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Immersion dans l’Esprit

Immersion dans l’Esprit

Empowering Europe

Le week-end du 10-12 juin 2022, Empowering Europe (//empoweringeurope.org/) a organisé la rencontre de ses membres en présentiel, si attendue après Corona.

Le jeune mouvement (né en 2018) avait choisi pour cette réunion le centre de congrès des Focolari aux Pays-Bas(//www.focolare.org/nederland/).

Les journées ont été marquées par une profonde rencontre avec Dieu et entre les participants. L’amitié entre les deux Mouvements, qui collaborent à Ensemble pour l’Europe, a aussi imprimé sa marque sur la rencontre.

« Nous avons pu regarder dans le cœur de Jésus », a déclaré à la fin l’un des participants. Et un autre : « C’était une immersion dans l’Esprit de Dieu. Nous repartons fortifiés et renouvelés dans notre vie quotidienne ».

Beatriz Lauenroth

 

 

 

 

 

 

 

 

7 mai à Bruxelles

7 mai à Bruxelles

Une expérience inoubliable

Le 7 mai 2022 nous avons fêté la journée de l’Europe à la Chapelle pour l’Europe à Bruxelles, qui nous a soutenus de bien des manières, en nous offrant le lieu, l’expertise, les moyens de communication. Quelle providence du Ciel !

« Europe : artisans de paix » : un événement que nous avons préparé pendant des mois avec beaucoup d’enthousiasme, d’engagement et de conviction. Et si quelques mouvements n’ont pu collaborer concrètement, ils étaient avec nous en prière et en unité.
Quel défi !  Parler « d’artisans de paix » dans une Europe déchirée face à la guerre en Ukraine, et qui parle ici et là de division, de séparation… mais nous croyons que même notre goutte d’eau est nécessaire à l’océan.
Le programme était suivi en présentiel et par webinar.

Les deux interventions de Walter et Annemarie Kriechbaum de YMCA Munich, ont constitué le point central de l’après-midi. Ils nous ont conduits à travers leurs témoignages vers un monde de réconciliation. Si le chemin de la réconciliation est long, mais vrai et durable, ils nous ont transmis le désir d’en être des instruments là où nous vivons.

Les jours précédant le 7 mai nous ont donné l’occasion de vivre avec le couple Kriechbaum des moments de partage et de dialogue, à Rotselaar au centre des Focolari, ainsi qu’au centre de Bruxelles avec la communauté de Sant Egidio et lors d’une soirée de prière à la basilique avec le Renouveau Charismatique. Ce furent des moments inoubliables d’écoute réciproque, une véritable école de vie.

Les conversations pendant le verre de l’amitié qui concluait cette rencontre du 7 mai, nous a donné la possibilité d’établir de nouveaux contacts, de nous retrouver aussi entre vieux amis et de nous encourager mutuellement. Nous avons été fortifiés dans l’assurance que c’est ensemble et avec l’aide de l’Esprit Saint au milieu de nous, que nous pourrons avoir un impact significatif sur notre continent et en révéler les vraies valeurs.

Quelques réactions :

« Hier nous avons participé au webinar. Félicitations à tout le groupe et aussi à vous personnellement.  C’était génial de vous voir en action. Nous sommes très reconnaissants pour le contenu et les prières. Nous avons trouvé les témoignages d’Annemarie et de Walter clairs et impressionnants. L’ancrage biblique de Walter sur la signification de la souffrance, de la mort sur la croix et de la résurrection de Jésus pour le pardon et la réconciliation était très central. Nous espérons que de nombreux Belges l’ont vu et entendu, ou le feront à l’avenir. Merci à vous tous pour tout le travail préparatoire. (R.R.)

« Grand merci pour cette très riche rencontre !!! Comme le disait Philippe, ce fut un moment de grâce, un soutien, une espérance, une force nouvelle ! Avec vous pour continuer le chemin ! Beau de vous avoir vus ! Peut-on recevoir le lien pour revoir sur you-tube ? » (M. D.W.)

Anne Plancke pour le comité national de la Belgique

Photo: pixabay.com

Comment sortir de la division

Comment sortir de la division

Rencontre pour la Fête de l’Europe à Graz (Autriche) 7 mai 2022

Dans une salle récemment rénovée – autrefois réfectoire du monastère des frères mineurs, et aujourd’hui cœur baroque d’un centre événementiel moderne au centre de Graz – plusieurs communautés chrétiennes de différentes confessions se sont réunies le 7 mai dernier à l’occasion de la Journée de l’Europe, à l’initiative d’Ensemble pour l’Europe.

Environ 130 personnes venues d’Autriche, de Hongrie, de Croatie et de Suisse se sont réunies pour écouter la Parole de Dieu et échanger leurs expériences sur le thème de la conférence : « Comment sortir des divisions ».

Les différentes interventions…
– Projet de dialogue en Hongrie pour confronter des opinions politiques contraires
– Établir la confiance entre les opposants aux réfugiés et les réfugiés
– Réconciliation des familles des victimes et des bourreaux 75 ans après l’Holocauste
… étaient très impressionnantes et ont créé la base d’un échange animé en groupes.

Les responsables des Églises catholique et protestante et ceux de la communauté baptiste nous ont envoyé des paroles d’encouragement. Des amis de Slovaquie, Slovénie et Italie, absents en raison de leur travail intense auprès des réfugiés, pour des raisons de santé ou autres, ont envoyé des messages de salutation.

Après un déjeuner en commun et une visite guidée de la ville, une prière œcuménique pour la paix a suivi dans l’après-midi. Les difficultés de notre temps, telles que la guerre en Ukraine et dans de nombreux autres endroits de la planète, la crise climatique, la pandémie du Covid 19, l’insécurité économique…. ont été portées devant Dieu. Une famille du Mouvement de Schönstatt a organisé ce moment de prière d’intercession de manière émouvante.

Avec ces mots tirés de la Lettre aux Hébreux : « Que le Dieu de la paix… vous rende apte à tout ce qui est bien pour faire sa volonté » (He 13,20-21), les participants se sont sentis fortifiés dans leurs engagements au sein de l’Église et de la société.

Des musiciens, venus spécialement pour cette rencontre, ont donné à cette journée un cadre à la fois festif et spirituel.

Les participants ont répondu généreusement en faveur d’un projet d’aide aux réfugiés ukrainiens près de la frontière hongroise.

Sous la peinture expressive « Jésus nourrit cinq mille personnes », exposée sur le mur du fond, cette journée pleine de rencontres enrichissantes s’est achevée sur ce chant : « Reste avec nous, car c’est le soir. Reste avec nous, Seigneur. Reste avec nous, car il fait nuit. Reste avec nous, Seigneur ».

Michael Murg, EpE Graz

Photo : privé

L’éducation, une chance unique

L’éducation, une chance unique

Journée de l’Europe 2022 en Italie – Vidéoconférence sur les bonnes pratiques d’éducation, proposée par des jeunes de différents Mouvements

La Journée de l’Europe a pris cette année un relief sans précédent, en cette heure inimaginable où l’Europe est en guerre. Ensemble pour l’Europe en Italie a attiré l’attention sur le caractère central d’une éducation qui propose aux nouvelles générations une formation intégrale, présentée comme la seule chance de reconstruire le tissu relationnel fraternel et d’offrir une formation à la paix et aux vérités qui donnent sens à la vie.

Carina Rossa, qui enseigne à l’université LUMSA et à l’Institut universitaire Sophia, a prêté sa voix. Elle est aussi membre du comité de promotion du Pacte mondial pour l’Éducation, lancé par le pape François en 2019. C’est un pacte qui vise à faire tomber les barrières et à construire des ponts.

Cette année, déclarée « Année de la jeunesse » par l’Union Européenne, ce sont précisément des jeunes issus de groupes, associations et mouvements, qui ont présenté ces bonnes pratiques en matière d’éducation (le texte se trouve dans les archives du site) réalisées dans les domaines les plus divers.

On peut en mesurer l’impact par les nombreuses impressions à chaud arrivées sur le chat pendant la connexion par Zoom, suivie en direct par plus de 1 000 personnes, auxquelles se sont ajoutées 700 autres en une semaine, provenant également des pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest. En voici quelques-unes :

« J’ai beaucoup apprécié les témoignages et les interventions, de jeunes et de moins jeunes. J’ai été très impressionnée par le témoignage de Beatriz et son message d’accueil et d’amour (des réfugiés ukrainiens). Une initiative dense et riche ». (une député européenne de Milan)

« La première chose qui ressort, c’est le chœur des voix qui ont témoigné sur des tons différents de la force de l’espoir. La seconde est la beauté des jeunes, quelque chose de vraiment éclairant. Les jeunes sont l’espoir, mais avec le style de cette initiative qui les montre côte à côte avec des personnes plus âgées, et on ne sait pas qui donne plus et qui reçoit plus. J’ai été particulièrement frappé par le fait que les jeunes et les personnes âgées ont besoin les uns des autres. La dernière expérience de partage était ce dont j’avais besoin pour donner un peu de paix à mon cœur déchiré par la guerre ». (de San Remo)

« Moment d’échange édifiant. Tant de vie créative ! Cela donne non seulement l’espérance, mais aussi la certitude qu’une Europe solidaire, avec des cœurs unis, est déjà à l’Œuvre. » (de Munich)

Carla Cotignoli et Beatriz Lauenroth

Photo: Archives de Trente

2022 05 08 Les Bonnes Pratiques D’éducation (139.9 KB, 4 downloads)
Flashes

Flashes

Le 9 mai 2022 aux couleurs de l’Europe

Cette année encore, des initiatives originales ont marqué le 9 mai, Journée de l’Europe. En voici quelques-unes sous forme de flashes.

Une rencontre transfrontalière a eu lieu entre l’Alsace et l’Allemagne, avec une marche d’une heure « Pour une Europe en paix » depuis Strasbourg en France, jusqu’à l’église de la Paix de Kehl, en Allemagne. « Nous n’oublierons pas de sitôt cette journée. Ensemble, nous avons donné un signe d’unité et célébré l’espérance dans toute l’Europe », a témoigné l’un des 200 participants au terme de la marche.

L’Union Européenne a déclaré 2022 année européenne de la jeunesse. Ce qui a conduit Ensemble pour l’Europe en Italie à choisir pour le 9 mai le thème de l’Éducation. Dans l’échange d’expériences en ligne entre jeunes et personnes plus mûres, il est apparu clairement à quel point les uns dépendent des autres pour mener une vie heureuse et réussie. La rencontre a été suivie par environ 1 800 personnes.

Environ 130 personnes d’Autriche, de Hongrie, de Croatie et de Suisse se sont retrouvées à Graz (Autriche). Des amis de Slovaquie, de Slovénie et d’Italie leur ont envoyé leurs salutations. Dans l’après-midi, le moment fort de la rencontre a été une prière commune pour la paix. Les participants ont ensuite répondu généreusement à l’appel à dons en faveur d’un projet de soutien aux réfugiés ukrainiens proches de la frontière avec la Hongrie.

A Munich, Ensemble pour l’Europe s’est hissé sur une roue panoramique. La nacelle a fait de nombreux tours, emmenant chaque fois huit personnes à son bord, pour des causeries sur Ensemble et des rencontres à haute altitude !

Beatriz Lauenroth

Une bouffée d’air frais à Ensemble pour l’Europe

Une bouffée d’air frais à Ensemble pour l’Europe

Le Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe (EpE) à Munich 

Pour leur réunion annuelle, les vingt membres du Comité d’Orientation et quelques invités ont été accueillis par les YMCA de Munich (Allemagne), du 27 au 29 april 2022.

Une bouffée d’air frais a été apportée à la réunion par des jeunes adultes de l’ENC (European Network of Communities), des YMCA, des Focolari et du Mouvement Schönstatt, qui ont réfléchi à l’avenir d’Ensemble avec la première génération du réseau. Les invités ont accompli leur tâche avec sensibilité et respect. Mária Špesová (ENC), de Slovaquie, a déclaré : « Je vois dans EpE quelque chose de sacré qui s’est développé en plus de 20 ans. Je veux entrer sur la pointe des pieds dans sa riche histoire ». Et Georges El Hage (de Syndesmos) : « Ici, je peux exprimer mes pensées librement et je sens que les gens m’écoutent. Nous sommes accueillis avec une grande confiance ».

Programme

De nombreux élans spirituels, des prières et un échange d’idées animé ont alterné dans le programme de ces journées. Le thème récurrent était la guerre en Ukraine. Le premier soir, plusieurs personnes d’Ukraine, de Hongrie, de République tchèque, de Slovaquie, de Roumanie, d’Italie, de Pologne et de Slovénie se sont connectées via zoom et ont fait part des actions humanitaires qu’elles vivaient. « Une nouvelle Europe de la solidarité est en train de naître ici » a réagi un participant italien. Et Zsuzsanna Klemencz (Sant’Egidio/Hongrie) : « Nous devons nous désarmer et laisser les autres nous désarmer. Comment ? En mettant de côté notre arrogance et notre haine ». Cela veut dire un désarmement authentique, a déclaré le Hongrois, et ainsi émergera un « peuple de paix », désarmé pour gagner la guerre. François Deloors (Sant’Egidio/Belgique) a ajouté : « C’est l’attitude que nous essayons de pratiquer entre nous encore et encore, et ainsi, en tant qu’EpE, nous pouvons l’offrir à l’Europe et au monde ».

Porto 2022 et Timisoara 2023

« Je me sens ici chez moi », a déclaré Clotilde Pestana, du mouvement Schönstatt, qui s’était rendue à Munich avec un autre membre du Comité national portugais pour aider à préparer la « Rencontre des Amis » de novembre 2022 à Porto. « Le Portugal a beaucoup à donner à l’Europe : ouverture, hospitalité, une culture riche ». Ce ne sont là que quelques-unes des raisons pour lesquelles la Rencontre des Amis de 2022 se tiendra dans le pays le plus occidental de l’Europe.

En 2023, la Rencontre des Amis aura lieu en Roumanie à Timisoara. Ilona Toth du Comité d’Orientation a fait état de nombreuses conversations et réunions. La rencontre avec le monde orthodoxe et la multiculturalité de l’Europe de l’Est, entre autres, demandent une préparation particulièrement approfondie.

Témoins de ce monde

Face aux grandes souffrances en Europe et dans le monde, il est apparu de plus en plus clairement au cours de la rencontre que EpE est appelé à porter « l’incomplétude » et à descendre dans les fractures de l’humanité que sont l’injustice, la haine et la guerre. « Mais – a souligné Thomas Römer, des YMCA de Munich – nous vivons très probablement un changement d’époque, un bouleversement d’époque, pour ainsi dire. Ne laissons pas le mal l’emporter, mais vainquons-le par le bien ».

Mort et résurrection vont de pair dans l’histoire de l’humanité, a noté Thomas Römer en conclusion, avant d’introduire le renouvellement solennel du pacte d’amour réciproque sur la base de l’Évangile selon saint Jean (13,34). Dans la rencontre fraternelle et avec le Seigneur ressuscité au milieu de tous, EpE est sans cesse un témoignage d’espérance pour notre monde.

Beatriz Lauenroth

Photo: Diego Goller / Photo de groupe: Thomas Barthel, YMCA Munich

Belgique – Italie – Allemagne

Belgique – Italie – Allemagne

Activités autour de la Journée de l’Europe 2022

BELGIQUE : « Europe: Artisans de la Paix… ».

C’est le thème avec lequel Ensemble pour l’Europe célébrera la Journée de l’Europe (en présence et à distance) à la Chapelle de l’Europe à Bruxelles le 7 mai à 14h.
Quatre initiatives de solidarité seront présentées à travers de courtes vidéos produites par les mouvements de notre réseau.
Le Pasteur Walter Kriechbaum de Munich et son épouse Annemarie de l’Association internationale YMCA feront part de leurs expériences de réconciliation en Allemagne, en Pologne et en Ukraine pour guérir les blessures de la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, une courte réflexion basée sur les Écritures et sur la foi en Christ sera suivie d’un temps de prière.
Un webinaire en ligne donnera l’occasion de s’exprimer à distance pendant le temps d’échange qui suivra.

ITALIE : « L’éducation : une unique chance ».

La Journée de l’Europe 2022 de l’Italie aura lieu par vidéoconférence le 8 mai à 18h30.
Tout d’abord, Mme la docteur Carina Rossa évoquera le « Pacte mondial pour l’éducation » proposé par le pape François à l’ensemble de la plate-forme éducative de la planète. Elle sera suivie d’une série de « bonnes pratiques » d’éducation informelle, réalisées par des jeunes de certains Mouvements, dans diverses régions italiennes et en Croatie. Elle se conclura par un témoignage sur les réflexions des principes d’Ensemble pour l’Europe dans le dialogue avec toutes les diversités et dans la réconciliation dans les situations de conflit.

Lien pour suivre l’événement : //www.youtube.com/FocolariRoma/live

ALLEMAGNE : « Rencontre et prière en Europe sur le zoom ».

Après la prière du 2 mars, nous invitons à nouveau tout le monde en Allemagne et en Europe à une grande prière le 10 mai à 19h30. Elle se déroulera en deux langues (allemand et anglais) et devrait durer 90 minutes.

 

Il a fondamentalemente changé

Il a fondamentalemente changé

Le caractère de l’église 3.0

Le caractère de l’Église 3.0 et donc aussi celui de notre rencontre avec 200 personnes a fondamentalement changé avec l’attaque contre l’Ukraine. Toutes les bonnes pensées ont été balayées, car nous avons réalisé à Baar que ce n’est pas le moment de prononcer de belles paroles importantes. Ce moment est plutôt celui où le peuple de Dieu, et donc aussi l’Église, se réunit dans la prière. Une Église nouvellement réunie. Existentiellement réunie. Et qui prie au-delà de toutes les frontières.

« Continuons à prier », c’est ce que nous avons promis il y a quelques jours lors de la grande prière qui a rassemblé plus de 1 000 personnes. Continuons à prier – et nous le faisons : la semaine dernière, l’Autriche a poursuivi la prière, et maintenant c’est nous, qui sommes en présentiel ici en Suisse. Quelle puissance, quand les Communautés et Mouvements se réunissent !

Toute conversation politique est importante et nécessaire, sans aucun doute. Mais l’appel à transformer les cœurs de pierre en cœurs de chair, comme l’ont prié récemment nos frères et sœurs en Ukraine, va de pair. Il s’ajoute et apporte son aide.

Une èglise priante et communautaire  

L’Église 3.0 est une Église qui prie, nous l’avons constaté. C’est une Église communautaire, parce qu’elle se jette dans la prière et connaît une vitalité qui dépend du charisme, et non des chiffres et de la structure. Et c’est une Église blessée qui, précisément pour cette raison, compte sur la compassion de Dieu, et pas seulement sur elle-même.

Alors nous avons prié. Et nous avons ressenti quelque chose de la nouvelle forme de l’Église. Le sentiment d’un nouveau commencement s’est répandu. Et la conscience que dans la prière, la parole et l’action, nous cheminons avec nos frères et sœurs en Ukraine. Nous voyons aussi ce que le désarroi, la peur et l’absence de mots nous apportent dans la prière. Quelque chose va renaître des cendres.

Pour l’instant, que vienne la paix. Seulement la paix, et la possibilité de protéger les personnes. C’est grave lorsqu’elles sont un pion du pouvoir. Et c’est encore plus grave lorsque la vie leur est enlevée à cause de cela. Puisse la force ressentie ici lors de notre rencontre apporter la paix et la vie au monde.

Voir dans les archives des documents : « Être chrétiens dans une société postchrétienne » (rapport officiel du groupe de travail suisse)

Source: miteinander-wie-sonst.ch

Photo: Fokolar-Bewegung Schweiz; Dialoghotel Eckstein

Prière pour la Paix

Prière pour la Paix

En chemin avec les jeunes vers le 9 mai

Qui l’aurait cru ? Et pourtant, cela s’est produit. L’Europe est en guerre. Beaucoup de personnes manifestent dans les rues, prient dans les églises et les maisons, des millions d’autres fuient. Lorsque nous nous sommes interrogés sur le « leitmotiv » de la prochaine Journée de l’Europe, nous ne pensions pas alors que le désir inhérent au plus profond du cœur de tout homme serait aussi tragiquement d’actualité : la paix.

Témoigner de la diversité réconciliée 

Chaque nation, chaque peuple a une histoire et une culture riches, dans lesquelles il tente d’exprimer cette aspiration universelle au fil des siècles. L’événement que nous commémorons le 9 mai est né de la même volonté : après la Seconde Guerre mondiale, des hommes politiques clairvoyants se sont alliés pour construire un nouvel ordre en Europe. Même si le fruit de leurs efforts, l’Union européenne, ne reflète pas encore pleinement leurs intentions initiales, en ce moment tragique, nous, chrétiens, sommes appelés à veiller personnellement à la Paix que Dieu lui-même nous a donnée il y a 2000 ans. Continuons à prier, aidons concrètement ceux qui en ont besoin, et témoignons que la diversité réconciliée est possible !

Les Jeunes, bâtisseurs d’un avenir meilleur  

« Fais entendre ta voix ! » – peut-on lire sur le site web de l’Union européenne qui a désigné 2022 comme « l’Année européenne des jeunes ». « L’initiative, poursuit l’appel, mettra en lumière l’importance de la jeunesse européenne dans la construction d’un avenir meilleur : plus vert, plus inclusif et plus numérique ». Et maintenant, nous pourrions ajouter : « plus pacifique » ! Nous espérons que de nombreux jeunes feront entendre leur voix – également à l’occasion de la Journée de l’Europe – pour un continent où la diversité n’est pas un « message de guerre », mais une « invitation » à découvrir ensemble les voies d’un avenir commun vivable. Et ils le feront aussi en se souvenant de leurs camarades d’âge, victimes de cette guerre absurde.

Chemin de prière vers le 9 Mai  

Au cours des six semaines de préparation au 9 mai, des textes de prière préparés par nos groupes d’Ukraine, d’Irlande, de République tchèque, de Croatie, de Roumanie et de Slovénie nous accompagneront cette année. La « Déclaration Schuman » du 9 mai 1950 commençait par cette phrase : « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des initiatives créatrices à la hauteur des dangers qui nous menacent ». Ce message est plus pertinent que jamais.

Toutes les prières préparées peuvent être trouvées dans l’archive des documents

Ilona Tóth

1 Prière Pour La Paix EpE 27.3 -2.4.2022 Ukraine21 mars 2022
1 Prière Pour La Paix EpE 27.3 -2.4.2022 Ukraine En Langue Originale21 mars 2022
2 Prière Pour La Paix EpE 3 -9.4.2022 Irlande21 mars 2022
3 Prière Pour La Paix EpE 10 -16.4.2022 République Tchèque21 mars 2022
4 Prière Pour La Paix EpE 17 -23.4.2022 Croatie21 mars 2022
5 Prière Pour La Paix EpE 24-30.4.2022 Roumanie21 mars 2022
6 Prière Pour La Paix EpE 1-8.5.2022 Slovénie21 mars 2022
Je vous donne ma paix

Je vous donne ma paix

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14,27)

« Continuons à prier ! » – « Restons unis dans la prière ! » – « Shalom Ukraine ! ». C’est par ces paroles que de nombreuses personnes, émues, se sont saluées le 2 mars à la prière pour la paix en Ukraine.

Auparavant, personnes de plus de 1 000 endroits s’étaient unies dans la prière en liaison internet avec des frères et sœurs d’Ukraine. Ils se sont connectés de Allemagne, des Pays-Bas, du Portugal, d’Espagne, de Suisse, d’Afrique du Sud, du Luxembourg, de Lituanie, de Pologne, de République Tchèque, de France, d’Irlande du Nord, de Slovaquie, de Slovénie, d’Italie et d’Israël.

La relation était réciproque: on pouvait écouter les expériences, la peur, mais aussi le courage des frères et des sœurs de Kiev, de Lviv et d’autres régions d’Ukraine – et en même temps on voyait le soutien des frères et des sœurs d’Europe qui se sont joints à eux dans la prière pour montrer, affirmer et demander : Vous n’êtes pas seuls – et que Dieu accorde la paix !

Le réseau Ensemble pour l’Europe était à l’initiative de cette prière. Mais il est vite apparu que la prière devait se situer sur une base beaucoup plus large. Plusieurs autres réseaux se sont joints à la prière et l’ont soutenue, par exemple « Evangelische Allianz Deutschland », qui a également fourni la plate-forme numérique.

Dans la prière elle-même, différentes voix se sont fait entendre : d’Ukraine, de Russie – et encore et encore, il était important d’écouter et de demander – demander la miséricorde de Dieu, car seule cette demande brise l’espace du manque de mots.

Les mots prononcés étaient existentiels et les expériences partagées très fortes. Miroslav et Viktor ont fait remarquer avec véhémence que, dans leur pays, la sagesse de Néhémie était nécessaire (cf. Livre de Néhémie, chapitre 1-6). Dans une main, il tenait l’arme de la défense, mais avec l’autre main, il a reconstruit la ville. La guerre en Ukraine, ont-ils dit, a réveillé le corps de Dieu de son sommeil – l’a réveillé à la réalité de Dieu dans un combat concret, mais aussi spirituel.

Ces phrases étaient chargées d’expérience. Elles étaient emplies de l’histoire des familles qu’ils devaient mettre en sécurité et pour lesquelles ils avaient peur tandis qu’eux-mêmes restaient dans le pays. Leur mots étaient pleins de l’expérience des alertes à la bombe qui ont retenti alors qu’ils étaient encore en train de prier, et à cause desquelles certains parmi eux ont dû laisser la prière. Et elles étaient pleines de cette conscience que d’autres frères et sœurs sont maintenant en fuite ou dans des bunkers ou n’osent tout simplement plus aller sur Internet, ou bien tout simplement ils n’ont plus de mots pour décrire ce qu’ils vivent.

Dans cette réalité, plus de 1 000 personnes ont invoqué le nom de Jésus, prié avec les frères et sœurs d’Ukraine dans une intercession émouvante, et partagé leurs préoccupations sur le chat. C’était une onde de prière puissante. Ensemble pour l’Europe s’est manifesté ici de manière concrète et forte. A la fin, l’appel était clair: continuez à prier ! Continuez à prier, fortifiés, car la prière de cette soirée est pour tous.

Nos amis autrichiens ont immédiatement répondu à cette invitation :

Le mercredi 9 mars, de 19h à 20h30 (heure d’Europe centrale)

nous continuerons à prier lors d’une réunion numérique (en allemand et en anglais).

Sœur Nicole Grochowina

Photo: unsplash.com

 

Étape par étape, réunion par réunion

Étape par étape, réunion par réunion

La rencontre des groupes et des charismes stimule une nouvelle forme d’Église

Dans chaque réveil charismatique, il y a quelque chose de grand, de beau, d’inconnu. C’est ce dont le groupe germanophone de Schönstatt, actif dans Ensemble pour l’Europe, a pris conscience le week-end du 19-20 février 2022 à Augsbourg et à Munich. Le groupe s’est aventuré à frapper et à entrer dans des rencontres de générations et de charismes.

Vendredi après-midi, nous avons visité la « Maison de Prière » d’Augsbourg. Le lieu de prière du premier étage est inondé de lumière et centrée sur une petite croix en bois suspendue au plafond sur un fond blanc. Devant elle, un groupe musical aux voix magnifiques se produit, chantant à tour de rôle les deux premiers versets du psaume 50, alternant, passant à une conversation approfondie sur ces versets bibliques. Il s’agit d’une manière engageante, éclairante, qui conduit à la louange intérieure.

Samedi après-midi, nous sommes allés à Munich, au Centre de Schönstatt. Quatre jeunes adultes de l’YMCA de Munich et du Mouvement des Focolari étaient venus, ainsi que de vieilles connaissances des mêmes Mouvements qui sont depuis longtemps impliqués dans Ensemble pour l’Europe. Nos objectifs étaient les suivants : être attentifs aux réflexions des jeunes adultes présents / rencontrer d’autres générations et d’autres charismes / partager en toute confiance les impressions de notre rencontre. Notre constat : Ensemble pour l’Europe est une promesse qui nous permet de découvrir une nouvelle forme d’Eglise. Chacun de ces Mouvements est une lumière allumée par l’Esprit Saint. Lorsqu’elles se réunissent, une terre inexplorée devient visible, une Église qui se construit par les Églises, étape par étape, réunion par réunion.

Dimanche, dans les salles de l’Église chrétienne « Vineyard Monaco », nous avons écouté des personnes raconter leur histoire d’un Dieu qui agit concrètement dans leur vie. Comme il est merveilleux de savoir que les chrétiens entrent en contact avec le Dieu de la vie chaque dimanche!

Le pacte d’amour mutuel se concrétise par la rencontre de groupes et de charismes encore inconnus qui cherchent Dieu dans leur vie. Le pacte peut fournir un service important pour saisir ensemble une nouvelle forme d’Église.

P. Hans-Martin Samietz

Photo: Gebetshaus.org / schoenstatt-muenchen.de

Initiatives d’espérance

Initiatives d’espérance

La paix en grand danger: l’Europe prie et espère encore

Les initiatives de prière se multiplient sur tout le continent européen pour demander la paix, en partant des pays les plus directement concernés.

Notre réseau Ensemble pour l’Europe s’est mobilisé lui aussi dans ce sens et a adhéré à ce grand courant de prière pour la paix.

Nous vous signalons ici une initiative: une soirée de rencontre, de compréhension et de prière. Nous nous retrouverons avec quelques frères et sœurs ukrainiens, pour les écouter et prier avec eux pour la paix (en allemand et en anglais).

Mercredi 2 mars, de 19h à 20h 30 (CET), par zoom

(Inscription nécessaire à cette adresse : mfe2021@web.de)

Beatriz Lauenroth

Photo: Ilona Toth

Développer la culture de la rencontre

Développer la culture de la rencontre

La rencontre annuelle des Amis d’Ensemble pour l’Europe (EpE) 2022 aura lieu à Porto, au Portugal.

Du 10 au 12 novembre 2022, la rencontre annuelle des Amis d’EpE aura lieu au Portugal. Les Amis portugais invitent les Amis qui font partie des 45 Mouvements européens d’EpE dans la belle ville de Porto, un joyau architectural baigné par le Douro, entre l’Atlantique et les montagnes.

Le pays le plus occidental de l’Europe ouvrira son cœur et ses portes pour accueillir les participants du congrès. « Nous voulons promouvoir le dialogue pour découvrir ensemble comment réaffirmer la solidarité et la fraternité entre tous les peuples – affirme Clotilde, membre du Mouvement Schönstatt – et pour faciliter la connaissance réciproque, nous nous plongerons ensemble dans l’histoire et la culture de notre pays. »

Pourquoi spécialement Porto ? « Pour les touristes, Porto est la ville du célèbre vin de Porto. En 1996, elle était la capitale du patrimoine culturel mondial. C’est aussi la ville des ponts, symbole de lien entre les différents pays », explique en souriant Ana Lùcia, de la Communauté de l’Emmanuel.

Plus encore – et cela intéresse tout particulièrement les Amis d’EpE – en raison de son climat œcuménique. « A Porto sont présentes sept Églises (catholique romaine, anglicane, lusitanienne, méthodiste, luthérienne, russe orthodoxe et grecque orthodoxe) en dialogue œcuménique ». Il y a aussi des contacts avec la communauté de Taizé. « Il n’y a pas de meilleur endroit pour construire l’unité et en faire l’expérience », soulignent José Antonio et Maria Eugénia, du Mouvement des Focolari.

Quelles valeurs vivre sur place ? Maria da Conceiçao, du Mouvement Cursillos répond : « Nous pouvons offrir au reste de l’Europe par exemple une expérience de communauté où l’on vit de façon spontanée la proximité et l’aide réciproque, fondée sur l’Évangile ». La famille est le lieu privilégié de transmission de la foi. En novembre, ce sera aussi l’occasion de rencontrer des représentants des jeunes générations pour un échange plus approfondi sur la façon dont ils affrontent les défis d’aujourd’hui sur la base de leur foi, par exemple le problème de la migration, de l’écologie, etc.

Liliana (Verbum Dei) et Filomena (Institution Thérésienne) expriment les désirs de chacun : « En novembre prochain, nous voulons développer avec nos amis la culture de la rencontre, caractéristique d’EpE. Nous voulons devenir toujours davantage des ‘’constructeurs d’espérance’’, comme l’a dit Gerhard Pross en novembre 2021 ». C’est le défi de la ‘’diversité réconciliée’’ (Margaret Karram). Assurément, à Porto, nous avancerons dans cette direction.

Beatriz Lauenroth

David M. Sassoli

David M. Sassoli

Un grand ami de Ensemble pour l’Europe est décédé

En tant que député européen, David M. Sassoli était présent à la Veillée de prière pour le 60e anniversaire des Traités de Rome le 24.3.2017 dans la Basilique des Saints Apôtres à Rome (lire l’interview >>). En juillet 2020, en tant que président du Parlement européen, il a répondu à notre initiative du 9 mai. Nous présentons ici sa lettre significative et encourageante.

Nous lui sommes reconnaissants pour son engagement politique fort, caractérisé par des valeurs profondément chrétiennes et lui exprimons notre grande reconnaissance. Nous espérons de tout cœur que son exemple et l’héritage de son engagement déterminé dans la politique et la société resteront vivants à l’avenir.

2020 07 09 Lettre Du Président Du Parlement Européen David Maria Sassoli A EpE (78.2 KB, 15 downloads)
Le laissez-passer invisible

Le laissez-passer invisible

Affronter la réalité à la lumière de l’appel, pour lire et comprendre ensemble les signes des temps et agir en conséquence – Ensemble pour l’Europe se réunit.

Tout est en place au poste de contrôle : le laissez-passer, la température du pouls, le masque et les distances nécessaires. Mais il y a plus. Ici aussi, les gens disposent d’un « laissez-passer » invisible : c’est le « oui » à la vocation d’Ensemble dans la fidélité au « pacte d’amour réciproque ». Il est clair que notre monde est confronté à des défis sans précédent, c’est donc presque une obligation de se serrer les coudes, de travailler ensemble et de se soutenir mutuellement. Ce n’était pas facile pour tout le monde de s’organiser. Marco Impagliazzo, Président de la Communauté de Sant‘Egidio, l’a clairement exprimé : « Merci d’avoir frappé à ma porte avec persévérance ; c’est pour cela que je suis ici ». Chacun a laissé quelque chose derrière lui : des engagements, des urgences ou des soucis liés aux nombreux voyages, comme le père Juan Pablo Catoggio, à la tête du Présidium de Schönstatt.

Nous sommes à la réunion du Comité d’orientation, enfin en présence, au Centre international du mouvement des Focolari à Castel Gandolfo, avec quelques-uns des plus hauts responsables des Communautés et des Mouvements de diverses Églises – parmi lesquels Hansjörg Kopp (Secrétaire général des YMCA Allemagne) et Martin Bühlmann (Vineyard Suisse et Allemagne). Après une journée de partage et de travail, la connexion en ligne avec les différents points d’écoute du réseau œcuménique est attendue afin de renouveler la mission commune pour l’Europe, comme le suggère également le titre de la conférence : de la polarisation à la diversité réconciliée par la réconciliation.

Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, arrive à pied (Le trafic !) ; exprimant sa gratitude, elle avoue aussitôt qu’elle est venue ici pour apprendre des autres. L’échange des témoignages à l’heure de la pandémie, les doutes partagés, les défis à relever ont fait de cette rencontre une école de communion. Il n’y a pas d’urgence. Jesús Moran, Co-président des Focolari, est également resté pour le déjeuner : il était important de mieux se connaître, de clarifier les idées et les points de vue.

Au matin du 6 novembre tant attendu, le « ZOOM » de Castel Gandolfo s’ouvre sur l’Europe et, après un moment de méditation et de prière, le voyage commence d’Est en Ouest, du Nord au Sud de notre continent. Les personnes qui ont le « green pass » de « Ensemble » en poche tentent de répondre aux besoins physiques ou spirituels, donnant ainsi des signes d’espérance autour d’elles. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les deux principales contributions thématiques : celle de Gerhard Pross >> , modérateur d’Ensemble pour l’Europe, et celle de Margaret Karram >>. La prière du soir, écrite ensemble en quatre langues, culmine avec le « pacte d’amour réciproque », selon Jean 13,34, renouvelé en plusieurs langues.

Les discussions se multiplient et sont les porte-paroles des remerciements pour les thèmes abordés, pour les témoignages et pour les encouragements : « un message fort et en même temps chargé d’espérance avec la certitude que le Dieu de l’histoire est avec nous, au milieu de nous, si nous nous mettons sur Son chemin d’Unité ». Quelqu’un s’exprime de manière poétique : Ensemble pour l’Europe ressemble à « une rivière karstique que l’on ne peut voir parce qu’elle coule sous terre, mais elle s’affaire toujours, elle se traîne, creuse, rejoint d’autres rivières et remonte ensuite à la surface, on ne sait ni où ni quand, mais elle transforme le terrain qu’elle traverse ».

Les écrans s’éteignent, on se quitte. En 2022, nous espérons revoir tout le monde physiquement au Portugal, chargé de nouvelles expériences. Notre « laissez-passer » est validé pour nous tenir « sur toutes les frontières » – comme le disait Gerhard Pross – et « faire nôtre une perspective plus large et plus complète du Royaume de Dieu ».

En nous saluant, Margaret Karram résume en ces termes : « La diversité réconciliée à laquelle nous croyons, parce que nous l’avons déjà vécue, peut marquer la nouvelle étape de « Ensemble pour l’Europe » pour les années à venir. Elle peut indiquer le programme sur lequel nous concentrons notre vie et notre action ». C’est aussi un programme au-delà de l’Europe.

Ilona Tóth

Sur la polarisation et la diversité réconciliée

Sur la polarisation et la diversité réconciliée

« Nous considérons la polarisation de notre société comme l’un des plus grands défis auxquels l’Europe et le monde sont confrontés », explique l’équipe qui prépare la rencontre internationale des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe, prévue le samedi 6 novembre 2021.

« Ce jour-là, les causes seront abordées et des solutions seront recherchées », rapporte l’équipe.  Il n’est donc pas étonnant que la réunion de cette année soit intitulée : « Polarisation – Réconciliation – Diversité réconciliée ».

La question sera analysée et approfondie par des contributions de différentes perspectives.

Un point de vue extra-européen sera offert par Margaret Karram, la nouvelle Présidente du mouvement des Focolari. Née à Haïfa (Israël), sa vie a été marquée dès le départ par le dialogue dans un contexte de diversité religieuse et culturelle ; en 2013, elle a reçu le Prix du Mont Sion pour la réconciliation.

Un autre rapport de base sera prononcé par Gerhard Pross, YMCA Esslingen (Allemagne).

Les comités nationaux de certaines nations européennes rendront compte de leur engagement au niveau local.

Cependant, il est tout aussi important que les participants à la Conférence apportent leurs expériences et leurs idées lors des sessions de groupe. Ensemble, on découvre toujours une lumière particulière dans la recherche de nouvelles voies – cette fois-ci « pour passer de la polarisation à une diversité réconciliée dans toute l’Europe ».

En raison de la pandémie, la réunion se déroulera sous une forme hybride. Un petit groupe se réunira à Castel Gandolfo (Rome) et y accueillera les autres participants via Zoom.

Cornelia K. Brand

Photo: Pixabay / Canva

 

 

Co-fondateurs d’une Europe moderne

Co-fondateurs d’une Europe moderne

La conférence européenne sur l’avenir du continent

Comment réunir 446 millions de personnes pour échanger leurs idées ? La Commission européenne et le Parlement européen ont créé une plateforme numérique pour connecter les citoyens européens. La conférence vise à formuler de nouvelles réponses pour l’avenir de l’Europe d’ici 2022 et à définir les prochaines étapes de l’intégration européenne.

Cette conférence est un signe des temps. L’avenir de l’Europe n’est pas seulement entre les mains des politiques, mais il est plus que jamais de la responsabilité de chaque personne.

Le dialogue entre les citoyens européens a débuté le 19 avril 2021 sur la plateforme en ligne futureu.europa.eu. Les sujets sont collectés, évalués et publiés dans 24 langues officielles, et des propositions de réforme sont également soumises et discutées.

Les sujets sont répartis en 10 catégories :

  • Changement climatique et environnement
  • Santé
  • Une économie plus forte, justice sociale et emploi
  • L’UE dans le monde
  • Valeurs et droits, état de droit, sécurité
  • Transformation numérique
  • Démocratie européenne
  • Migration
  • Éducation, culture, jeunesse et sport
  • Autres idées

La conférence se poursuivra jusqu’au printemps 2022, date à laquelle une commission résumera les résultats finaux dans un rapport et examinera comment les mettre en pratique.

Ensemble pour l’Europe vous invite à participer à la conférence, que ce soit à titre personnel, ou en tant que groupe dans une ville ou en tant que comité national. De cette manière, des idées, des souhaits et des propositions concrètes pour l’avenir de l’Europe peuvent être exprimés sur la base de l’expérience d’Ensemble pour l’Europe, riche de valeurs chrétiennes.

Pour plus d’informations : futureu.europa.eu

Beatriz Lauenroth

Photo: Pixabay.com

Songes et visions

Songes et visions

Les élèves d’un lycée de Rome et l’avenir de notre continent : la citoyenneté active pour l’Europe commence dans le monde de l’éducation !

C’est vrai, les faits le prouvent ! « Vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens auront des visions » (Joël 3,1). Quand les enseignants proposent des stimuli, présentent des idéaux, dévoilent des perspectives, les jeunes savent répondre avec enthousiasme, perspicacité et créativité. Les élèves du Liceo Classico Augusto de Rome et leur professeur Maria Paola Aloi (qui adhère à Ensemble pour l’Europe) en sont un exemple.

Impliqués dans un projet de citoyenneté active sur le thème de l’Union européenne, ils ont identifié et analysé avec sérieux certaines questions brûlantes, à la recherche de solutions. Lors de l’interprétation d’un morceau de musique classique, les élèves ont su lire la métaphore de l’harmonie des différences dans le contexte européen, dans une commune symphonie. En mettant en scène le voyage d’une petite fille sur un bateau voguant vers l’inconnu, ils ont stigmatisé les tragédies horribles qui se déroulent dans nos mers.

Dans une relecture du mythe de l’Europe, ils ont reconnu les racines d’une culture qui contient dans son ADN l’hospitalité et l’accueil du voyageur ou du migrant. Par le biais d’un jeu vidéo imaginaire intitulé “The Game”, ils ont favorisé une réflexion sur l’histoire des migrants sur la route des Balkans. Avec lucidité, ils ont rédigé une lettre fictive au Président du Parlement européen, David M. Sassoli, dans laquelle ils exposaient un plan stratégique à partir du “couloir humanitaire”, concentré sur : Prévention, Secours, Accueil.

Ces initiatives, réalisées également le 10 mai dans d’autres lycées associés, à l’occasion de la Journée de l’Europe, ont été présentées à nouveau le matin du 3 juin lors d’une réunion sur la plate-forme de rencontre, à laquelle ont participé des représentants du réseau italien d’Ensemble pour l’Europe (8 villes italiennes ; 6 Mouvements adhérant à Ensemble pour l’Europe). Irene Loffredo (Mouvement des Focolari), une jeune de Pozzuoli (Naples), a parlé d’une riche expérience de volontariat à la prison locale, par des membres de différents mouvements et Églises ; une expérience qui a entrainé une plus grande humanité et divers changements. Aldo Bernabei (Caterinati) a illustré les projets de l’Union européenne concernant le projet Erasmus et le Corps européen de solidarité : dans ce dernier, 270 000 jeunes seront impliqués dans des activités de solidarité au cours des prochaines années.

Il est maintenant prévu de proposer l’initiative à des écoles d’autres villes, en contactant les enseignants, en proposant des jumelages entre classes et en offrant le soutien des protagonistes de cette expérience.

Informés de l’initiative, les bureaux du Parlement européen de Milan et de Rome ont exprimé conjointement leurs compliments pour l’extrême engagement et le soin mis dans les divers projets réalisés.

Dolores Librale et Ada Maria Guazzo

Photo: Pixabay

Se connaître pour aimer

Se connaître pour aimer

Journée de l’Europe 2021 – Voyage en ligne

Empathie, contemplation et action, « ora et labora » : quelques-uns des mots clefs de la Journée de l’Europe 2021, organisée par une quarantaine de mouvements chrétiens du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe.

L’EUROPE A BESOIN DE COHÉSION, D’ESPÉRANCE ET D’INSPIRATION

« L’Europe se construit et se maintient en célébrant ses fêtes ». Ainsi s’est exprimé Luigino Bruni, professeur d’économie politique à la LUMSA de Rome le 9 mai dernier, journée de l’Europe, lors de son intervention en visioconférence « Pour la terre et pour l’homme ». Depuis toujours, la fête est signe d’identité collective, affirme-t-il devant un millier de participants connectés en Italie. En ces temps de pandémie, l’Europe a plus que jamais besoin d’être ensemble, d’espérer, de se laisser inspirer. Il souligne encore : « Ma vie a été souvent inspirée par Ensemble pour l’Europe… une des inspirations les plus importantes et prophétiques du nouveau millénaire ».

Cliquez ici pour voir l’événement>>

LE DIALOGUE – LA VOLONTÉ D’ACCUEILLIR L’AUTRE

A Graz (Autriche), une rencontre par Zoom a réuni 200 citoyens européens d’Italie, Croatie, Tchéquie, Slovaquie, Slovénie, Hongrie et Autriche. Mme Petra Steinmair-Pösel, professeur à l’université d’Innsbruck (Autriche), a parlé de l’importance du dialogue pour l’Europe. Il n’est ni discussion, ni débat, mais disponibilité à accueillir l’autre, affirme-t-elle. « Le dialogue nous rassemble. Le monde attend de nous [chrétiens] de la compassion, des solutions aux problèmes des migrations, de l’écologie et de la crise du sens ». Par où commencer ? « Par nous-mêmes, en écoutant et en respectant l’autre différent de moi et avant tout en apprenant de lui. »

LES EUROPÉENS DEVRAIENT FAIRE PREUVE DE PLUS DE CONFIANCE EN EUX

En France, Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman, a demandé aux Européens d’avoir une meilleure estime d’eux-mêmes, désirant leur transmettre optimisme et enthousiasme. « L’Europe ne se construit pas en un jour, mais ensemble nous sommes forts. Nous avons la même monnaie, nous avons le marché commun, nous sommes tous engagés dans l’écologie. Notre système de santé est appréciable. »

Cliquez ici pour regarder l’enregistrement complet>>

UN DIALOGUE SUR LA BASE DE L’ENCYCLIQUE SOCIALE « FRATELLI TUTTI »

Dans la « Chapelle pour l’Europe », Ensemble pour l’Europe en Belgique a invité l’évêque de Liège, Mgr Delville, et l’eurodéputée flamande Cindy Franssen. Dans un vif dialogue basé sur l’Encyclique sociale du pape François « Fratelli tutti », tous deux ont souligné l’importance d’une créativité nouvelle, contemplative et en même temps active. « Ça suffit ! Il est temps de changer ! », c’est le cri d’alarme des jeunes de Sant’Egidio, qui ont présenté leur action #sauvonsnosaines. Particulièrement en cette période de pandémie, ils veulent prêter leur voix et apporter leur soutien aux anciens.

Cliquez ici pour regarder l’enregistrement de l’événement>>

L’EUROPE, TERRE D’ACCUEIL DES NOMADES NUMÉRIQUES DE LA GÉNÉRATION Y

La fête du 9 mai 2021 a aussi été l’heure des jeunes adultes présents dans Ensemble pour l’Europe. Ils ont raconté leurs actions concrètes dans leurs pays et mouvements respectifs et ont montré leur professionnalisme dans divers domaines de la société : le droit (Allemagne), l’écologie (Italie, Autriche), la politique (Belgique, France), le souci des anciens (Belgique), des réfugiés et des marginaux (Hollande, Grèce, Allemagne). Pour la « génération Y », née à la fin du siècle dernier, l’Europe est leur maison, ils s’y déplacent librement, ordinateur sous le bras, en « nomades digitaux ». Un jeune Hollandais a dit : « En Europe, nous avons la possibilité de bien nous connaître et d’être ensemble, même si nous sommes loin. C’est important, parce qu’il faut bien se connaître pour pouvoir s’aimer ».

La fête de l’Europe 2021 a été soutenue par la prière de beaucoup. Les jeunes se sont réunis pendant une heure avec « My Europe – We pray for Europe ». En Tchéquie, une neuvaine de prière en vue du 9 mai a rassemblé le Mouvement de Schönstatt, la communauté Sant’Egidio et le Mouvement des Focolari présents dans le pays. En Suisse, où le 9 mai ne revêt pas de signification particulière, les chrétiens de plusieurs mouvements ont préparé six soirées de prière pour demander à Dieu force et miséricorde en ce temps difficile de pandémie mondiale. Et dans le GospelHouse de Klagenfurt (Autriche) s’est déroulée une soirée œcuménique de prière autour des « 7 OUI ».

Beatriz Lauenroth

Photo: Ursula Haaf (©Together for Europe)

Un signe fort d’espoir en temps de pandémie

Un signe fort d’espoir en temps de pandémie

Vers la Journée de l’Europe 2021

Du 7 au 9 mai, Ensemble pour l’Europe (EpE) se présentera par une série d’événements. Des juristes, des théologiens et des membres du Parlement européen côtoieront des élèves, des étudiants et des adultes de diverses disciplines, pour échanger sur la situation du Continent et trouver des solutions concrètes aux problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

Du 7 au 9 mai, plus de 50 Communautés et Mouvements Chrétiens partageront leurs initiatives en faveur de leurs frères et sœurs en difficultés : sensibilisation à travers des forums et tables rondes, chaînes de prière au niveau européen, mais aussi des activités concrètes telles que des actions environnementales (par exemple le ramassage de déchets pour protéger l’environnement). « Nous voulons montrer la beauté du message chrétien de manière concrète ! » – Ce sont les mots d’un membre belge du groupe de préparation.

Des jeunes et des jeunes adultes de différents Mouvements, Communautés et pays européens donnent dans un court clip vidéo>> leur vision de l’Europe : « My Europe » et le 9 mai, ils se réuniront pour prier>>.  En outre, ils explorent, dans le cadre d’un webinaire, les racines chrétiennes du « des autres » >>.

En Italie, EpE se présente en ligne avec un riche symposium « Pour la Terre et l’Homme » >>.

Le groupe autrichien travaillera en réseau avec la Croatie, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie et l’Italie pour mieux se connaître et approfondir « Une conversation qui nous unit tous » .

Dans la « Chapelle pour l’Europe » à Bruxelles >> 13 Mouvements chrétiens d‘EpE proposent une réflexion commune au niveau politique et ecclésial.

Le président de la Fondation Robert Schuman interviendra lors de la conférence organisée en France>>.

Des jeunes et des adultes se réunissent autour de différents thèmes également aux Pays-Bas>>, en Allemagne>>, en la République tchèque>>  et en Suisse>>.

Aux soins de Beatriz Lauenroth

Qui s’en soucie ?

Qui s’en soucie ?

Les jeunes d’Europe répondent

Pendant la Semaine Monde Uni, un webinaire explore les racines chrétiennes du « souci d’autrui » avec le chanoine John McLuckie, recteur de l’Église épiscopalienne Écossaise, et 14 jeunes de 4 communautés différentes et de 7 pays européens.

J’ai lu sur Facebook qu’une mère de famille, vu la situation tragique des hôpitaux à cause de la pandémie, a commencé à confectionner des bonbons pour les médecins et les infirmières, et aujourd’hui plusieurs milliers de personnes et diverses associations se sont jointes à l’action, atteignant avec cette action plus de 40 hôpitaux, créant dans les différentes villes du pays un véritable réseau. C’est ce qui arrive à une personne qui, à la lecture d’une demande de bonbons émanant d’une salle d’urgence, commence à agir ! Et que deviennent les autres qui rejoignent ce groupe ! Au final, tout le monde est heureux, ceux qui ont donné comme ceux qui ont reçu !

Aujourd’hui, notre calendrier est rempli de fêtes, commémorant un événement, un bien commun d’un pays, d’un continent ou de la planète entière qui, grâce à l’initiative d’une personne, d’un groupe, d’une Église ou d’une association, sont devenus le patrimoine culturel de peuples entiers.

Le 9 mai, fête de l’Europe, est également de cette nature, tout comme la Semaine Monde Uni, que les jeunes des Focolari ont commencé à organiser il y a plusieurs années pour attirer l’attention d’un grand nombre sur la paix et la fraternité entre les peuples.

Cette année, du 1er au 9 mai, vous pourrez suivre sur le site web de “United World Project” >> les différents événements, dont celui du 8 mai pour lequel Ensemble pour l’Europe a également travaillé durant cette période. Comment ? Nous avons demandé aux jeunes ce qu’ils diraient aux jeunes, quelle expérience ils auraient à offrir en matière du « souci des autres » – étant donné que la Semaine a pour slogan : #daretocare ? En écoutant ces jeunes, en regardant leurs idéaux, l’espérance renaît pour l’avenir.

Et si je suis un jeune, ou si j’ai été jeune, je peux peut-être me demander : mais qu’est-ce que je pourrais faire, moi, aujourd’hui, pour les autres ? Ceux qui cliquent sur //bit.ly/whocares8may et comprennent l’anglais, peuvent trouver une dose du vaccin, …. mais pas contre le Covid19 !

Ilona Toth 

Télécharger le flyer 

Who Cares 8 May Invite Link (199.8 KB, 95 downloads)
La Tchéquie prie

La Tchéquie prie

A l’occasion de la Journée de l’Europe, les nouveaux Mouvements et Communautés de la Tchéquie ENSEMBLE prient pour l’Europe

Il s’agira d’une neuvaine qui réunira toutes les personnes désireuses de s’unir

chaque soir à 21h00 du 29 avril au 7 mai, via zoom

pour l’Europe.

La prière commune est le fruit de la collaboration et de la communion entre le Mouvement de Schoenstatt, la Communauté de Sant’Egidio et le mouvement des Focolari en Tchéquie.

Samedi 8 mai, de 9 à 11 heures, la République tchèque sera le septième pays aux côtés de la Croatie, l’Italie, la Slovaquie, la Slovénie et la Hongrie à rejoindre Graz (Autriche) dans une fête commune pour l’Europe.

Le groupe local d’Ensemble pour l’Europe

 

 

L’Europe : quelles raisons d’espérer

L’Europe : quelles raisons d’espérer

A la veille du lancement de la « conférence  sur l’avenir de l’Europe », les associations et mouvements chrétiens réunis dans Ensemble pour l’Europe organisent une conférence en ligne avec le président de la Fondation Robert Schuman

Jean-Dominique Giuliani
sur le thème « L’Europe : quelles raisons d’espérer ? »
Jeudi 6 mai, 19h – 20h30

Conscients de l’importance de poursuivre l’œuvre commencée en 1950 avec la « déclaration Schuman », les chrétiens souhaitent faire entendre leur voix dans ce grand débat qui se poursuivra jusqu’en mai 2022.

La conférence de M. Giuliani, soutenue par Gérard Testard (Ensemble pour l’Europe France), permettra de mesurer les atouts de l’Europe dans un monde en pleine évolution, où seule une réponse commune pourra faire face aux crises économique, écologique et sanitaire.

Voulez vous revoir la conférence du 6/5/2021?  Voici le lien //youtu.be/zS_kUh6ER4g

Informations : Ensemble pour l’Europe France>>

Flyer à télécharger :

Affiche Europe 2021 - Conférence Online - Avec Liens (521.1 KB, 78 downloads)

Communiqué de presse à télécharger :

6 Mai 2021 J D Giuliani Conférence Online Communiqué (627.7 KB, 80 downloads)

 

Ensemble pour l’Europe, France

 

À Bruxelles, à la Chapelle pour l’Europe

À Bruxelles, à la Chapelle pour l’Europe

En Belgique, à la Chapelle pour l’Europe, à Bruxelles, différents Mouvements d’Ensemble pour l’Europe préparent un événement, le 8 mai 2021, de 16h00 à 17h30, qui sera diffusé online, à l’occasion de la Journée de l’Europe.

La vidéo restera en ligne sur le YouTube de la Chapelle pour l’Europe
Voici le lien direct à la vidéo: //www.youtube.com/watch?v=01tvdG6uB7c


Le lien aux traductions ( (textes) : vers le français>>     vers le néerlandais>> 


N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions : ensemble.samen@skynet.be

Le thème en sera “Unité et Réconciliation”.

Le programme prévoit l’intervention de Mgr Delville, évêque de Liège, et d’une Europarlementaire belge, Cindy Franssen. Ils approfondiront divers aspects de la dernière encyclique du Pape François Fratelli tutti.

Différentes initiatives émanant de plusieurs communautés et mouvements, notamment en faveur de nos frères dans le besoin en Belgique, seront ensuite présentées. “Nous voulons montrer la beauté du message chrétien !” C’est ainsi que s’est s’exprimé un membre du groupe préparatoire.

La troisième partie sera consacrée à la prière.

Le comité belge d’Ensemble pour l’Europe  

Photo : Wikipedia, auteur : ©Fabre

L’Italie en action

L’Italie en action

Pour la Terre et pour l’Homme

NOUS AVONS ENCORE ORGANISÉ CETTE ANNÉE UN RENDEZ-VOUS POUR TOUTE L’ITALIE, AVEC LA CONTRIBUTION DES DIFFÉRENTS GROUPES, DE ROME À TRENTE, DE MILAN À PALERME…

IL EST POSSIBLE DE REVOIR L’ÉVÉNEMENT (VIDEOCONFERENCE) SUR YOU TUBE: //www.youtube.com/watch?v=H5W0OfgJ0LY

  • Rapport de Luigino Bruni, professeur d’économie politique à la LUMSA de Rome : “D’une Écologie intégrale à une Économie solidaire”
  • Intervenants: Jonut Radu (orthodoxe roumain), Mons. Marco Gnavi, Pasteur Luca Maria Negro
  • Expériences « Pour la Terre et pour l’Homme ».


Le dépliant (en italien) avec les données d’accès peut être téléchargé ici :

Festa Europa 9 Maggio 2021 ITALIA (187.6 KB, 70 downloads)

 

Giuseppe Del Coiro au nom de l’équipe nationale italienne

 

Servir les gens par le droit

ENSEMBLE DANS LA RÉGION DE STUTTGART

Rencontres dans la région – apprendre à se connaître – prier pour l’Europe

 en ligne le vendredi 7 mai 2021 à 19h30.

Vous pouvez télécharger ici le dépliant (en allemand) avec plus de détails et l’adresse d’inscription

2021-03-15 Flyer MfE Stuttgart (3.4 MB, 92 downloads)

Le 9 mai en Hollande

Au cours d’une session vidéo, nous tenterons de répondre à ces questions :

Comment est née l’idée de la Journée de l’Europe ?
Où est l’âme de l’Europe ?
Que nous dit l’Europe aujourd’hui ?

 

Nous aborderons ensemble ces sujets et d’autres encore. Jeff Fountain, du Centre Schuman pour les Études Européennes d’Amsterdam, fera partie des participants.

Pour s’inscrire, écrire à beatriz.lauenroth@together4europe.org.

Beatriz Lauenroth, du comité Ensemble pour l’Europe de Hollande

Fidélité à l’avenir

Fidélité à l’avenir

Noël approche à grands pas. Cette année sera extraordinaire à bien des égards car l’humanité est encore aux prises au COVID-19. Dans un geste sans précédent, le Pape François avait prié sur la place Saint-Pierre pour la fin de la pandémie le 27 mars 2020. Les paroles de l’Évêque de Rome semblent aujourd’hui plus actuelles que jamais. 

Herbert Lauenroth, membre du Comité d’Orientation international d’Ensemble pour l’Europe (EpE), avait formulé une introduction empathique aux paroles du Pape pour la soirée de prière de la rencontre des « Amis d‘EpE » du 14.11.2020. Sa perspective nous amène « à nous consolider dans notre intériorité (…) sans pour autant nous enfermer dans notre chez moi ou dans notre identité ».  (Le texte complet avec les intercessions est disponible en bas de page pour le téléchargement).

Le Seigneur est bienveillant et miséricordieux, lent à la colère et d’une grande fidélité. Le Seigneur est bon pour tous, plein de tendresse pour toutes ses œuvres (Ps 145). Ces paroles du psalmiste nous introduisent dans cet espace de Dieu, d’un Dieu qui voudrait être reconnu et imploré dans toute sa passion, sa com-passion, sa patience et sa miséricorde, dans la fidélité de son amour de Créateur à toutes ses créations et à la création entière qui est toujours « fidélité créative », « fidélité à l’avenir ».

Nous nous rangeons autour de cet homme frêle, vêtu de blanc, un peu perdu, égaré sur l’immense place Saint-Pierre vide, sous une pluie se déversant sans interruption d’un ciel triste sur ce soir du 27 mars. Nous tournons notre regard, plongé dans le sien, vers la « Ville éternelle », qui, dans toute sa splendeur, semble vide, abandonnée, enfermée dans ses apparences historiques, dans ses monuments, ses mausolées, ses musées, ses fonctions, ses palais, ses lieux de culte, ses rues et ses places désertes ; nous nous rangeons autour de cet homme seul, vêtu de blanc, en qui nous reconnaissons l’Évêque de Rome, et donc notre frère. Mais ce soir, il est aussi un berger sans son troupeau, a last man standing ( un dernier homme debout). Avec lui, nous donnons une visibilité à la communion dans le Christ ; avec lui, nous implorons la Présence réelle du Seigneur : au milieu de nos communautés, de nos diverses dénominations, nations, affiliations ethniques et culturelles, au milieu de nous, au milieu du monde, et ce faisant, nous « disons du bien » avec le Pape François, – « urbi et orbi » – la ville de Rome et toutes les villes, nos pays et toute l’Europe, une Europe qui regarde au monde entier.

Oui, nous nous rangeons autour de l’Évêque de Rome, que nous reconnaissons comme notre frère, poussés par l’expérience du COVID-19 à donner une visibilité à la Communauté Chrétienne, une communauté qui, en ce temps de pandémie, se caractérise comme une expérience de Co-immunité ; une communion qui naît – paradoxalement – des prescriptions et des expériences d’un « distancement social ». En ces temps de communion mondiale croissante, cette crise nous rappelle brutalement la nécessité de nous consolider dans notre propre intériorité, dans notre propre Église, famille, vocation, histoire personnelle – sans toutefois nous enfermer dans notre chez moi ou dans notre identité. C’est seulement ainsi que nous redécouvrons notre véritable racine, notre appartenance commune : celle d’être frères (et sœurs) tous (et toutes), égaux du fait d’être uniques, intimement liés à des êtres absolument distincts : tous frères et sœurs en Christ !

Nous nous déployons alors comme une communauté de prière pour faire écho aux paroles du Pape François, et pour les charger de sens et d’efficacité ; des paroles adressées à Dieu, au nom du peuple de Dieu, par l’intercession de Jésus, de Jésus au milieu de nous, de Jésus abandonné au Père, dont la miséricorde et la com-passion nous ont été rappelées par les paroles du psalmiste.

Le Seigneur est bienveillant et miséricordieux, lent à la colère et d’une grande fidélité. Le Seigneur est bon pour tous, plein de tendresse pour toutes ses œuvres (Ps 145).

2020 11 14 EpE Prière du soir _Herbert Lauenroth (701.4 KB, 29 downloads)
Initiatives françaises

Initiatives françaises

Lors de la réunion annuelle des Amis d’EpE en novembre dernier 14 des groupes locaux ont partagé leurs expériences et leurs projets dans leur pays. Nous rapportons la contribution offerte par le groupe EpE actif en France.

Strasbourg

Le groupe de Strasbourg est très soucieux de lurgence climatique et le levier que représente une Europe renforcée dans ce domaine. Il a préparé une conférence/débat avec les interventions de Sven Giegold (député européen vert) et Jacques Muller (ancien maire de Wattwiller, sénateur du Haut-Rhin et activiste pour le climat), au Centre des Étudiants Catholiques, centre que Schumann avait visité régulièrement.

Strasbourg étant la ville de l’Europe, les personnes ont ici une affinité toute particulière pour les questions de l’Union Européenne. Dans le cadre de « Ensemble pour l’Europe », les mouvements et associations ecclésiales trouvent une très belle occasion de travailler ensemble.

Lyon

Pour la journée de l’Europe 2021, l’équipe EpE de Lyon a proposé un spectacle librement inspiré de la Lettre Encyclique du Pape François Laudato Si’, intitulée « Le vert était dans la pomme ! » le 9 mai 2021. C’est la fin du marché, Ish et Isha n’ont pas vendu grand-chose !  C’est le début d’un échange plein d’humour entre nos deux personnages sortis tout droit de l’histoire humaine. A travers des scènes d’une grande force, dans un décor d’une simplicité extrême, le public sera invité à prendre position sur des questions fondamentales du monde d’aujourd’hui et découvrir que tout est lié.

Paris

A Paris, dans le cadre de la formation des jeunes de la Maison de l’unité, tenue par les diaconesses, EpE animera le 13 avril 2021 une soirée œcuménique de réflexion et de prière qui s’inscrira aussi dans le « Chemin de prière »  2021.

Pour la fête de l’Europe nous restons en contact avec la maison de l’Europe à Paris et la Mairie de Paris pour tenir un stand lors de la grande manifestation qu’ils organisent chaque année à cette occasion.

Nous restons aussi en lien avec les jeunes des Focolari qui concluront leur projet : “dare to care” par une manifestation festive à Bruxelles, à l’occasion de la fête de l’Europe les 8 et 9 mai 2021.”

Au niveau national

Le comité national EpE a échangé au sujet du Liban et de la solidarité avec ce pays, appelé souvent Liban-message, (selon l’expression du pape Jean-Paul II), c’est-à-dire le pays de la convivialité et de l’amitié entre les religions. Entre l’explosion de Beyrouth, la crise économique et la crise politique, de nombreux libanais n’ont plus d’espoir. Leur seule option pour vivre et survivre est de quitter le pays. Le comité a encouragé les initiatives en direction de ce pays, comme par exemple le webinaire du 15 octobre porté par plusieurs associations pour prier pour ce pays et appeler au soutien financier.

Le groupe national EpE de France

Les charismes face au coronavirus

Les charismes face au coronavirus

Face à la ‘non-disponibilité’ de la pandémie, nous pouvons développer une nouvelle disponibilité par l’action de l’Esprit Saint, qui nous fait trouver un nouveau foyer dans nos charismes, les espaces intérieurs de notre spiritualité respective; une nouvelle confiance, pour témoigner que dans chaque désespoir nous découvrons toujours un chemin orienté vers l’avenir, le chemin de Dieu avec nous.

C’est la quintessence d’un groupe des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe durant la rencontre Zoom du 14.11.2020.

 

Cinq charismes, parmi tous ceux qui sont réunis dans « Ensemble pour l’Europe » se sont présentés en témoignant comment ils répondent au défi actuel de la pandémie. Dans l’harmonie des différentes caractéristiques, on perçoit quelque chose de la « partition écrite au Ciel ».

Voici les textes des diverses contributions que vous pouvez télécharger :

2020 11 14 1 Corona à la rencontre des Charismes - Introduction18 décembre 2020
2020 11 14 2 Contribution de Sant'Egidio18 décembre 2020
2020 11 14 3 Contribution de Mouvement de Schoenstatt18 décembre 2020
2020 11 14 4 Contribution de Mouvement des Focolari18 décembre 2020
2020 11 14 5 Contribution réseau de prière Allemagne18 décembre 2020
2020 11 14 6 Contribution de Efesia18 décembre 2020
2020 11 14 7 Conclusion après les Contributions sur les Charismes18 décembre 2020

Secrétariat international d’EpE

En ligne et pourtant entièrement analogique

En ligne et pourtant entièrement analogique

« On remarque ici l’anti-virus de la fraternité ». Le 14.11.2020, quelque 300 amis de « Ensemble pour l’Europe » (EpE) se sont réunis pour leur réunion annuelle 2020 sur le world wide web. Les représentants d’une quarantaine de Mouvements les plus impliqués dans le réseau ont fait une expérience de communion et de partage intense en composant « une belle mosaïque de visages et de communautés » au service du prochain, dans les domaines les plus variés.

« C’est comme si aujourd’hui nous réécrivions les Actes des Apôtres », lit-on dans un commentaire arrivé pendant l’événement.

Cette année, la préparation a été concertée comme jamais ! 14 des groupes locaux d’EpE en Europe occidentale et orientale – du Portugal à l’Ukraine, de la Russie à l’Irlande du Nord, de la Grèce à la République tchèque – ont partagé leurs expériences à travers des témoignages, des films et des photos. Après ce mélange varié, le « filet invisible » qui lie tout le monde semblait plus dense et plus réel que jamais.  « Nous sommes l’aréopage d’aujourd’hui, d’où nous pouvons donner du courage aux personnes », a dit un participant.

En « priant et en vivant ensemble et en s’engageant pour les autres », tous les mouvements et communautés apportent une contribution visible à un monde plus uni.

Par le biais d’innombrables chats, beaucoup ont participé activement à la conférence.

Une session de la journée a été consacrée à la question de savoir comment nos charismes brillent en cette période de coronavirus. Il s’agit d’écouter ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui. Avec la pandémie, un signal d’alarme retentit. Dans la prière, les Mouvements se rendent disponibles à Dieu et, dans une culture de l’alliance, approfondissent leur relation avec Lui. Dans une culture de la rencontre, ils apprennent à dialoguer sans perdre leur identité et, notamment par la solidarité avec les pauvres, ils rendent visible leur amour pour Dieu et pour les hommes.

La Communauté de Sant’Egidio, le Mouvement de Schoenstatt, le jeune mouvement Efesia né en France, un représentant du Congrès des responsables en Allemagne et le mouvement des Focolari ont témoigné de la manière dont leurs charismes répondent avec créativité et solidarité aux défis de la pandémie. « Covid a renforcé notre unité » – « La nouvelle forme de l’Église est l’amitié vécue », c’est ainsi que certains des participants ont exprimé ce qu’ils avaient vécu.

Après un échange souvent très personnel dans plus de 40 groupes de discussion, il est apparu clairement que les relations entre les participants et avec les autres sont plus importantes que jamais : « Le Royaume de Dieu existe dans les relations. Partageons même les difficultés afin que l’autre personne puisse percevoir l’amour de Dieu. Regardons ensemble vers l’avenir et reconnaissons-nous dans ce réseau. Ensemble, il y a plus de force, on peut voir plus loin ».

«  L’heure des chrétiens a sonné en Europe», a déclaré Julio en fin d’après-midi, invitant au nom du réseau EpE présent au Portugal à tenir la prochaine réunion des « Amis » dans la ville de Porto du 4 au 6 novembre 2021.

La réunion 2020 s’est terminée par un moment de prière solennel dans la soirée. En ligne – mais de manière très réelle – les participants de toute l’Europe ont ressenti la présence de Dieu et, ensemble, ils ont demandé la force et la confiance pour être de plus en plus des signes d’espoir et d’aide concrète pour le monde. Un participant l’a exprimé ainsi : « Aujourd’hui, le monde vit dans la peur, l’incertitude, la confusion. Je suis sûr que tous les éléments qui ont émergé de cette réunion sont un grand antidote à tout ce qui est négatif ».

Secrétariat international de TfE

Graphique: ©Together4Europe

Regarder « la partition » d’en Haut

« La partition est écrite au ciel ; écoutons ensemble l’Esprit Saint et faisons ce qu’il nous dit ». C’est ce que Chiara Lubich a souligné au début d’Ensemble pour l’Europe (EpE). Un programme auquel les initiateurs d’EpE se sont consacrés sans réserve. Après Chiara (1920-2008) et Helmut Nicklas (1939-2007), Sœur Anna Maria aus der Wiesche (1952-2020) et l’année dernière le Père Michael Marmann (1937-2019) sont récemment arrivés à destination.

C’étaient des personnes si profondément enracinées dans leur Église et leur Communauté qu’elles pouvaient en toute confiance se laisser guider par l’Esprit dans l’immensité d’EpE. C’est à leur témoignage courageux, à leur confiance et à leur sagesse qu’EpE doit son existence et sa réalisation.

Sœur ANNA MARIA AUS DER WIESCHE, Communauté Christusbruderschaft Selbitz  – une femme qui, dans sa douceur, était rebelle, déterminée et prophétiquement douée [1]

Gerhard Pross, du Comité d’Orientation d’EpE, écrit :

Le 31 août 2020, Sœur Anna-Maria nous a quittés. Plein de gratitude, je pense aux 20 années pendant lesquelles elle a contribué à façonner EpE. Avec Thomas Römer et moi-même, elle a animé la « Rencontre de responsables évangéliques  » en Allemagne en 2000, où Chiara Lubich et l’Évêque Ulrich Wilckens ont ouvert la voie au grand événement de réconciliation entre les confessions lors de cette rencontre. Outre sa naissance le 31.10.1999 à Ottmaring, ce fut une heure fondamentale pour EpE et sa mission d’unité. Dès le début, Sœur Anna-Maria a été impliquée dans le Comité d’Orientation d’EpE, modérant conjointement les grands Congrès de Stuttgart en 2004 et 2007, ainsi que le moment de la réconciliation entre les Eglises lors de l’événement de Munich en 2016.

Sœur Anna-Maria avait un talent inné pour le leadership. La clarté et la capacité d’intégration faisaient autant partie d’elle qu’une vision spirituelle précise. Un de ses dons était l’amour des personnes, avec la proximité qu’elle ressentait pour l’individu et en même temps avec la vision d’ensemble. Son don à Dieu, son amour pour l’Église et sa vie pour l’unité ont façonné ses pensées et ses actions. Avec une grande attention, elle observait les signes des temps et était toujours prête à écouter ce qui était important en ce temps-là. Son oui à la vie, sa joie et son rire étaient contagieux.  Sœur Anna-Maria laisse un grand vide. Nous la garderons dans nos cœurs avec gratitude pour ce que nous avons reçu à travers elle.

P. MICHAEL MARMANN – homme de communion, fort et libre  [2]

« Nous pensons que ce processus en cours en Europe est un clair signe des temps. Et les signes des temps sont les voix de Dieu. Le christianisme ne peut pas être seulement une superstructure religieuse, mais il doit prendre la personne dans sa globalité », déclarait le père Marman à la veille de la première manifestation d’EpE à Stuttgart en 2004.

En 1991, il est élu Supérieur Général des Pères de Schoenstatt et est en même temps Président du Présidium Général du Mouvement. À ce titre, il était également un pionnier dans l’ouverture à l’œcuménisme et à la communion entre les Mouvements des différentes Églises. « Il y avait en lui une ouverture naturelle pour une plus grande communion entre les Mouvements spirituels, en particulier dans le réseau « Ensemble pour l’Europe » (…) dans la ferme conviction que l’unité des Eglises et leur réveil est une condition décisive pour un nouveau lien de vie entre le monde autonome et fragmenté et son origine infinie ». [3]

P. Heinrich Walter, a vu en lui une attention et une sympathie “prophétique“, « j’entends “prophétique” comme réponse à un défi d’aujourd’hui qui va au-delà des attentes, réalise des synergies et met en route des processus inattendus »[4]Ce fut également le cas après la veillée de Pentecôte avec Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre en 1998, lorsque le Père Michael s’est immédiatement mis d’accord avec Chiara Lubich, Andrea Riccardi, Salvatore Martinez et Frances Ruppert (Cursillos) pour former le premier noyau de la communion souhaitée par le Pape entre les nouveaux Mouvements et Communautés. Déjà l’année suivante, le cercle s’élargissait avec les membres des Communautés de l’Église Évangélique Luthérienne : c’était la naissance de « Ensemble pour… » !

Afin de transmettre aux membres des Mouvements la forte expérience que leurs dirigeants respectifs avaient faite entre eux, une réunion s’est tenue à Munich en 2001. Devant environ 5000 personnes, Chiara a proposé de sceller un pacte d’amour réciproque. Les premiers à être d’accord furent Helmut Nicklas et le père Michael Marmann. Ce « pacte » est devenu la base de tout ce qui s’est développé depuis lors dans l’engagement commun. Merci, Père Michael !

Pour plus d’informations, voir le vidéo-story >>

Compilé par Cornelia Karola Brand, Secrétariat international d’EpE

[1] De la lettre de condoléances d’Herbert Lauenroth, Ottmaring
[2] cfr. Ekklesia, n.4 (2019/3), S.51-53
[3] Nécrologie de P. Theo Breitinger, Provincial des Pères de Schoenstatt, février 2019.
[4] cfr. Ekklesia, n.4 (2019/3), S.51-53

Réunion virtuelle européenne des « Amis » à l’automne 2020

Du 12 au 14 novembre 2020 aura lieu la réunion annuelle des  « Amis des Ensemble pour l’Europe », qui se déroulera cette fois-ci en deux temps : au niveau national et européen.

Cette année, en raison de la pandémie du Covid-19, la réunion internationale initialement prévue à Varsovie, en Pologne, ne pourra pas avoir lieu sous forme présentielle.

Au niveau européen, nous serons connectés via Zoom le 14 novembre 2020. Nous aurons plusieurs éléments de réflexion, des occasions de partage (dans les quatre langues : français, anglais, allemand et italien) et une prière commune. Comment les différents charismes, reliés au sein du réseau « Ensemble pour l’Europe », affrontent-ils la pandémie ? L’échange permettra aux participants de se connaître plus profondément.

Réunions nationales en guise de préparation

Avant la réunion européenne, les membres du réseau sont invités à participer aux réunions nationales.  « Cela peut avoir lieu dans les jours qui précèdent immédiatement le 14 novembre ou quelques semaines avant ; il peut s’agir d’une réunion en présence ou virtuelle – en fonction des possibilités de rencontre dans les différents pays », lit-on dans la lettre d’invitation. L’objectif des réunions nationales est également de préparer les contributions pour la réunion européenne.

Prévisions pour 2021

Dans l’espoir que l’évolution de la pandémie le permette, la réunion habituelle des « Amis » au niveau européen se tiendra en présence du 4 au 7 novembre 2021. Le pays et le lieu précis doivent encore être décidés.

Secrétariat international de EpE

 

 

 

Les projets politiques vivent aussi de la spiritualité

Les projets politiques vivent aussi de la spiritualité

« Ensemble pour l’Europe » a reçu une lettre du Président du Parlement européen, David Maria Sassoli. Il souligne combien les valeurs européennes communes sont nécessaires pour la gestion des crises. Le Président est heureux de rester en contact avec le réseau.

Dans une lettre adressée au « Ensemble pour l’Europe » (EpE), le Président du Parlement européen, David Maria Sassoli, remercie le réseau œcuménique pour son service au continent européen. Il observe que les Pères fondateurs de l’Europe avaient clairement à l’esprit que le projet politique EUROPA ne pouvait fonctionner que s’il se nourrissait également d’une spiritualité vécue. « Les valeurs européennes communes, telles que convenues par les États membres lors de la signature des traités de l’UE, sont plus nécessaires que jamais pour surmonter les crises, notamment l’actuelle pandémie COVID-19 », déclare M. Sassoli.

Combattre les tentations égoïstes et nationalistes

Le président souligne combien il apprécie toutes les initiatives qui « stimulent le débat public sur les questions civiles ». L’intention du Parlement européen et l’engagement du « Ensemble pour l’Europe » voient « une approche commune fondée sur la solidarité et l’idéalisme ». La crise COVID-19, la nécessité d’une plus grande écologie et les relations de l’Union européenne avec les citoyens des pays tiers arrivant sur son territoire « sont autant de questions qui ne peuvent être abordées sans combattre les tentations égoïstes et nationalistes ».

Encouragement pour les prochaines étapes

Le réseau œcuménique considère cette lettre d’appréciation comme un encouragement pour les prochaines étapes. La lettre de Bruxelles souligne que la prière et les actions pour l’Europe, comme celles relatives au 9 mai, contribuent de manière importante à son unité.

Heinrich Brehm / Beatriz Lauenroth

Voir la traduction française de la lettre:

2020 07 09 Lettre Du Président Du Parlement Européen David Maria Sassoli A EpE FR (78.2 KB)

 

 

 

Traverser l’Europe en un jour

Vivre le 9 mai 2020 en ligne : En raison du Covid-19, tous les événements prévus pour la Journée de l’Europe – dans laquelle est engagé Ensemble pour l’Europe – se sont déroulés en ligne. Pour les forums, les conférences, la prière et les chants, Ensemble pour l’Europe était relié avec des personnes de tout le continent.

Italie

En Italie, plus de 900 amis d’Ensemble pour l’Europe ont mis le pays en réseau par une conférence zoom. Le thème « Écologie intégrale : une utopie soutenable pour l’Europe » a été illustré en deux interventions sur la façon de travailler en vue d’un présent et d’un avenir meilleurs de la planète, en respectant la nature et les personnes. La rencontre s’est terminée par une prière œcuménique avec les représentants de nombreuses Églises et communautés et par le renouvellement de la promesse d’amour réciproque, que l’on appelle le « pacte » ( comparez Jn. 13,34 ).

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, deux conférences ont eu lieu, à partir d’Utrecht et d’Amsterdam. « Utrecht en dialogue » et « Pax » ont permis, par petits groupes en ligne, un vivant échange d’idées sur l’Europe, avec la participation d’un public jeune.

Le « Centre Schuman » a échangé sur la situation du continent. Il y a soixante-dix ans, Robert Schuman annonçait son plan pour jeter les fondements de la Maison Europe avec ses cinq cents millions d’habitants. Jeff Fountain, fondateur du Centre Schuman qui a maintenant dix ans, a conclu le forum par une prière insolite. Sur la musique de l’hymne européen l’Ode à la joie, il a chanté en anglais : « Avec la vision devant nous d’une vraie communauté / De tous les peuples européens, riches dans la diversité / Prions et œuvrons ensemble pour la solidarité / Paix, égalité, liberté, fondées dans ta charité ».

Autriche et Europe de l’Est

La ville de Graz a réuni six pays pour un échange d’expériences. Les « Amis d’Ensemble » en Autriche, Slovénie, Croatie, Slovaquie, Hongrie et Italie du Nord ont partagé sur leur façon de vivre la crise du Covid-19 dans un esprit de soutien réciproque. A la fin, l’évêque Wilhelm Krautwaschl a remercié les participants pour leur exemple de communauté internationale et conclu ainsi : « Par la croix, nous sommes unis les uns aux autres malgré toutes nos différences et nos séparations ».

Allemagne

L’YMCA d’Esslingen-Stuttgart s’attendait à une participation majoritairement locale pour une rencontre de prière. Comme celle-ci est devenue un événement en ligne, s’y sont aussi joints les amis d’Ensemble pour l’Europe d’autres Mouvements de plusieurs villes d’Allemagne, d’Italie et des Pays-Bas. Pour eux tous, la soirée est devenue une véritable expérience « d’Ensemble ».

France

En France, il y a eu 34 points de connexion, à Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse et Tours, formant ainsi un réseau national qui a montré les diversités entre les groupes et en même temps une grande appréciation réciproque. Gérard Testard (Efesia) a encouragé chacun à rendre « la voix française » de plus en plus présente en Europe. Un des participants a conclu ainsi : « C’était un moment de fraternité et de confiance dans l’Europe, qui nous a tous remplis d’une nouvelle espérance ».

Beatriz Lauenroth

Les événements seront encore disponibles en ligne dans les prochains jours sur :

Italie : facebook.com/Insiemepereuropa.roma>>
Amsterdam : facebook schuman centre>>

 

L’Italie « Ensemble » : le temps est venu d’une nouvelle humanité

Journée de l’Europe 2020 – « C’était vraiment un miracle… un événement auquel on n’assistait pas, mais on y participait ! » C’est la première impression à chaud parmi les nombreuses que nous avons reçues.

La préparation

C’est vrai, nous y avons cru, à cette opportunité EN LIGNE, EN RELATION COMME L’EST LA NATURE ! Nous avons cru à la créativité de Dieu et, en quelques jours, l’Esprit Saint, avec nous et nos quelques « pain et poisson poissons » (cf. Jean 6:9), a réalisé un grand événement œcuménique auquel ont participé d’importants représentants du monde chrétien. Leur présence, de toute l’Italie, a été le fruit d’un long et cordial travail de communion, de dialogue, de relations entretenues, accompli par les Comités dans chaque région. Leur engagement à construire l’unité était palpable dans chaque parole, chaque geste, expression ou préoccupation.

Sur une idée du Comité du réseau Ensemble pour l’Europe romain, les Comités d’Italie se sont unis pour réaliser cet événement en ligne et, bien qu’ils ne se connaissent pas tous, chacun a vécu une réelle fraternité et l’impression d’avoir travaillé pendant des mois, et non deux semaines, en vivant concrètement entre tous le « Pacte d’amour réciproque » (inspiré de Jn 13,34), fondement de tout ce qui se réalise sous le nom d’Ensemble pour l’Europe.  

9 mai, 18 heures : l’Italie ENSEMBLE en ligne !

L’initiative de 25 Mouvements ou Communautés d’EpE a totalisé presque 500 vues de la liaison en direct… unis du nord au sud du pays pour célébrer ensemble la Fête de l’Europe Solidaire ! Parmi les participants, on comptait M. Stefano Fassina et quelques élus locaux. Quarante-cinq ministres d’Églises et Communautés chrétiennes étaient reliés. Des messages avaient été envoyés par l’évêque Giovanni Traettino (fondateur de l’Église Pentecôtiste de la Réconciliation) – le pasteur Mauro Adragna (CPR de Palerme) l’a lu à tous – et par le pasteur Luca Maria Negro, président de la Fédération des Églises évangéliques en Italie.

Pour une écologie intégrale

En référence au 70e anniversaire de la « Déclaration Schuman », l’événement était consacré au « Oui à la création »,  qui concerne la protection de la nature et de l’environnement, dons de Dieu à sauvegarder avec un soin respectueux pour les générations futures. Le titre choisi était : « Écologie intégrale : une utopie soutenable pour l’Europe ». Les interventions de Stefania Papa, professeur, spécialisée en écologie, de Luca Fiorani, physicien spécialiste du climat, et une vidéo-synthèse des messages du pape François, du patriarche Bartolomé 1er et d’Antonio Guterres (secrétaire général de l’ONU) pour la 50e Journée mondiale de la Terre, ont permis de prendre conscience de la façon dont on peut travailler à un présent et un avenir meilleurs, dans une culture du respect, de la coopération et de la réciprocité.

Prière œcuménique

C’est dans le même esprit qu’a été vécue la prière œcuménique des représentants des différentes Églises. Costantino Vacros, de l’Église gréco-orthodoxe, a débuté par la lecture de la Genèse (1, 26-31), suivie d’une intervention très appréciée de Gabriela Lio, pasteure baptiste et présidente de la Fédération des femmes évangéliques en Italie. Nous avons ensuite prié avec le pasteur Nino Genova (Mouvement Nouvelle Pentecôte) et avec divers représentants de Mouvements et Communautés catholiques. Tous ensemble, ils ont solennellement renouvelé le pacte d’amour réciproque, dans la joie et l’harmonie. Nous avons terminé la journée par le Notre Père, pour nous rappeler que nous sommes UN et qu’ensemble nous pouvons réaliser une Nouvelle Humanité.

Emanuela Cannella – service de presse Ensemble pour l’Europe Rome

Vous pouvez voir l’événement sur facebook EpE Rome>> et sur youtube>>.
Nous vous proposons ici quelques-unes des images fixes réalisées par Emanuela Cannella et Emanuela Fioravanti.

Liaison internationale pour la Fête de l’Europe

« Bonjour à vous tous réunis ici à la mairie de Graz pour notre rencontre en cette Journée de l’Europe ! » C’est la salutation que nous avions prévue pour le samedi 9 mai 2020. Le coronavirus a contrarié nos plans.

Fin mars, l’équipe régionale d’Ensemble pour l’Europe de Styrie a donc décidé de reporter la rencontre à l’année prochaine et de proposer pour cette année un simple programme de substitution par Skype.

La vidéoconférence d’Ensemble pour l’Europe du samedi 9 mai 2020

Cependant, la « solution de repli » s’est finalement transformée en une rencontre en ligne d’une heure, avec une centaine de participants actifs, et avec des invités d’Autriche et de cinq pays limitrophes du sud et de l’est auxquels l’équipe de la Styrie se sent particulièrement liée. A cette rencontre en ligne ont participé des chrétiens de l’Église catholique romaine, de l’Église protestante, de l’Église orthodoxe roumaine et de communautés d’Églises libres.

De brèves contributions de Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Croatie, Italie et Carinthie ont donné une vision actuelle et authentique de la vie quotidienne en ce temps de crise due au coronavirus. Tous les participants étaient heureux de pouvoir échanger leurs expériences et de connaitre ce que vivent les personnes dans les autres pays. On peut ainsi désormais prier encore mieux les uns pour les autres.

L’évêque du diocèse, Mgr Wilhelm Krautwaschl, a participé à la rencontre en ligne. Il a remercié pour la communion transfrontalière et a conclu par ces paroles : « Par la croix, nous sommes unis les uns aux autres, malgré les distances et toutes nos différences ».

Perspectives pour le 8 mai 2021…

Naturellement, une vidéoconférence ne peut remplacer une journée de rencontre, mais, à l’heure actuelle, dans cette Journée de l’Europe 2020, l’Ensemble a été vécu et renforcé. C’était une préparation réussie à la Journée de rencontre du 8 mai 2021, lorsque – nous l’espérons – nous pourrons vraiment dire : « Grüß Gott hier im Rathaus Graz… ! », « Bienvenue à la mairie de Graz ! ».

Ensemble pour l’Europe, équipe de Styrie, Autriche

Un événement particulier

Un événement particulier

La Journée de l’Europe 2020 et le Pape François

Depuis six semaines nous sommes en route ensemble. Durant un parcours de prière commun, nous nous sommes imprégnés de la Parole de Dieu et de notre réflexion sur l’Europe (2016). Nous nous sommes souvenus de tous les pays européens dans la prière. Au premier plan se trouvait le désir d’être tous unis et de façonner l’Europe par la force de la prière.

9 mai 2020, la Journée de l’Europe

Notre chemin nous mène maintenant au 9 mai 2020, la Journée de l’Europe. Elle devrait être une journée de rencontre entre les Communautés, les Mouvements et les pays. Mais cette année, la pandémie du Covid 19 nous empêche de nous rencontrer concrètement à l’église, sur les places des villes, dans des réunions conviviales, pour des conférences et pour des prières.

Cela ne signifie pas que les activités de cette journée sont annulées, au contraire: une grande créativité s’exprime dans les conférences digitales, les prières, les groupes de discussion et de dialogues en ligne entre Communautés, Mouvements et représentants politiques, qui qui sont initiés, par exemple, à Utrecht, Graz, Rome, Lyon et Esslingen. Les frontières linguistiques et nationales sont franchies pour réfléchir ensemble sur l’Europe et pour mettre le continent en prière.

Lettre du Pape François

Les événements du 9 mai seront sous la bénédiction papale, puisqu’une lettre du Pape François est arrivée au secrétariat d’Ensemble pour l’Europe à Rome le 22 avril 2020. Le Pape nous remercie pour notre lettre du 12 avril 2020 et nous exhorte au service du bien commun, service inspirés par les valeurs de solidarité, de paix et de justice. Il prie pour nous et envoie à tous la bénédiction apostolique. La lettre, traduite en quatre langues, peut être téléchargée en français dans la rubrique “documents”.

Sr. Nicole Grochowina, Christusbruderschaft Selbitz

Photo Pape François:  Pixabay/Manfred Kindlinger

 

 

 

 

 

Jeunes en responsabilité

Jeunes en responsabilité

L’Europe pour l’avenir – L’avenir de l’Europe. František Talíř a 27 ans et son enthousiasme est contagieux quand il parle de démocratie et de réformes.

« Depuis 1989, nous avons senti la brise fraîche de la démocratie et de la liberté en République Tchèque et en Slovaquie. L’adhésion à l’Union Européenne, les voyages et le travail à l’étranger sont maintenant la norme. Mais les pays de l’ancien bloc de l’Est se distinguent de l’Europe de l’Ouest par leur mentalité et leur culture. Vivre ensemble, c’est encore marcher sur la corde raide et maintenant, le Covid-19 nous montre que nos privilèges ne sont pas du tout évidents. »

František est historien et très actif en politique. Aux dernières élections, son parti l’a nommé candidat au Parlement européen à Bruxelles et, pour les prochaines élections régionales, il est le candidat principal de l’Union Démocratique Chrétienne de Slovaquie.

« Nous les jeunes en particulier, nous devons nous intéresser à l’actualité en Europe et dans le monde et prendre l’initiative, par exemple pour aller aux urnes ou adhérer à un parti. Ce n’est pas la démocratie qui doit changer, mais les personnes qui donnent forme à la démocratie. » C’est un long processus, reconnait František, mais il est important de commencer par soi-même et de ne pas chercher à faire porter la responsabilité sur les autres. « Le ‘’Fridays for Future’’, je n’y souscrirais certes pas totalement, mais les jeunes signalent un problème et parviennent à faire réagir des personnes de toutes les générations. »

František conseille aux personnes de prendre conscience de leurs racines pour donner un avenir à l’Europe. « J’ai lu les textes des Pères fondateurs de l’Europe. Adenauer, De Gasperi et Schuman ont eu plus de difficultés après la seconde guerre mondiale que nous n’en avons aujourd’hui. Pourtant, ensemble, ils ont fait de grandes choses. »

Beatriz Lauenroth

František Talíř était présent à la rencontre des ‘Amis de Ensemble pour l’Europe’ à Prague en 2018.

L’interview complète de Maria Motykova avec František Talíř peut être suivie (en tchèque, slovaque et allemand) sur : Podcast Europa per il futuro – Futuro per l’Europa

 

Le défi d’aujourd’hui pour l’Europe

Le défi d’aujourd’hui pour l’Europe

Ensemble pour l’Europe en contact avec l’Union européenne et le Vatican

C’est un moment crucial dans l’histoire de l’Europe et de l’Union Européenne, qui demande la cohésion de tous les intéressés. C’est pour cette raison qu’Ensemble pour l’Europe a écrit aux présidents du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil européen (David Sassoli, Ursula von der Leyen, Charles Michel) pour les remercier de leur travail et pour les soutenir dans leurs décisions pour lutter contre le Covid-19.

Dans la même lettre envoyée aux trois responsables, il est dit entre autres : « Toutefois, surtout en ce moment, nous voulons nous engager et prier pour l’ensemble et pour la solidarité en Europe. Nous sommes convaincus que l’avenir de l’Europe – et du monde – réside dans l’ENSEMBLE. Maintenant encore, l’Europe peut en donner l’exemple. Et au milieu des immenses défis imposés par la pandémie du Covid-19, nous vous demandons de ne pas oublier les réfugiés et les demandeurs d’asile aux frontières de l’Union Européenne. Nous vous demandons d’adopter promptement des mesures généreuses pour aider et – dans la mesure du possible – accueillir ces personnes. »

Une autre lettre a été envoyée au pape François. Le dimanche de Pâques, il avait expressément invité le monde à faire face ensemble à la pandémie. Le Comité Directeur d’Ensemble pour l’Europe a assuré le Saint-Père de son soutien et de son engagement. « Nous nous sentons particulièrement interpelés par votre appel spécial adressé à l’Union Européenne, un appel à trouver un juste chemin dans ce défi posé à notre époque, sachant bien que pourrait en dépendre ‘’non seulement son avenir, mais celui du monde entier’’ ». Et encore : « Votre appel ‘’à donner des preuves supplémentaires de solidarité en ayant recours à des solutions alternatives’’ rencontre notre profonde adhésion et notre engagement en de nombreux pays d’Europe. »

Beatriz Lauenroth

Photo Von der Leyen / Sassoli:  © European Union 2019 – Source: EP / CC BY  /
Photo Charles Michel:  Belgian Federal Government //premier.fgov.be/nl/biografie
Photo pape François: //www.korea.net/Francis: //www.korea.net/
Ensemble en ligne – un réseau virtuel, mais bien réel

Ensemble en ligne – un réseau virtuel, mais bien réel

Le covid-19 se propage à une vitesse supersonique et on n’entrevoit pas encore la fin de la pandémie. C’est un moment difficile dans les familles, sur les lieux de travail, dans les communautés et dans les églises, dans les villes. Beaucoup sont plongés dans la douleur et la souffrance, dans l’incertitude et l’isolement.

N’ayez pas peur
L’appel à se mettre en pause intérieure est arrivé à point. Dieu nous ôte des mains la possibilité de faire des choses. Il appelle à la conversion, à la pénitence, au jeune et à la prière.

D’autre part, ces dernières semaines, l’importance de la cohésion et des réseaux entre les personnes nous sont apparus plus clairement que d’habitude ! En réponse à la diffusion du coronavirus, le monde vit dans un courant de vie et de créativité qui délivre cet unique message : Courage – Je suis avec vous – N’ayez pas peur – Ensemble nous y arriverons !

Réagir
Le 28 mars, Ensemble pour l’Europe a entamé un chemin de prière pour se rapprocher de Dieu, et qui l’aide à approfondir un « Credo » unanime en vue de l’Europe. Comment peut-on encore mettre à profit ce temps pour en sortir plus mûrs et plus conscients des dons que Dieu a donnés aux Mouvements, avec et pour les autres ? Les charismes des Mouvements et des Communautés nous sont donnés pour répondre aux défis de la société en Europe et pour l’Europe.

Conscience chrétienne « sociale »
Chiara Lubich nous encourageait déjà en 2004 à Stuttgart : « Voilà ce sur quoi Jésus insistait plus que tout : ‘’Aimez-vous les uns les autres ! Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres’’ (Jn 13,34). Il appelle ce commandement nouveau et sien. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont appelés à cet amour réciproque, mais aussi les groupes et les Mouvements, les villes, les régions, les États. Notre époque exige des disciples de Jésus une conscience chrétienne ‘’sociale’’. Il est plus que jamais urgent d’aimer la patrie, et même la vie, de l’autre comme la sienne ».

En ligne vers le 9 mai
Les amis d’Ensemble pour l’Europe saisissent cette occasion extraordinaire pour rester en ligne, alliés pour parcourir la route ensemble et offrir les fruits de leurs charismes à l’Europe. Ils partagent événements et témoignages de ce qu’ils vivent dans leurs villes en vue du 9 mai (voir par exemple Graz/Autriche_plan B pour le Journée de l’Europe 2020>>).

De cette manière, ils fêteront en ligne un 9 mai  « étendu », la Journée de l’Europe. Ce sera un jour à vivre ensemble pour l’Europe dans une réalité virtuelle, mais incroyablement réelle.

Le secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

Graz – « Plan B » pour la Journée de l’Europe 2020

Graz – « Plan B » pour la Journée de l’Europe 2020

Le 27 février, nous avions relaté avec quelle ardeur l’équipe locale d’Ensemble pour l’Europe se préparait pour un événement international à Graz (Autriche), à l’occasion de Journée de l’Europe. Si la pandémie oblige maintenant de passer à un plan B, cela n’empêche pas les membres de l’équipe de continuer « l’Ensemble » et de se préparer pour 2021. Avec aussi une conférence par Skype ce 9 mai.

« Nous avons préparé la Journée de l’Europe du 9 mai 2020, intitulée : ‘’Ensemble pour l’Europe – Rencontre à Graz’’ pour favoriser une rencontre entre les peuples autrichien, italien, slovène, croate et hongrois. Lire la suite>>

Nous avions mis au programme d’approfondir le thème du dialogue, d’échanger des expériences sur ‘’les 7 OUI’’ d’Ensemble pour l’Europe, de proposer des visites guidées de Graz et de conclure par une prière œcuménique. Avec la pandémie du Covid-19 ce n’est plus possible. Malgré cela, nous voudrions continuer notre cheminement ensemble qui, à ce jour, s’est déjà beaucoup renforcé. Nous allons donc essayer de réaliser cette rencontre en 2021 ». C’est ce que nous écrit Theresia Fürpass, de l’équipe d’organisation.

« Laisser passer la Journée de l’Europe de cette année sans la marquer d’un signe, ce serait pécher ! Nous invitons donc tous ceux qui devaient venir à la rencontre ‘’Ensemble pour l’Europe – Rencontre à Graz’’ à une conférence par Skype le 9 mai 2020, de 10h à 11h. Beaucoup ont déjà confirmé leur participation. Quelques-uns d’entre nous parleront de la situation actuelle dans leur pays et à la fin, nous prierons ensemble le Notre Père.

Nous avons confiance : Dieu nous montrera comment avancer. Il nous a guidés jusqu’à présent de façon impressionnante et a rendu possibles bien plus de choses que nous n’aurions pu imaginer. »

L’équipe d’EpE de Styrie (Autriche)

Contact : f.theresia@gmx.at
0043 3842 27 513
0043 664 73577 163

Sur les pas des Pères Fondateurs

Sur les pas des Pères Fondateurs

23 février 2020 : Journée intergénérationnelle à Bruxelles. 51 Européens – jeunes et adultes – de deux Communautés du réseau Ensemble pour l’Europe lors d’un “voyage commun à la découverte” des lieux emblématiques.

Marie-Agnès Grenier nous écrit de Bruxelles :

« Suite à une demande de Pierpaolo de la Communauté Pape Jean XXIII – nous l’avons connu à Ottmaring pour le vingtième anniversaire d’Ensemble pour l’Europe – Philippe et moi nous sommes mis à leur disposition pour rendre service à un groupe de jeunes et d’adultes (51 personnes) de toute l’Europe qui souhaitaient visiter notre ville. Malgré la pluie et le froid, nous avons pu faire découvrir à nos nouveaux amis quelques aspects de la réalité européenne que l’on perçoit dans la capitale belge.

Quand nous avons visité le Parlement, par exemple, nous avons suivi les différentes étapes de l’intégration européenne, appris le fonctionnement du Parlement européen et mieux compris le travail accompli par les députés pour faire face aux problèmes actuels. On a vu la complexité d’une telle structure et compris à quel point a été fondamentale l’intuition des Pères Fondateurs de l’Union Européenne, qui consistait à construire des rapports nouveaux de collaboration et de confiance entre les différentes nations européennes.

Nous sommes allés ensuite sur la Grand-Place, le centre historique de Bruxelles. Au cours des siècles, elle a été un lieu de rencontres politiques, de procès dans les tribunaux, de fêtes culturelles et religieuses et même d’exécutions.

A la fin de la journée, nous étions enivrés de toute cette richesse historique. Mais avant tout, nous avons senti que les liens entre le Mouvement des Focolari et la Communauté Pape Jean XXIII s’étaient renforcés : nous nous sentions une unique famille. Ensemble, nous avons donné vie à une petite expression de l’Union Européenne. »

Beatriz Lauenroth

Photo: ©Matteo Santini; Photo Planetarium: Wikipedia

Schönstatt en visite au Centre des Focolari

Schönstatt en visite au Centre des Focolari

Des responsables du Mouvement Schönstatt de sept pays d’Europe ont visité il y a quelques temps, avant l’urgence du covid-19, Centre international des Focolari à Rocca di Papa, près de Rome. Ils venaient d’Autriche, de République Tchèque, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, d’Espagne et de Suisse. Le groupe était accompagné par le père Heinrich Walter, ancien président du Presidium général de Schönstatt et membre du Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe.

« Rencontrer Chiara Lubich », en visitant les lieux où elle a vécu et en priant sur sa tombe, était le premier but de cette visite. Le second objectif était de pouvoir dialoguer avec quelques-uns des responsables du Centre des Focolari, dont le coprésident Jesús Morán. Dans le contexte des transformations ecclésiales, politiques et culturelles en Europe, l’échange a porté sur le rôle des Mouvements et de leurs charismes et sur le sens de la communion entre les Mouvements, en particulier au sein du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe.

Des deux côtés, la rencontre et le dialogue ont été qualifiés de cordiaux, précieux et fructueux. Il ne s’agissait évidemment que d’une étape sur le long chemin de communion et de collaboration entre Schönstatt et les Focolari, qui a commencé en 1998, la veille de la Pentecôte, place Saint-Pierre à Rome, lors de la rencontre des nouveaux Mouvements et nouvelles Communautés voulue par le pape Jean-Paul II.

Diego Goller

STOP!

STOP!

En tête à tête avec Chiara Lubich pour fêter le centenaire de sa naissance

Hier, j’ai entendu ces mots d’un économiste de renom : « Le mal commun nous a appris soudain ce qu’est le bien commun ». Peu de mots pour énoncer une grande vérité, qui nous renvoie à une autre : « … On connaît mieux les choses par leur contraire ». En fait, tandis que nous baissons la tête en priant pour les morts, pour les malades et pour les personnes inconnues qui travaillent en silence dans les hôpitaux et les points clefs de la ville, nous levons timidement les yeux vers le ciel avec au cœur cette certitude : nous vivons des temps de grâce. Si le coronavirus pouvait parler, il nous dirait peut-être : « Arrêtez-vous, ne vous agitez pas, je suis là pour vous aider… ».

Ce « stop », ce coup d’arrêt était sans doute la dernière chose à laquelle s’attendaient les organisateurs du centenaire de Chiara Lubich pour cette année, pour les cent ans de la naissance de la fondatrice du Mouvement des Focolari. L’Italie et nombre de pays sur les cinq continents attendaient de milliers d’invités, personnalités politiques et ecclésiales ou simples personnes, des gens de toutes langues et cultures, pour fêter, mais surtout rencontrer Chiara, qui continue à vivre dans son grand Idéal : l’unité, « Que tous soient un », la prière de Jésus à son Père (Jn 17,21).

« Stop » donc aux célébrations publiques. Pour le moment. « Cela pourra durer des moments, des jours, peut-être des semaines ou des mois… nous ne sommes pas en mesure de le dire » – nous dit Maria Voce, forcément enfermée chez elle, dans un message vidéo qu’elle a adressé en tant que présidente aux membres des Focolari – « Quoi qu’il en soit, ils passeront. Si nous les vivons bien, ils nous feront redécouvrir la présence vivante et forte de Jésus dans l’Évangile vécu, dans le frère, dans la présence de Jésus au milieu de nous que, même à distance, nous pouvons garder dans notre grande famille ; et surtout dans la souffrance aimée, où nous reconnaissons Jésus Abandonné –  “le Dieu de Chiara”, comme aime le définir l’évêque de Trente – En demeurant en Lui, nous la rencontrerons elle aussi et nous apprendrons à avoir son regard sur chaque situation. Nous pourrons nous aussi revivre l’expérience de Chiara et de ses compagnes, qui ne s’étaient presque pas rendu compte de la guerre ni du moment où elle s’était terminée car, complètement prises par Dieu et par son amour, la réalité qu’elles vivaient était plus forte que tout. Tout a commencé par cette foi renouvelée dans l’amour de Dieu ».

Et c’est Maria Voce qui en reçoit les remerciements. Gerhard Pross (CVJM Esslingen, Allemagne), l’un des initiateurs et l’actuel modérateur d’Ensemble pour l’Europe, écrit :

« Chiara Lubich a été une grâce de Dieu toute particulière pour vous, mais aussi pour tout le peuple de Dieu et pour l’humanité entière. La rencontrer a été quelque chose de tout à fait spécial et, grâce au charisme, elle a eu non seulement le don de fonder un mouvement spirituel, mais aussi celui de mettre en actes une multitude d’impulsions fondatrices et novatrices. […] C’est elle qui nous a invités sur le chemin de l’Ensemble, qui, à partir de la rencontre des responsables (février 2000) et de ‘’Ensemble, sinon comment ?’’ le 8 décembre 2001 à Munich, nous a amenés à Ensemble pour l’Europe en mai 2004 à Stuttgart. Elle était certes ‘’primus inter pares’’, la première entre ses égaux, dans le Comité d’Orientation et elle nous a fait avancer, avec amour et avec une vision claire. Le feu de son amour, sa clarté et sa détermination ont donné le coup d’envoi à Ensemble pour l’Europe. […] Mon cœur est reconnaissant et c’est un grand don pour moi de l’avoir connue et d’avoir fait route avec elle. La rencontrer, c’était rencontrer l’amour. Jésus Christ irradiait d’elle, comme j’ai pu en faire l’expérience à nouveau lors de toutes les rencontres que nous avons eues. Elle s’est mise totalement à Sa disposition ».

Le Mouvement Schoenstatt a été lui aussi présent dès les débuts de notre réseau œcuménique et ne pouvait manquer de s’exprimer. Voici ce qu’écrit l’actuel supérieur général, le père Juan Pablo Catoggio, avec son prédécesseur, le père Heinrich Walter :

« Sa grande contribution à cette époque de l’histoire a été d’avoir toujours recherché l’unité, puisant à la force de l’amour pour le Seigneur et de l’amour réciproque, et d’avoir posé des signes concrets d’unité. De ce style de vie est né partout, petit à petit, une nouvelle culture, une culture qui ne se réfère pas seulement aux chrétiens, mais qui s’adresse à toute personne de bonne volonté. Sa contribution est grande parce qu’elle est venue du cœur d’une femme qui n’a eu ni ministère ni pouvoir et qui n’a jamais aspiré à en avoir. Cela nous indique comment l’Église peut à l’avenir être davantage sel et levain dans la société mondiale actuelle ».

« Stop ! » nous ne pouvons pas nous rencontrer. Alors, en tête à tête avec Chiara, nous pouvons lui dire, avec l’équipe coordinatrice d’Ensemble pour l’Europe en Autriche : « Chère Chiara ! Nous nous engageons pour Ensemble pour l’Europe ! Dans ce réseau – par l’écoute de Dieu, les rencontres, la réconciliation – nous voyons la grandeur de ton rêve : construire une Communauté mondiale ».

Ce « stop » et ce silence extérieur nous accompagneront dans le silence intérieur, où nous comprendrons – individus, peuples et nations – quoi changer, et de quelle manière, après cette tempête énorme, mondiale et peut-être bénie.

Avec Gerhard Pross, nous formulons ce souhait: ” Puissent ces moments être le point de départ d’une nouvelle ouverture à la foi en Europe. Et que nous, chrétiens, témoignions et vivions courageusement notre foi. “

Ilona Toth

Photo: Chiara Lubich avec Maria Voce ©CSC Audiovisivi; Photo Chiara Lubich avec Gerhard Pross / avec P. Heinrich Walter ©Severin Schmid; Logo du centenaire de Chiara Lubich ©Movimento dei Focolari
Plus forte que le virus, une créativité contagieuse

Plus forte que le virus, une créativité contagieuse

Dans la newsletter de fin février, nous vous avions demandé de nous faire part des événements et initiatives en préparation – comme les années passées – autour de la fête de l’Europe, le 9 mai 2020. Nous espérions que de nombreuses rencontres publiques puissent avoir lieu pour transmettre l’esprit qui les anime : l’esprit chrétien, celui qui est porteur d’espérance et d’unité dans la diversité. Mais le covid-19 nous interpelle tous maintenant de façon nouvelle et inattendue.

Qui aurait pu imaginer le scénario qui s’étend dans presque toutes les parties du monde et qui frappe déjà durement l’Europe ?

Pourtant, derrière cette triste réalité, on peut entrevoir une opportunité. C’est ce qu’a bien exprimé l’économiste et journaliste Luigino Bruni, relié au réseau Ensemble pour l’Europe depuis sa création : « Nous sommes en train de vivre un temps où tout est suspendu et c’est notre point commun à tous d’un bout à l’autre du monde. On ne peut prévoir encore quand il sera possible de revenir à la normalité. A l’isolement forcé, c’est le moment de faire encore plus ‘’réseau’’, c’est le moment de communiquer entre nous, de nous rassurer réciproquement pour nous dire que ‘’nous sommes là !’’ et que nous vivons ces moment les uns avec les autres, dans le cœur ».

Un réseau de prière, d’expériences partagées, de solidarité, d’amour réciproque… réseau qui ne peut être compromis par aucun virus ! La véritable menace est tout ce qui pourrait nous éloigner les uns des autres. Prévention, adhésion pleine à ce que nous demandent les autorités, oui – mais sans oublier que l’autre est toujours notre frère, notre sœur.

Les réseaux sociaux sont déjà pleins d’encouragements et du désir de réagir positivement à ce défi mondial pour le transformer en opportunité. Notre créativité réussira-t-elle à « inventer » de nouvelles façons de fêter le 9 mai ensemble ?

Par ces lignes, nous avons introduit la page Web de cette année, consacrée à la « Journée de l’Europe 2020 ». Elle sera en ligne fin mars et vous y trouverez d’autres informations et nouvelles.

Observations d’un jeune Irlandais

Conleth Burns, un jeune Irlandais, engagé dans le projet “United World Project”, a participé à Ottmaring / Augsbourg à la conférence Ensemble pour l’Europe. Nous vous présentons ici l’article qu’il a publié à son retour sur le site de son projet.  

Eglises et Mouvements chrétiens s’unissent pour être Ensemble pour l’Europe 

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de me rendre à Ottmaring et à Augsbourg, au sud de l’Allemagne, pour participer à une rencontre de trois jours d’un réseau d’Eglises et de Mouvements chrétiens, appelée Ensemble pour l’Europe : 180 personnes de 55 mouvements, communautés et Eglises différentes ont vécu trois jours ensemble dans le partage. Tout était traduit simultanément en 5 langues et le réseau a fêté ses 20 ans d’activité. Je représentais le « Projet Monde Uni » et j’étais venu pour comprendre comment les communautés de foi travaillent vraiment ensemble pour l’unité et pour unir le continent européen.

Nous avons écouté des exposés sur les vingt années de cheminement au cours desquelles un groupe de personnes de tout le continent européen se sont réunies, dans leur identité chrétienne commune pour être ensemble pour toute l’Europe. Nous avons parcouru le continent à travers un partage d’expériences, de rencontres, de prière et d’espérance, de l’Ecosse à l’Ukraine et de la France à la République Tchèque. Lors de cette session, alors que nous faisions ce « voyage », deux questions en particulier me trottaient dans la tête : comment se concrétise ce « être ensemble »? Que signifie être ensemble « pour quelque chose » ?

Comment se concrétise ce « être ensemble » ?

J’ai compris ce que signifie « être ensemble » quand je les ai entendus se lancer le défi d’être des passeurs de frontières proactifs, des ambassadeurs de la réconciliation et des « signes prophétiques pour être ensemble crédibles en Europe ».

Je l’ai compris lorsque nous nous sommes réunis sur une place à Augsbourg, tenant une bougie en main et priant pour un peuple européen plus uni.

Je l’ai compris en écoutant un groupe hétérogène de chrétiens parler d’un chemin qu’ils avaient parcouru en plus de vingt ans, rassemblant des milliers de personnes.

Je l’ai compris quand chaque jour au petit déjeuner, déjeuner et dîner, lorsqu’une personne s’asseyait pour manger, il y avait toujours quelqu’un qui vérifiait d’abord si elle avait besoin de traduction ou quelle était la langue qu’il convenait de parler à table. Il y avait une volonté manifeste que les personnes soient en mesure de comprendre et d’être comprises, d’écouter et d’être entendues.

« Etre ensemble », pour ce réseau, consiste à embrasser la diversité réciproque. Etre uni n’est pas toujours facile pour eux ; ils doivent faire face à des défis sur le plan géographique, théologique et culturel. Pourtant, vingt ans plus tard, ce réseau reste uni. Selon leur propre vision, leur structure est celle d’un réseau et non d’une hiérarchie. Leur vision est une union vraie et authentique dont ils prennent soin depuis plus de 20 ans. Vingt ans d’édification de relations honnêtes et laborieuses.

Pour quoi ?

La mission de  Ensemble pour l’Europe  ne consiste pas seulement dans le fait d’être ensemble pour le plaisir d’être ensemble, mais ils veulent vraiment transmettre un message positif pour une Europe plus unie dans toute sa diversité. Ils veulent donner une âme au continent, en soulignant ses racines historiquement chrétiennes. Durant ces trois jours, ils ont surtout raconté l’histoire de leurs rencontres ensemble des vingt dernières années. Mais l’histoire qui n’est pas racontée est souvent la plus intéressante. Pendant les repas et les pauses, nous avons eu l’occasion de découvrir les moments durant lesquels les personnes qui participent à Ensemble pour l’Europe ont été inspirées à rencontrer de nouvelles personnes, à embrasser de nouvelles idées et à réconcilier la diversité comme résultat des réunions qu’elles ont organisées. Dans un sens, Ensemble pour l’Europe commence lorsque vous quittez une de leurs réunions intracontinentales ou nationales.

Seamus Heaney, le poète irlandais qui a reçu le prix Nobel, termine un célèbre poème de son œuvre ‘Scaffolding’ (‘Echafaudage’) par ces vers : « Nous pouvons laisser tomber l’échafaudage, confiants que nous avons construit notre mur. »

Ensemble pour l’Europe  signifie construire des ponts et non pas des murs. Avec le démantèlement de l’échafaudage qui fête ses vingt ans, ce réseau peut être certain que les ponts ont été construits, que les personnes ont été reliées entre elles et qu’elles continueront sur cette voie.

Source: //www.unitedworldproject.org/watch/20-anni-di-insieme-per-leuropa)

Graines d’une nouvelle saison à Augsbourg

Lors de la dernière réunion des Amis pour l’Europe (Ottmaring-Augsbourg 7-9 novembre), caractérisée par une variété impressionnante de participants, les échos recueillis étaient tout aussi variés. En voici quelques-uns:

 « Nous sommes reconnaissants à Dieu pour ce “phénomène d’ensemble”, qui, au fil de toutes ces années, s’est développé en un laboratoire de connaissance mutuelle, de communion, d’unité, d’espérance pour notre continent ».

« J’ai vécu une forte action, à contre-courant de nombreux risques de fragmentation et de nouvelles divisions ».

« Le fait que la Mairie d’Augsbourg nous ait accueillis, a donné une nouvelle visibilité à Ensemble pour l’Europe qui s’engage dans le social, dans la vie civile d’une ville, donnant des ailes à une nouvelle politique, un chemin de paix entre tous les peuples ».

« Je n’avais pas encore vu de telles personnes qui scrutent les signes des temps et cherchent ensemble et concrètement ce qu’il faut faire pour les autres, pour leurs pays et pour ceux d’Europe.

« J’ai vu qu’il n’y a pas de POUR s’il n’y a pas d’abord un ENSEMBLE ».

« Apprenant des évangéliques, j’ai compris que le catholique que je suis devait se convertir à la prière.”

« Je suis fasciné par l’image de devenir ‘médiateur évanescent’ (voir le rapport d’Herbert Lauenroth Programme et Matériell) sur les frontières des relations. Ensemble pour l’Europe m’a semblé être une rencontre de grande unité entre 55 Mouvements de différentes dénominations chrétiennes de 23 pays où s’est manifestée aussi l’âme politique d’une Europe qui se renouvelle, où les nations cherchent l’unité dans la distinction, dans la liberté, en dehors de tout nationalisme ».

« Comme il y a peu de chrétiens d’autres confessions à Rome, la dimension œcuménique s’est ouverte à moi, à travers l’expérience concrète de contact avec des personnes d’une même foi, même si elles appartiennent à des traditions différentes (…). Il y a eu en moi la preuve de la valeur culturelle de notre engagement aux 7 OUI  que nous déclarons, en vue d’améliorer la société civile selon l’intuition originale des fondateurs d’une Europe unie qui visait non seulement la paix, mais également la solidarité sociale et la fraternité entre les peuples ».

« Je veux faire entrer ‘EpE’ dans ma vie quotidienne en commençant par mes voisins qui sont d’une autre nation ».

« J’ai appris ici combien il est beau d’être différents. La différence est voulue par Dieu. Plus nous sommes différents, plus Dieu est présent. Le découvrir est un vrai défi ».

« EpE est devenu pour moi un lieu d’espérance où la rencontre et la réconciliation préparent l’avenir, où les différents peuples sont prêts à se connaître, avec leurs histoires et leurs traditions. Construire des ponts plutôt que des murs”.

« En travaillant ensemble, chrétiens de différentes Eglises, je fais l’expérience de la beauté de l’Eglise du Christ, dans son plus grand souffle, et je sens que mon identité chrétienne s’est accrue. Dans le contexte politique et religieux dans lequel nous vivons en Europe, je pense pouvoir en témoigner, y compris par mon service aux réfugiés ».

Ne s’agit-il pas peut-être de quelques graines, le fruit de 20 ans d’expérience, qui peuvent germer à nouveau et marquer d’autres étapes de la fraternité en Europe et au-delà ?

Pour des informations sur la conférence, cliquez ici>>

Le Secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe

 

« C’était comme Pâques »

Larisa Musina, chrétienne orthodoxe de Moscou, pro-directrice de l’Institut d’éducation Saint Filaret, a participé à la célébration du 20ème anniversaire d’Ensemble pour l’Europe à Augsbourg/Allemagne en novembre dernier. Elle représentait « Orthodoxe Transfiguration Brotherhood ».

Au cours du congrès, on a rappelé la signature historique de la « Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification » du 31.10.1999, le jour de la naissance du réseau œcuménique Ensemble pour l’Europe, l’une des réponses concrètes à la soif d’unité du peuple chrétien.

Nous vous présentons ici des extraits d’un article-interview d’Oleg Glogolev à Larisa Musina dès son retour à Moscou.

« L’évêque luthérien Christian Krause, l’un des deux signataires de la Déclaration en 1999, a assisté à la rencontre de cette année. Il était alors Président de la Fédération Luthérienne Mondiale. Il a dit deux choses importantes. La première, c’est que le chemin vers la Déclaration n’a pas été facile. Il a fallu beaucoup d’efforts pour terminer le XXème siècle sans laisser aux générations futures une division aussi importante. La seconde est qu’il a témoigné d’apprécier beaucoup le travail des Mouvements et des Communautés ecclésiales.

Ce dialogue et les processus associés trouvent leur origine et se développent dans la logique du renouveau de la vie ecclésiale. Il s’agit de maintenir l’authenticité de l’Église chrétienne en développant sa capacité à réaliser sa vocation première dans le monde. Il est intéressant de noter que cette initiative a été prise principalement par les mouvements ecclésiastiques ».

Larisa s’exprime ainsi lors de la soirée solennelle de clôture : « Le soir, nous avons prié ensemble dans l’église luthérienne Sant’Anna, l’église où la Déclaration a été signée. Puis, avec les bougies allumées, nous sommes allés sur la place voisine. Nous avons remercié Dieu pour ses dons, y compris le don de l’unité des chrétiens, où de nombreuses personnes ont donné leur témoignage. Puis, toujours avec les bougies allumées, nous nous sommes dirigés vers la ville. C’était come Pâques. »

Avec la lumière du Ressuscité dans le cœur, les participants sont retournés dans leur pays apporter Dieu au peuple.

Par Beatriz Lauenroth

Source: //psmb.ru/a/eto-bylo-kak-na-paskhu.html

 

 

Célébration d’anniversaire à Augsbourg

Ambassadeurs de la réconciliation et signes d’espérance. Ensemble pour l’Europe fête son anniversaire à l’hôtel de ville d’Augsbourg.

La salle de l’Hôtel de ville d’Augsbourg était pleine à craquer: 300 membres de 55 Communautés chrétiennes et Mouvements de diverses Eglises de 25 pays européens se sont réunis ce samedi pour célébrer ensemble quelques anniversaires mémorables tels que la chute du mur de Berlin il y a 30 ans et le début d’une nouvelle ère de rencontre entre l’Est et l’Ouest en l’Europe.

La « Déclaration commune sur la justification » a été signée, il y a vingt ans à Augsbourg, par des représentants de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique et, l’après-midi du même jour à Ottmaring, le premier groupe de responsables de différents groupes ecclésiaux s’est réuni: catholiques, protestants et Églises libres. Là est né le réseau « Ensemble pour l’Europe ». Pour les personnes présentes, les trois événements étaient étroitement liés et ont façonné « l’esprit fondateur » de l’initiative.

L’évêque protestant émérite, Christian Krause, les a encouragés: « Vous êtes les ambassadeurs de la réconciliation ». En 1999, alors qu’il était le Président de la Fédération luthérienne mondiale, il fut l’un des deux signataires de la « Déclaration commune » et, en tant que témoin, il leur rappela les nombreux progrès encourageants qui ont été réalisés depuis lors dans l’œcuménisme. Dans l’actuel climat d’euroscepticisme croissant et de polarisation politique, c’est précisément l’expérience de la diversité réconciliée qui est nécessaire entre les Mouvements et les Communautés spirituels.

Bertram Meier, l’actuel administrateur diocésain d’Augsbourg, a souligné l’importance de cette capacité de réconciliation lors d’un dialogue avec son collègue protestant, l’évêque régional Axel Piper: « L’unité dans la diversité est aussi un défi au sein de l’Église. Il s’agit d’apprendre à se comprendre, non seulement avec la tête mais aussi avec le cœur. Axel Piper a confirmé que c’est cet effort qui forme aussi les relations œcuméniques à Augsbourg : « Nous devons rester curieux les uns des autres, nous devons nous intéresser les uns aux autres car nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres ».

Gerhard Pross, modérateur du Réseau œcuménique, a ensuite esquissé les perspectives d’avenir: “Il s’agit de résister à la tentation de développer de nouvelles structures organisationnelles et d’approfondir le thème de la réconciliation. « Dans ces temps difficiles, nous voulons être un signe prophétique pour une coexistence crédible en Europe ».

Dans l’après-midi, Pavel Fischer, sénateur de la République Tchèque a apporté une contribution importante à la dimension sociopolitique « d’Ensemble pour l’Europe ». Il a brossé un tableau actuel de l’engagement en faveur de la liberté et de la dignité humaine dans le contexte d’une société européenne fortement influencée par les médias. « Nous devons devenir des citoyens actifs, avoir le courage de défendre les autres, les faibles, de parler pour la justice

A la fin de la journée, le Père Heinrich Walter, du Mouvement Schoenstatt, a fait le point: « L’Europe a besoin de cet esprit positif car il y a déjà assez de messagers du désastre ! »

Le groupe a ensuite quitté la mairie pour l’église évangélique Sainte-Anne, où la déclaration commune sur la doctrine de la justification a été signée en 1999. C’est là que la journée s’est terminée par une prière œcuménique et une procession aux chandelles allumées, en souvenir du tournant pacifique de la chute du mur. Sur la place devant l’église, le jubilé s’est terminé par des chants et une bénédiction.

Deuxième jour du Congrès à Ottmaring

180 participants de 20 pays (traduction en 5 langues en direct). 55 mouvements et Communautés de différentes Églises étaient réunis à Ottmaring, où Ensemble pour l’Europe a commencé il y a 20 ans.

Un participant, qui vient tout juste d’entrer en contact avec cette initiative, disait : « Ici, le meilleur de chacun est réveillé ».

Au début de la journée, Andy Pettman a accompagné les participants dans un moment de réflexion qui a conduit à une « réponse de gratitude ». « Reconnaître la graine dans les fruits » – est devenu… tangible pour tout le monde quand Thomas Roemer a invité à remplir de graines les petits sacs en papier comme symbole de ce qui est né en 20 ans de cheminement commun : il s’agit maintenant de répandre à nouveau ces graines, gonflés de confiance et d’espérance.

Les exposés qui suivent sont particulièrement intenses : Sœur Nicole Grochowina explique l’efficacité du « prophétique dans la précarité » et Herbert Lauenroth la nécessité de devenir des « travailleurs frontaliers » vivant « au-delà des frontières ».

De nombreux moments d’échange – tantôt en petits groupes spontanés dans la salle, tantôt par langue – permettent à l’atmosphère dense et familière entre les participants de continuer à s’intensifier.

L’après-midi commence par un moment de connaissance de la « Maison de prière » d’Augsbourg par la présence de Johannes Hartl. Elle se poursuit par d’intenses dialogues et discussions en plénière pour réfléchir ensemble sur ce qui a été entendu et vécu et pour comprendre les prochaines étapes pour l’avenir.

Le soir, les participants au Congrès se rendent à Augsbourg où le maire les attend pour une réception dans la « Salle d’Or » de la Mairie. Une visite au centre-ville conclut la journée riche en nouvelles expériences.

Voir aussi “Les 20 ans d’Ensemble!”

La splendeur de l’Europe, ce sont ses peuples

Préparer le terrain pour la réconciliation

Walter Kriechbaum est pasteur évangélique et secrétaire des YMCA de Munich (Allemagne). Son cœur bat pour l’Europe et il veut vivre la réconciliation. C’est pourquoi il cultive des amitiés en Pologne et en Ukraine au sein du réseau international et œcuménique Ensemble pour l’Europe.

« En tant qu’Allemand, je me trouve souvent face aux cruautés de l’histoire, au cours de mes voyages en Europe de l’Est. Une fois, avec mes amis polonais, je me suis retrouvé sans voix à Loutsk (Ukraine), sur des lieux de commémoration, là où des milliers de Polonais furent cruellement assassinés et, une autre fois, dans un cimetière, au milieu d’un des plus grands champs de bataille de la seconde guerre mondiale. Mes amis m’ont alors demandé de prier pour les morts, en tant qu’Allemand et que membre de l’Église évangélique, pour demander le pardon et la paix pour nos peuples d’Europe. » Walter Kriechbaum a compris que vivre ensemble la réconciliation peut signifier, entre autres, parcourir le chemin de la désolation avec les autres en faisant siennes leurs souffrances. La réconciliation œcuménique implique d’être attentifs aux dons des autres et de susciter l’espace qui leur permettra de les développer. Pour Walter, la souffrance due à l’unité non encore complète semble être une semence pour l’avenir.

La réconciliation ne réclame pas de représentation proportionnelle

Munich 2016 : durant une prière œcuménique pour l’unité de l’Europe, que Polonais et Allemands avaient préparée ensemble, vingt Russes entre soudain dans l’église. Sur le moment, Walter, qui préside la prière avec un ami polonais, ne sait pas comment gérer cette situation inattendue. Puis il demande à une des personnes du groupe russe de s’avancer et d’apporter sa contribution à la prière. Catholiques, protestants, membres des Églises libres et orthodoxes russes reçoivent à la fin la bénédiction donnée par un prêtre polonais du mouvement de Schoenstatt. Walter : « J’ai appris que la réconciliation œcuménique ne demande ni la proportionnalité, ni de reconnaître qui a raison. Jésus-Christ habite dans le cœur de l’autre et, de façon surprenante, fait en sorte que la différence devienne un complément sans être effacée ».

La réconciliation a besoin de confiance

Au cours de ses nombreux voyages à travers l’Europe de l’Est, Walter continue à construire un réseau d’amitiés : « Mais cela demande patience et persévérance. Il faut souvent des années pour que la méfiance disparaisse. J’ai compris que l’expérience œcuménique ‘’de frontière’’ signifie se sentir proches et lointains en même temps et supporter cette tension. Si nous tournons tous notre regard vers Jésus, une proximité intérieure se développe lentement. Elle ne peut pas être forcée, c’est une œuvre de Dieu ». Pour Walter, la confiance réciproque qui en découle fait que l’on peut parler et crée une liberté intérieure.

La réconciliation demande le détachement

« La réconciliation et la concorde œcuméniques ne peuvent être organisées – dit Walter – nous devons chaque fois être détachés et entrer à nouveau dans le kairos de Dieu. Lui seul connaît le juste moment. » Assurément, on peut ouvrir la route à cette attitude. « Ensemble nous réussirons à faire resplendir l’Europe. Sa splendeur, ce sont ses peuples qui sont en chemin vers la réconciliation. » Walter en est convaincu et, chaque jour, vit pour cela.

Beatriz Lauenroth

 

Les 20 ans d’Ensemble !

La célébration des 20 ans d’Ensemble pour l’Europe (EPE) rassemble l’histoire, les Églises et la société en une triple fête. Les Amis d’EPE se réuniront à Ottmaring, en Allemagne, du 7 au 9 novembre 2019. Au programme, une réception dans la Salle d’Or de la mairie d’Augsbourg et une journée en divers lieux significatifs de la ville, dont l’église Sainte-Anne. C’est un rendez-vous nouveau et prometteur des peuples en Europe.

Comment cet anniversaire sera-t-il célébré en Allemagne ? Les dates parlent d’elles-mêmes ! Le 31 octobre 2019, ce sera, à Augsbourg, l’anniversaire de la signature historique de la Déclaration conjointe sur la Doctrine de la Justification entre l’Église catholique et la Fédération Luthérienne mondiale. Le même jour, on fêtera à Ottmaring les 20 ans de la première rencontre entre Communautés et Mouvements évangéliques et catholiques, qui a marqué le début d’Ensemble pour l’Europe, et le 9 novembre 2019, ce sera les 30 ans de la chute du mur de Berlin.

Ces anniversaires nous invitent toujours à rendre grâce et en même temps à regarder vers l’avant. Le programme de la rencontre, qui prend en compte ces deux aspects, se déroulera au centre œcuménique d’Ottmaring, à la mairie et dans l’église Sainte-Anne d’Augsbourg.

Après le chemin parcouru à Prague en novembre 2018 >> et la « Journée de l’Europe 2019 » >>, la rencontre en Allemagne veut être un nouveau laboratoire pour des projets concrets en faveur de notre continent.

La première partie du programme se déroulera au Centre œcuménique d’Ottmaring, en commençant par un regard rétrospectif : images, témoignages, échanges sur les expériences des 20 années de chemin parcouru ensemble, d’où découleront les nouvelles perspectives : « Reconnaître les semences à leurs fruits ». Réflexions en groupes et en plénière, temps de prière et d’action de grâces, approfondissement des lignes directrices d’EPE, pour mieux comprendre quelle contribution ce réseau est appelé à apporter à l’Europe.

Grâce à quelques experts, et en dialogue avec eux, seront abordés quelques défis actuels : peur, frontières, murs.

Le soir du vendredi 8 novembre, dans la mairie d’Augsbourg, aura lieu une réception officielle par le maire de la ville.

Samedi 9 novembre, la rencontre se poursuivra à la mairie d’Augsbourg :

  • Les 20 ans de la Déclaration conjointe sur la Justification, avec une intervention de l’évêque évangélique Christian Krause : Histoire et conséquences : quelle signification aujourd’hui ?
  • Ensemble pour l’Europe : fruit de la Déclaration conjointe, l’expérience de l’unité, perspectives, développements dans chaque pays ;
  • En chemin vers l’unique Église de Jésus Christ : visions pour un unique peuple de Dieu ;
  • Les 30 ans de la chute du mur de Berlin et du rideau de fer dans tout le continent ;
  • Défis actuels pour l’Europe et pour l’unité : Pavel Fisher (Prague).

Dans l’église Sainte-Anne : prière pour l’Europe en différentes langues. Puis, sur la place de l’église, action de grâces avec cierges, prières et brefs témoignages.

La vocation d’Ottmaring

VIDÉO – INTERVISTA

Les préparatifs se poursuivent en vue de la célébration des « 20 ans d’Ensemble pour l’Europe ». Ce chemin œcuménique européen original a pris naissance au Centre œcuménique d’Ottmaring, après la signature historique de la Déclaration conjointe sur la justification à Augsbourg (Allemagne).

Severin Schmid a vu naître cette communion dont « la partition est écrite au ciel » et a collaboré à son développement. Nous lui avons demandé comment les choses se sont passées.

Ilona Toth, hongroise, membre de l’actuel Comité d’Orientation d’Ensemble pour l’Europe, a participé en 2018 à la célébration du 50ème anniversaire d’Ottmaring. Quelle est son impression sur ce Centre œcuménique proche d’Augsbourg ?

Découvrir la beauté de la variété

Maria Voce, également connue sous le nom d’Emmaüs, est membre du Comité d’orientation d’Ensemble pour l’Europe. Au sein du mouvement des Focolari dont elle est la présidente, a lieu cet été un événement à dimension européenne. 

Parmi les interviews accordées en vue de ce rendez-vous, nous en avons choisi deux qui nous touchent de près, car elles mettent l’accent sur l’esprit qui anime notre réseau.

Photo: Diego Goller

Relever le grand défi mondial

David Maria Sassoli est devenu le nouveau président du Parlement européen. A cette occasion, nous vous proposons des extraits de son interview du 24 mars 2017, à la veille du 60e anniversaire du Traité de Rome, lorsqu’il avait participé à Rome à la veillée œcuménique et internationale organisée par Ensemble pour l’Europe.

Le reportage est réalisé par la journaliste Claudia de Lorenzi

« Montrer au monde que la fraternité et l’unité sont possibles, malgré les différences culturelles et confessionnelles. » C’est dans cet objectif qu’une veillée de prière œcuménique pour l’Europe >> avait eu lieu à Rome, dans la basilique des Saints-Apôtres. Une occasion qui a réuni des membres du réseau international Ensemble pour l’Europe, en présence de représentants des institutions italiennes et européennes, et qui se déroulait en même temps dans 56 autres villes de toute l’Europe.

Parmi les personnes présentes se trouvait M. David Sassoli, eurodéputé italien du Parti démocrate. Nous l’avions interviewé :

Monsieur Sassoli, à la veille du 60ème anniversaire du Traité de Rome, qui a marqué la naissance de l’Union Européenne, nous constatons de plusieurs côtés que l’Europe a perdu ses racines chrétiennes, centrée comme elle l’est sur la finance, la bureaucratie et les intérêts nationaux, incapable de solidarité et d’accueil, et de planifier un développement centré sur la personne. Qu’en pensez-vous ?

« Il faut tout d’abord que les chrétiens se fassent entendre davantage, et il doit exister dans le monde chrétien des réseaux qui passent le témoin aux autres. Parce qu’il y a des valeurs communes, comme la paix, le vivre ensemble, la solidarité, la justice qui ont certes une matrice chrétienne, mais qui sont aujourd’hui assumées comme paradigme d’engagement politique, culturel et moral de la part aussi de citoyens qui ne sont pas chrétiens. Ce sont ces éléments qui font l’identité européenne. Voilà pourquoi les chrétiens doivent être contents parce que dans l’identité européenne, on retrouve des valeurs du monde chrétien. Mais pour l’instant, nous devons bien l’expliquer à nos citoyens, parce que l’Europe fait peur, suscite l’anxiété, semble être un poids, alors qu’au contraire, nous avons besoin de faire de l’unité des Européens une valeur pour relever le grand défi de ce siècle qui façonnera le marché mondial. La mondialisation non réglementée devient marginalisation, pauvreté, misère, elle peut être catastrophique pour de nombreuses régions de la planète. Le grand pari de l’Europe est de donner des règles et des valeurs au monde. Parce que les règles du marché sans la défense des Droits de l’homme, le sens de la liberté et de la démocratie, ne seraient que des lois économiques où les plus forts l’emportent, nous ne voulons pas de cela.  Donc, le pari est celui-ci : les valeurs chrétiennes qui sont à l’origine de l’identité européenne aujourd’hui sont l’élément qui permettra de relever le grand défi mondial ».

Lire l’interview complète>>

Photo: ©Thomas Klann

 

Fête de l’Europe, fête de peuples

Le 9 mai, Journée de l’Europe de l’Europe, a aussi mobilisé Ensemble pour l’Europe : voici une mosaïque qui dessine un visage de l’Europe porteur d’espérance. Les groupes organisateurs des événements, associations, mouvements et communautés en sont la preuve.

Qu’est-ce qui peut relier des personnes de Prague, Zurich, Rome avec celles de Milan, Toulouse, Esslingen et Ljubljana, avec celles de Padoue, Bruxelles, Selbitz et Palerme ? Et encore celles de Lyon, Viterbe et Strasbourg avec celles de Trente, Paris, Trieste et Klagenfurt ? Un unique désir : vivre la « béatitude » des peuples : « Heureuse la nation qui a le Seigneur pour Dieu » (Ps 33,12). Des peuples qui, avec leurs caractéristiques propres, leur identité forte, leur histoire et leur culture uniques, savent qu’ils font avant tout partie de ce peuple que le « Seigneur a choisi en héritage ». La célébration de la fête de l’Europe a montré une esquisse de ce peuple du Seigneur.

En font partie ceux qui sentent le désir de prier ensemble, donnant ainsi l’occasion de se rencontrer aux responsables de différentes Églises et aux fidèles. Ceux qui, dans leur ville, veulent travailler ensemble à des actions concrètes. D’autres, qui privilégient les relations et, au-delà de leurs frontières, organisent des rencontres de réconciliation entre ethnies aux relations souvent tendues pour des raisons historiques. Il y a ceux qui sont particulièrement sensibles aux problèmes sociaux et qui, sensibilisant aussi les politiques, témoignent par leur engagement dans les hôpitaux, avec les migrants, dans les familles ou avec les jeunes. Quelques-uns se sentent interpelés de façon particulière par les défis culturels et organisent des tables rondes sur le dialogue entre l’Est et l’Ouest de l’Europe ou essayent de sensibiliser l’opinion publique à une économie équitable et au désarmement nucléaire. D’autres encore mettent l’accent sur la visibilité et organisent des marches, ou invitent des experts pour susciter des réflexions. On pourrait continuer encore… N’est-elle pas riche et dynamique cette diversité d’un peuple où chacun se nourrit de son propre charisme et en partage les fruits pour le bien de tous ?

La presse a recueilli leurs voix. Le quotidien La Repubblica, édition de Rome, pose cette question provocatrice : « L’Europe pourra-t-elle être fidèle à sa vocation de mettre en relation traditions, visions et religions ? Oui, si c’est sur la base de ses racines chrétiennes, qui favorisent la rencontre de personnes, groupes, ethnies et peuples et valorisent le positif de chaque culture. C’est sa contribution à l’humanité tout entière : réaliser une unité des diversités réconciliées, qui s’enrichissent réciproquement ». Vita Trentina, l’hebdomadaire diocésain de Trente, souligne : « Ensemble pour l’Europe confirme que l’avenir de l’Europe réside dans une culture de l’Ensemble ». La Cronaca di Palermo énumère les témoignages forts donnés devant 1 600 personnes et racontant comment des membres de différentes Églises transforment ensemble le quotidien de leurs villes. L’Avvenire, quotidien catholique, annonce dans la page de Milan : « Accueil et unité dans la diversité. Voilà l’Europe selon les chrétiens ». On peut aussi lire dans l’hebdomadaire du diocèse de Padoue : « Padoue perçoit l’urgence de la situation européenne et la volonté d’unir la partie civile au souffle chrétien et religieux ».

Voilà quelques flashes de l’histoire de l’Europe aujourd’hui. Les six manifestations en Autriche et les quatre soirées à Vienne avec des intervenants du monde politique parlaient d’une « Europe vivante, dans sa vocation ». En Allemagne, dans plusieurs villes de France, à Bruxelles dans la chapelle pour l’Europe, à Prague, à Klagenfurt et à Ljubljana, tous témoignent que « Tout naît, grandit et fleurit à partir de l’Ensemble ! ».

Merci « fête de l’Europe », tu as mobilisé des énergies, mis en lumière les potentialités de notre continent et ravivé l’espérance en l’avenir.

Ada Maria Guazzo, Ilona Toth

Pour en savoir plus sur les initiatives des différentes villes et régions, cliquez ici>>>

La Slovénie s’apprête

Cette année, à la rencontre de février, avec presque tous les Mouvements et Communautés engagées dans Ensemble pour l’Europe, nous avons pris au sérieux l’idée qui est née à Prague en novembre dernier : organiser, le 9 mai 2019, Fête de l’Europe, un événement qui puisse laisser une impression forte dans le peuple Slovène tout entier, en présentant les valeurs d’Ensemble pour l’Europe.

En outre, le 3 mai, nous nous rendrons en grand nombre à Klagenfurt/Carinthie en Autriche pour célébrer la Journée de l’Europe avec certains de nos voisins en Italie.

Le 4 mai, nous serons à Brezje, dans le sanctuaire marial le plus célèbre de Slovénie, où Mgr Stanislav Zore célébrera la messe, priant avec nous tous pour une Europe unie. Immédiatement après, il y aura un moment de rencontre entre nous de différents Mouvements et Communautés ; ce sera une merveilleuse occasion d’approfondir l’unité et l’amitié qui nous unissent depuis longtemps.

Afin de répondre à l’invitation de donner une voix à cet événement et de faire connaître l’idée de la Journée de l’Europe partout en Slovénie, nous utilisons également tous les moyens de communication. Dans les différents rendez-vous, nous voulons inviter cette année encore, différentes personnalités et également la presse, avec laquelle nous avons désormais différents contacts.

Nous participerons aussi au réseau de prière qui aura lieu en Europe du 25 mars au 9 mai. Nous avons également décidé de faire des actions concrètes pour la réconciliation en Slovénie.

Marjana et Pavel au nom de l’Équipe d’Ensemble pour l’Europe en Slovénie

Carinthie, un carrefour de peuples

Nous sommes un groupe de mouvements de différentes Églises de Carinthie. En priant ensemble et en dialoguant les uns avec les autres, nous avons réfléchi à la manière de célébrer la notre “Journée de l’Europe 2019”.

Au contact de l’Europahaus de Klagenfurt, nous avons trouvé un endroit approprié, ce qui nous a permis d’esquisser notre projet.

Le thème central sera : “L’Europe sans Christ” ? Avec la présentation de nos 7 OUI, nous aimerions inspirer une réflexion sur la façon dont nous pouvons contribuer à une Europe durable.

Nous vivons ici en Carinthie, un carrefour de l’Europe, où trois peuples sont chez eux. Depuis des siècles, les Romains, les Slaves et les tribus germaniques s’y sont installés. C’est pourquoi nous avons invité des personnes de Ljubljana, Trieste et Graz à se rencontrer et à échanger nos expériences.

Le 3 mai 2019, nous aurons l’occasion de célébrer un parcours de relations et d’harmonie et 70 ans de paix. Ensemble, nous pouvons valoriser ce que nous offre la diversité des peuples en Europe.

En célébrant notre “Journée de l’Europe”, nous voulons remercier pour tout cela et exprimer notre espérance d’un avenir pacifique.

Manfred et Fini Wieser, groupe d’Ensemble pour l’Europe de Carinthie 

Télécharger ici l’invitation (disponible uniquement en allemand)

KLAGENFURT Europa Einheit In Vielfalt - Flyer_2019 (1.4 MB)

Chercher ensemble

Les 20 ans d’ « Ensemble pour l’Europe », du 7 au 9-11-2019 à Ottmaring et Augsbourg / Allemagne. La visite de l’évêque régional Axel Piper.

Fin février, seize représentants d’Ensemble pour l’Europe se sont réunis à Ottmaring, pour préparer la rencontre des « Amis » qui aura lieu du 7 au 9 novembre 2019. Ce réseau international est né il y a 20 ans, raison suffisante pour en rappeler les débuts et dégager des perspectives pour l’avenir.

Au cours de sa première visite du Centre Œcuménique d’Ottmaring, Axel Piper, qui est depuis le 1er janvier 2019 évêque régional de l’Église évangélique luthérienne d’Augsbourg et de Souabe, a rencontré Gerhard Pross, Ilona Toth, Herbert Lauenroth et Diego Goller, membres de l’équipe dirigeante d’Ensemble pour l’Europe, afin de mieux connaître cette initiative.

Quelles sont l’expérience de l’évêque Axel Piper et sa vision de l’Église ? Pour lui il ne s’agit pas de structures, mais de « personnes qui cherchent ensemble ». Il dit aussi : « Il suffit d’‘’être curieux’’ – au meilleur sens du terme ». Il attend avec impatience sa nouvelle tâche, « pour connaître de nouvelles personnes, de nouveaux défis et contribuer à mettre en place un nouveau départ dans l’Église et dans la société ». Il a beaucoup apprécié l’initiative d’Ensemble pour l’Europe.

Il a donc déjà réservé sur son agenda les dates des 7, 8 et 9 novembre 2019 pour la rencontre des « Amis » d’Ensemble pour l’Europe.

Beatriz Lauenroth

Foto: © Maria Kny

Vienne: Des citoyens européens se préparent « ensemble »

Du 19 mars au 5 mai, plusieurs rendez-vous auront lieu en divers points de la capitale autrichienne. En vue des prochaines élections européennes, l’objectif est de mettre ensemble citoyens et élus pour parler de politique de façon constructive.

Nos amis de Vienne nous confient ce qui leur tient à cœur :

« Nous nous sentons tous concernés par les problèmes actuels de l’Union Européenne concernant sa politique, son économie et sa forme structurelle. Dans le débat pour l’avenir du continent, nous, d’Ensemble pour l’Europe, nous sentons interpelés à y contribuer, en faisant fructifier ‘’notre vocation à l’unité et notre Culture de l’Ensemble’’. Nous sommes convaincus que ‘’l’unité dans la diversité’’, qui nous a été donnée dans un impressionnant processus de réconciliation, est une réponse de Dieu aux besoins de notre temps. C’est avec cette confiance que nous voulons inviter citoyens, experts et représentants du Parlement de l’Union Européenne à dialoguer entre eux et à donner un signe en faveur d’une politique de réconciliation et de solidarité. »

Les thèmes choisis sont stimulants :

  • Erasmus – former l’Europe
  • Judaïsme dans l’Europe d’aujourd’hui – ancien et nouvel antisémitisme
  • Patrie et Migrants
  • « Parole et pain » – la dimension sociale.

Une soirée conclusive aura lieu le 11 avril à la « Maison de l’Union Européenne ». Elle recueillera les messages issus des différentes rencontres, en présence de représentants de la politique et de l’Église.

Le 5 mai, une prière œcuménique pour l’Europe aura lieu dans une église de Vienne.

Les lieux et modalités des rencontres sont divers, les mouvements et les experts aussi, ainsi que les thématiques et modes d’engagement, mais unique est le désir de ne pas manquer cette occasion d’affirmer : ENSEMBLE, c’est possible !

Nous formulons le souhait que beaucoup s’inspirent de l’exemple de Vienne.

Dans l’invitation:  Prière pour l’Europe, du cardinal Carlo Maria Martini :

Père de l’humanité, Seigneur de l’histoire,
regarde ce continent auquel tu as envoyé
des philosophes, des législateurs et des sages,
précurseurs de la foi en ton Fils mort et ressuscité.
Regarde ces peuples évangélisés par Pierre et Paul,
par les prophètes, les moines et les saints.
Regarde ces régions baignées par le sang des martyrs
et touchées par la voix des réformateurs.
Regarde les peuples unis par de multiples liens
et divisés par la haine et la guerre.

Donne-nous de nous engager pour une Europe de l’Esprit,
fondée non seulement sur les accords économiques
mais aussi sur les valeurs humaines et éternelles :
une Europe capable de réconciliations ethniques et œcuméniques,
prompte à accueillir l’étranger, respectueuse de toute dignité.

Donne-nous de regarder avec confiance notre devoir
de susciter et promouvoir une entente entre les peuples
qui assure pour tous les continents
la justice et le pain, la liberté et la paix.

 

Télécharger ici l’invitation (disponible uniquement en allemand)
   

Miteinander Für Europa - Einladung Wien (2.1 MB)

Porteurs d’espérance

Clarita et Edgardo Fandino, responsables mondiaux des  « Équipes Notre Dame » , vivent à Bogotá en Colombie. Ils ont participé à la récente rencontre des Amis d’Ensemble pour l’Europe à Prague. Nous avons voulu mieux connaître leur expérience.

1)  Quelle a été votre expérience à la rencontre des amis de « Ensemble pour  l’Europe » à Prague ? 

Il est émouvant d’être témoin direct de cette initiative qui, partant des synergies de nombreux mouvements, cherche à donner des réponses d’espérance dans un monde sécularisé en invitant chacun à assumer sa responsabilité devant la société et le monde sans s’isoler, mais en partageant ses richesses évangéliques. Personnellement nous aurions aimé connaître de plus près les charismes spécifiques de chaque mouvement présent, mais nous supposons que d’une part, ils l’ont déjà fait dans d’autres rencontres et d’autre part, le temps limité du programme ne l’a pas permis. Pendant ces deux journées de rencontres, dans les moments libres et de dialogues, nous avons pu partager des expériences avec plusieurs des assistants; nous avons pu noter une ambiance de respect, de fraternité et d’ouverture qui doit être étendue dans  les différents milieux de vie, pour pouvoir être de véritables agents de transformation comme la levure dans la pâte.

2) De votre perspective colombienne, comment voyez-vous l’actuelle Europe ?

Nous n’avons pas participé à cette réunion de Ensemble pour l’Europe en qualité de colombiens mais en tant que responsables du Mouvement des « Équipes Notre Dame », qui a eu son origine en France et qui aujourd’hui est présent dans 92 pays des 5 continents. En tant que colombiens, nous avons noté des grandes différences entre l’Europe et L’Amérique d’aujourd’hui et bien sûr avec notre Colombie natale. L’Europe d’aujourd’hui vit un processus de sécularisation beaucoup plus marqué qu’en Amérique et elle est touchée par des vents de crise et de désintégration avec des tendances séparatistes qui portent atteinte aux institutions et aux régimes en place. Les tendances populistes avec des agitateurs qui polarisent et recueillent des mécontentements sont un problème qui a déjà atteint des dimensions universelles. Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable que nous qui  professons des valeurs de foi, soyons plus actifs à lancer des initiatives de changement qui portent des valeurs transcendantes. Comme le disait  Ernesto Sabato, cet écrivain merveilleux et observateur critique des réalités du monde : « Une chose est certaine, c’est la conviction que seules les valeurs spirituelles pourront sauver la condition humaine d’une catastrophe annoncée. »

3)  Vous êtes les responsables mondiaux du Mouvement « Équipes Notre-Dame » et vous venez de conclure une importante rencontre internationale à Paris. A l’issue de cette rencontre, quels sont vos projets et perspectives pour l’avenir ?

Nous assumons la responsabilité internationale du Mouvement des « Équipes Notre Dame », depuis le mois de juillet dernier à Fatima, au Portugal, où, aux côtés d’environ  9000 assistants, de plus de 70 pays, parmi lesquels on comptait 400 prêtres et évêques, 4000 couples et 200 veufs, nous avons vécu une semaine de rencontre autour de la Parabole de l’Enfant Prodigue, avec comme devise: « Réconciliation, Signe d’Amour ». A la fin de cette rencontre, en guise     d’envoi, nous avons établi les orientations de vie pour les membres du Mouvement, pendant les 6 prochaines années, qui auront comme fil conducteur, la devise: « N’ayez pas peur, allons de l’avant »;  c’est une invitation à agir, en concrétisant notre Vocation et notre Mission à partir de la spécificité de notre charisme: la spiritualité conjugale.

La réunion que nous avons eue récemment à Paris, avec l’équipe responsable internationale, la première des 3 réunions annuelles, qui a déjà été programmée, a eu pour but d’établir la « feuille de route » pour porter à chacun des membres du Mouvement cette devise de Fatima à concrétiser dans leur vie. C’est pourquoi nous avons établi beaucoup de lignes d’action et des défis à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement, toujours en accord avec l’appel que nous lance l’Église et particulièrement le Pape François, d’aller vers les périphéries, en étant des agents de miséricorde. Cet appel est magnifiquement exprimé par le Pape dans sa récente Exhortation Apostolique  Gaudete et Exultate  (GE 26) « Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Tout peut être accepté et être intégré comme faisant partie de l’existence personnelle dans ce monde et être incorporé au cheminement de sanctification. Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre propre mission. »

Parmi les multiples lignes d’action pour lesquelles nous travaillons, il y a entre autres : l’art d’accompagnement des veufs et veuves, la préparation et l’accompagnement des jeunes au mariage et à leurs premières années de vie conjugale, le travail sur d’autres réalités de la vie conjugale : l’accompagnement des personnes majeures, l’écoute des jeunes…etc.

4) Pourriez-vous nous dire quelque chose de vous-mêmes, votre famille, où vous habitez, votre travail… ?”

Nous sommes un couple colombien, mariés depuis 32 ans, 2 enfants, un fils de 26 ans qui vient de se marier et une fille de 24 ans qui vit encore avec nous. Nous habitons à Bogota, une ville cosmopolite d’environ 8 millions d’habitants. Clarita enseigne la musique et le catéchisme et Edgardo est ingénieur civil en activité. Nous appartenons au Mouvement des « Équipes Notre Dame », depuis 22 ans, dans lequel nous avons nourri notre spiritualité conjugale et où nous avons servi dans différentes instances de responsabilité. Aujourd’hui, nous assumons la responsabilité de l’Équipe Internationale pour les 6 prochaines années. Notre vie est partagée entre le travail professionnel d’Edgardo, le travail aux « Équipes Notre Dame », et les fréquents voyages qu’impose cette responsabilité. Nous sommes convaincus que chacun d’entre nous a une mission et une responsabilité dans ce monde, en étant des porteurs d’espérance et des reflets de l’amour du Christ sur l’humanité, en Le rendant présent dans notre entourage et dans les périphéries vers lesquelles nous devons nous rapprocher.

Clarita et Edgardo Fandino, Bogotá/Colombie

 

Voix de Prague – partie 2

Voix de Prague – partie 2

Rencontre des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » à Prague – Brèves interviews avec quelques participants – partie 2

“Pour leur communiquer la beauté”. François Delooz, Communauté de Sant’Egidio, Belgique

“Identity is something what we desperately need!” Pavel Fischer, Senator in the Czech Parliament

“Abbiamo un grande fondamento che ci lega.” Matthias Leineweber, Comunità di Sant’Egidio, Germania

“I realised the strength of the Movements.” Pavel Černý, Pastor, Czech Republic

“Europa ist sehr bewegt”. Valerian Grupp, CVJM Esslingen, Deutschland

2° jour de EpE à Prague

Lors de la deuxième journée de la rencontre de Prague, les participants se sont penchés sur la situation des croyants et des Églises en République Tchèque. Par conséquent, en plus des nombreuses occasions de discussions personnelles et d’échanges en groupes, il y a eu trois grandes impulsions thématiques.

Jaroslav Šebek, historien et membre de l’Institut d’histoire de l’Académie des Sciences de République Tchèque, est intervenu sur le thème “Les Églises en République Tchèque et les défis de l’époque actuelle”. La crise des réfugiés est devenue une pierre de touche fondamentale pour l’avenir de l’intégration européenne, où différents concepts se heurtent ” et une fois de plus, c’est symboliquement l’Est contre l’Ouest “, a déclaré J. Šebek. L’un des problèmes actuels est l'”encapsulation de la communication” dans laquelle les médias sociaux sont impliqués. “Alors qu’à l’époque communiste, nous avions un désert d’informations, aujourd’hui nous sommes dans une jungle d’informations.” Le résultat est le même : “La perte d’orientation et une plus grande susceptibilité à la manipulation et à la méfiance de tout et de tous.” Dans une situation aussi difficile, les représentants de l’Église cherchent aussi une orientation.

Pavel Fischer, sénateur au Parlement tchèque, a également décrit la situation actuelle de la République Tchèque et présenté les défis d’un point de vue sociopolitique. Il a souligné l’importance de l’identification émotionnelle avec une expérience sociale personnelle. Elle surgit dans un espace linguistique concret. L’unité de l’Europe ne peut être réalisée qu’en prenant au sérieux tous les processus d’identification locaux et les personnes individuelles avec lesquelles nous cheminons ensemble. La vision d’une Europe unie ne pourra émerger que si les politiques respectent la subsidiarité ainsi que la diversité des peuples, des langues et des cultures européennes.

Interview “Identity is something what we desperately need!” Pavel Fischer

Interview “Let’s engage on the very local level!” Pavel Fischer

Tomáš Halík, sociologue tchèque, philosophe spécialisé en matière de religion et prêtre catholique romain (Prix Templeton 2014), a présenté les développements historiques de l’Eglise tchèque jusqu’à aujourd’hui, dans le cadre de sa contribution sur la situation religieuse dans son pays. Il est apparu clairement que la tentative de l’Église de présenter la foi vécue hier valable pour le présent et l’avenir avait échoué. Aujourd’hui, l’Église populaire traditionnelle n’a plus de force, car sa biosphère disparaît de plus en plus. La religion d’aujourd’hui n’a guère d’influence sur le style de pensée de la génération actuelle, qui vit dans le nouveau cosmos de l’Internet. “La nouvelle génération n’est pas prête à recevoir la religion sans arguments. Aujourd’hui, l’Église est mise au défi de s’adapter avant tout à ceux qi sont en recherche. Ils représentent, pour ainsi dire, le plus grand diocèse. » T. Halík a souligné que « l’avenir de l’Église dépend de sa volonté de communiquer avec ceux qui sont en recherche, de les accompagner. » La foi ne devrait pas être une idéologie de réponses précises, mais une façon de marcher avec les chercheurs. Parce que chacun se pose la question du sens de la vie, l’Église doit être là pour tous, pas seulement pour les croyants. T. Halík a invité le public à être courageux, à prendre au sérieux tous ceux qui cherchent la vérité d’une autre manière et à engager le dialogue avec eux.

Cette journée richement remplie s’est terminée par un temps de prière où toutes les réflexions et tous les thèmes de la journée ainsi que l’avenir de l’Europe ont été portés devant Dieu. Un dîner festif a suivi, prolongé par une veillée culturelle.

Heinrich Brehm

 

 

L’Europe, c’est notre affaire

Petits exemples de synergie entre Mouvements et initiatives en faveur de l’Europe

« Ensemble pour » à Dresde

Nous sommes un petit groupe du Mouvement des Focolari à Dresde. Il y a quelques mois, sur la place principale de la ville, nous avons parlé de la fraternité universelle à environ 200 personnes, en présentant la pensée que Chiara Lubich avait exprimée devant 700 maires d’Europe à Innsbruck en 2001. Pour l’organisation, nous étions avec « Pulse of Europe », une initiative ouverte à tous qui a pour but de vivre ensemble pour une Europe unie et démocratique. Cette organisation fait chaque mois un programme pour sensibiliser les personnes, en mettant en relief la paix et toutes les valeurs sur lesquelles l’Europe est fondée. La parenté spirituelle qui nous lie était évidente, par la personne de Chiara qui a diffusé chez tant de personnes les valeurs de la fraternité universelle, notamment en vue du grand projet de l’Europe unie.

Un des responsables des jeunes du diocèse, un jésuite, voyant notre collaboration, nous a encouragés fortement : « Allez de l’avant ! Vous avez la possibilité de donner votre contribution en toute simplicité. Je vous le demande, avancez avec courage, d’autres ont trop peur ! ». Oui, nous sommes peu nombreux, mais nous pouvons et devons prendre la nouvelle route que Dieu nous montre. Nous sommes très heureux d’avoir connu les membres de « Pulse of Europe » et ils savent que nous les soutenons. Nous le disons sincèrement : leur grand défi, c’est aussi notre affaire.

Monika Scheidler, Ilse Fehr

Le Chemin Néo-catéchuménal fête ses 40 ans en Slovénie. Une occasion de faire la fête dans la grande famille des Mouvements.

Début septembre, le Chemin Néo-catéchuménal de Slovaquie a fêté les 40 ans de sa présence dans le pays. Des représentants de divers Mouvements étaient invités à la fête : Couples pour le Christ, le Mouvement Chemin (Pot), le Mouvement des Focolari, le Renouveau Charismatique et la Communauté de l’Emmanuel. Une fête bien préparée avec la messe solennelle célébrée par 5 évêques et des agapes qui ont permis des rapports fraternels et la communion. Les premiers membres du Chemin Néo-catéchuménal venus d’Italie il y a 40 ans pour apporter cet esprit en Slovénie avaient fait le déplacement : un don particulier qui a permis de construire des relations profondes. Nous avons été accueillis très chaleureusement et les Mouvements présents ont été nommés.

Le réseau des divers Mouvements en Slovénie s’est renforcé ces dernières années, grâce à l’entraide réciproque et aussi à l’hospitalité que le Mouvement des Focolari a offert dans son centre Mariapolis de Planina pour 200 Ukrainiens du Chemin Néo-catéchuménal qui se rendaient à Rome et qui ont pu y loger à l’aller et au retour. La semaine prochaine, nous aurons à nouveau la joie d’accueillir 80 Ukrainiens qui se rendent à Rome. Nous sommes à un point stratégique pour ceux qui se rendent en Italie et nous sommes heureux de contribuer à la communion entre Mouvements.

Pavel e Marjana Snoj, Slovénie

Photo: privé

Sur les traces de la « Révolution de velours »

Ensemble pour l’Europe 2018 à Prague

Prague, capitale de la République Tchèque – pays situé au carrefour historique et culturel de l’Europe – accueillera du 15 au 17 novembre 2018 la rencontre annuelle des Amis d’Ensemble pour l’Europe.

Les grandes évolutions de l’Europe Centrale – et en particulier du peuple tchèque – serviront de toile de fond à cette nouvelle étape du chemin d’Ensemble pour l’Europe, qui prône un accueil réciproque entre les différentes identités culturelles et politiques.

En novembre 2017, la rencontre européenne des Amis d’Ensemble pour l’Europe s’est déroulée à Vienne (Autriche), ville pont entre l’Est et l’Ouest. Un pas de plus et nous nous trouverons au Centre-Est de l’Europe, avec le désir commun de faire face aux difficultés, préjugés et craintes qui, actuellement, pèsent lourdement dans et entre les pays membres de l’Union Européenne, et au-delà. Par la vie de l’Évangile, nourrie et éclairée par la présence du Christ dans les communautés chrétiennes et entre elles, cette rencontre veut témoigner que le chemin vers une Europe « maison des nations et famille des peuples » n’est pas une utopie.

Sur les traces de la « Révolution de velours »

Le 17 novembre, la République Tchèque commémorera le début de la « sametovà revoluce » (révolution pacifique, dite « de velours »), qui a fait de ce pays un des protagonistes de la réunification de l’Europe, processus qui dure encore. Cette coïncidence interpelle les Amis d’Ensemble pour l’Europe, et les invite à renouveler leur engagement commun : porter dans la culture post-séculière l’esprit de l’humanisme chrétien, offrant ainsi leur contribution pour donner vie et forme à une Europe plus unie.

Thomas Halik, théologien et philosophe, ami personnel de Vaclav Havel, Jaroslav Sebek, membre de l’Institut d’Histoire de l’académie des Sciences de République Tchèque, et Pavel Fischer, homme politique tchèque émergent, ainsi que des responsables et représentants de divers Mouvements, Communautés et Associations, ouvriront par des réflexions et témoignages ce congrès à l’objectif audacieux : rappeler une autre Europe, celle des grands espoirs et des promesses. Ils sont issus du riche patrimoine d’une multiplicité ethnique, sociale et culturelle qui tend à la communion et au dialogue.

Le rendez-vous de Prague devient ainsi une étape importante dans l’histoire d’Ensemble pour l’Europe, qui cette fois encore, s’engagera pleinement pour une Europe plus unie, plus juste et plus fraternelle. Belle occasion pour se préparer ensemble aux prochaines élections du Parlement européen.

La rencontre se terminera par une soirée ouverte aux représentants de Mouvements et Communautés des différentes Églises présentes en République Tchèque.

Lieu de la rencontre : Mariapolis Centre, Mladoboleslavská 667, 190 17 Prague 9 – Vinoř, République Tchèque – Tel. +420 286 007 711; e-mail : cmpraha@espol.cz,  www.centrummariapoli.cz

Beatriz Lauenroth

Foto: Canva

La vérité vainc

L’Europe vit des idées qui l’ont fait naître.

Dans le cadre de la préparation à la prochaine rencontre des Amis d’Ensemble pour l’Europe, 3 questions à Jiři Kratochvil, de Prague, spécialiste du dialogue entre les différentes cultures européennes.

Le prochain rendez-vous avec les Amis d’ « Ensemble pour l’Europe » aura lieu à Prague, terre des hussites, du Printemps de Prague et de la Révolution de velours. La grande Histoire du peuple tchèque servira de toile de fond au dialogue entre les participants. Comment mieux comprendre cette Histoire ?

C’est une histoire tourmentée, qui se caractérise par de grands réveils idéalistes et spirituels, par la recherche de la justice et de la vérité, mais qui se sont souvent terminés par d’immenses désillusions. C’est le cas des trois mouvements que vous mentionnez. Le mouvement hussite, qui s’est déchainé après la mort sur le bûcher du prêtre Jan Hus, en 1415, considéré comme un martyr de la vérité par ses disciples. Malheureusement, les guerres qui ont suivi, où il n’était plus question de la vérité, mais du pouvoir, ont complètement dévasté le pays. De même, des siècles plus tard, en 1968, les principaux acteurs du Printemps de Prague voulaient installer un régime socialiste « à visage humain », libéré de tous les mensonges et de la cruauté du passé récent, avec le soutien et l’enthousiasme de toute la nation, comme jamais auparavant. Malheureusement, cet espoir a été détruit sous les roues des chars d’assaut et s’est éteint dans la résignation générale, malgré le sacrifice héroïque de Jan Palach (un étudiant qui s’est immolé par le feu en signe de protestation).

Vient ensuite la Révolution de velours de 1989, dont beaucoup se souviennent. Elle a été conduite par Vaclav Havel et son mot d’ordre : « L’amour et la vérité doivent l’emporter sur le mensonge et la haine ». Personne ne s’attendait à ce que s’ensuive une lutte aussi dure : les valeurs spirituelles des premiers mois, fortement exprimées au cours des manifestations populaires sur les places, se sont éteintes petit à petit, remplacées par le pragmatisme de la « technologie du pouvoir ».

Le drapeau du Président de la République Tchèque porte l’inscription : « La vérité vainc ». En fait, deux mots ont été supprimés de la version originale : « de Dieu ». Soit : « La vérité de Dieu vainc ». Nous sommes certains qu’à la fin de l’Histoire, Sa vérité l’emporte, mais auparavant, peut-être doit-elle subir bien des défaites, comme nous le montre l’Histoire – et pas seulement l’Histoire tchèque – ce qui ne nous dispense pas du devoir de nous mettre toujours de Son côté, celui de la Vérité.

« Ensemble pour l’Europe » veut contribuer à construire l’unité entre l’Europe orientale et occidentale. Quel peut être le rôle de la République tchèque ?

A cause de son histoire religieuse tourmentée, la République Tchèque est un pays très sécularisé. La plus grande partie de la population ne veut pas être identifiée avec une Église. Ce qui ne veut pas dire que les personnes sont athées. Étonnamment, le nombre des athées déclarés diminue. Parmi les gens, surtout les jeunes et les intellectuels, il existe une très forte sensibilité aux valeurs spirituelles et culturelles. Pour preuve, par exemple, l’accueil chaleureux fait en 2009 par la municipalité de Prague au pape Benoît XVI. Peut-être est-ce cette rencontre qui a suscité chez celui-ci l’idée de créer ce qu’il a appelé « la Parvis des gentils », une initiative de dialogue avec le monde « laïc ».

Chercher ensemble différentes formes de ce dialogue, en tant que chrétiens de diverses dénomination unis entre nous, pourrait être une voie pour le projet « Ensemble pour l’Europe ». Les laïcs sécularisés sont dans toute l’Europe, avec des visages et spécificités divers. La République Tchèque pourrait devenir un petit « laboratoire » du dialogue avec eux.

En pensant à l’avenir de l’Europe, quels sont les défis encore à relever pour atteindre le but : l’unité ?

C’est une question très difficile, mais la réponse, même si elle n’est pas simple, me semble assez logique. On dit que chaque nation – et c’est aussi valable pour un continent – vit des idées qui l’ont fait naître. Rappelons-nous d’où est née l’Europe dans laquelle nous vivons aujourd’hui : de Jérusalem (foi), d’Athènes (raison) et de Rome (droit). Sur ces fondements solides se sont développées sa grandeur et sa richesse culturelle, spirituelle et matérielle. Il nous faut aujourd’hui faire face à la situation d’une migration de peuples, semblable à celle du début du Moyen-Age. Le plus grand défi consiste à savoir vivre avec l’altérité des nouveaux arrivants, qui seront sûrement nombreux, parce que les courants migratoires vont continuer, non seulement pour des raisons politiques et économiques, mais avant tout climatiques. Ne nous faisons pas d’illusions : l’Europe telle que nous la connaissons disparaitra tôt ou tard, et aussi pour des raisons de natalité décroissante.

Nous chrétiens, devons être la « minorité créative », en revenant aux racines fortes de notre tradition et à toutes les valeurs authentiques qui en sont nées, sans être fermés aux stimuli nouveaux. Sur cette base spirituelle, en demandant la grâce de Dieu, nous pouvons chercher la nouvelle unité de la nouvelle Europe.

Jiři Kratochvil, né en 1953. Diplômé en économie à Prague. A travaillé de nombreuses années dans plusieurs entreprises d’État dans le secteur de la finance. Après la chute du communisme, a aidé la Caritas à se rénover. A vécu au Canada, en Italie et en Allemagne, outre la République Tchèque et la Slovaquie. Travaille actuellement à Prague en tant que traducteur pour la Conférence épiscopale tchèque.

Photo: Prague: ©Canva; Jiři Kratochvil: privée

En vue de l’avenir

En 2019, des élections directes au Parlement européen auront lieu. Deux semaines auparavant, le 9 mai, nous célébrons la “Journée de l’Europe”. Si ensemble nous voulons contribuer à construire une Europe dynamique et prometteuse, nous devons nous mettre en route à temps dans les différents pays et villes.

Il semble qu’Ensemble pour l’ Europe n’ait jamais été aussi actuelle qu’aujourd’hui, à un moment où l’Europe doit relever de nombreux défis. Nous sommes convaincus que Dieu n’a pas suscité ce réseau sans raison.

L’Europe en emploie beaucoup. Elle est sur toutes les lèvres. Mais comment réussirons-nous à nous impliquer en tant que chrétiens dans la formation de cette Europe ? Nous savons que compte tenu des énormes défis, nous avons des possibilités très limitées. Toutefois, des minorités, petites mais créatives et motivées, peuvent faire la différence et contribuer au changement dans un pays et un continent. Par conséquent, il sera important que nous apportions ce que nous avons reçu, notre charisme, plus encore et que nous le laissions s’épanouir : notre vocation à l’unité, notre culture du vivre ensemble est plus importante que jamais.

Le 9 mai – Journée de l’Europe

Lors de la rencontre des Amis d’EpE 2017 à Vienne, la proposition de Jeff Fountain (Pays-Bas) et du groupe italien de donner vie à la “Journée de l’Europe” célébrée le 9 mai a été accueillie avec beaucoup d’intérêt. Certaines choses ont commencé à bouger ici et là cette année.

En vue de 2019, il semble important d’inclure cette date dès à présent dans notre planification annuelle. Il s’agit de nous mettre ensemble en tant que mouvements et communautés sur le terrain et d’explorer les opportunités de cette journée.

Il peut également être utile d’inclure d’autres initiatives qui s’engagent pour un vivre ensemble en Europe. Deux semaines plus tard, les élections européennes auront lieu, de sorte qu’on peut compter avec le vent dans le dos public et des idées de conception appropriées. Le 9 mai 2019 a donc un potentiel significatif accru : il devrait être une journée de joie, de fête, d’engagement et de prière ! Différentes impulsions sont déjà disponibles en ligne> 

L’Europe a besoin de notre prière

Nous voyons notre contribution à l’Europe aussi dans la prière. À la suite de nos initiatives à la veille du 60e anniversaire des “Traités de Rome” le 24 mars 2017, le 24 mars 2017 , il est apparu clairement quel pouvoir transformateur elle peut déployer. Faisons confiance que beaucoup de choses bougeront dans le ciel et sur la terre si nous prions ensemble pour notre continent.

Gerhard Proß, Diego Goller, P. Heinrich Walter

Voir aussi : Faire bouger ma ville >

Foto: ©Ursel Haaf – www.urselhaaf.de

Europe dans «l’âge de l’anxiété»

Un engagement renouvelé et accru est nécessaire pour promouvoir une « culture de la confiance », confiance dans le Dieu  « séculaire », présent en ce monde.   

L’intervention de Herbert Lauenroth au le Congrès International de « Ensemble pour l’Europe, Munich 2016 » est encore aujourd’hui plus que jamais d’actualité. En voici le texte complet.

À l’heure actuelle sévient des angoisses et des questions obsédantes concernant le nouveau rapport qui est à équilibrer entre «liberté» individuelle et «sécurité» collective et la signification des frontières – dans le contexte d’une restructuration de la «société du risque» ou “ouverte” vers «la société de l’angoisse”.

Dans le livre de la Genèse, Dieu appelle Adam – dans un moment dramatique: «Où es-tu, Adam ?” – L’appel s’adresse à Adam, qui – dans la honte et l’angoisse – a pris refuge dans le sous-bois et se cache de la vue de Dieu, parce qu’il a pris conscience de sa nudité existentielle et de sa pauvreté. L’image correspond à notre situation actuelle en Europe : L’homme se barricade, il se retranche dans son désespoir. Poussés par l’angoisse et la honte, il reste prisonnier de soi-même, et il ne comprend pas que la libération de l’angoisse et de l’implication coupable ne réussira que s’il s’expose à l’appel de Dieu, à la vue des autres personnes, dans lesquelles Dieu le rencontre depuis toujours.

Donc, l’Europe se trouve dans ce sous-bois, dans ces implications d’angoisse et de honte par les propres limites et histoires de culpabilité. Ce sous-bois, c’est Idomeni, la frontière macédonienne, les barrières de fil de fer barbelé à la frontière serbo-hongroise, mais il représente aussi les exclusions variés de de notre société.
Si vous lisez maintenant le scénario biblique en vue de la transformation de l’Europe en «forteresse» – comme protection contre les réfugiés, l’image acquiert encore une autre lecture : Alors il se présente à nous la souveraine européenne : en tant que celle qui est effectivement sans demeure, sans abri, fugitive – qui est dans la fuite la plus fatale : celle devant soi-même.

L’Europe doit, donc, entendre l’appel de Dieu biblique à nouveau : comme une question de la destinée, de la mission et de la responsabilité pour soi-même et pour le monde: “Europe, où es-tu ?”

Cette image de l’étroitesse existentielle, de laquelle Dieu appelle à en sortir, trouve son pendant dans les visions d’un isolement cosmique de l’homme, dans un espace de monde indifférent, inhospitalier, que le philosophe et mathématicien Blaise Pascal a exprimé : «Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ! “. Il s’agit d’un être effaré ou en proie, qui effraie l’homme isolé, abandonné à soi-même ; cela reflète le leitmotiv qui a été décrit comme “perte du centre” ou «sans-abrisme métaphysique». Cette peur de la perte de soi et du monde peut tout aussi bien ouvrir un nouvel espace expérientiel :

Le poète tchèque et président Vaclav Havel, en son temps, dans un bilan des révolutions pacifiques des années 1989-90 en Europe de l’est, a parlé de la peur comme «peur de la liberté” : “Nous étions comme des détenus qui étaient habitués à la prison, puis, libérés du coup dans cette liberté tant attendue, ils ne savaient pas comment traiter avec elle et ils étaient désespérés parce qu’ils devaient constamment prendre des décisions eux-mêmes et assumer la responsabilité pour leur propre vie.”

Il s’agit, selon Havel, d’affronter cette peur. Puis, dans cette vérité, elle peut devenir une bénédiction: “La peur de la propre incapacité peut éveiller en nous de nouvelles capacités : la peur que nous ne réussissons pas, peut être le meilleur moteur pour notre désir de réussir quand-même. La peur de la liberté peut être justement ce qui nous enseigne finalement à faire bon usage de notre liberté. Et la peur de l’avenir peut être justement ce qui nous oblige à tout faire pour que l’avenir sera meilleur.”

Le grand théologien protestant Paul Tillich identifie enfin la peur comme une expérience fondamentale de la connaissance dans l’existence humaine : “Le courage d’être”, dit Tillich, “est enracinée dans le Dieu qui apparaît lorsque Dieu dans l’angoisse du doute a disparu.” Cela signifie que seulement l’expérience de l’angoisse comme expérience de la perte d’un ancien image de Dieu qu’on a considéré comme déterminant et immuable et d’un ancien image de l’homme et du monde, libère, ce qu’appelle Tillich, le «courage d’être”. Le vraie Dieu – divin – apparaît, en quelque sorte, dans le coeur de l’angoisse, et lui seul provoque une libération ou le passage de l’angoisse. Cette expérience conduit l’homme dans l’autre réalité inconnue du monde – et de là vers les horizons plus profonds de l’expérience de l’être. Il se révèle dans le manque présumé d’un visage et d’une histoire du monde comme face de l’Autre.

Donc, il s’agit de descendre dans ces «espaces intérieurs du monde” où se trouvent les angoisses biographiques et collectives et les expériences de la perte, pour y rencontrer le Dieu qui nous sauve. Deux exemples :

Yad Vashem: Ma visite en automne dernier dans le mémorial de la Shoah, je ne l’oublierai jamais : Je suis abasourdi par cette architecture de l’angoisse qui apparaît labyrinthique – jusqu’au «Monument aux enfants”, une salle souterraine, où la lumière des bougies allumées est réfléchie par les miroirs. Dans cette sombre salle de voix incorporelles qui appellent constamment les données de vie élémentaires des victimes innocentes, je ressentis une nouvelle, profonde solidarité, oui, une simultanéité en vue de cette angoisse primaire profonde, d’être non seulement éliminé physiquement, mais d’être effacé aussi culturellement. Le témoignage de ce lieu devient pour moi une propre expérience : donner un lieu au nom perdu, préserver une mémoire du nom de Dieu et de ses créatures. Mon commentaire dans le Livre d’Or est une parole du prophète Isaïe, qui exprime aussi bien ma perplexité que l’intuition de la présence imperdable d’un Dieu parternel : “Ne crains rien, car je te rachète, Je t’appellé par ton nom : tu es à moi! ”

Et par rapport aux grands récits européens de la peur, le philosophe et théologien tchèque Tomás Halik décrit une expérience similaire: “Nous construisons pas le projet audacieux de l’unité européenne sur un sol inconnu ou une friche. Nous le construisons sur un sol avec des strates, dans lequels des trésors oubliés et des débris brûlés sont déposés, où des dieux, des héros et des criminels sont enterrés, où des pensées rouillées et des bombes non explosées reposent. Nous avons besoin de nous mettre en chemin de temps en temps et de regarder dans les profondeurs de l’Europe, dans le pègre, comme Orphée a regardé Eurydice ou le Christ Abraham et les patriarches de l’Ancien Testament.”

Pour moi, ces différentes «descentes dans les profondeurs de la peur» convergent dans le récit du baptême de Jésus dans Matthieu : “Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Il s’agit de descendre avec le Christ pour atteindre le zéro, sur lequel il s’ouvre de façon toute surprenante le ciel. Et ici il se manifeste la loi de la vie de Dieu : «Ce qui vient d’en haut, doit pousser d’en bas.” Ainsi, en Jésus, avec leui et par lui se constitue cette communauté fraternelle, solidaire et pluraliste, dans laquelle l’individu se reconnaît comme «fils et filles de Dieu» et dans laquelle la «dignité humaine» et «l’être à l’image de Dieu» forment une unité inséparable.

Dans ses notes “Résistance et soumission” mises par écrit en détention, Dietrich Bonhoeffer voit le coeur de l’identité chrétienne dans la réponse à la demande de Jésus au moment de son agonie à Gethsémani : «Ne pouvez-vous pas veiller une heure avec moi ?” – C’est le invitation à la veillée aux côtés de Jésus, de sa présence tournée vers le Père dans un monde séculier – soi-disant sans Dieu – et cette présence de Jésus transforme divers lieux dans des espace d’expérience et d’attente de vie trinitaire.

La «peur» apparaît dans ce passage clé de l’Évangile comme un lieu privilégié de l’apprentissage de la foi, où convergent nos craintes confuses et “aveugles”, se transforment dans l’authentique et illuminante “crainte de Dieu” de Jésus. Parce que :

  • Dans, avec, par Jésus il se produit la libération et le passe de l’angoisse du Fils vers le Père : Le renoncement présumé du Fils convertit à un don de soi au Père.
  • L’unité grandit comme expérience de la confiance mutuelle dans la sensibilité au mystère de Dieu, de l’altérité de l’autre ; la philosophe juive Simone Weil a trouvé une formulation remarquable pour cette expérience : seulement “le consentement à la distance de l’autre” sans réserve – dit la philosophe française Simone Weil – permet une proximité authentique ; selon Tillich, la réalité complète de Dieu apparaît, après que les images idéologiques de Dieu se sont évanouis.
  • Il s’agit donc de préférer l’inconnu, l’étranger, le marginalisé – comme un “lieu d’apprentissage” de la foi – en, avec, par Jésus.
  • Cela vaut en particulier pour les différents charismes et communautés parmi vous : Lors d’une réunion d'”Ensemble pour l’Europe” en Novembre 2013 à Paris, avec Jean Vanier, fondateur de l”Arche”, il nous est apparu clairement : en fait, la tâche des charismes consiste dans l’accueil du «charisme du monde» et de le refléter justement au monde ; son témoignage était très impressionnant : pas vivre principalement avec et pour les “destinataires” des Béatitudes de Jésus, mais à partir eux. Eux, qui sont apparemment les personnes qui reçoivent, sont, en fait ceux qui sont les vrais doué de Dieu, les donateurs. Ils sont les porteurs d’un message, d’une présence de Dieu, qui doit être portée des bords de notre société à son centre. L’Évêque d’Aix-la-Chapelle et philosophe de la religion Klaus Hemmerle a formulé succinctement : «Laisse-moi apprendre chez toi le message que je dois te transmettre.”
  • C’est précisément cette volonté d’apprendre qui rend les charismes «des intermédiaires disparraissants ” (E. Balibar), des acteurs prophétiques dans nos sociétés ; ils ont surmonté leurs propres craintes de perte et savent désormais créer un espace de la rencontre entre des groupes hostiles, antagonistes ; ils maîtrisent patiemment “la négociation mutuelle du milieu brisé” (de M.Barnes), c’est à dire la “négociation” créative ou le “dégagement” d’un “centre” indéfini, dans laquelle les opposés sont libéré pour la réciprocité.
  • Cependant, cela présuppose l’expérience constante d’une libération de de l’angoisse : la disponibilité dont est fait “Ensemble pour l’Europe” avec la plénitude de ses traditions, de ses horizonts d’expériences et de ses histoires : descendre en, avec, par Jésus dans les abîmes, les histoires des autres avec leur réalité indisponible, qui toutefois veulent trouver un écho, une résonance dans la propre vie de chacun, dans la propre, spécifique tradition, foi et histoire de Dieu – et justement par cela les libérer à elles-mêmes.

Ainsi, il pourrait avoir besoin d’une “inversion de poussée”, d’une véritable metánoia des «pieux», dans la compréhension d’eux-mêmes et du monde, d’une nouvelle foi dans l’amour de Dieu pour le monde, révélé dans le Christ.

Une “conversion” – ou un déplacement de l’accent – du rejet anxieux du «monde» vers une vue, libérée de l’angoisse, sur la réalité de Dieu dans ce monde ; une réalité, qui doit être expérimentée et témoignée d’une façon toute nouvelle : juste à nos frontières. Il convient de surmonter une «herméneutique du soupçon” en vue du «monde» et de grandir de plus en plus dans une «culture de confiance”, donc de grandir aussi dans une confiance en Dieu avec un ton laïc, ce qui est fondé en Jésus.

En jetant le regard en haut, sur le dôme du bâtiment du Circus Krone, nous laisse penser, peut-être, aux trapézistes – en tant qu’interprètes de la libération de l’angoisse, toujours dans le risque de la confiance, en lâchant et en s’étirant de nouveau dans l’espace de l’avenir, comme «le sauteur en suspense” (H.Nouwen). Un moment artistique dans l’intervalle prophétique et aussi toujours précaire de “La Pesanteur et la Grâce”, comme le dit Simone Weil : cet intervalle dans lequel la créature sait d’être toujours maintenue et soutenue, d’être “racheté” de soi-même et libérée vers l’autre :

“Un sauteur doit sauter, et un receveur doit attraper, et le sauteur doit faire confiance, avec les bras et les mains tendus, que le receveur sera là. … Rappèlle-toi que tu es un enfant bien-aimé de Dieu. Il sera là quand tu fais ton long saut. Ne pas essayer de le saisir. Il te saisira. Étends simplement tes bras et tes mains – et fais confiance, confiance, confiance”! 

Herbert Lauenroth, Centre œcuménique de Ottmaring, à Munich, Circus-Krone-Bau, 01.07.2016

Photo: Trapézistes ©Thierry Bissat (MfG); H. Lauenroth: ©Ursula Haaf

 

L’Europe : des petits pas prophétiques

Nous l’avons expérimenté plusieurs fois: l’unité en Europe n’est pas une utopie et ne passe pas (seulement) par les institutions. Elle est faite des rencontres entre les personnes: sans préjugés, désireuse de découvrir la richesse de l’autre, ce qui conduit – presque par surprise – à découvrir son identité de manière plus profonde.

C’est aussi ce qui s’est passé le 3 juin dernier lorsque seize représentants d’Ensemble pour l’Europe provenant des Mouvements et Communautés de différentes Églises (Schoenstatt, Focolari, Renouveau charismatique, Freie Christengemeinde, Kloster Wernberg) des régions de Styrie et de Carinthie (Autriche) se sont rendu visite dans la ville de Ljubljana (Slovénie).

Dans un premier temps, le matin, trois heures d’immersion dans la beauté du lieu: Silvester Gaberšk, expert en culture, a fait découvrir au groupe la partie la plus belle de la ville, le centre historique de Ljubljana. Puis déjeuner avec un pique-nique typique slovène, présent également 15 personnes de différents Mouvements chrétiens et Communautés de Slovénie. Cela a été de beaux moments, comme quand nous sommes entre frères et sœurs. Il s’est créé un tel rapport, de véritable amitié que cela semblait déjà le début d’une Europe unie.

Le moment suivant dans une pièce ont commencé les chants slovènes typiques. La présentation réciproque a été suivie d’un partage profond, d’un échange sur nos engagements et sur notre travail pour différents objectifs (comme accueillir les réfugiés, activitées avec des jeunes pour créer des liens entre les habitants, referendum en faveur de la famille), ce que nous faisons ensemble, nos rêves, tous liés à de belles prières et chansons. Nos amis autrichiens ont appris une prière chantée en slovène! Nous nous sommes retrouvés tous pleins d’ardeur et de feu pour travailler à l’unité de notre Europe.

A 18h nous nous sommes salués enrichi d’une nouvelle connaissance avec le désir de se retrouver le plus vite possible et heureux à l’idée de ce que nous pourrons vivre ensemble en novembre prochain à Prague.

Mariana e Pavel Snoj, coordinateur d’Ensemble pour l’Europe en Slovénie

Quelques retours sur la Journée de l’Europe 2018

Vers le 9 mai, Ensemble pour l’Europe a bougé avec créativité et imagination. Faisons un voyage virtuel dans certains pays de notre continent.

Des nouvelles nous arrivent de Paris (France), où la fête de l’Europe a été organisé le 12 mai, devant la municipalité, en partenariat avec la « maison de l’Europe », Ensemble pour l’Europe et de nombreuses associations et organismes ont formés le « village Européen ». Le tout au cœur de la ville, avec une grande participation de la part des jeunes. Ensemble pour l’Europe a mis en place un stand, qui a été aussi visité par le Maire de Paris, Madame Hidalgo, et par Nathalie Loiseau, Ministère des affaires européenne. Elles se sont intéressées amplement à nos propositions et ils en ont pris toute la documentation.

A Bratislava (Slovaquie), pour pouvoir échanger des idées sur l’Europe unie et être des instruments de dialogue et de compréhension pour les autres, la soirée du 9 mai a été dédié aux jeunes, et le samedi suivant à environ 120 personnes.

A Trente (Italie), le 9 mai, les mouvements « Amis » ont voulu se rencontrer, puis le 21 mai, ils ont élargi l’invitation à d’autres, en proposant de regarder ensemble le DVD de « Monaco 2016 ».

En Belgique, trois mouvements ont profité de cette occasion pour vivre une matinée d’approfondissement ensemble.

A l’Ambrosianeum de Milan (Italie), les Mouvements Animateurs de Ensemble pour l’Europe ont participé à la présentation du court métrage de Robert Schuman “Pour l’Europe”.

A Zagreb (Croatie), une quarantaine de personnes appartenant au: Renouveau charismatique, Schönstatt, Ignigo, le Forum œcuménique, le Mouvement des Focolari, ainsi que des représentants de l’Eglise baptiste et d’une Eglise libre, se sont réunis pour prier pour l’Europe, et pour un moment de réflexion, intitulé “Est-ce juste?”, était présente l’actrice américaine Kathleen Ann Thompson. Elle, inspirée par D. Bonhoeffer, des Écritures et de son expérience personnelle, a montré la valeur chrétienne dans les événements douloureux.

Faisant leur l’invitation formulée lors de la dernière réunion de Vienne en novembre pour former des jeunes à l’Europe, les mouvements de Ensemble pour l’Europe  de Slovénie se sont rendus dans un lycée catholique de Ljubljana, attendu par 60 étudiants de l’enseignement supérieure (18 ans), avec leurs professeurs. En deux heures, ils ont présenté les pères fondateurs de l’Europe (Schuman, De Gasperi, Adenauer) et le parcours du réseau Ensemble, avec également des expériences d’engagement personnel, suivies avec un vif intérêt. Une autre initiative du comité slovène a été une lettre au Président de la République, pour présenter Ensemble pour l’Europe et exprimer le désir d’une collaboration pour commémorer le 9 mai. Nous attendons une réponse directe. Cette année, à cette occasion, un grand événement public a eu lieu dans le centre de Ljubljana.

D’Esslingen (Allemagne), ils nous ont partagé de leur initiative qui a également impliqué le maire, Monsieur Jürgen Zieger, qui, dans son discours sur l’Europe, a parlé du développement historique de l’Union européenne et de la situation sur un plan local. Le jumelage entre villes, qui ont eu lieu après les catastrophes de la guerre mondiale, sont apparu comme un signe de paix. L’importance non négligeable de l’Europe pour l’Allemagne, mais aussi particulièrement pour les villes, est venu en relief d’une manière frappante dans les discours des personnes présentes. Ensemble pour l’Europe a souligné avec ces Oui son activité en Europe, en présentant le vidéoclip de l’événement “Monaco 2016”. La prière pour l’Europe, a été suivie d’un moment convivial : vin français, focaccia italienne ! et surtout de très beau partage. Un participant a commenté: “Une soirée avec des regards vers ‘intérieur, mais aussi prévoyant, et avec une implication personnelle”.

A Rome (Italie), le comité locale de  Ensemble pour l’Europe  célèbre depuis le 9 mai 2013 la commémoration de la déclaration Schuman. Cette année 15 Mouvements, Communautés et Associations ont invité à prier pour notre Continent au cours d’une Messe dans l’Eglise de Saint Marc l’Evangéliste, au Campidoglio. La célébration était présidé, concélébré par les prêtres des différents Mouvements, d’un évêque auxiliaire, Mgr Gianrico Ruzza, qui a souligné les valeurs des racines de l’Europe, comme le Pape l’a déjà fait à plusieurs reprises. La veille, « La civilisation de l’amour », avec NetOne (www.netone.org), a promu au Vatican une conférence de haut niveau sur le désarmement et la protection de l’environnement. (Cela a déjà fait l’objet d’un forum au Congrès à Monaco en 2016 ) “.

Le 9 mai aux Pays-Bas, les trois Eglises d’Utrecht (catholique romaine, vetero catholique et protestante) ont organisé un moment de prière ensemble (Europa Day Vesper) dans la cathédrale d’Utrecht, suivi d’un colloque intitulé: « L’Europe ? : impulsion pour la connexion! » Les Églises se sont senties interpellées, en tant qu’Institutions aussi sociales, à susciter une réflexion sur l’état du continent qui, malgré la réapparition actuelle des différences et de l’autonomie, apporte en soi des semences de paix et de collaboration: Etaient présents des personnes du monde culturel et politique, avec qui les participants ont pu dialoguer, conscients que seule « ensemble » l’Europe à une chance, sans oublier l’engagement personnel de travailler ensemble.

Certainement beaucoup d’autres initiatives existent dans le monde, que nous ne savons pas !

Ada Guazzo

Les jeunes aiment la concrétisation

L’Europe a-t-elle de l’avenir? Quelle contribution voyez-vous, par exemple, pour les Eglises et les mouvements et communautés chrétiens?

Bien sûr, l’Europe a un avenir! Et les communautés et les Eglises jouent un rôle à la fois individuel mais aussi ensemble, avec le renforcement de la sphère civile. Cette sphère civile qui, avec le temps, fera naître des nouveaux dirigeants politiques, entre temps renforcer et développer l’engagement civique. « Le plus grand problème est causé par ces millions de personnes qui veulent simplement ‘survivre’ » . Ces communautés jouent donc un rôle, car elles apportent une connaissance, exercent et développent leurs propres besoins (par exemple, ordre, liberté, obéissance, responsabilité, égalité, hiérarchie, respect, correction, propriété privée, propriété collective, vérité, etc.)

Le 9 mai ont fait mémoire de la  “Journée de l’Europe” . A quoi vous fais penser cette date ? Comment souhaitez-vous que les Européens fêtent cette date ?

Nous comprenons que cela soit une bonne chose, le choix de la date, ainsi que l’initiative, La question concerne plutôt le “comment”.  On pourrait plutôt penser à une manifestation qui – en plus des conférences interdisciplinaires des différents domaines scientifiques – puisse défier l’ensemble de la société. Pas des manifestations officielles, mais, par exemple, une “manifestation de masse” semblable au projet des capitales de la culture. L’expérience nous fait dire que c’est toujours la politique qui construit les célébrations officielles. Mais ce principe à des fins personnelles éloigne les gens des formulaires officiels.

Si vous étiez président de la Commission européenne (c’est-à-dire, avec un poste en responsabilité et avec des pouvoirs décisionnels), qu’elles seraient les priorités de votre programme pour maintenir et accroître l’union des peuples d’Europe?

En ne voulant pas l’uniformité, viser à la continuité, le renforcement et l’accélération de l’intégration, basée sur la reconnaissance mutuelle de l’identité et de la solidarité. Il est évident que ce système fédéral faible ne fonctionne pas. Nous en avons un exemple aux États-Unis, où même si nous parlons la même langue, mais les formes plus souples sont laissés de côté en faveur de la centralisation. Poursuivre et continuer à élargir les projets internationaux, tels que les ERASMUS, aux chercheurs et aux universitaires, puis, au fil du temps, aussi aux éducateurs et aux enseignants scolaires. Rendre obligatoire une période de six mois à l’étranger pour les étudiants universitaires, quel que soit le sujet d’études. Cours interuniversitaires courts et continus entre pays voisins (par exemple avec des universités d’été).

Comment voyez-vous l’Europe dans le contexte de la politique mondiale aujourd’hui?

Elle fait face à deux défis essentiels. 1. La question de l’unité: si elle ne fait pas l’effort d’être ensemble et de montrer l’unité, elle ne pourra que perdre son poids (voir 2ème question). Deuxièmement : La Corruption: même tout abus, même minime, économique, moral et sexuel, peut porter gravement atteinte à la communauté internationale, qu’il soit commis par un organisme officiel ou par un particulier. Ceci est évitable seulement et avant tout avec un examen continu et unitaire de la conscience (réflexion)

Il semble que les jeunes ne s’intéressent pas tellement à l’avenir de l’Europe. Le voyez- vous, vous aussi comme cela?

Les jeunes aiment ce qui est concret. Les choses insaisissables ne les intéressent pas. Par exemple, le nombre d’étudiants ERASMUS devrait être augmenté et plus d’argent devrait être investi dans des programmes d’études à l’étranger, afin que les jeunes se connaissent mieux. De plus, ils auraient besoin d’objectifs européens concrets dans lesquels ils pourraient croire et ainsi s’enthousiasmer.

Que pensez-vous des tendances populistes? Ne serait-il pas mieux de marcher ENSEMBLE? Mais comment?

Tout d’abord, ils sont la conséquence des dernières crises économiques; et deuxièmement, des conflits armés et des affrontements (par exemple, certaines ingérences étrangères); troisièmement, ils sont causés par le nationalisme, le résultat des différentes réalités déjà évoqué, le nationalisme que l’union représente à peine, tandis qu’au contraire, il est monté par les populistes. Et de plus, les électeurs n’ont pas de relations avec les politiciens européens, mais ils voient et ne connaissent que les leurs, de leur propre nation. Ils sont directement responsables de la manière dont ils transmettent les informations de Bruxelles dans leurs pays respectifs. C’est ainsi le peuple “les croient”. En tout cas, nous devons apprendre à avancer ensemble. comment? voyons les réponses précédentes. La première étape pourrait être le désir d’agir personnellement et ensuite d’assumer une responsabilité collective, reconnaissant son efficacité et son rôle dans son ensemble.

Zsófia Bárány PhD et Szabolcs Somorjai PhD, Hongrie, chercheurs universitaires dans la société, économie de l’âge moderne, politique et histoire de l’Église.

Discussion – Dialogue

 

DISCUSSION

 

DIALOGUE

Convaincre l’autre de son propre point de vue Enquêter et apprendre ensemble
Obtenir le consensus de l’autre Partager idées, expériences, sentiments
Sélectionner le meilleur Intégrer les différentes positions
Justifier, défendre ses propres raisons Comprendre à fond les affirmations des parties
Rejeter les raisons de l’autre, une défense de sa position (valeurs, intérêts) Accueillir et comprendre l’autre
Leadership individuelle Leadership collective
Vision broyées Vision intégrale, une synergie d’opinions diverses
Culture hiérarchique et compétitive: dépendance concurrence, exclusion Culture de la coopération, partnership et inclusion
Victoire / défaite Avantage de tous les participants

 

Voir Pal Toth en Nuova Umanità, XXXVII (2015/3) 219, p. 320  

Illustration: Walter Kostner ©

Europe – un “Projet absolument novateur”

Brève intervention débat de la perspective historique sur les racines religieuses de l’Europe et ses aspects critiques

“Il n’y a pas que les livres, les notions aussi ont leur propre destin”. C’est par ces mots que débute la volumineuse Histoire de l’Occident, que l’historien Heinrich August Winkler a publié, en 2009. Même si Winkler explique, dans ce livre, la particularité de l’“Occident”, il fournit aussi, en même temps, des éléments qui contribuent à réfléchir sur l’Europe ; le fait que les notions et les significations changent, cela peut être réconfortant, menaçant ou un signe d’espoir. Il en est de même en Europe. Il convient donc de jeter un regard intense sur ses pensées. Il en résulte des observations fondamentales sur l’Europe aussi en général, dans laquelle nous pouvons suivre Winkler.

Tout d’abord, l’empreinte commune la plus forte de l’Europe est encore celle de nature religieuse. Ce diagnostic peut surprendre face à des développements séculiers et laïques ; mais la sécularisation étendue de la sorte ne peut être comprise qu’en tant que réaction à une puissante empreinte religieuse, dans laquelle, depuis le début, était enregistrée la distinction entre l’ordre divin et séculaire. Ce critère historique forme les racines de l’Europe, bien que l’histoire de la religion en Europe soit, pour cette raison aussi, une histoire de séparation.

Deuxièmement, l’Europe n’a jamais eu un progrès linéaire. L’Europe n’est pas une histoire continue de succès, plutôt une histoire de reliquats, de destruction, de lancements nouveaux et du rêve toujours renouvelé d’une communauté de valeurs. En plus de cela, cette communauté a surgi uniquement en “collaboration transatlantique” – comme Winkler la définie – , parce que sans la Déclaration des droits de 1776 il n’y a pas une Déclaration des droits de l’homme et des droits civiques. La perspective est donc large.

En troisième lieu, la “contradiction entre le projet de réglementation et la pratique politique” appartient à l’Europe (Winkler, 21) et avec cela le manque de simultanéité des réalisations de ses projets révolutionnaires : la liberté et l’égalité de tous les hommes. Aujourd’hui encore, cela est toujours un idéal en dernier ressorts encore maintenant.

Quelles en sont les conséquences ? La conséquence est, ou celle d’abandonner les projets révolutionnaires de liberté et d’égalité, ou celle de s’en tenir à encore plus intensément  à ses lignes de base. Sur la piste de Winkler, l’Europe “ne peut rien faire d’autre de mieux pour la diffusion de ses valeurs que de s’en tenir à celles-ci et gérer de manière autocritique sa propre histoire, qui, pendant de longues périodes, a été une histoire de violations contre ses propres idéaux” (Winkler, 24) et l’est encore. Cela signifie aussi : ad fontes! Oû sont-elles les racines de ce rêve, de ce projet révolutionnaire– e comment peut-on vivre de cela de nos jours? Et encore, est-il impossible que des Communautés et des Mouvements spirituels puissent avoir ici un rôle spécial ?

Sr. Nicole Grochowina 

Dialogue entre personnes différentes

Voici un stimulant, un enrichissement pour ceux d’entre nous qui, le 9 mai, le “Journée de l’Ensemble pour l’Europe“, souhaitent ouvrir une table ronde pour dialoguer entre des personnes “différentes”, tels que de l’Est et de l’Ouest, du Sud et du Nord, membres de diverses Eglises, croyants ou non, locaux ou réfugiés …

La composition diversifiée de l’Europe

Pour bien comprendre la situation européenne, il est utile de tenir compte de sa réalité géopolitique et culturelle.

L’Europe occidentale est principalement un concept socio-politique et identifie en particulier les pays européens du « premier monde », résultat d’un parcours politique, économique et culturel pluriséculaire, différent de celui de l’Europe de l’Est. Aujourd’hui, l’appellation Europe de l’Ouest est aussi communément associée à la démocratie libérale, au capitalisme et aussi à l’Union Européenne, malgré l’élargissement de celle-ci aux pays de l’Est. La plupart des pays de cette région partagent la culture occidentale qui semble aujourd’hui en crise. On note aussi des différences et des tensions à l’intérieur de l’Occident, par exemple entre le nord et le sud. Ou bien, on peut penser à l’Église d’Angleterre qui, après le Brexit, ne voudra sûrement pas lâcher l’Europe, mais plutôt intensifier ses relations œcuméniques.

L’Europe de l’Est est plutôt un concept géographique, une terre articulée en son sein par des traditions et des problématiques différentes. On peut distinguer culturellement, grosso modo, l’Europe Centrale, les Balkans et les pays de l’ex-Union Soviétique, et d’un point de vue religieux, le monde catholico-protestant et celui de l’orthodoxie, avec des conséquences sur la façon de penser et d’agir. Leur dénominateur commun est la condition du post-communisme avec les tourments sociaux et politiques d’un difficile chemin de démocratisation. Avec l’élargissement de l’Union Européenne à quelques pays de l’Est, il se produit chez les nouveaux États membres une adaptation assez rapide au système occidental économique et juridique, tandis que l’approche culturelle est plus lente.

Construire d’abord une culture de la rencontre

Pour parvenir à un dialogue fructueux entre l’Est et l’Ouest, il faut procéder graduellement sans affronter les problèmes de front. Selon le chemin d’Ensemble pour l’Europe, condensé en 18 années d’expérience et exprimé fortement lors de la grande rencontre de Munich 2016, il est nécessaire de sortir d’une attitude de critique et de défense et de promouvoir une culture de la rencontre, de connaissance réciproque et de réconciliation.

Ces derniers siècles, l’Est a regardé l’Ouest comme un modèle culturel et politique et il a développé une compréhension de ce qui se passe dans les pays occidentaux, alors que les habitants des pays de l’Est doivent souvent constater douloureusement le manque total de connaissances de la part des Occidentaux, avec les incompréhensions qui en découlent. Sans la reconnaissance des valeurs de l’Est de la part de l’Occident, il est impossible de parvenir à l’égalité et à la réciprocité. Cela demande donc humilité, confiance, connaissance et accueil réciproque.

Par conséquent, je pense que notre premier pas devrait être de promouvoir une culture de la rencontre, de créer une plate-forme, une « maison », pour pouvoir dialoguer. Dans cette phase, on pourrait aussi réfléchir sur nos diverses traditions culturelles et nos différentes façons de raisonner, pour nous préparer à un dialogue constructif.

Extrait du discours de Pál Tóth “Culture de la rencontre et du dialogue entre l’Orient et l’Occident en Europe”, Rencontre des “Amis” d'”Ensemble pour l’Europe” – Vienne, 10 novembre 2017

Le discours complet peut être téléchargé >

Les principes du dialogue

Jesùs Moràn est le co-président du Mouvement des Focolari, diplômé en philosophie, docteur en théologie. Il énonce quelques pensées stimulantes pour apprendre le « langage de la fraternité », condensées en 7 points. 

1. Le dialogue est toujours une rencontre personnelle. Il ne s’agit pas de paroles ou de pensées, mais de donner de notre être. Ce n’est pas une simple conversation, mais quelque chose qui touche l’interlocuteur en profondeur. Rosenzweig disait : « Dans le dialogue authentique, il se passe quelque chose de sérieux ». En d’autres mots : on ne sort pas indemne d’un vrai dialogue, il change quelque chose en nous.

2. Le dialogu e demande silence et écoute. Le silence est fondamental pour penser et parler juste. Un silence profond, cultivé avec patience dans la solitude et mis en pratique face à l’autre, à ses pensées, à ses paroles. J’aime ce proverbe hindou : « Quand tu parles, fais en sorte que tes paroles soient meilleures que ton silence ». Aujourd’hui, nous avons besoin plus que jamais – disait Benoît XVI – « d’un écosystème qui sache équilibrer silence, parole, images et sons ». Dans l’exercice du dialogue, nous avons besoin du silence, pour ne pas user les paroles mêmes.

3. Dans le dialogue, nous prenons des risques, nous risquons notre vision des choses, notre identité, y compris culturelle. Nous devons acquérir une « identité ouverte », mûre, et en même temps exercée à cet axiome anthropologique fondamental : « Quand nous nous comprenons avec quelqu’un, nous savons mieux qui nous sommes ». En paraphrasant une idée de Klaus Hemmerle : si tu m’enseignes ta façon de penser, je pourrai réapprendre ma façon d’énoncer.

4. Le dialogue authentique a quelque chose à voir avec la vérité, mais attention : la vérité est une réalité relationnelle (pas relative, ce qui est différent). Cela veut dire que la vérité est la même pour tous, mais chacun met en commun avec les autres sa perception et sa compréhension personnelles de la vérité. La différence est donc un don et non un danger. « Le don de la différence » est un autre pilier de la culture du dialogue.

5. Le dialogue demande de la volonté. L’amour de la vérité me pousse à la rechercher, à la désirer, et à cause de cela, je me mets en dialogue. On pense souvent que le dialogue est une affaire de faibles. C’est bien le contraire : seul celui qui a une grande force de volonté prend le risque du dialogue. Toute attitude dogmatique ou fondamentaliste cache peur et fragilité. Il faut se méfier de ceux recourent habituellement aux cris, emploient des expressions grandiloquentes ou un langage qui discrédite pour imposer leurs convictions. La force brute, dialectique, peut l’emporter, mais jamais convaincre.

6. Le dialogue n’est possible qu’entre personnes authentiques. L’amour, l’altruisme et la solidarité préparent les personnes au dialogue en les rendant authentiques. Gandhi et Tagore avaient une idée très différente du système éducatif à établir dans l’Inde indépendante, mais cela n’a pas fait obstacle à leur amitié. Le pape Jean-Paul II et le président Pertini ont eu, pendant une longue période, une entente profonde sur le destin de l’humanité, tout en évoluant dans des catégories presque opposées.

7. La culture du dialogue ne connaît qu’une loi, celle de la réciprocité. C’est en elle seulement que le dialogue trouve sens et légitimité. Si les nations avaient recours au dialogue avant d’utiliser le silence homicide de la vengeance ou de la richesse ou de l’affirmation personnelle, on nagerait dans le bonheur qui nous fait défaut aujourd’hui. Si les religions dialoguaient pour honorer Dieu, si les nations se respectaient et comprenaient que leur richesse est de rendre l’autre riche, si chacun parcourait un « petit sentier personnel » de nouveauté, on pourrait laisser derrière nous la nuit de terreur dans laquelle nous nous débattons. Quels sont les obstacles sur ce petit sentier ? Le jugement, la condamnation et l’orgueil intellectuel.

La tâche à accomplir est artisanale en raison de l’implication qu’elle demande, sans distractions ni compromis, mais elle est chargée de culture, plus qu’une profession. C’est une activité fatigante et impitoyable, mais la Miséricorde nous vient en aide.

 

Notre “Oui” à l’Europe

Depuis la naissance, il y a 18 ans, d’Ensemble pour l’Europe, l’ objectif fondamental est de s’engager pour l’unité du peuple de Dieu, le deuxième objectif fondamental étant la dimension sociale de l’ensemble pour l’Europe. Cet objectif reçoit un nouveau défi face à la crise européenne actuelle, celui  de vivre ensemble en Europe dans la multiplicité des cultures et des nations.

L’unité est possible

« L’unité et la diversité sont originales de la même manière » s’est ainsi que s’est exprimé  Fr. Franziskus au Congrès de Ensemble pour l’Europe en 2007. De même, Piero Coda écrit: « Si Dieu est Trinité, l’unité et la diversité ne sont pas seulement en contradiction, mais sont originales. de la même manière ». Dès le début, il y a eu une image de l’unité qui reconnaît et affirme la diversité qui nous est donnée par Dieu: l’égalitarisme menace les identités et peut donc mener à la rupture de l’unité dans la diversité. Ceci s’applique à la fois aux sphères politiques et religieuses.

Unité dans la diversité réconciliée

En raison des nombreuses perturbations dans la vie des individus, entre les Eglises et entre les peuples, il y a maintenant un besoin de réconciliation des contraires, afin de parvenir à une unité réconciliée dans la diversité. Cela vaut également pour la diversité des cultures. C’est maintenant le temps de la réconciliation au lieu de la condamnation et de la délimitation. Cela ouvre le futur, parce que le poison du passé perd son effet. Avec cela, le différent et l’étranger perdent leur menace et deviennent un cadeau. Comme réconciliés, nous reconnaissons la richesse de la vie dans la diversité. En tout, Jésus est le centre qui fait de nous un. Il nous donne force et espoir pour l’unité dans la diversité réconciliée, parce que Jésus-Christ a réconcilié le monde avec Dieu.

Vie ensemble comme signe prophétique

Notre Ensemble en Europe est vécu concrètement dans les relations entre nous. Nous nous mettons en chemin pour rendre visite aux autres. L’ensemble en Europe crée de nouvelles relations, apporte la réconciliation et l’avenir. Il fait briller quelque chose de l’essence de Dieu, en ce sens qu’il crée l’unité, c’est-à-dire qu’il est un signe prophétique.

La prière apporte le changement

La prière fait partie du devoir d’Ensemble pour l’Europe. Nous ne voulons pas manquer de prier pour l’Europe. La prière fait changer. Nous change-nous même, change l’atmosphère dans notre pays et en Europe, change le cœur des gens.

Notre espérance et notre OUI à l’Europe

Nous nous engageons pour l’Europe parce que nous l’avons compris comme une mission de la part de Dieu pour nous. Nous disons un Oui décidé pour une Europe de l’unité et de la multiplicité des cultures et des nations. Cela nous est d’une grande lumière à nos yeux une image positive de l’Europe. Nous nous engageons pour une culture de l’ensemble, qui se fonde sur la base de la foi chrétienne. Nous formulons notre espérance pour l’Europe en 5 OUI.

Disons Oui à une Europe de la réconciliation

Le miracle de la réconciliation après la catastrophe des guerres mondiales a fait naître, une nouvelle Europe. La force de la réconciliation, que nous recevons de la foi chrétienne, permet de guérir les blessures historiques et de réconcilier les diversités

Nous disons OUI à une Europe de l’unité dans la diversité.

Nous reconnaissons la diversité comme une richesse. Multiplicité et diversité sont originales de la même manière. Il s’agit de maintenir les deux dans un bon équilibre. Nous sommes heureux avec l’autre et de son charisme. Cette coopération des charismes sert l’unité du peuple de Dieu et l’unité de l’Europe. Nous nous engageons pour une organisation fédérale en Europe. Avec respect et estime, nous prêtons attention à différents points de vue et contextes culturels.

Nous disons OUI à une Europe de rencontre, de dialogue et de paix

La compréhension mutuelle nait de la rencontre. C’est l’une des expériences fondamentales de Ensemble pour l’Europe. Nous disons OUI à une Europe qui cherche le dialogue avec tous et choisit la voie de traiter les différents intérêts. L’Union européenne et le processus d’unité de l’Europe nous ont accordé 70 ans de paix au sein de l’Union européenne. Celui qui insiste trop sur l’élément national rappellera les mauvais esprits nationalistes et mènera à la destruction. Ceux qui nient l’élément national, nient la diversité et empêchent l’émergence d’une communauté européenne. Nous encourageons un dialogue ouvert pour une Europe qui cohabite en paix.

Nous disons OUI à une Europe de la miséricorde et de l’humanité

L’espérance chrétienne a donné l’empreinte de l’histoire de l’Europe. C’est une foi ouverte au monde. L’humanité et la miséricorde ont leur origine en Jésus crucifié et abandonné et donnent l’image au continent. Ils se montrent dans le Oui inconditionnel à la vie, dans le Oui au mariage et à la famille, dans le Oui pour les pauvres et les nécessiteux.

L’Europe est plus que l’euro, plus que l’économie de marché. C’est pourquoi nous nous engageons à construire une Europe basée sur l’héritage judéo-chrétien, ouverte à tous ceux qui pensent et croient différemment. Ainsi nous renforçons l’âme de l’Europe.

Nous disons OUI à une Europe à laquelle Dieu a confié une vocation au cours de l’histoire:

Tout le ciel et la terre, toute la foi et l’incidence dans le monde, parce que le ciel et la terre se rencontrent dans le Crucifix. Dans cette tâche pour l’Europe, nous reconnaissons également la responsabilité pour l’Afrique et le Moyen-Orient.

Le Dieu vivant a beaucoup confié à notre Ensemble. C’est pourquoi nous voulons exprimer notre Oui à l’Europe dans nos mouvements et publiquement.

Gerhard Pross, Vienne, 10 novembre 2017 (Version brève)

Introduction de Gérard Testard

L’Union Européenne est une organisation souvent mal aimée de l’opinion publique. Beaucoup d’hommes politiques ne manquent pas de la critiquer, souvent pour mieux se défendre de leur politique intérieure déficiente.

L’Union Européenne n’est pas exempte de défauts (abondance de normes, complexité, technocratie, éloignement vis-à-vis des peuples…)

Pourtant, grâce à l’union européenne, l’Europe est globalement en paix depuis plus de 70 ans. Robert Schuman est un des « pères de l’Europe » et c’est lui qui a lancé la construction européenne le 9 mai 1950 alors qu’il était ministre des affaires étrangères. Il était une personnalité reconnue, un catholique pratiquant avec une vie spirituelle profonde et faisant preuve de grande valeurs morales. Il sera l’homme providentiel pour œuvrer à la réconciliation franco-allemande, qui se montre un farouche opposant à l’esprit revanchard qui était toujours prêt à surgir. Il prend en cela le contre-pied total du traité de Versailles qui clôturait la Grande guerre.

Lorrain par sa famille, né au Luxembourg et ayant grandi en Allemagne il a toujours été attaché à la France. Il s’est défini comme « un homme des frontières » et il avait une vision pour l’Europe. Pour définir son idéal européen, il a rédigé un petit livre à la fin de sa vie reprenant ses discours et intitulé « pour l’Europe », publié l’année de sa mort en 1963, où il décrit le projet européen, sa vision de la démocratie.  L’essentiel des citations ci-dessous est tiré de cet opuscule.

Citations de Robert Schuman

L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre. L’Europe ne se fera pas d’un coup ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait (Discours du 9 mai 1950)

Toutes les citations qui suivent sont tirée du livre « Pour l’Europe »

La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques.

L’Europe, avant d’être une alliance militaire ou une entité économique, doit être une communauté culturelle dans le sens le plus élevé de ce terme.

L’unité politique de l’Europe ne signifie pas l’absorption de la nation.

Celui qui n’ose pas s’attaquer à ce qui est mauvais sait mal défendre ce qui est beau.

La démocratie doit son existence au christianisme. Elle est née le jour où l’homme a été appelé à réaliser dans sa vie temporelle la dignité de la personne humaine, dans la liberté individuelle, dans le respect des droits de chacun et par la pratique de l’amour fraternel à l’égard de tous. Jamais avant le Christ pareilles idées n’avaient été formulées.

Avons-nous  fait jusqu’ici fausse route ? Le résultat dépendra dans une large mesure de la valeur des hommes que nous avons en face de nous, du degré de leur sincérité, de la compréhension que nous pouvons escompter chez eux et chez leurs successeurs

L’idée d’une Europe réconciliée, unie et forte, doit être le mot d’ordre des jeunes générations.

L’Europe se fera une âme dans la diversité de ses qualités et de ses aspirations. L’unité des conceptions fondamentales se concilie avec la pluralité des traditions et des convictions, avec la responsabilité des choix personnels. L’Europe contemporaine devra être faite d’une coexistence qui ne soit pas un simple agglomérat de nations rivales, périodiquement hostiles, mais une communauté d’action librement concertée et organisée.

Les frontières conservent leur raison d’être si elles savent transférer leurs fonctions à un niveau spirituel. Au lieu des barrières qui séparent, elles doivent devenir des lignes de contact où s’organisent et s’intensifient les échanges matériels et culturels.

A propos de la déclaration du 9 mai 1950: «Je l’ai faite parce que je crois aux fondements chrétiens de l’Europe».

Gérard Testard

Ensemble pour une Europe ouverte et philanthropique

Lorsque l’«Ensemble pour l’Europe» a été lancé le 31 octobre 1999, jour de la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, il y avait un climat d’espoir.

Un signal d’unité important a été émis, après près de 500 ans de séparation. Diverses communautés spirituelles et mouvements de l’Église protestante et catholique se sont réunis au Centre de vie œcuménique à Ottmaring pour réfléchir comment cette explication fondamentale pourrait être transmise. Cette explication devait avoir un impact sur la vie quotidienne et ne pas rester seulement un texte. Karl Barth disait que le chrétien doit porter la Bible dans une main et le journal dans l’autre.

Au fil des siècles, depuis la Réforme de Martin Luther et d’autres réformateurs, les chrétiens ont provoqué de graves conflits par les divisions et les conflits, et ils ont été incapables de remplir adéquatement leur mission d’être des outils d’unité et de paix. Les divisions étaient un triste signe de faiblesse face aux développements dramatiques qui ont atteint leur apogée au XXe siècle avec les deux guerres mondiales et l’abîme de la Shoah.

Néanmoins, les chrétiens ont toujours été des témoins crédibles. Jean-Paul II a dit dans l’annonce du Jubilé de l’an 2000 que l’Église de notre temps est redevenue, comme jamais auparavant, une Église de martyrs. Cela était un phénomène œcuménique, a dit le pape polonais, qui avait connu l’oppression de l’église dans sa propre biographie. Non seulement parce que cela affecte toutes les dénominations, mais aussi parce que les chrétiens ont déjà vécu une unité de souffrance dans les persécutions des goulags et des camps de concentration que nous devons encore construire. Andrea Riccardi a exposé de façon impressionnante cette histoire dans son livre “Sel de la terre, lumière du monde”.

Grâce à l’événement historique de la déclaration commune, une nouvelle histoire d’unité et de coopération devait commencer. Après tant de divisions et de violences venant d’Europe, les mouvements ont voulu aider à construire une Europe qui contribue à la paix, à l’hospitalité et à l’ouverture. La mondialisation a engendré une unité d’économie, d’argent et de communication, mais il manque l’âme, il manque l’unité des peuples et des cultures dans un vivre ensemble pacifique et ouverte. Ici, les mouvements ont reconnu une vocation, une seconde vocation en plus de celle du propre charisme.

Au cours des 20 années d’histoire commune, nous avons connu différentes phases. Il y avait une période d’euphorie avec l’union monétaire et l’expansion vers l’est en 2004, qui a été ressentie lors du premier grand congrès de Stuttgart. Les mouvements ont voulu renforcer et soutenir le processus d’unification européenne. Car, selon les convictions des pères fondateurs chrétiens de l’unification européenne, qu’on a célébrés au 60e anniversaire du traité de Rome en 2017, ce processus a besoin d’un fondement spirituel. L’Europe a besoin d’une âme, comme nous l’avons souligné à maintes reprises.

Aujourd’hui, le scepticisme s’est répandu en Europe. Il y a des tendances inquiétantes de repli, des murs sont construits, l’Europe devient une forteresse qui exclut et rejette. Une peur diffuse se manifeste dans toutes les sociétés européennes et saisit également les chrétiens. Cette peur dangereuse conduit à des nouveaux nationalismes, à la xénophobie et à l’antisémitisme, jusqu’aux mouvements d’extrême droite et fascistes qui influencent de plus en plus la politique européenne.

Par conséquent, la question de notre vocation en tant qu’ Ensemble pour l’Europe se pose en ce moment avec une nouvelle urgence. À mesure que la confrontation s’intensifie, les chrétiens et les mouvements chrétiens doivent approfondir leur vivre ensemble. Notre chemin est toujours caractérisé par l’hospitalité et l’ouverture. L’unité n’est possible que par l’ouverture, la connaissance mutuelle et l’accueil de l’autre. Surtout dans cette phase historique, l’audace et la prophétie des chrétiens sont nécessaires. Car les tendances actuelles dans nos sociétés européennes sont dangereuses et favorisent la violence ; les pauvres, les réfugiés, les étrangers et tous ceux qui vivent à la périphérie en souffrent le plus.

La journée de l’Europe, le 9 mai, pourrait être un moment opportun pour désigner la beauté et l’enrichissement de l’unité. Nous pouvons montrer que la diversité, l’ouverture, l’hospitalité et l’acceptation de l’étranger ne sont pas un danger, mais un enrichissement pour tous. Des sources de l’Évangile ont émergé de nombreux mouvements avec leurs propres histoires, vocations et charismes. Mais cela n’enlève rien à personne, au contraire, dans la rencontre nous nous sommes enrichis les uns les autres et nous avons approfondi notre propre charisme. Cette expérience est encore plus nécessaire aujourd’hui qu’il y a 18 ans, lorsque notre chemin commun a commencé à Ottmaring.

Pasteur Matthias Leineweber

 

 

Ce qui nous distingue

Chiara Lubich, une des initiatrices d’Ensemble pour l’Europe, a parlé à plusieurs reprises de la communion entre les Mouvements et les Communautés de différentes Églises. Laissons-nous inspirer par cet extrait du discours qu’elle a prononcé à Munich, le 8 décembre 2001, devant les responsables de divers Mouvements catholiques et protestants.

Nous pouvons nous demander en premier lieu : Les Mouvements, sur le modèle de ceux que nous rencontrons dans les principales Églises, sont-ils des inventions imaginées par l’Esprit Saint uniquement pour notre époque ? Mais non ! – sommes-nous forcés de répondre – ils ont toujours existé, tout au long des temps, depuis la naissance du christianisme. Il suffit de jeter un coup d’œil sur notre histoire commune, au premier millénaire, et on les voit déjà apparaître. Pourquoi ? Nous le savons bien. Le christianisme est présent dans le monde par la foi et la Parole vécue. Et nous savons combien les premiers chrétiens ont vécu authentiquement notre religion. Mais nous savons bien aussi, qu’au fil des années, influencés par l’esprit du monde, tous les baptisés n’ont pas été cohérents avec leur foi. C’est alors que le christianisme s’affaiblit, se dilue et, vu qu’il ne peut s’éteindre (« La Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle [mon Église] » Mt 16,18), l’Esprit Saint se trouve, pour ainsi dire, dans la nécessité de susciter dans l’Église de nouveaux et importants courants spirituels : ceux de Basile, d’Augustin, de Benoît, etc. Et bien d’autres ensuite, au cours du deuxième millénaire, comme celui de François d’Assise, qui ont eu pour tâche de ramener dans l’Église l’authenticité et le caractère radical de l’Évangile, et ainsi de la renouveler. C’est pour cette même raison que l’Esprit Saint a suscité aujourd’hui nos mouvements modernes. […]

Que s’est-il passé ? On a commencé à vivre la communion de cette manière. D’abord en priant les uns pour les autres ; en s’encourageant et en se soutenant dans les difficultés ; en faisant en sorte que les divers Conseils directeurs se connaissent entre eux ; en s’aidant concrètement quand il y a des besoins, par exemple de salles, de matériel… ; en participant et en collaborant à des manifestations des uns et des autres ; en donnant une place dans notre presse à la présentation des autres Mouvements, etc. […]

Il nous vient alors une question : comment pouvons-nous faire nôtre ce merveilleux plan de Dieu qui laisse prévoir dans l’Église une communion vivante de plus en plus vaste, malgré nos faiblesses et nos échecs ? La réponse est évidente : pour créer partout la communion, il suffirait de mettre en pratique le commandement nouveau de Jésus. […]

« Qui nous séparera de la charité du Christ qui nous a reliés ainsi entre nous ? ». Par notre vie de communion, qui donne au monde un témoignage, le nom de Dieu revient à la mode dans nos rues souvent transies par le matérialisme et la sécularisation. Dans nos maisons, dans nos écoles, sur nos lieux de travail, dans les administrations, nous donnons déjà notre témoignage, et surtout sur les frontières les plus avancées, les lieux où, en général, l’Église n’arrive pas avec les moyens normaux, mais où nos Mouvements sont souvent présents. C’est à cela que l’Esprit Saint nous a appelés et pour cela qu’il nous a particulièrement préparés. […]

C’est pourquoi ce qui devrait nous distinguer, vis-à-vis du monde, ce ne sont pas tant notre prière et toutes ces choses merveilleuses, les pénitences, les cérémonies, les jeûnes, les veilles, la conduite morale, etc., ce qui devrait nous distinguer, c’est uniquement notre amour réciproque, l’unité. Jésus l’a dit : « A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35). A cela, pas à autre chose, et il a dit aussi : « Qu’ils soient un afin que le monde croie » (cf. Jn 17,21).

Commencer par nous-mêmes

Comment vois-tu l’Europe dans le contexte politique mondial actuel ?

Comme un continent dont on parle beaucoup et qui se croit au centre du monde. Est-ce que ce n’est pas très égoïste ? Il n’y a pas que l’Europe qui a des problèmes.

Le 9 mai est la « Journée de l’Europe ». Comment voudrais-tu que les Européens célèbrent cette journée ?

En mettant en évidence ce que nous avons en commun dans l’Europe.

Il semble que les jeunes se préoccupent peu de l’avenir de l’Europe. Qu’est-ce que tu en penses ?

Je pense que ça dépend de chacun. Moi aussi, je pourrais m’y intéresser davantage. Il me semble que la majeure partie s’y intéresse, par exemple ceux qui font des études ou ceux qui commencent à travailler, parce qu’ils veulent un bel avenir pour leurs enfants. L’Europe est notre maison et nous voulons qu’elle soit bien dans l’avenir aussi. Mais il semble parfois que cela n’a pas de sens de s’intéresser à la politique, parce que des personnes qui ont le pouvoir se comportent mal.

Que penses-tu des tendances populistes ? Ne vaudrait-il pas mieux cheminer ensemble ? Comment ?

Je n’aime pas le populisme. Tous ces slogans avant et après les élections… Comment pouvons-nous y croire ? Et qui pouvons-nous croire ? Ça ne me plait pas que ces personnes restent au pouvoir, mais je ne sais pas comment faire pour que ça change et que la justice l’emporte. Nous devons aussi reconnaître les choses positives. Notre peuple veut un changement. Un avenir meilleur est possible. Comme toujours, il me semble que nous devons commencer par nous-mêmes. Ne pas rester dans la critique, mais donner le meilleur à nos proches, à notre famille, aux amis.

Marie Kilbergrova, République Tchèque

La joie d’être européens

Il semble que les jeunes ne sont pas très intéressés par le futur de l’Europe. Est-ce que c’est vrai selon toi?

Selon moi, ce n’est pas vrai. Il y eu a beaucoup qui s’y intéressent, mais ils restent dans l’ombre. On ne voit que ceux qui ne veulent pas que l’Europe soit unie. Ils veulent nous séparer et faire en sorte que chaque Pays  vive pour son propre compte. Et ce sont eux qui sont les plus actifs par rapport à ceux qui veulent l’Europe unie. Et ça, ce doit être un changement important pour chacun de nous qui sommes pro-Européens et pour l’Europe unie.

Comment vois-tu l’Europe dans le cadre de la politique mondiale de ce jour?

L’Europe doit faire preuve d’un grand exemple de démogratie, d’unité et de coopération réciproque. Elle doit prouver que la meilleure façon de vivre, c’est la démogratie.

Le 9 mai, aura lieu la commémoration de la « Journée de l’Europe ». Qu’est-ce que cela signifie pour toi? Comment voudrais-tu que les européens la célèbrent ?

Pour moi, c’est une date importante. C’est une journée au cours de laquelle tout le monde devrait célébrer le fait que nous vivons en paix, tout au moins dans la plus grande partie de l’Europe. Peut-être que certains ne descendront pas dans la rue pour faire la fête – chacun trouvera la façon qui lui conviendra pour le faire, mais chacun devrait sentir la joie d’être un citoyen européen.

Si tu étais le Présicent de la Commission Européenne (c’est-à-dire si tu avais des fonctions de responsabilité et de décisions), qu’est-ce que tu mettrais comme priorité sur ton agenda, pour maintenir et stimuler l’union des peuples de l’Europe ?

Tout d’abord, je dirais à tout le monde que nous sommes tous égaux face à la loi et que nous avons les mêmes droits en tant qu’habitants de l’Union Européenne. Dans les Pays qui font partie de l’Union Européenne depuis peu d’années, les habitants ne voient pourtant  que des différences. Il en résulte que l’Ouest se développe, alors que l’Est reste en arrière. Sur mon agenda, serait écrit: dire aux citoyens de l’UE que nous sommes tous également importants et nécessaires.

L‘Europe a-t-elle un futur ? Quelle contribution voix-tu , par exemple, de la part de l’Église et des Mouvements / des Comunautés chrétiennes?

L’Europe a un énorme avenir !  L’Europe est très importante pour le monde et elle doit être un exemple. Elle doit prouver qu’elle est unie (ce qui est le côté le plus difficile) et elle doit prouver qu’elle est capable d’accepter tout le monde.  La contribution des Églises et des Mouvements doit être celle de prouver à tout le monde que nous ne sommes pas des  « hypocrites », que nous ne disons une chose mais en faisons une autre. Nous devons nous ouvrir aux autres et les accepter. Et cela est valable non seulement pour les immigrés qui viennent de Payx hors de l’UE, mais aussi à l’intérieur de celle-ci : ne pas faire de sifférences entre les personnes de l’Est de l’UE et celles de l’Ouest de l’UE.

Que penses-tu des tendances populistes? Ne vaudrait-il pas mieux marcher ensembles? Mais, comment…?

Cette question est l’une des plus difficiles en ce moment. Nous avons vu, au cours des dernières années, que presque dans tous les pays de l’Union Européenne (et non seulement) ont été élus des partis politiques qui ont eu du succès avec une propagante populiste. Cela a eu lieu au Slovachie aussi. Et ce n’était pas uniquement un parti politique. Au  cours des derniers jours de fébrier 2018, ils ons assassiné, en Slochavie, un journaliste avec sa fiancée. Un garçon de 27 ans. Il était en train d’écrire qu’il y avait un lien entre la gouvernement (différents partis polutistes) et la mafia. De nombreux Slovaques ont décidé de marcher ensemble, de protester et de prouver qu’ils ne veulent plus ce polutisme. Mais, ensembles. En paix, sans violance. Ayant peur, mais sans rage. Cela peut être un exemple sur  comment  « communiquer ensemble ». S’unir non seulement en tant qu’habitants d’une cité, d’un Pays, mais en tant qu’habitants de l’Union Européenne. Comme citoyens européens.

Tomas Angelovic, Slovacchia, 27 ans; Études de sciences politiques ; aussi cours d’études à l’université de Sophia à Loppiano (Italie).

Mettre en commun les ressources

Le 9 mai est la « Journée de l’Europe ». Qu’est-ce qui te vient à l’esprit à propos de cette date ? Comment voudrais-tu que les Européens célèbrent cette journée ?

Je vois cette journée comme l’opportunité pour les pays d’Europe d’oser démarrer des actions transnationales. Il n’y a pas besoin pour cela de programme particulièrement élaboré, mais par exemple un jeu qui aiderait à se connaître et à trouver ce que nous avons en commun au-delà de nos différences. II faudrait peut-être un « lieu de dialogue » informel. L’objectif serait atteint si déjà on ressentait le lien qu’il y a entre nous.

Si tu étais présidente de la Commission européenne, quelles priorités pour la cohésion de l’Europe mettrais-tu dans ton agenda ?

Aucune frontière entre les pays. Là où on peut voyager facilement, on se sent vite à son aise. L’hospitalité de son propre pays pour accueillir les autres serait un début important pour une compréhension et une appréciation réciproques. J’essayerais de mettre en évidence les avantages et enrichissements d’une Europe « ouverte ». Cela demanderait des exemples concrets et des petits résultats déjà obtenus à faire connaître.

L’Europe a-t-elle un avenir ? Quelle contribution vois-tu, par exemple, de la part des Églises et des Mouvements et Communautés spirituelles ?

Ouverture et transparence ! Si l’Église communique ouvertement à propos de son utilisation de l’argent, de ses actions, etc. elle aidera les citoyens à avoir davantage confiance. Si on reconnaît à l’Église un rôle unificateur, on peut penser qu’elle contribue aussi à faire tomber les frontières dans le cœur des gens. Réaliser des initiatives pour les jeunes, créer des espaces où peuvent se rencontrer les personnes du lieu et les migrants, sans lancer des programmes pour les réfugiés, mais pour mettre en lumière la multiplicité des pays et la variété des personnes. L’Europe a un avenir si les personnes commencent à comprendre que chacun peut être une ressource pour l’autre, à cause justement de sa différence. Il suffit d’utiliser de façon juste les compétences et capacités.

Comment vois-tu l’Europe dans le contexte politique mondial actuel ?

Il y a déjà eu beaucoup de choses de réalisées en Europe. C’est un cadeau de pouvoir voyager dans plusieurs pays à l’intérieur de l’Europe et de profiter de collaborations qui ont permis les échanges d’étudiants et l’année sociale de volontariat. Ces expériences devraient être portées à la connaissance de tous, pour que les citoyens des différents pays puissent se rendre compte de ce trésor. L’Europe devrait communiquer davantage sur ses aspects positifs. Nous avons en général une sécurité financière plus stable et une bonne couverture sociale. Est-ce qu’on ne devrait pas être reconnaissants de ce que nous avons déjà.

Il semble que les jeunes se préoccupent peu de l’avenir de l’Europe. Qu’est-ce que tu en penses ?

Mon expérience en tant que jeune, c’est qu’on est un peu écrasés par tout ce qui se passe dans le monde. La politique n’intéresse que quelques-uns, qui sont déjà engagés d’une façon ou d’une autre. Il y a dans le monde beaucoup de problèmes que les jeunes ne peuvent pas résoudre (du moins c’est ce qu’ils pensent) et par conséquent ils s’engagent plus facilement là où des résultats sont immédiats et visibles. La politique est souvent trop compliquée et emploie parfois un langage non accessible à tous. On devrait inciter davantage les jeunes à s’intéresser à la politique, dans la perspective de pouvoir changer quelque chose.

Que penses-tu des tendances populistes ? Ne vaudrait-il pas mieux cheminer ensemble ?

Vu qu’aujourd’hui nous sommes dominés par le capitalisme (je parle de l’Allemagne), il est quasiment impossible qu’il n’y ait pas de tendances populistes. On tend seulement à obtenir toujours plus de profit sans tenir compte des plus faibles. Les personnes qui ne visent que le profit ne trouvent aucun profit à venir en aide aux plus faibles, parce que cela demande du temps, du travail et de la sueur. La classe moyenne est en train de disparaître et le fossé entre riches et pauvres s’élargit. Un vivre ensemble serait possible, mais on doit comprendre qu’on peut aussi trouver du profit avec des personnes qui ont moins d’habileté. Ce profit sera peut-être inférieur, mais on y gagnera en relations humaines, en santé, en valeurs… Il faut avant tout comprendre que si on ne pense qu’à soi, on n’arrivera plus à être heureux. Des personnes qui ont moins, mais qui peuvent compter l’une sur l’autre, ont trouvé un trésor précieux.

Katharina Pinzer, 24 ans, éducatrice, vit à Nuremberg (Allemagne)

L’urgence d’une culture européenne

Si tu étais président de la Commission européenne (c’est-à-dire si tu avais des fonctions de responsabilité et de décision), quelles seraient les priorités sur ton agenda pour maintenir et développer l’union des peuples européens ?

La réforme la plus urgente à mettre en œuvre au niveau européen n’est assurément ni politique ni économique, mais culturelle. C’est-à-dire qu’il faudrait une information capillaire sur le fonctionnement des institutions européennes, on devrait financer massivement des programmes qui interrogent notre choix d’être ensemble et la portée historique de l’expérience d’intégration européenne. On doit investir dans le domaine artistique et culturel (musique, art, cinéma) en visant surtout un public jeune. On doit en fait créer une conscience et un sentiment d’appartenance des citoyens à l’Union.

L’Europe a-t-elle un avenir ? Quelle contribution vois-tu, par exemple, de la part des Églises et des mouvements et communautés chrétiennes ?

Les communautés chrétiennes peuvent être un des fondements sur lesquels se greffera le projet européen dans l’avenir. Le message de communautés implicite dans le christianisme, son aspect de solidarité sociale, la responsabilité civile qui accompagne la croissance spirituelle dans la religion chrétienne est à la base même de notre « être ensemble » et de nous trouver unis dans la diversité. L’Europe est née de grands hommes d’État qui partageaient cet esprit de fraternité et c’est une dimension que nous devons redécouvrir.

Federico Castiglioni (Rome, 17/11/88). Diplômé en Sciences politiques avec félicitations du jury à l’Université Rome 3 et actuellement doctorant en Études européennes à la même université. A publié plusieurs articles de vulgarisation et scientifiques, en italien et en anglais, toujours sur des thèmes liés à l’actualité européenne ou au rôle de l’Union Européenne dans le monde. Est responsable des relations externes des Jeunes Fédéralistes Européens (JEF Italy).