par TogetherforEurope | 29 Sep 2017 | Actualités, Expériences, réflexions et entretiens
Ce n’est pas chose facile de raconter plus de 10 ans en Slovénie, Croatie et Roumanie.
Je m’y suis tout de suite senti à l’aise. L’impact initial avec la Slovénie a été spécial parce que les Slovènes sont un peuple complètement différent du mien. Je ne connaissais pas la langue, le climat était très froid, et il y avait toujours dans les maisons cette odeur caractéristique du charbon qui brûlait dans les poêles. J’ai été tout de suite frappé par leur sens de l’ordre et de la discipline. Je me souviens qu’un soir, avec un ami de la communauté, nous nous étions arrêtés devant un kiosque pour acheter des fruits. Lui s’était mis à faire la queue et moi, je m’étais mis à l’écart. Au bout de quelques minutes, je me suis aperçu qu’une queue s’était formée derrière moi… Je me suis vite rendu compte qu’il se passait la même chose pour prendre le bus. Cela m’a vraiment impressionné. Cinq mois plus tard, je suis parti en Croatie. J’y ai éprouvé un sentiment de liberté, parce que j’étais inscrit à l’université pour apprendre la langue et je pouvais rencontrer des personnes, circuler dans la ville et faire toutes sortes de choses auparavant impossibles. Avec les Croates, j’ai découvert un peuple très proche du mien : lumineux, cordial, accueillant et aimant la bonne chère.
La chute du Mur
Une expérience inoubliable, vécue instant après instant avec mes amis et beaucoup d’autres, devant la télévision : sous nos yeux, c’était le monde qui changeait !
La guerre
La guerre des Balkans a été une de mes expériences les plus fortes : une sensation un peu étrange parce qu’à Zagreb, où je vivais, nous n’étions pas directement touchés par le conflit. Dans les premiers jours seulement, j’ai vécu des moments de terreur à cause des snipers qui tiraient de tous côtés, au hasard, sur la population. Malgré cela, ce qui me reste le plus de ces années de guerre, ce ne sont pas les villes ou villages détruits, mais la solidarité qui s’est créée entre les personnes. J’étais ému d’assister à l’arrivée de camions pleins de nourriture, de vêtements, etc. Pour ma part, comme mes parents étaient morts, J’ai littéralement vidé avec quelques jeunes l’appartement de ma famille à Naples et tout transporté en Croatie. Je me souviens aussi qu’au beau milieu de la guerre, en 1993, nous avons réussi à organiser un festival de jeunes. Ils étaient environ 3 000 : catholiques, orthodoxes, musulmans, et venaient de Yougoslavie, de Roumanie, de Bulgarie et de Moldavie. J’ai été particulièrement touché par une chanson d’un groupe de jeunes musulmans ! La radio et la télévision étaient présentes et le lendemain la nouvelle était en première page sur tous les journaux de la capitale.
La Dacia (Roumanie)
Dans ce pays, j’ai compris ce que veut dire passer d’une situation de bien-être à une situation d’indigence. Le communisme – c’est mon ressenti – avait réussi à détruire toute l’histoire culturelle, civile et populaire du pays. Pour moi, cela a été un choc ! Un jeune que je connaissais de vue m’avait demandé de l’argent. Sur le moment, je n’ai pas pu l’aider parce que je n’avais pas sur moi la somme qu’il me demandait. Mais je me suis posé cette question : « Pourquoi est-ce à moi qu’il s’est adressé ? ». Réponse évidente : « Parce qu’il sait que je suis Italien et il pense qu’à n’importe quel moment je peux repartir d’où je viens ». La véritable pauvreté est la sensation de n’avoir plus rien et de ne pas avoir quelqu’un qui peut vous aider. En Roumanie, j’ai fait aussi l’expérience du partage profond, avec la rencontre de frères et sœurs qui attendaient quelque chose qui donne enfin un sens à leur vie : l’Amour. Comme auparavant en Slovénie et en Croatie, j’ai encore des relations fraternelles avec beaucoup d’entre eux.
Gennaro Lamagna
par TogetherforEurope | 28 Sep 2017 | Actualités, Expériences, réflexions et entretiens
Rossiya mon Amour
Moscou 1991. C’est l’hiver. Ce premier après-midi, mon avion atterrit à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo.
La salle d’arrivée est faiblement éclairée et la queue au contrôle des passeports et visas interminable. J’ai trouvé un emploi à l’université Lomonossov et voilà que je débarque en Russie avec toutes mes affaires. Dehors, il fait déjà nuit et, d’une certaine manière, j’ai l’impression qu’ici le monde est définitivement fini. Puis l’annonce : « Correspondance pour Novossibirsk et Krasnoïarsk ». Je pense alors : « Il me semble au contraire que c’est ici que tout commence ».
La magie des commencements
Je vis dans une petite communauté œcuménique. Notre appartement se trouve rue Volocaevskaïa, dans un quartier ouvrier. Au premier abord, cela semble un endroit peu fiable. A ma question : « Pourquoi n’allons-nous pas, comme tous les étrangers, sur le terrain sûr de l’ambassade ? », on m’explique : « Ne t’inquiète pas ! Ici, le prolétariat nous protège ».
En fait, le contact avec nos voisins est spontané : les vieilles dames, assisses presque jour et nuit dans la cour, savent exactement qui arrive, avec qui et à quelle heure, qui s’en va et où il va. Par leur spontanéité, les enfants me font oublier la puanteur et la saleté de la cage d’escalier. Rue Volocaevskaïa, nos nouveaux amis viennent volontiers, collègues et étudiants, jeunes et moins jeunes. Dans notre appartement meublé, ils ne sont pas gênés par le canapé rongé par les rats ni par le tuyau d’eau qui fuit dans le couloir. Le début de notre profonde amitié nous immerge dans une lumière éblouissante et nous fait oublier tout le reste.
Les « fils spirituels » d’Alexandre Men
Au début des années 90, en Russie, la production continue à diminuer. Les magasins sont vides, on manque de tout. La vie religieuse semble éteinte. Dans les églises, il y a une usine de vodka, un bureau, un magasin…
Nous connaissons depuis longtemps le prêtre russe-orthodoxe Alexandre Men. Depuis les années 60, il baptise clandestinement des milliers de personnes et montre une ouverture œcuménique qui n’est pas sans danger à cette époque. Autour de lui se forme une communauté vivante de chrétiens orthodoxes. Quand le père Alexandre est sauvagement tué, il laisse ses « fils spirituels » traumatisés, comme orphelins.
« Là ou deux ou trois se trouvent réunis en mon nom… »
Rapidement, beaucoup d’entre eux s’unissent à nous. Nous commençons à vivre ensemble la Parole de l’Écriture, par exemple : « Là ou deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20). Ils trouvent parmi nous une nouvelle patrie, comme ils l’expriment eux-mêmes. « Vous, vous ne faites pas de prosélytisme, vous nous aidez à devenir un ferment pour un renouveau de l’Église russe-orthodoxe ». Après des dizaines d’années de sécheresse spirituelle, nous vivons avec eux et d’autres un nouveau printemps. Je suis heureuse comme jamais. La soif d’une vie spirituelle en communion nous unit, nous qui sommes si différents par la culture, l’éducation et la mentalité.
Ma découverte
Dans les années 90 – avec la pérestroïka et le glasnost – de plus en plus d’organismes et de sectes entrent dans les pays d’au-delà du rideau de fer, mais aussi des aides des différentes Églises (Renovabis, Kirche in Not, Bonifatiuswerk…) et des mouvements religieux (Communion et Libération, le Chemin Néocatéchuménal, les Focolari, la Communauté Sant’Egidio…). Quelques-uns restent, beaucoup sont repartis.
Mon expérience personnelle, comme Allemande de l’Allemagne de l’Ouest, après presque 20 ans en Russie ? J’ai reçu de ce pays infiniment plus que ce que je pourrai jamais donner : entre autres, le recueillement pendant la riche liturgie orthodoxe-russe, où ma relation à Dieu s’est approfondie ; et les amitiés solides qui continuent à distance et me montrent combien je suis aimée. J’ai redécouvert ma vocation de chrétienne et de femme : j’ai été appelée pour aimer. Pendant ces années, je crois que nous avons récrit à notre manière les Actes des Apôtres. Les phrases : « Voyez comme ils s’aiment » et « ils mettaient tout en commun » (Ac 4,32) nous ont marqués, modelés. Je les comprends de façon nouvelle : l’Évangile va beaucoup plus loin… bien au-delà de Novossibirsk et Krasnoïarsk !
Beatriz Lauenroth
par TogetherforEurope | 25 Sep 2017 | Actualités, Autriche
WILLKOMMEN, BENVENUTI, WELCOME, VITAJTE, BIENVENUE…
Le groupe des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » se réunit cette année à Vienne !
Nous souhaitons faire de cette rencontre un grand Ensemble, un Ensemble intense, visible, ouvert, un Ensemble serein et européen.
A cette fin, nous, l’équipe de coordination de Vienne, avons mûrement réfléchi et, après avoir consulté le Comité d’Orientation, nous préparons pour le début de la rencontre, le 9 novembre, une prière œcuménique à la cathédrale Saint-Étienne, dans le centre de Vienne, donc un lieu ouvert au public, avec la participation de plusieurs personnalités. L’archevêque de Vienne, le cardinal Schönborn a confirmé sa présence à la prière et le maire de Vienne invite aussitôt après à des « agapes ».
« Le 9 novembre, tu viens à la cathédrale Saint-Étienne ? » : c’est la question que nous posons à tous ceux que nous rencontrons, dans une joyeuse attente.
La cathédrale sera-t-elle remplie ? « La partition est écrite au ciel », disait Chiara Lubich, et nous avons confiance.
l’équipe de coordination de Vienne
TÉLÉCHARGER L’INVITATION (EN ALLEMAND) : Treffen Trägerkreis Wien 2017 – Einladung zum Gebetsabend>>
par TogetherforEurope | 31 Août 2017 | 2016 Munich, Actualités
Ça y est ! Grâce au travail de beaucoup de personnes, la documentation de l’événement, qui a eu lieu à Munich du 30 juin au 2 juillet 2016, est désormais entièrement sur le site web : photos, thèmes du congrès et de la manifestation sur la place publique.
Celle-ci est disponible en Anglais et en Allemand
Vous pouvez tout de suite feuilleté ces documents en Anglais >
Vous pouvez tout de suite feuilleté en allemand : en Alemand >
Vous pouvez aussi télécharger la version pdf en Anglais > ou en Allemand >
Secrétariat d’Ensemble pour l’Europe
par TogetherforEurope | 11 Août 2017 | Actualités
Après la Newsletter du mois de mai dernier, où nous avons demandé des suggestions de phrases très brèves, qui puissent devenir des « sous-titres » d’Ensemble pour l’Europe, voici dans la langue d’origine ce qui nous est parvenu.
Nous remercions chacun et chacune, qui nous a répondu, et qui ont manifesté ainsi leur appartenance à notre « ENSEMBLE » !
- ’Europa – la nostra casa comune
- ’Europa – la Casa della famiglia dei popoli
- In the Name of Jesus
- Cristiani per l’Europa – popoli dal labbro puro, rivestiti delle armi della luce
- Ein geschwisterliches Europa der Werte
- Wir bauen auf ein Europa der Geschwisterlichkeit / auf ein Europa der Werte
- Insieme per l’Europa – pista cristiana verso un mondo migliore di sussidiarietà e solidarietà
- „Diese Christen bekommen wir nicht mehr auseinander. Sie gehören zusammen“ (Zitat von Reinhard Kardinal Marx)
- Miteinander für Europa – Christen aus verschiedenen Konfessionen tun sich zusammen
- Aus Unkenntnis wird ein Staunen über den Reichtum der anderen
- Ein Synergie-Effekt entsteht. Kräfte werden frei.
- Europa bekommt ein anderes Gesicht! Das Gesicht Jesu!
- Innestati nelle radici comuni
- L’Europa si desta!
- Europa: casa delle nazioni – Famiglia di popoli
- Europa delle nazioni – Famiglia di popoli
par TogetherforEurope | 6 Juil 2017 | Actualités, Italie
Ensemble pour l’Europe est l’invité de l’Association « Villes pour la Fraternité »
On dit que l’Europe est unie, si nous unissons les villes. Mais n’existe-t-il pas quelque chose d’universel « semblable », capable d’inspirer et animer un tel réseau?
Ensemble pour l’Europe est un E.N.S.E.M.B.L.E de chrétiens qui oeuvre pour la fraternité envers tous, avec un engagement social et politique au sens le plus large pour notre continent. L’Association « Villes pour la Fraternité » est une organisation qui veut contribuer, et pas seulement en Italie, à la diffusion du principe même de la fraternité en politique. Nous sommes donc « en famille », alors!
Dans la ville de Saint François d’Assise le 22 Juin, 2017, s’est réuni l’équipe directive de l’Association « Villes pour la Fraternité » avec des représentants de différentes villes italiennes. A cette occasion « Ensemble pour l’Europe » a été invité à la suite d’un un premier contact qui a eu lieu à Rome le 17 Février, dans le cadre de la remise à de la municipalité d’Assise du prix «Chiara Lubich pour la Fraternité » (v. Article « Nouvelles internationales » sur ce site. Le souhait de l’Association est qu’il puisse se développer une collaboration pour le bien commun à multiplier.
« Notre » modus vivendi « doit être la fraternité » – a souligné le vice-président, Donatella Tesei, apportant des exemples concrets de collaboration entre les villes de l’Italie centrale. Les faits et les exemples, qu’Ensemble pour l’Europe a pu témoigner , en expliquant leur travail dans les différents pays d’Europe, semblaient faire écho à ces paroles.
Voici la fraternité, vraie et possible « semblable » qui crée une synergie entre les différents administrateurs des « Villes pour la Fraternité » et les groupes de Mouvements et Communautés Ensemble pour l’Europe; ils peuvent aussi offrir leur contribution spirituelle et culturelle aux défis qui émergent dans les villes.
Ilona Tóth et Ada Maria Guazzo