une résonance dans la propre vie de chacun, dans la propre, spécifique tradition, foi et histoire de Dieu – et justement par cela les libérer à elles-mêmes.

Ainsi, il pourrait avoir besoin d’une “inversion de poussée”, d’une véritable metánoia des «pieux», dans la compréhension d’eux-mêmes et du monde, d’une nouvelle foi dans l’amour de Dieu pour le monde, révélé dans le Christ.

Une “conversion” – ou un déplacement de l’accent – du rejet anxieux du «monde» vers une vue, libérée de l’angoisse, sur la réalité de Dieu dans ce monde ; une réalité, qui doit être expérimentée et témoignée d’une façon toute nouvelle : juste à nos frontières. Il convient de surmonter une «herméneutique du soupçon” en vue du «monde» et de grandir de plus en plus dans une «culture de confiance”, donc de grandir aussi dans une confiance en Dieu avec un ton laïc, ce qui est fondé en Jésus.

En jetant le regard en haut, sur le dôme du bâtiment du Circus Krone, nous laisse penser, peut-être, aux trapézistes – en tant qu’interprètes de la libération de l’angoisse, toujours dans le risque de la confiance, en lâchant et en s’étirant de nouveau dans l’espace de l’avenir, comme «le sauteur en suspense” (H.Nouwen). Un moment artistique dans l’intervalle prophétique et aussi toujours précaire de “La Pesanteur et la Grâce”, comme le dit Simone Weil : cet intervalle dans lequel la créature sait d’être toujours maintenue et soutenue, d’être “racheté” de soi-même et libérée vers l’autre :

“Un sauteur doit sauter, et un receveur doit attraper, et le sauteur doit faire confiance, avec les bras et les mains tendus, que le receveur sera là. … Rappèlle-toi que tu es un enfant bien-aimé de Dieu. Il sera là quand tu fais ton long saut. Ne pas essayer de le saisir. Il te saisira. Étends simplement tes bras et tes mains – et fais confiance, confiance, confiance”! 

Herbert Lauenroth, Centre œcuménique de Ottmaring, à Munich, Circus-Krone-Bau, 01.07.2016

Photo: Trapézistes ©Thierry Bissat (MfG); H. Lauenroth: ©Ursula Haaf

 

L’Europe : des petits pas prophétiques

Nous l’avons expérimenté plusieurs fois: l’unité en Europe n’est pas une utopie et ne passe pas (seulement) par les institutions. Elle est faite des rencontres entre les personnes: sans préjugés, désireuse de découvrir la richesse de l’autre, ce qui conduit – presque par surprise – à découvrir son identité de manière plus profonde.

C’est aussi ce qui s’est passé le 3 juin dernier lorsque seize représentants d’Ensemble pour l’Europe provenant des Mouvements et Communautés de différentes Églises (Schoenstatt, Focolari, Renouveau charismatique, Freie Christengemeinde, Kloster Wernberg) des régions de Styrie et de Carinthie (Autriche) se sont rendu visite dans la ville de Ljubljana (Slovénie).

Dans un premier temps, le matin, trois heures d’immersion dans la beauté du lieu: Silvester Gaberšk, expert en culture, a fait découvrir au groupe la partie la plus belle de la ville, le centre historique de Ljubljana. Puis déjeuner avec un pique-nique typique slovène, présent également 15 personnes de différents Mouvements chrétiens et Communautés de Slovénie. Cela a été de beaux moments, comme quand nous sommes entre frères et sœurs. Il s’est créé un tel rapport, de véritable amitié que cela semblait déjà le début d’une Europe unie.

Le moment suivant dans une pièce ont commencé les chants slovènes typiques. La présentation réciproque a été suivie d’un partage profond, d’un échange sur nos engagements et sur notre travail pour différents objectifs (comme accueillir les réfugiés, activitées avec des jeunes pour créer des liens entre les habitants, referendum en faveur de la famille), ce que nous faisons ensemble, nos rêves, tous liés à de belles prières et chansons. Nos amis autrichiens ont appris une prière chantée en slovène! Nous nous sommes retrouvés tous pleins d’ardeur et de feu pour travailler à l’unité de notre Europe.

A 18h nous nous sommes salués enrichi d’une nouvelle connaissance avec le désir de se retrouver le plus vite possible et heureux à l’idée de ce que nous pourrons vivre ensemble en novembre prochain à Prague.

Mariana e Pavel Snoj, coordinateur d’Ensemble pour l’Europe en Slovénie

Quelques retours sur la Journée de l’Europe 2018

Vers le 9 mai, Ensemble pour l’Europe a bougé avec créativité et imagination. Faisons un voyage virtuel dans certains pays de notre continent.

Des nouvelles nous arrivent de Paris (France), où la fête de l’Europe a été organisé le 12 mai, devant la municipalité, en partenariat avec la « maison de l’Europe », Ensemble pour l’Europe et de nombreuses associations et organismes ont formés le « village Européen ». Le tout au cœur de la ville, avec une grande participation de la part des jeunes. Ensemble pour l’Europe a mis en place un stand, qui a été aussi visité par le Maire de Paris, Madame Hidalgo, et par Nathalie Loiseau, Ministère des affaires européenne. Elles se sont intéressées amplement à nos propositions et ils en ont pris toute la documentation.

A Bratislava (Slovaquie), pour pouvoir échanger des idées sur l’Europe unie et être des instruments de dialogue et de compréhension pour les autres, la soirée du 9 mai a été dédié aux jeunes, et le samedi suivant à environ 120 personnes.

A Trente (Italie), le 9 mai, les mouvements « Amis » ont voulu se rencontrer, puis le 21 mai, ils ont élargi l’invitation à d’autres, en proposant de regarder ensemble le DVD de « Monaco 2016 ».

En Belgique, trois mouvements ont profité de cette occasion pour vivre une matinée d’approfondissement ensemble.

A l’Ambrosianeum de Milan (Italie), les Mouvements Animateurs de Ensemble pour l’Europe ont participé à la présentation du court métrage de Robert Schuman “Pour l’Europe”.

A Zagreb (Croatie), une quarantaine de personnes appartenant au: Renouveau charismatique, Schönstatt, Ignigo, le Forum œcuménique, le Mouvement des Focolari, ainsi que des représentants de l’Eglise baptiste et d’une Eglise libre, se sont réunis pour prier pour l’Europe, et pour un moment de réflexion, intitulé “Est-ce juste?”, était présente l’actrice américaine Kathleen Ann Thompson. Elle, inspirée par D. Bonhoeffer, des Écritures et de son expérience personnelle, a montré la valeur chrétienne dans les événements douloureux.

Faisant leur l’invitation formulée lors de la dernière réunion de Vienne en novembre pour former des jeunes à l’Europe, les mouvements de Ensemble pour l’Europe  de Slovénie se sont rendus dans un lycée catholique de Ljubljana, attendu par 60 étudiants de l’enseignement supérieure (18 ans), avec leurs professeurs. En deux heures, ils ont présenté les pères fondateurs de l’Europe (Schuman, De Gasperi, Adenauer) et le parcours du réseau Ensemble, avec également des expériences d’engagement personnel, suivies avec un vif intérêt. Une autre initiative du comité slovène a été une lettre au Président de la République, pour présenter Ensemble pour l’Europe et exprimer le désir d’une collaboration pour commémorer le 9 mai. Nous attendons une réponse directe. Cette année, à cette occasion, un grand événement public a eu lieu dans le centre de Ljubljana.

D’Esslingen (Allemagne), ils nous ont partagé de leur initiative qui a également impliqué le maire, Monsieur Jürgen Zieger, qui, dans son discours sur l’Europe, a parlé du développement historique de l’Union européenne et de la situation sur un plan local. Le jumelage entre villes, qui ont eu lieu après les catastrophes de la guerre mondiale, sont apparu comme un signe de paix. L’importance non négligeable de l’Europe pour l’Allemagne, mais aussi particulièrement pour les villes, est venu en relief d’une manière frappante dans les discours des personnes présentes. Ensemble pour l’Europe a souligné avec ces Oui son activité en Europe, en présentant le vidéoclip de l’événement “Monaco 2016”. La prière pour l’Europe, a été suivie d’un moment convivial : vin français, focaccia italienne ! et surtout de très beau partage. Un participant a commenté: “Une soirée avec des regards vers ‘intérieur, mais aussi prévoyant, et avec une implication personnelle”.

A Rome (Italie), le comité locale de  Ensemble pour l’Europe  célèbre depuis le 9 mai 2013 la commémoration de la déclaration Schuman. Cette année 15 Mouvements, Communautés et Associations ont invité à prier pour notre Continent au cours d’une Messe dans l’Eglise de Saint Marc l’Evangéliste, au Campidoglio. La célébration était présidé, concélébré par les prêtres des différents Mouvements, d’un évêque auxiliaire, Mgr Gianrico Ruzza, qui a souligné les valeurs des racines de l’Europe, comme le Pape l’a déjà fait à plusieurs reprises. La veille, « La civilisation de l’amour », avec NetOne (www.netone.org), a promu au Vatican une conférence de haut niveau sur le désarmement et la protection de l’environnement. (Cela a déjà fait l’objet d’un forum au Congrès à Monaco en 2016 ) “.

Le 9 mai aux Pays-Bas, les trois Eglises d’Utrecht (catholique romaine, vetero catholique et protestante) ont organisé un moment de prière ensemble (Europa Day Vesper) dans la cathédrale d’Utrecht, suivi d’un colloque intitulé: « L’Europe ? : impulsion pour la connexion! » Les Églises se sont senties interpellées, en tant qu’Institutions aussi sociales, à susciter une réflexion sur l’état du continent qui, malgré la réapparition actuelle des différences et de l’autonomie, apporte en soi des semences de paix et de collaboration: Etaient présents des personnes du monde culturel et politique, avec qui les participants ont pu dialoguer, conscients que seule « ensemble » l’Europe à une chance, sans oublier l’engagement personnel de travailler ensemble.

Certainement beaucoup d’autres initiatives existent dans le monde, que nous ne savons pas !

Ada Guazzo

Les jeunes aiment la concrétisation

L’Europe a-t-elle de l’avenir? Quelle contribution voyez-vous, par exemple, pour les Eglises et les mouvements et communautés chrétiens?

Bien sûr, l’Europe a un avenir! Et les communautés et les Eglises jouent un rôle à la fois individuel mais aussi ensemble, avec le renforcement de la sphère civile. Cette sphère civile qui, avec le temps, fera naître des nouveaux dirigeants politiques, entre temps renforcer et développer l’engagement civique. « Le plus grand problème est causé par ces millions de personnes qui veulent simplement ‘survivre’ » . Ces communautés jouent donc un rôle, car elles apportent une connaissance, exercent et développent leurs propres besoins (par exemple, ordre, liberté, obéissance, responsabilité, égalité, hiérarchie, respect, correction, propriété privée, propriété collective, vérité, etc.)

Le 9 mai ont fait mémoire de la  “Journée de l’Europe” . A quoi vous fais penser cette date ? Comment souhaitez-vous que les Européens fêtent cette date ?

Nous comprenons que cela soit une bonne chose, le choix de la date, ainsi que l’initiative, La question concerne plutôt le “comment”.  On pourrait plutôt penser à une manifestation qui – en plus des conférences interdisciplinaires des différents domaines scientifiques – puisse défier l’ensemble de la société. Pas des manifestations officielles, mais, par exemple, une “manifestation de masse” semblable au projet des capitales de la culture. L’expérience nous fait dire que c’est toujours la politique qui construit les célébrations officielles. Mais ce principe à des fins personnelles éloigne les gens des formulaires officiels.

Si vous étiez président de la Commission européenne (c’est-à-dire, avec un poste en responsabilité et avec des pouvoirs décisionnels), qu’elles seraient les priorités de votre programme pour maintenir et accroître l’union des peuples d’Europe?

En ne voulant pas l’uniformité, viser à la continuité, le renforcement et l’accélération de l’intégration, basée sur la reconnaissance mutuelle de l’identité et de la solidarité. Il est évident que ce système fédéral faible ne fonctionne pas. Nous en avons un exemple aux États-Unis, où même si nous parlons la même langue, mais les formes plus souples sont laissés de côté en faveur de la centralisation. Poursuivre et continuer à élargir les projets internationaux, tels que les ERASMUS, aux chercheurs et aux universitaires, puis, au fil du temps, aussi aux éducateurs et aux enseignants scolaires. Rendre obligatoire une période de six mois à l’étranger pour les étudiants universitaires, quel que soit le sujet d’études. Cours interuniversitaires courts et continus entre pays voisins (par exemple avec des universités d’été).

Comment voyez-vous l’Europe dans le contexte de la politique mondiale aujourd’hui?

Elle fait face à deux défis essentiels. 1. La question de l’unité: si elle ne fait pas l’effort d’être ensemble et de montrer l’unité, elle ne pourra que perdre son poids (voir 2ème question). Deuxièmement : La Corruption: même tout abus, même minime, économique, moral et sexuel, peut porter gravement atteinte à la communauté internationale, qu’il soit commis par un organisme officiel ou par un particulier. Ceci est évitable seulement et avant tout avec un examen continu et unitaire de la conscience (réflexion)

Il semble que les jeunes ne s’intéressent pas tellement à l’avenir de l’Europe. Le voyez- vous, vous aussi comme cela?

Les jeunes aiment ce qui est concret. Les choses insaisissables ne les intéressent pas. Par exemple, le nombre d’étudiants ERASMUS devrait être augmenté et plus d’argent devrait être investi dans des programmes d’études à l’étranger, afin que les jeunes se connaissent mieux. De plus, ils auraient besoin d’objectifs européens concrets dans lesquels ils pourraient croire et ainsi s’enthousiasmer.

Que pensez-vous des tendances populistes? Ne serait-il pas mieux de marcher ENSEMBLE? Mais comment?

Tout d’abord, ils sont la conséquence des dernières crises économiques; et deuxièmement, des conflits armés et des affrontements (par exemple, certaines ingérences étrangères); troisièmement, ils sont causés par le nationalisme, le résultat des différentes réalités déjà évoqué, le nationalisme que l’union représente à peine, tandis qu’au contraire, il est monté par les populistes. Et de plus, les électeurs n’ont pas de relations avec les politiciens européens, mais ils voient et ne connaissent que les leurs, de leur propre nation. Ils sont directement responsables de la manière dont ils transmettent les informations de Bruxelles dans leurs pays respectifs. C’est ainsi le peuple “les croient”. En tout cas, nous devons apprendre à avancer ensemble. comment? voyons les réponses précédentes. La première étape pourrait être le désir d’agir personnellement et ensuite d’assumer une responsabilité collective, reconnaissant son efficacité et son rôle dans son ensemble.

Zsófia Bárány PhD et Szabolcs Somorjai PhD, Hongrie, chercheurs universitaires dans la société, économie de l’âge moderne, politique et histoire de l’Église.

La joie d’être européens

Il semble que les jeunes ne sont pas très intéressés par le futur de l’Europe. Est-ce que c’est vrai selon toi?

Selon moi, ce n’est pas vrai. Il y eu a beaucoup qui s’y intéressent, mais ils restent dans l’ombre. On ne voit que ceux qui ne veulent pas que l’Europe soit unie. Ils veulent nous séparer et faire en sorte que chaque Pays  vive pour son propre compte. Et ce sont eux qui sont les plus actifs par rapport à ceux qui veulent l’Europe unie. Et ça, ce doit être un changement important pour chacun de nous qui sommes pro-Européens et pour l’Europe unie.

Comment vois-tu l’Europe dans le cadre de la politique mondiale de ce jour?

L’Europe doit faire preuve d’un grand exemple de démogratie, d’unité et de coopération réciproque. Elle doit prouver que la meilleure façon de vivre, c’est la démogratie.

Le 9 mai, aura lieu la commémoration de la « Journée de l’Europe ». Qu’est-ce que cela signifie pour toi? Comment voudrais-tu que les européens la célèbrent ?

Pour moi, c’est une date importante. C’est une journée au cours de laquelle tout le monde devrait célébrer le fait que nous vivons en paix, tout au moins dans la plus grande partie de l’Europe. Peut-être que certains ne descendront pas dans la rue pour faire la fête – chacun trouvera la façon qui lui conviendra pour le faire, mais chacun devrait sentir la joie d’être un citoyen européen.

Si tu étais le Présicent de la Commission Européenne (c’est-à-dire si tu avais des fonctions de responsabilité et de décisions), qu’est-ce que tu mettrais comme priorité sur ton agenda, pour maintenir et stimuler l’union des peuples de l’Europe ?

Tout d’abord, je dirais à tout le monde que nous sommes tous égaux face à la loi et que nous avons les mêmes droits en tant qu’habitants de l’Union Européenne. Dans les Pays qui font partie de l’Union Européenne depuis peu d’années, les habitants ne voient pourtant  que des différences. Il en résulte que l’Ouest se développe, alors que l’Est reste en arrière. Sur mon agenda, serait écrit: dire aux citoyens de l’UE que nous sommes tous également importants et nécessaires.

L‘Europe a-t-elle un futur ? Quelle contribution voix-tu , par exemple, de la part de l’Église et des Mouvements / des Comunautés chrétiennes?

L’Europe a un énorme avenir !  L’Europe est très importante pour le monde et elle doit être un exemple. Elle doit prouver qu’elle est unie (ce qui est le côté le plus difficile) et elle doit prouver qu’elle est capable d’accepter tout le monde.  La contribution des Églises et des Mouvements doit être celle de prouver à tout le monde que nous ne sommes pas des  « hypocrites », que nous ne disons une chose mais en faisons une autre. Nous devons nous ouvrir aux autres et les accepter. Et cela est valable non seulement pour les immigrés qui viennent de Payx hors de l’UE, mais aussi à l’intérieur de celle-ci : ne pas faire de sifférences entre les personnes de l’Est de l’UE et celles de l’Ouest de l’UE.

Que penses-tu des tendances populistes? Ne vaudrait-il pas mieux marcher ensembles? Mais, comment…?

Cette question est l’une des plus difficiles en ce moment. Nous avons vu, au cours des dernières années, que presque dans tous les pays de l’Union Européenne (et non seulement) ont été élus des partis politiques qui ont eu du succès avec une propagante populiste. Cela a eu lieu au Slovachie aussi. Et ce n’était pas uniquement un parti politique. Au  cours des derniers jours de fébrier 2018, ils ons assassiné, en Slochavie, un journaliste avec sa fiancée. Un garçon de 27 ans. Il était en train d’écrire qu’il y avait un lien entre la gouvernement (différents partis polutistes) et la mafia. De nombreux Slovaques ont décidé de marcher ensemble, de protester et de prouver qu’ils ne veulent plus ce polutisme. Mais, ensembles. En paix, sans violance. Ayant peur, mais sans rage. Cela peut être un exemple sur  comment  « communiquer ensemble ». S’unir non seulement en tant qu’habitants d’une cité, d’un Pays, mais en tant qu’habitants de l’Union Européenne. Comme citoyens européens.

Tomas Angelovic, Slovacchia, 27 ans; Études de sciences politiques ; aussi cours d’études à l’université de Sophia à Loppiano (Italie).

Slovénie : dialogue dynamique entre les Mouvements

Le 1er février a été pour nous tous une journée importante. Pour la première fois, nous, représentants de plusieurs Mouvements, sommes allés présenter Ensemble pour l’Europe au Parlement slovène, au siège du parti chrétien démocrate.

Jozef Horvat, président du comité pour les affaires étrangères, et ses collaborateurs nous ont accueillis chaleureusement. Le hongrois Pal Toth, professeur en communication et expert des relations Est-Ouest, a évoqué les tensions entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest et indiqué comment Ensemble pour l’Europe peut apporter sa contribution pour aider à résoudre ces problèmes. Le président a ensuite demandé à chacun d’entre nous – y compris l’ancien ministre de la culture, présent avec nous – de partager nos idées. Avec ses collaborateurs, il nous a remercié de tout cœur de notre visite, appréciant notre contribution et nos idées. Ils vont proposer au Parlement slovène de supprimer un des deux jours fériés de la fête du 1er mai et de faire officiellement du 9 mai un jour férié, pour la journée de l’Europe.

Le soir même, nous nous sommes retrouvés, les représentants des divers Mouvements, avec Mgr Stanislav Zore, archevêque de Ljubljana, et Pal Toth. Nous avons fait le point sur la rencontre des Amis de Ensemble pour l’Europe à Vienne en novembre dernier. La prière œcuménique à la cathédrale Saint-Étienne nous particulièrement interpelés et nous a tous encouragés à faire des avancées concrètes pour la réconciliation en Slovénie. Pal Toth a présenté son intervention « Culture de la rencontre et du dialogue entre l’Est et l’Ouest en Europe ». Puis le professeur Igor Bahovec a confirmé l’importance de trouver des espaces de dialogue et de rencontre et de redécouvrir les racines de l’Europe chez nos fondateurs. Les Mouvements, avec tous les hommes de bonne volonté, peuvent apporter des réponses concrètes pour l’Europe de l’Esprit.

Nous avons présenté les cinq pas concrets décidés pour les prochaines années et ils ont trouvé un large écho. Nous qui faisons partie de divers Mouvements et Communautés, nous avons une « deuxième vocation », celle de travailler non seulement pour notre Mouvement, mais d’entreprendre un chemin commun. Mgr Zore nous a encouragés à faire des rencontres avec cet objectif, parce que seule la communauté peut porter du fruit. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons être témoins du christianisme, selon le testament de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17,21).

Tout naturellement, nous avons renouvelé solennellement le Pacte d’amour réciproque. La soirée s’est poursuivie avec questions, réponses et propositions. Nous avons aussi été interviewés par la radio. Dans un dialogue fraternel, nous avons renforcé nos relations et nos décisions. Une flamme d’enthousiasme s’est allumée, selon l’expression d’un participant. Jésus au milieu de nous a guidé nos pas vers une communion toujours plus pleine en vue d’une collaboration fructueuse pour l’Europe.

Pavel et Marjiana Snoj

La cathédrale de Vienne au cœur de l’Europe

Une prière œcuménique intense : la cathédrale de Vienne, Saint-Étienne, le 9 novembre 2017, était au cœur de l’Europe.

Visible, attirante, européenne – c’est ainsi que la « prière œcuménique pour l’Europe » a été présentée ce soir à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.

Ils étaient au cœur de la capitale autrichienne, à la veille de leur congrès annuel, appartenant au réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe, et venant de nombreux pays du continent, du Portugal à la Russie, de l’Angleterre à la Grèce. Leur objectif: l’unité et la réconciliation entre différentes confessions et cultures, ainsi que la solidarité et l’intégration en Europe.

Avec le cardinal Christoph Schönborn, dirigé par un groupe œcuménique d’autorité ecclésiastique, des centaines de personnes se sont rassemblées, et de manière significative sous la croix de Lettner (Lettnerkreuz): le mémorial aux victimes des deux guerres mondiales. « On n’attend pas de nous aujourd’hui que nous dominions, mais on attend que nous servions », a souligné le Cardinal dans son discours. Dans une forte cohésion, la prière solennelle résonne pour  un ensemble de cultures, de générations et pour la paix.

« La prière était un signe d’espoir multilingue, visible et européenne », a déclaré l’un des participants de la soirée. « Cela nous donne du courage pour l’avenir ».

Vidéo Prière œcuménique Vienne (allemand)>

Au cours de la réception qui a suivi la célébration, Thomas Hennefeld, directeur de l’Église Évangélique réformée d’Autriche et président du Conseil œcuménique des Églises en Autriche et Jörg Wojahn, responsable de la Commission Européenne en Autriche, ont souligné les valeurs chrétiennes comme la base d’une Europe unie. « Nous avons besoin de tout le monde », a déclaré le représentant de l’UE de manière décisive.

Après le 9 novembre, 1938 (Kristallnacht), le 9 novembre, 1989 (chute du mur de Berlin) le 9 Novembre, 2017, jour de prière pour l’unité chrétienne, ne pourrait-il pas être une étape importante sur le chemin d’Ensemble et un signe pour  l’Europe?

Beatriz Lauenroth;  Photo: Annemarie Baumgarten

555 ans !

 « Trésors cachés » à Vienne

31 octobre 2017 = 555 ans ! Mystère ? Je m’explique : 500 ans = la Réforme de Luther ; 50 ans = mon âge à ce jour ; 5 ans = c’est depuis ce temps que je vis en Autriche.

Je me rends compte de cette sympathique coïncidence et je me demande comment je pourrais fêter ces anniversaires en mettant en relation histoire personnelle et œcuménique.

Je suis Suisse, de mère réformée et de père catholique. Les enfants, nous avons été baptisés dans l’Église réformée, mais nous avons pris ensuite des chemins divers. Je suis entrée dans l’Église catholique dès mon enfance. Avec de telles bases, ma passion pour l’unité des Églises est grande. Je vis maintenant dans une communauté du Mouvement des Focolari à Vienne.

Lors d’une rencontre de la vie consacrée au Centre œcuménique d’Ottmaring, en Allemagne, j’ai présenté avec l’évêque luthérien émérite, Herwig Sturm, un montage intitulé « Luther », avec des images, des paroles et de la danse (je suis danseuse de profession). J’ai alors eu l’idée de proposer cette présentation pour mon anniversaire.

 

Le 29 octobre 2017, plus de soixante personnes sont venues à Ad Spiegeln, au Centre de rencontres du Mouvement des Focolari à Vienne, pour fêter mon anniversaire. Au lieu de m’offrir des cadeaux, tous ont accepté ma proposition de donner de l’argent pour les frais occasionnés par les traductions lors de la rencontre européenne des Amis d’Ensemble pour l’Europe, qui avait lieu quelques jours plus tard, dans ce même Centre de rencontres.

Quelle joie pour moi de pouvoir remettre personnellement la somme récoltée au Comité d’orientation international d’Ensemble pour l’Europe !

Roswitha Oberfeld, Vienne

Europe, promesse de paix

Un congrès au Vatican pour repenser l’Europe. Ensemble pour l’Europe était présent.

«A notre époque, les chrétiens sont appelés à redonner une âme à l’Europe, à réveiller les consciences, non pas pour occuper des espaces, mais pour animer des processus qui engendrent de nouvelles dynamiques dans la société ». C’est par ce souhait que le pape François a conclu sa rencontre avec les 350 participants du congrès qui s’est tenu au Vatican auprès de la Commission des conférences épiscopales de la Communauté européenne (Comece) en collaboration avec le Secrétariat d’Etat. Le thème : « (Re)Thinking Europe. (Re)penser l’Europe. Une contribution chrétienne à l’avenir du Projet Européen” (27-29 octobre). Les organisateurs de cette rencontre ont voulu profiter de l’occasion pour signifier aux chrétiens l’aide qu’ils peuvent apporter au projet européen, dans l’espoir que le dialogue mis en acte puisse aider l’Europe et ses institutions en cette phase particulièrement critique.

Coup d’œil sur la réalité, perspectives, défis et espoirs du continent avaient fait l’objet de l’intervention du cardinal Marx, archevêque de Munich et Freising, président de la Comece, les jours précédents. En jeu : les problèmes d’environnement, le monde du travail, la crise des migrants, à affronter – affirmait-il – « avec un regard lucide sur notre présent et surtout sur le futur ».

Pour Mgr. Jorge Ortiga, archevêque de Brague et délégué de la Conférence Episcopale Portugaise à la Comece, « L’Union Européenne a besoin d’une âme, de quelque chose de nouveau. Il ne s’agit pas de s’intéresser uniquement au territoire ou à l’économie. C’est la responsabilité de construire une société unique, expression d’un corps unique, mais dans la diversité, dans le respect de chaque culture, de chaque pays, en tout ce qui le caractérise.

András Fejerdy, professeur à l’Université Catholique de Budapest, constate que « même si le mur de Berlin est tombé depuis maintenant 25 ans, le mur de nos esprits n’est pas encore tombé. Peut-être que nous, qui vivons dans la partie orientale de l’Europe, connaissons mieux l’histoire, la culture, la pensée des occidentaux. D’un autre côté, en revanche, nous faisons face à de nombreuses incompréhensions dues à l’ignorance. Au workshop auquel nous avons participé, se trouvaient des représentants de l’Europe de l’Est et du Sud. Il était intéressant de voir que nous partagions les mêmes espérances et les mêmes peurs par rapport au futur de l’Europe ».

Et Katrien Verhegge, directeur général de Kind en Gezin, (Belgique) : «Dans ce contexte nous portons notre message d’unité et de diversité. Pour moi, cela signifie retourner à l’essentiel : l’amour et la règle d’or. Nous pouvons être unis autour de la règle d’or « ne pas faire aux autres ce que tu ne voudrais pas que les autres te fassent ». Si nous repartions sur cette base pour repenser l’Europe, nous ferions déjà un pas en avant ».

Pour Pedro Vaz Patto, président de la Commission Justice et Paix du Portugal, notre époque vit « une crise de confiance en l’Europe. Nous avons essayé de porter notre contribution en tant que chrétiens à cette Europe qui est toujours à la recherche d’une âme. La devise de l’UE est « unité dans la diversité ». Nous, chrétiens, croyons en un Dieu qui est un et trine. Donc, notre foi nous aide à vivre cette unité dans la diversité, avant tout par notre témoignage. Entre les mouvements chrétiens, les Eglises, les personnes ».

Parmi les participants à la rencontre, Ilona Toth était déléguée du mouvement des Focolari pour Ensemble pour l’Europe, projet qui permet à des Communautés et des mouvements chrétiens de diverses Eglises de se mettre ensemble. Ils sont actuellement plus de 300, répandus sur tout le continent, ils ont leur propre autonomie mais agissent en réseau pour des buts que tous partagent, en apportant la lumière de leur propre charisme. « Un projet, affirme-t-elle, en pleine harmonie avec la rencontre qui se déroulait et qui a suscité de l’intérêt. Nous avons été invités à Bruxelles pour commencer à collaborer, vu l’importance de responsabiliser les peuples de l’Europe, dans le but de construire leur histoire commune ».

A noter la présence de responsables de différentes Églises, dont le président de l’Église évangélique en Allemagne (EKD), l’évêque luthérien Bedford-Strohm et des représentants de la Conférence des Églises européennes (CEC) : le père Heikki Huttunen, secrétaire général et la révérende Karin Burstrand, vice-présidente.

L’engagement des chrétiens en Europe, ce sont les paroles du pape François en conclusion de son intervention, « doit constituer une promesse de paix ». Ce n’est plus « le temps de creuser des tranchées, mais bien celui d’avoir le courage d’œuvrer afin de poursuivre le rêve des Pères fondateurs d’une Europe unie et soudée, communauté de peuples désireux de partager un destin de développement et de paix ».

Fonte: SIF  

Discours du Pape François >

Video: https://vimeo.com/240377109

Les amis d’Ensemble pour l’Europe se retrouvent à Vienne

En 2017, les « Amis » d’Ensemble pour l’Europe, ont rendez-vous pour leur congrès annuel ( 9 – 11 novembre )  à Vienne, entre l’Est et l’Ouest du continent européen.

120 participants sont attendus d’environ 20 pays de l’Est et de l’Ouest, de 40 mouvements. L’objectif principal est d’échanger sur trois thèmes :

  1. Quelle culture est née de l’histoire d’« Ensemble pour l’Europe» ?
  2. Quelle est notre contribution spécifique à l’Europe ?
  3. Dialogue Est-Ouest : Enrichissement mutuel

Lors de cette rencontre, les Amis « d’Ensemble pour l’Europe » veulent renouveler la communion entre leurs charismes, qui s’étend de l’Angleterre à la Russie et du Portugal à la Grèce. Leur mission commune : construire une Europe unie et multiforme, avec une forte cohésion sociale dans la multiplicité culturelle.

A Vienne, le jour de l’arrivée, le 9 novembre, 2017, dans la cathédrale Saint-Etienne, se tiendra une prière œcuménique pour l’Europe, à laquelle sont invités tous ceux qui veulent la paix en Europe et dans le monde.

Avec le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, l’évêque auxiliaire émérite Helmuth Krätzl, le vicaire épiscopal Ivan Petkin de l’Église orthodoxe bulgare en Autriche, le Chorepiskopos Emanuel Aydin, de l’Église orthodoxe syrienne en Autriche, le délégué patriarcal P.Tiran Petrosyan, de l’Église apostolique arménienne, le pasteur Patrick Curran, vicaire épiscopal du diocèse de l’Est de l’Église anglicane en Europe, les participants présenteront à Dieu les besoins et les ressources de notre continent. L’intention de prière est plus que jamais d’actualité : l’unité dans la multiplicité, la paix dans la justice.

Une salutation sera donnée par : Thomas Hennefeld, directeur de l’Église Évangélique réformée d’Autriche et président du Conseil œcuménique des Églises en Autriche et Jörg Wojahn, responsable de la Commission Européenne en Autriche.

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Des dizaines d’années de stupeur

Par la métaphore « derrière le rideau de fer », on désignait les États qui, de la seconde guerre mondiale jusqu’en 1989, faisaient partie du bloc communiste et étaient ainsi appelés en raison de la frontière idéologique « de fer » qui divisait l’Europe en deux parties et qui était concrètement visible avec le mur de Berlin.

Quand je suis allé à Prague pour mes études, dans ce qui était encore la Tchécoslovaquie, le souvenir de Jan Palach était encore très vif et, chez les étudiants de l’université, on parlait de lui comme d’un héros. Le 16 janvier 1969, transformé en torche vivante, il avait voulu attirer l’attention du monde sur le désespoir dans lequel vivait son peuple. Ma première impression a été que deux mondes vivaient dans cette capitale, l’un apparent et officiel, l’autre caché, mais très vivant.

J’ai vécu la même chose en Hongrie, où je suis arrivé en 1980. Les nouvelles de ces pays nous parvenaient à l’Ouest calibrées et contrôlées… On n’avait pas su grand-chose du pays des Magyars, sinon au moment des événements de 1956. J’arrivais à Budapest avec une bourse d’études pour des recherches sur la littérature enfantine et sous mes yeux commençait à défiler un chapelet de surprises.

Ce qui arriva ensuite a la saveur d’un miracle : j’ai eu la possibilité de rester en Hongrie une fois mes études finies. Un prix m’avait été attribué pour les traductions que j’avais faites, ce qui m’avait permis d’être connu et de recevoir une proposition pour enseigner à l’université Janus Pannonius de Pécs. Sur un fond politique plus inspiré par les intérêts que par les idéologies, introduire des éléments positifs demandait liberté et grande responsabilité.

Un jour, dans le train, au cours d’un des interminables contrôles des bagages à la frontière, je regardais au dehors un petit oiseau qui sautait d’un côté et de l’autre au-dessus des barbelés du mur de séparation et je me suis demandé combien de temps allaient encore durer ces barricades. Une phrase du philosophe napolitain Jean-Baptiste Vico m’a redonné espoir : « Hors de leur état naturel, les choses ne s’attardent ni ne durent »[1].

Aussitôt après la chute du mur de Berlin, en 1989, j’ai eu l’occasion de traduire une étude sociologique sur le phénomène du changement de nom des places et des rues de Budapest et du sort réservé aux statues du réalisme communiste, gonflées de muscles et de victoire, transférées dans un jardin conçu exprès, presque un zoo où emmener les enfants le dimanche. Quelques étoiles rouges, par leur taille et leur poids, ont attendu des années avant de descendre de leur piédestal.

Après seize ans passés en Hongrie, je suis allé dans d’autres pays ayant appartenu au pacte de Varsovie, comme la Slovaquie et la Pologne où, un jour, dans le camp d’Auschwitz, j’ai mieux compris le pourquoi de mon existence et j’ai remercié Dieu de pouvoir participer avec d’autres à faire de l’Europe et du monde entier une grande famille.

Cette affirmation de Victor Hugo m’a semblé particulièrement juste : « Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue »[2].

Tanino Minuta

[1] Giambattista Vico, Opere Vol. I, Tipografia della Sibilla, Naples, 1834, p. 12.

[2] http://www.lemeilleurdelhomme.com/2014/10/22/les-20-meilleures-citations-de-victor-hugo/

Étudier, vivre et enseigner l’histoire

9 novembre 1989, date inoubliable de l’histoire récente : c’est la chute du mur de Berlin. Ce soir-là je me trouvais moi aussi devant la télévision pour suivre un événement inattendu et dont beaucoup, surtout nous, les jeunes, ne comprenaient absolument pas la portée.

Certes, j’avais étudié à l’école et à l’université, avec un diplôme d’histoire moderne en poche, les années de la guerre froide et la construction de ce rideau de fer qui, maintenant, en ces jours de novembre, était inexorablement réduit en miettes. Dans les mois suivants, nous allions connaître par les journaux et par des dossiers approfondis l’histoire des peuples de Tchécoslovaquie, de Hongrie, de Pologne, de Roumanie, qui se libéraient par des révolutions plus ou moins pacifiques de 70 ans sous le joug de l’Union Soviétique.

Je n’aurais cependant jamais imaginé, ce 9 novembre, que les récits et les images diffusés par les médias allaient se transformer pour moi en vie, en des personnes en chair et en os que j’allais rencontrer sur ma route. En fait, à peine un mois et demi plus tard, à la gare de Budapest-Keleti, je descendais d’un train qui m’avait amené de Rome en Hongrie, en passant par la Slovénie et la Croatie. On m’avait offert un poste de professeur d’italien et d’histoire dans un lycée de la capitale. Ce soir de décembre, dans l’atmosphère fumeuse de la gare, un petit groupe de personnes est venu m’accueillir, avec un grand sourire et un petit bouquet de fleurs. Quel contraste avec la scène qui m’attendait sur la place : quelques énormes camions vomissaient sur le pavé des dizaines de soldats soviétiques. Oui, ce fut mon premier contact avec un pays de l’Est : des personnes normales, que je reconnus tout de suite comme une famille, immergées dans une atmosphère grise et soupçonneuse, avec les signes évidents d’un contrôle encore en vigueur, bien que la naissance de la République de Hongrie ait été proclamée en octobre 1989 (Il faudrait attendre encore deux ans pour que le dernier militaire avec l’étoile rouge au képi quitte pour toujours le pays).

Les premiers mois de liberté constituaient une phase de transition, tant dans le domaine politique que social : tandis que le gouvernement démocratique faisait ses premiers pas et devait aussi compter avec les grèves, les commerces commençaient lentement à présenter une variété de produits, quelques-uns venant de l’étranger. La vie quotidienne était encore compliquée, du moins pour une occidentale comme moi. A la maison, j’établissais un menu, mais c’était une autre paire de manches pour trouver les ingrédients au marché ! Un jour, en 1990, les chauffeurs de taxi et de poids lourds ont bloqué tous les ponts sur Danube pour protester contre la hausse des prix du carburant. Aussitôt des files interminables se sont formées pour acheter le pain et les magasins ont été complètement vidés. Au marché, j’ai entendu quelqu’un dire : « C’est comme en 1956 », sous-entendu : quand le pain manquait. Les gens n’arrivaient pas encore à croire que le pire était vraiment passé.

C’était vraiment « une toute autre histoire » et cela m’est apparu encore plus clairement quand j’ai commencé à enseigner. Non seulement je n’avais pas de livres scolaires, mais ceux qui existaient relataient une version des faits vus… par l’œil de Moscou et l’idéologie de la lutte des classes. De plus, je me trouvais devoir expliquer à mes élèves innocents des choses pour moi évidentes. J’en ai vécu l’épisode le plus marquant la veille de Noël 1990. Pour faire de la conversation en italien, nous parlions des différentes traditions de Noël en Italie. Naturellement j’ai usé de paroles enthousiastes à propos des différentes représentations de la Nativité et de la crèche, au centre de toute famille italienne ces jours-là. Je parlais depuis plus d’une demi-heure quand une brunette, sur les bancs du fond, a levé la main et m’a demandé : « Mais madame, qui est Jésus ? ».

Maria Bruna Romito

Le équipe de coordination de Suisse et frère Nicolas

500 ans de la Réforme et 600 ans de Nicolas de Flue – Qu’est-ce que ces Jubilés ont à nous dire aujourd’hui ? 260 personnes de diverses Églises, qui font partie du réseau de Suisse « Ensemble pour l’Europe », se sont retrouvées dans la salle polyvalente de Flüeli pour chercher une réponse à cette question.

La question centrale était : « Que signifie la vie et l’action de frère Nicolas pour nous personnellement, pour les Églises et Communautés ecclésiales, pour notre vivre Ensemble ? »

Les participants de 30 Mouvements et Communautés ecclésiales de toute la Suisse ont fait le voyage. Dès le début, on a pu voir combien la rencontre et le partage étaient au centre de cette journée. En peu de temps, la salle polyvalente s’est transformée en de nombreux cercles joyeux et très vivants. C’est « Ensemble » que le équipe de coordination, composé de 10 représentants des différents Mouvements et Communautés, a préparé et planifié cette journée : Quatre exposés (différentes approches de la vie et l’action de frère Nicolas), une chorale, trois groupes de théâtre représentant la prière de frère Nicolas, et une table ronde multicolore et très vivante.

Le pasteur Geri Keller et Roland Gröbli, experts de Nicolas de Flue, P. Raffael Rieger, représentant de « Ensemble pour l’Europe », et Alisha Furer, historienne, représentante des jeunes, ont été les animateurs de la table ronde qui ont duré une heure. La modératrice était Selomie Zürcher, une étudiante d’histoire qui fait partie de la « Communauté JAHU » (communauté ecclésiale régionale). Les participants étaient invités, à travers les paroles de frère Nicolas, à parler de leur expérience personnelle et de leurs limites : Qu’est-ce qui m’empêche d’aller vers des personnes de confession différente de la mienne ? Qu’est-ce qui peut m’y encourager ? Quelles expériences positives de « Ensemble » puis-je partager ? Ces questions ont permis de dépasser les préjugés et encouragé à faire le premier pas, « dans la vie de tous les jours aussi, comme dans le bus par exemple ».

Frère Nicolas fascine aussi parce qu’il présente divers facettes : Nicolas le mystique, le médiateur, le paysan, le politicien, l’époux, le père et confident. En un mot : Nicolas l’homme est proche des êtres humains. Mais il est aussi tout proche de Dieu.

De nombreux participants, venus par intérêt pour frère Nicolas, ont exprimé leur enthousiasme d’avoir pu découvrir le réseau « Ensemble pour l’Europe ». Quelqu’un a dit: « Merci pour votre engagement pour ENSEMBLE POUR L’EUROPE. Désormais j’en fais aussi partie ! »

Elisabeth Reusser, 9.9.2017

Vous pouvez trouver davantage d’infos, articles de presse, textes et photos de cette journée sur le site suisse « Ensemble » : http://miteinander-wie-sonst.ch/miteinander/

Les Balkans vus par un Napolitain

Ce n’est pas chose facile de raconter plus de 10 ans en Slovénie, Croatie et Roumanie.

Je m’y suis tout de suite senti à l’aise. L’impact initial avec la Slovénie a été spécial parce que les Slovènes sont un peuple complètement différent du mien. Je ne connaissais pas la langue, le climat était très froid, et il y avait toujours dans les maisons cette odeur caractéristique du charbon qui brûlait dans les poêles. J’ai été tout de suite frappé par leur sens de l’ordre et de la discipline. Je me souviens qu’un soir, avec un ami de la communauté, nous nous étions arrêtés devant un kiosque pour acheter des fruits. Lui s’était mis à faire la queue et moi, je m’étais mis à l’écart. Au bout de quelques minutes, je me suis aperçu qu’une queue s’était formée derrière moi… Je me suis vite rendu compte qu’il se passait la même chose pour prendre le bus. Cela m’a vraiment impressionné. Cinq mois plus tard, je suis parti en Croatie. J’y ai éprouvé un sentiment de liberté, parce que j’étais inscrit à l’université pour apprendre la langue et je pouvais rencontrer des personnes, circuler dans la ville et faire toutes sortes de choses auparavant impossibles. Avec les Croates, j’ai découvert un peuple très proche du mien : lumineux, cordial, accueillant et aimant la bonne chère.

La chute du Mur

Une expérience inoubliable, vécue instant après instant avec mes amis et beaucoup d’autres, devant la télévision : sous nos yeux, c’était le monde qui changeait !

La guerre

La guerre des Balkans a été une de mes expériences les plus fortes : une sensation un peu étrange parce qu’à Zagreb, où je vivais, nous n’étions pas directement touchés par le conflit. Dans les premiers jours seulement, j’ai vécu des moments de terreur à cause des snipers qui tiraient de tous côtés, au hasard, sur la population. Malgré cela, ce qui me reste le plus de ces années de guerre, ce ne sont pas les villes ou villages détruits, mais la solidarité qui s’est créée entre les personnes. J’étais ému d’assister à l’arrivée de camions pleins de nourriture, de vêtements, etc.  Pour ma part, comme mes parents étaient morts, J’ai littéralement vidé avec quelques jeunes l’appartement de ma famille à Naples et tout transporté en Croatie. Je me souviens aussi qu’au beau milieu de la guerre, en 1993, nous avons réussi à organiser un festival de jeunes. Ils étaient environ 3 000 : catholiques, orthodoxes, musulmans, et venaient de Yougoslavie, de Roumanie, de Bulgarie et de Moldavie. J’ai été particulièrement touché par une chanson d’un groupe de jeunes musulmans ! La radio et la télévision étaient présentes et le lendemain la nouvelle était en première page sur tous les journaux de la capitale.

La Dacia (Roumanie)

Dans ce pays, j’ai compris ce que veut dire passer d’une situation de bien-être à une situation d’indigence. Le communisme – c’est mon ressenti – avait réussi à détruire toute l’histoire culturelle, civile et populaire du pays. Pour moi, cela a été un choc ! Un jeune que je connaissais de vue m’avait demandé de l’argent. Sur le moment, je n’ai pas pu l’aider parce que je n’avais pas sur moi la somme qu’il me demandait. Mais je me suis posé cette question : « Pourquoi est-ce à moi qu’il s’est adressé ? ». Réponse évidente : « Parce qu’il sait que je suis Italien et il pense qu’à n’importe quel moment je peux repartir d’où je viens ». La véritable pauvreté est la sensation de n’avoir plus rien et de ne pas avoir quelqu’un qui peut vous aider. En Roumanie, j’ai fait aussi l’expérience du partage profond, avec la rencontre de frères et sœurs qui attendaient quelque chose qui donne enfin un sens à leur vie : l’Amour. Comme auparavant en Slovénie et en Croatie, j’ai encore des relations fraternelles avec beaucoup d’entre eux.

Gennaro Lamagna

 

Toujours plus à l’Est

Rossiya mon Amour

Moscou 1991. C’est l’hiver. Ce premier après-midi, mon avion atterrit à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo.

La salle d’arrivée est faiblement éclairée et la queue au contrôle des passeports et visas interminable. J’ai trouvé un emploi à l’université Lomonossov et voilà que je débarque en Russie avec toutes mes affaires. Dehors, il fait déjà nuit et, d’une certaine manière, j’ai l’impression qu’ici le monde est définitivement fini. Puis l’annonce : « Correspondance pour Novossibirsk et Krasnoïarsk ». Je pense alors : « Il me semble au contraire que c’est ici que tout commence ».

La magie des commencements

Je vis dans une petite communauté œcuménique. Notre appartement se trouve rue Volocaevskaïa, dans un quartier ouvrier. Au premier abord, cela semble un endroit peu fiable. A ma question : « Pourquoi n’allons-nous pas, comme tous les étrangers, sur le terrain sûr de l’ambassade ? », on m’explique : « Ne t’inquiète pas ! Ici, le prolétariat nous protège ».

En fait, le contact avec nos voisins est spontané : les vieilles dames, assisses presque jour et nuit dans la cour, savent exactement qui arrive, avec qui et à quelle heure, qui s’en va et où il va. Par leur spontanéité, les enfants me font oublier la puanteur et la saleté de la cage d’escalier. Rue Volocaevskaïa, nos nouveaux amis viennent volontiers, collègues et étudiants, jeunes et moins jeunes. Dans notre appartement meublé, ils ne sont pas gênés par le canapé rongé par les rats ni par le tuyau d’eau qui fuit dans le couloir. Le début de notre profonde amitié nous immerge dans une lumière éblouissante et nous fait oublier tout le reste.

Les « fils spirituels » d’Alexandre Men

Au début des années 90, en Russie, la production continue à diminuer. Les magasins sont vides, on manque de tout. La vie religieuse semble éteinte. Dans les églises, il y a une usine de vodka, un bureau, un magasin…

Nous connaissons depuis longtemps le prêtre russe-orthodoxe Alexandre Men. Depuis les années 60, il baptise clandestinement des milliers de personnes et montre une ouverture œcuménique qui n’est pas sans danger à cette époque. Autour de lui se forme une communauté vivante de chrétiens orthodoxes. Quand le père Alexandre est sauvagement tué, il laisse ses « fils spirituels » traumatisés, comme orphelins.

« Là ou deux ou trois se trouvent réunis en mon nom… »

Rapidement, beaucoup d’entre eux s’unissent à nous. Nous commençons à vivre ensemble la Parole de l’Écriture, par exemple : « Là ou deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20). Ils trouvent parmi nous une nouvelle patrie, comme ils l’expriment eux-mêmes. « Vous, vous ne faites pas de prosélytisme, vous nous aidez à devenir un ferment pour un renouveau de l’Église russe-orthodoxe ». Après des dizaines d’années de sécheresse spirituelle, nous vivons avec eux et d’autres un nouveau printemps. Je suis heureuse comme jamais. La soif d’une vie spirituelle en communion nous unit, nous qui sommes si différents par la culture, l’éducation et la mentalité.

Ma découverte

Dans les années 90 – avec la pérestroïka et le glasnost – de plus en plus d’organismes et de sectes entrent dans les pays d’au-delà du rideau de fer, mais aussi des aides des différentes Églises (Renovabis, Kirche in Not, Bonifatiuswerk…) et des mouvements religieux (Communion et Libération, le Chemin Néocatéchuménal, les Focolari, la Communauté Sant’Egidio…). Quelques-uns restent, beaucoup sont repartis.

Mon expérience personnelle, comme Allemande de l’Allemagne de l’Ouest, après presque 20 ans en Russie ? J’ai reçu de ce pays infiniment plus que ce que je pourrai jamais donner : entre autres, le recueillement pendant la riche liturgie orthodoxe-russe, où ma relation à Dieu s’est approfondie ; et les amitiés solides qui continuent à distance et me montrent combien je suis aimée. J’ai redécouvert ma vocation de chrétienne et de femme : j’ai été appelée pour aimer. Pendant ces années, je crois que nous avons récrit à notre manière les Actes des Apôtres. Les phrases : « Voyez comme ils s’aiment » et « ils mettaient tout en commun » (Ac 4,32) nous ont marqués, modelés. Je les comprends de façon nouvelle : l’Évangile va beaucoup plus loin… bien au-delà de Novossibirsk et Krasnoïarsk !

Beatriz Lauenroth

 

Bienvenue à Vienne !

WILLKOMMEN, BENVENUTI, WELCOME, VITAJTE, BIENVENUE…

Le groupe des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » se réunit cette année à Vienne !

Nous souhaitons faire de cette rencontre un grand Ensemble, un Ensemble intense, visible, ouvert, un Ensemble serein et européen.

A cette fin, nous, l’équipe de coordination de Vienne, avons mûrement réfléchi et, après avoir consulté le Comité d’Orientation, nous préparons pour le début de la rencontre, le 9 novembre, une prière œcuménique à la cathédrale Saint-Étienne, dans le centre de Vienne, donc un lieu ouvert au public, avec la participation de plusieurs personnalités. L’archevêque de Vienne, le cardinal Schönborn a confirmé sa présence à la prière et le maire de Vienne invite aussitôt après à des « agapes ».

« Le 9 novembre, tu viens à la cathédrale Saint-Étienne ? » : c’est la question que nous posons à tous ceux que nous rencontrons, dans une joyeuse attente.

La cathédrale sera-t-elle remplie ? « La partition est écrite au ciel », disait Chiara Lubich, et nous avons confiance.

l’équipe de coordination de Vienne

 télécharger l’invitation >

Munich 2016 – Finalement sur le web

Ça y est ! Grâce au travail de beaucoup de personnes, la documentation de l’événement, qui a eu lieu à Munich du 30 juin au 2 juillet 2016, est désormais entièrement sur le site web : photos, thèmes du congrès et de la manifestation sur la place publique.

Celle-ci est disponible en Anglais et en Allemand

Vous pouvez tout de suite feuilleté ces documents  en Anglais >

Vous pouvez tout de suite feuilleté en allemand :  en Alemand >

Vous pouvez aussi télécharger la version pdf en Anglais > ou en Allemand > 

Secrétariat d’Ensemble pour l’Europe

Proposition arrivée

Après la Newsletter du mois de mai dernier, où nous avons demandé des suggestions de phrases très brèves, qui puissent devenir des « sous-titres » d’Ensemble pour l’Europe, voici dans la langue d’origine ce qui nous est parvenu.

Nous remercions chacun et chacune, qui nous a répondu, et qui ont manifesté ainsi leur appartenance à notre « ENSEMBLE » !

  • ’Europa – la nostra casa comune
  • ’Europa – la Casa della famiglia dei popoli
  • In the Name of Jesus
  • Cristiani per l’Europa – popoli dal labbro puro, rivestiti delle armi della luce
  • Ein geschwisterliches Europa der Werte
  • Wir bauen auf ein Europa der Geschwisterlichkeit / auf ein Europa der Werte
  • Insieme per l’Europa – pista cristiana verso un mondo migliore di sussidiarietà e solidarietà
  • „Diese Christen bekommen wir nicht mehr auseinander. Sie gehören zusammen“  (Zitat von Reinhard Kardinal Marx)
  • Miteinander für Europa – Christen aus verschiedenen Konfessionen tun sich zusammen
  • Aus Unkenntnis wird ein Staunen über den Reichtum der anderen
  • Ein Synergie-Effekt entsteht. Kräfte werden frei.
  • Europa bekommt ein anderes Gesicht! Das Gesicht Jesu!
  • Innestati nelle radici comuni
  • L’Europa si desta!
  • Europa: casa delle nazioni – Famiglia di popoli
  • Europa delle nazioni – Famiglia di popoli

 

 

 

En « Famille » à Assise

Ensemble pour l’Europe est l’invité de l’Association « Villes pour la Fraternité »

On dit que l’Europe est unie, si nous unissons les villes. Mais n’existe-t-il pas quelque chose d’universel « semblable », capable d’inspirer et animer un tel réseau?

Ensemble pour l’Europe est un E.N.S.E.M.B.L.E de chrétiens qui oeuvre pour la fraternité envers tous, avec un engagement social et politique au sens le plus large pour notre continent. L’Association « Villes pour la Fraternité » est une organisation qui veut contribuer, et pas seulement en Italie, à la diffusion du principe même de la fraternité en politique. Nous sommes donc « en famille », alors!

Dans la ville de Saint François d’Assise le 22 Juin, 2017, s’est réuni l’équipe directive de l’Association « Villes pour la Fraternité » avec des représentants de différentes villes italiennes. A cette occasion « Ensemble pour l’Europe » a été invité à la suite d’un un premier contact qui a eu lieu à Rome le 17 Février, dans le cadre de la remise à de la municipalité d’Assise du prix «Chiara Lubich pour la Fraternité » (v. Article « Nouvelles internationales » sur ce site. Le souhait de l’Association est qu’il puisse se développer une collaboration pour le bien commun à multiplier.

« Notre » modus vivendi « doit être la fraternité » – a souligné le vice-président, Donatella Tesei, apportant des exemples concrets de collaboration entre les villes de l’Italie centrale. Les faits et les exemples, qu’Ensemble pour l’Europe a pu témoigner , en expliquant leur travail dans les différents pays d’Europe, semblaient faire écho à ces paroles.

Voici la fraternité, vraie et possible « semblable » qui crée une synergie entre les différents administrateurs des « Villes pour la Fraternité » et les groupes de Mouvements et Communautés Ensemble pour l’Europe; ils peuvent aussi offrir leur contribution spirituelle et culturelle aux défis qui émergent dans les villes.

Ilona Tóth et Ada Maria Guazzo

 

9 mai : Journée de l’Europe

La bonne intention et le nouvel engagement ne manquent pas

C’est le jour qui marque le début du processus d’intégration européenne car, le 9 mai 1950, Robert Schuman présenta le plan de coopération économique que l’on évoque comme la ‘Déclaration Schuman’. C’est aussi le jour qui marque, de facto, la fin de la seconde guerre mondiale, le lendemain de la signature de la capitulation nazie. D’autre part, toujours le 9 mai, il y la commémoration de la Journée de la Victoire de l’Union soviétique en 1945, de sorte que de nombreux pays d’Europe centrale et orientale sont devenus des pays satellites de Moscou.

C’est l’histoire d’un tronçon de terre, c’est l’histoire d’un bout d’humanité. Est-ce un jour de fête ? Oui et non. Mais en tout état de cause, c’est un jour historique, c’est un jour européen.

Dans les Pays membres de l’Union Européenne, ce jour-ci, les sièges des Institutions ouvrent leurs portes pour faire en sorte que le public ait l’occasion de mieux connaître cette grande “entreprise” contestée qui a, comme devise depuis l’année 2000 ‘Unie dans la diversité’. “Cette devise – pouvons-nous lire sur le site de l’UE – caractérise la manière dont les Européens se sont rassemblés, en créant l’Union européenne, pour œuvrer en faveur de la paix et de la prospérité, s’enrichissant ainsi des diverses cultures, traditions et langues du continent.” De nos jours, cette devise semble plus un défi qu’une expérience convaincante, même si la déclaration conjointe  des chefs d’état et du gouvernement, signée à l’occasion du 60ème des Traités de Rome, est encourageante : la bonne intention et le nouvel engagement ne manquent pas.

Nous, chrétiens d’Églises diverses, qui, par l’intermédiaire de nos charismes, travaillons dans nos Mouvements et nos Communautés pour une Europe plus fraternelle et plus unie, nous nous sentons concernés en ce jour européen. Tout d’abord parce que, dans le chemin d’Ensemble pour l’Europe, nous avons expérimenté que l’unité de la diversité est possible, mais elle a un secret : le socle commun que nous sommes tous des fils de Dieu, des frères parmi nous. Tout effort pour construire des rapports d’amitié et de fraternité dans nos petites et grandes communautés est précieux. C’est uniquement sur cette base que nos diversités deviendront un véritable don et une véritable richesse réciproque. Et ce qui fonctionne en petit peut s’étendre, dans l’espoir  que ce soit pour le bien d’un grand nombre de personnes.

Ilona Toth

 

Slovenia: Veglie in 17 località e servizio TV nazionale

Ora è un tempo giusto perché l’Europa si rinnovi

In Slovenia si sono svolte veglie di preghiera per l’Europa in 17 città e paesi. Diversi luoghi hanno visto la partecipazioni di Vescovi, come a Ljubljana, l’arcivescovo Stanislav Zore, a Strunjan, Il vescovo Jurij Bizjak, nella diocesi di Celje, il vescovo. Stanislav Lipovšek, a Novo Mesto il vescovo, Andrej Glavan.

L’iniziativa è stata accolta e seguita dai media. Nel giornale cattolico nazionale “Družina” (La famiglia), con tiratura di oltre 30.000 copie, è uscito un articolo con il titolo: “Per l ‘Europa dello Spirito, vieni ed aiutaci”.

La settimana prima delle varie iniziative, alla radio cattolica nazionale “Radio Ognjišče”, molto ascoltata in Slovenia, varie volte al giorno è stata data la notizia di questo avvenimento. Diverse le interviste, tra cui quella con il comitato nazionale di Insieme per l’Europa.

Nella città di Strunjan, la chiesa era piena dalle ore 18 della sera del 24 marzo fino alle ore 9 del giorno successivo. Il coro era composto da giovani di diversi Movimenti. Tutto molto solenne e partecipato, tanto che la TV nazionale slovena, canale 1, ha scelto di mandare in onda un servizio “Orizzonti dello Spirito” (link della trasmissione).

http://4d.rtvslo.si/arhiv/obzorja-duha/174463819

Testo Trasmissione TV dallo Sloveno (13.9 KB, 390 downloads)

L’Europe que nous voulons construire

Veillée de Prière Ecuménique et Internationale – La foi s’ouvre à la culture

Le soir du 24 mars 2017, à Rome, la basilique des Saints-Apôtres est pleine de monde. A la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, plus de 750 personnes s’y sont rassemblées pour une prière présidée par le cardinal Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens. Catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans, clercs et laïcs, ont répondu à l’invitation d’Ensemble pour l’Europe, initiative de 300 Mouvements et Communautés chrétiens. La chorale composée de 8 Mouvements présents à Rome en donnait un exemple, ainsi que celle de la communauté orthodoxe-roumaine.

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a transmis à tous les participants « l’assurance de sa pleine participation, avec la conviction que des moments de rencontre comme celui-ci donnent un important signe d’espérance, nécessaire pour construire une Europe unie et solidaire ».

Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio), Gerhard Pross (actuel modérateur d’Ensemble pour l’Europe) ont parlé à plusieurs reprises et sous divers aspects de la crise de l’Europe, provoquée entre autres par les égoïsmes nationaux, de groupe et individuels. Ils ont lancé sous diverses formes l’invitation à croire encore au projet des Pères Fondateurs de l’Europe : œuvrer en faveur de la paix, de la justice et de la solidarité dans le monde (Préambule du Traité adoptant une constitution pour l’Europe, déclaré par les chefs d’État le 29 octobre 2004).

Dans ce contexte, l’hymne trisagion « Dieu est Saint, Dieu Saint et Fort », chanté par une foule profondément touchée a résonné de façon solennelle.

Le père Heinrich Walter, du Mouvement Schönstatt, a souligné dans une interview : « Il y a deux points essentiels sur le chemin vers une nouvelle intégration européenne : il faut cultiver les racines chrétiennes de l’Europe. Nous, les Mouvements, nous nous y engageons. Il faut aussi respecter la liberté de l’autre. Nous, d’Ensemble pour l’Europe, nous essayons de vivre de cette manière. Et nous voulons partager cette expérience avec toute l’Europe ».

Siméon Catsinas, prêtre grec-orthodoxe à Rome, a partagé sa joie à la fin de la Veillée : « Je suis heureux de cette soirée. Les chrétiens, nous devons travailler ensemble, nous devons donner un témoignage commun. Il est urgent que nous avancions ensemble sur cette route ».

A la question de savoir si le document : « Du conflit à la communion » est un modèle pour l’Europe, le doyen de l’Église évangélique-luthérienne en Italie (CEL), le pasteur Heiner Bludau, a répondu : « Assurément, le document montre un passé positif. Il doit maintenant s’inscrire de plus en plus dans la vie. Il pourra ainsi devenir un modèle convainquant pour toute l’Europe ».

Au cours de la Veillée, les paroles de haute politique et les paroles de l’Écriture résonnaient comme au même niveau. Jesùs Moràn, co-président du Mouvement des Focolari, affirme : « On ne peut penser l’Europe sans le christianisme. Le christianisme qui a formé l’Europe est le celui de l’Europe unie : l’aspect œcuménique est donc la réalité la plus fondamentale de l’Europe. Et l’Europe doit se retrouver comme civilisation du christianisme. Les valeurs chrétiennes sont des valeurs européennes et vice versa. La culture du dialogue, de la tolérance, de l’ouverture, de la fraternité peuvent être vécues au-delà des confessions et des religions, au-delà de tout credo. Cette Veillée servira à réveiller ces grandes valeurs ».

Plus de 4 000 personnes ont suivi la manifestation en direct et les partages sont nombreux sur les réseaux sociaux. Cette prière s’est déroulée dans 50 autres villes d’Europe, avec solennité et grande participation. La voix d’Ensemble pour l’Europe s’est fait entendre !

Beatriz Lauenroth

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Charismes et Europe

La contribution des Ordres et Instituts Religieux a l’unité européenne

Au temps de l’Empire romain, l’Europe a connu une certaine unification. Une unité fragile cependant, parce qu’imposée par la force des légions romaines. Quand cet empire a été dissous, elle s’est trouvée à nouveau en pièces. Les différences ethniques et culturelles ont alors pris le dessus et chaque peuple a recherché une identité propre. C’est ainsi que, vers le Ve siècle, l’Europe se trouvait être un ensemble de peuples rivaux.

Dans cette phase d’effritement et au cours des siècles qui ont suivi, sont apparus providentiellement des hommes et des femmes qui, guidés par l’Esprit Saint, ont suscité et introduit dans les populations européennes des idéaux nouveaux et des valeurs élevées et universelles, fondés pour la plupart sur le patrimoine judéo-chrétien. Valeurs et idéaux qui amenèrent les peuples européens à dialoguer entre eux et à mettre en commun leurs richesses, générant ainsi un nouveau tissu social, culturel et unificateur pour le continent.

Il y a quelques années, lors d’un congrès, le cardinal Walter Kasper s’est exprimé ainsi : « Des saints comme Martin, Benoît, Boniface, les frères Cyrille et Méthode, Adalbert, Bernard, François, Dominique et bien d’autres ont modelé l’histoire de l’Europe. Ces hommes saints et d’innombrables femmes saintes ont été la contribution précieuse de l’Église à l’unité et à l’identité de l’Europe ».

Ces personnes ont fait naître de nouvelles spiritualités, des mouvements spirituels, des familles religieuses, des centres culturels et ont promu des œuvres sociales qui ont fait progressivement grandir dans les populations européennes une identité fondée sur des valeurs communes.

Benoît de Nursie, Italie (480-547) est à l’origine de la première grande famille charismatique. Autour de lui est né le monachisme, en Occident après l’Afrique et l’Orient. C’est le monachisme bénédictin qui, dans ses multiples expressions historiques, a été un apport déterminant pour l’évangélisation du continent et a contribué en même temps à forger la culture européenne médiévale. C’est-à-dire qu’il a contribué au dialogue entre les valeurs, en conjuguant celles de la civilisation romaine avec les valeurs judéo-chrétiennes et avec les nouvelles cultures dites « barbares » introduites sur le continent par les populations du nord et de l’est apparues sur le territoire européen à des époques successives.

Les Bénédictins, avec leur diffusion capillaire et leurs grandes abbayes, ont créé des centres de spiritualité, mais aussi des centres de culture, de promotion humaine, de progrès social, de  développement économique, en se mettant principalement au service des pauvres et des marginaux.

En Europe de l’Est, au IXe siècle, deux autres moines, d’origine grecque, les frères Cyrille et Méthode, ne se limitèrent pas à évangéliser les populations, ils furent à l’origine d’un vaste processus que l’on peut considérer comme le fondement de la culture des peuples slaves. Pour ceux-ci, les deux frères venus de Salonique (Grèce) inventèrent un nouvel alphabet et apportèrent une contribution fondamentale à leur culture et à leur littérature.

Entre le XIe siècle et la première moitié du XIIe, se levèrent d’autres figures charismatiques de grande valeur culturelle. Parmi elles Bernard de Clairvaux qui, à partir de la souche bénédictine, fut à l’origine d’un autre mouvement, l’Ordre cistercien.

Le XIIIe siècle vit naître d’innombrables autres mouvements charismatiques : les Ordres mendiants, fondés eux aussi par des personnages charismatiques. Bien que créés dans une nation donnée, ils devinrent rapidement supranationaux et se répandirent dans tout le continent, puis dans le reste du monde.

Citons parmi eux surtout le mouvement dominicain,  fondé par un Espagnol, Dominique de Guzman (1170-1221) et le mouvement franciscain, né en Italie avec François d’Assise (1182- 1226). Des mouvements religieux, ancrés dans une profonde spiritualité, qui réussirent à inspirer et promouvoir de nombreuses composantes de la culture et du savoir humains. Ils développèrent la théologie, la philosophie, la littérature, les sciences et les arts. Durant ce siècle et ceux qui suivirent, toutes les universités européennes avaient des enseignants et des étudiants provenant des Ordres mendiants.

Avec l’avènement de l’Humanisme et de la Renaissance, se sont levés des États nationaux forts. Les mouvements charismatiques précédents ont apporté une contribution déterminante à ce processus, mais il y eut aussi, en même temps, une abondance de nouveaux charismes.

Le XVIe et le XVIIe siècle ont vu la naissance de nombreuses  familles religieuses. Ignace de Loyola et les jésuites. Thérèse d’Avila, Jean de la Croix et les carmélites en Espagne, mais aussi les Fatebenefratelli pour soigner les malades, avec Jean de Dieu. En France, Vincent de Paul et les sœurs de la Charité. François de Sales, Jean-Baptiste de la Salle pour la formation des jeunes et la création d’écoles accessibles à tous. Philippe Néri avec les Oratoriens, Girolamo Emiliani, Gaétan de Thiène, Camille de Lellis avec les hôpitaux, etc. en Italie. A la même période, de la souche franciscaine est née la réforme des Capucins. Et en Allemagne, la grande réforme de Martin Luther.

Et bien d’autres spiritualités qui, dès leur origine, ont apporté une contribution déterminante à l’identité culturelle, sociale et économique de l’Europe moderne. Chaque charisme, marqué par une forte identité spirituelle, se préoccupe aussi de résoudre les problèmes, les défis, les exigences sociales et humaines des peuples et des personnes. Ces apports ont permis à un nombre toujours plus important de citoyens européens l’accès à la culture, aux soins, au logement, aux droits de l’homme, à une économie et à une vie humaine dans la dignité.

Le même phénomène s’est répété aux XVIIIe et XIXe siècles. Malgré l’abolition des ordres religieux, d’abord par Napoléon, puis par quelques États européens, de nombreux autres Instituts et Familles religieuses ont vu le jour. On pense évidemment, en Italie, à Jean Bosco avec les Salésiens, au Cottolengo et au Cafasso auprès des malades et des plus pauvres. Et en Angleterre, à l’apport du cardinal John Henry Newman, etc.

Au XXe siècle, l’Europe a vu naître de nouveaux Instituts religieux comme ceux fondés par don Alberione, don Orione, mère Teresa de Calcutta, Édith Stein, Maximilien Kolbe et d’autres. Elle a vu  naître encore d’innombrables autres expressions de vie charismatique qui se sont manifestées comme de vastes Mouvements d’Église laïques. Chacun avec sa propre identité spirituelle doublée d’une attention spéciale aux dramatiques agressions causées par la modernité à notre continent.

Sans la contribution au fil des siècles des Ordres et Instituts religieux, sans la richesse des mouvements ecclésiaux nés dans les différentes Églises et communautés chrétiennes, l’Europe serait plus pauvre et plus fragile.

Ces forces spirituelles et charismatiques, bien que nées dans un lieu donné, ont œuvré depuis leurs origines au-delà des frontières nationales, offrant ainsi une contribution forte et décisive à la constitution d’une Europe unie, solide, libre, fraternelle et solidaire.

Fr Egidio Canil, Sacré-Convent des Franciscains à Assise, Italie