Le 6 mai, dans l’église Évangélique des Frères tchèques, nous avons participé à la traditionnelle prière de Taizé.
La prière était pour l’Europe, une cinquantaine de personnes étaient présentes : tout était très solennel et œcuménique, avec des représentants de diverses Églises. Nous avons préparé et lu les intentions, comme l’avaient souhaité les jeunes organisateurs. Un jeune ami de notre réseau, qui se présente actuellement aux élections législatives nationales, était également présent.
Nous étions de quatre Mouvements: Schönstatt, Sant’Egidio, Chemin Neuf et Focolari.
Après la prière, nous nous sommes réunis pour un moment informel autour d’une petite collation préparée par nos soins. Au cours des discussions, nous avons parlé d’Ensemble pour l’Europe et certains ont souhaité recevoir le lien pour l’événement du 15 mai au Parlement européen à Bruxelles.
Cette rencontre nous a réjoui dans la joie d’être ensemble ; l’amitié s’est développée entre nous, représentants des Mouvements.
Ces petits signes sont des briques pour construire ensemble l’Europe.
Quand on parle de l’Europe aujourd’hui, on parle de problèmes économiques, de disputes, de conflits et de guerres. On peut parfois penser que l’Europe est en train de se désintégrer. « Cette menace rend encore plus précieuse le travail du réseau Ensemble pour l’Europe (EpE) qui met en avant les racines spirituelles du continent » affirme une journaliste qui suit le réseau depuis longtemps.
Influencer la paix en Europe
En avril 2025, la réunion habituelle du Comité d’orientation se tient à Bratislava, en Slovaquie. Pour la première fois dans un pays du Centre-Est de l’Europe, le groupe est accueilli par le réseau catholique charismatique ENC (European network of communities). Dix-huit personnes de sept mouvements et de cinq pays représentent le réseau européen à Bratislava, dont Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, Gerhard Pross, actuel modérateur d’EpE, et d’autres dirigeants de Quinta Dimensione, Vineyard, Schönstatt et de divers YMCA en Allemagne. « EpE souhaite être un service pour l’Europe. À l’intérieur, on s’entraîne continuellement à construire l’unité dans la diversité. Et grâce à cette expérience, EpE a un impact positif sur l’engagement pour la paix en Europe. » C’est par ces paroles que Sr. Nicole Grochowina, de la Christusbruderschaft de Selbitz, vise haut. Et puis elle cite Isaïe 43,19 : « Voici que moi je vais faire du neuf, ne le reconnaîtrez-vous pas ? »
Un aperçu époustouflant
Cet esprit d’innovation se ressent par exemple lorsque se réunissent des représentants de sept Mouvements locaux, des politiciens chrétiens du pays (Eduard Heger, Miriam Lexmann, Viliam Karas et Branislav Skripek) et des personnalités du monde ecclésial, dont le nonce Mgr Nicola Girasoli. Dans un tour d’horizon époustouflant, les Mouvements font connaître leurs charismes et leurs engagements, dont beaucoup dans le monde de la jeunesse. C’est une occasion unique de se connaître non seulement avec EpE, mais aussi entre eux et avec le monde politique. La Slovaquie, politiquement éprouvée, fait preuve d’une grande force intérieure. Le « tchac » se fait entendre parmi toutes les personnes présentes. Le lendemain matin, des représentants d’ENC Slovaquiearrivent avec leur président, Alex Myskov, et présentent leur réseau. Alors que l’EpE et l’ENC apprennent à mieux se connaître, il est évident que l’amitié se développe rapidement.
Crier sur tous les toits
« Il est plus important que jamais de ne pas mettre sous le boisseau l’expérience d’EpE, mais de la crier sur tous les toits. » Margaret Karram encourage ainsi le Comité pour les étapes futures. Et elle poursuit : « EpE donne à l’Europe l’élan nécessaire pour respirer avec deux poumons, c’est-à-dire vivre le dialogue entre l’Est et l’Ouest ». De projets pour l’avenir, par exemple d’une rencontre au large en 2027, on en parlera plus en détail lors de la rencontre des Amis d’EpEdu 6 au 8 novembre 2025 à Castel Gandolfo/Rome.
Thomas Roemer, pasteur luthérien de Munich, nous suggère de méditer chaque jour une parole de l’Évangile dans laquelle Jésus nous rassure : « Je suis… ». Et chaque jour, nous confions en particulier un groupe de nations européennes.
Comme les années précédentes, nous faisons cette prière selon une ancienne tradition du christianisme. Il s’agit d’une neuvaine, donc d’un parcours de neuf jours, du 30 avril au 8 mai.
Nous faisons ce chemin en groupe, en communauté, ou même individuellement, mais toujours unis et en nous confiant aux paroles de Jésus : « … Si deux d’entre vous, sur la terre, se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt 18, 19-20)
La communauté de Taizé est d’orientation œcuménique et prévoit des moments de prière réguliers le matin, à midi et le soir, au cours desquels les célèbres chants de Taizé, la lecture de la Bible, le silence partagé et la participation à la communion jouent un rôle central. Les quelques 60 frères invitent des jeunes du monde entier à participer à leur vie pendant une semaine. En effet, environ un millier de jeunes Portugais se trouvaient à Taizé en même temps que notre délégation. »
Rencontre
La lecture commune du livre de Joël (2,12-18) a conduit la délégation à s’entretenir avec le prieur de la communauté, Frère Matthew, et avec les frères Richard et Andreas. Le texte a frappé les lecteurs précisément en référence à l’Europe, là où il est dit : « Déchirez votre cœur et non vos vêtements ». L’appel s’adresse à toutes les générations, afin qu’elles s’approchent de Dieu avec une sincère dévotion et qu’elles demandent sa miséricorde. Sur ce point, le groupe était d’accord. Étant en contact avec de nombreux jeunes, les frères de Taizé ont également une idée de leurs peurs, pour lesquelles ils ressentent un besoin urgent d’être accompagnés. Taizé est donc sans aucun doute un lieu spirituel pour les jeunes, où ils trouvent écoute et compréhension.
Un pont vers Ensemble pour l’Europe ?
Comment construire maintenant un pont entre Taizé et EpE ? Le trio a reconnu que le charisme des frères et leur contribution à Ensemble pour l’Europe, et par conséquent à l’Europe, résident dans leur proximité avec les jeunes, dans leur fidélité à leurs prières et dans leur hospitalité. Il faut maintenant déterminer ensemble les prochaines étapes, en partant de cette amitié qui s’est approfondie. Et qui sait ? Peut-être y aura-t-il un jour une rencontre « Ensemble pour l’Europe » de jeunes à Taizé ? Les frères et nous pouvons certainement l’imaginer.
Impressions
Sœur Nicole, P. Raffael et Matthias sont rentrés chez eux heureux et pleins de joie. « En plus de la rencontre avec les frères de Taizé, ces jours nous ont rapprochés les uns des autres, nous qui sommes parmi les plus jeunes de notre comité d’Orientation. Nous avons besoin de telles expériences. Les voyages que nous faisons ensemble et les rencontres avec les différents Mouvements que nous visitons nous font comprendre que « Ensemble en Europe vit et nous continuons ensemble ! »
Depuis environ quatre ans, avant le déclenchement du conflit à grande échelle en Ukraine, nous nous réunissons en ligne tous les jeudis soirs pour prier ensemble pour la paix. Nous sommes de différentes cultures et nations d’Europe de l’Est et de l’Ouest. Et depuis quelques mois, des représentants de Terre Sainte se sont également joints à nous.
Nous ne sommes qu’une centaine, mais c’est toujours un moment sacré qui nous fait comprendre que nous sommes une seule famille qui prie et qui demande ensemble la paix à Dieu. Pour nous, ici en Ukraine, c’est un grand don de prier ensemble, car cela nous donne la force d’aller de l’avant, en nous sentant proches de nombreuses personnes. Et cela nous donne de l’espoir pour l’avenir.
Ljubljana : tous les jours pendant trois ans
Marjana et Pavel Snoj racontent : « Le 22 février 2022, l’agression de la Russie en Ukraine nous a surpris et bouleversés – nous ne nous y attendions vraiment pas ! En Slovénie, nous savons ce qu’est la guerre ; nous l’avons également vécue après l’éclatement de l’ex-Yougoslavie au début des années 90 et nous en portons encore les blessures. C’est pourquoi nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire contre cette guerre, qui est toujours source de douleur, de destruction et de mort. Une possibilité nous est immédiatement apparue : le prière ! Car nous sommes certains que le prière peut tout obtenir de Dieu.
Nous avons donc décidé de prier en ligne. Nous sommes environ 60 personnes de différents Mouvements et Communautés, qui prions ensemble chaque jour pendant 30 minutes depuis février 2022, et nous n’avons jamais cessé de le faire, pour aucune raison. À la fin de la prière, nous restons encore brièvement connectés pendant environ 5 à 10 minutes pour échanger les dernières nouvelles sur la guerre, les douleurs et les joies que nous vivons, nous qui sommes présents. Une véritable famille se crée entre nous, car nous vivons les uns pour les autres. Nous croyons en la paix et nous croyons qu’elle sera bientôt possible.
Esslingen : perception, proximité, prière
Judith Kaiser écrit : « Soyez joyeux dans l’espérance, forts dans l’épreuve, persévérants dans la prière » – tel est l’appel de l’Épître aux Romains 12:12. C’est peut-être cet appel qui nous rassemble tous les mardis soirs en tant que chrétiens de différents mouvements et communautés – région germanophone – dans la prière œcuménique sur Zoom pour la paix en Ukraine.
Dans notre prière pour une paix juste, nous plaçons notre confiance dans l’aide du Seigneur dans tous les besoins dont nous sommes conscients. Depuis novembre 2023, nous sommes un nombre constant de 10 à 20 personnes qui prient. Grâce à la participation de Miroslav d’Uzhhorod et parfois aussi de Viktor de Lviv, l’Ukraine est toujours présente dans la prière sur Zoom. Leurs perceptions, leurs récits, leurs salutations et leurs demandes nous aident à prier concrètement et à reconnaître l’action de Dieu. Notre lien dans la prière nous fait souvent ressentir une profonde proximité qui réconforte le cœur. Après une brève impulsion, nous prions à haute voix ou en silence, intercédant, bénissant, professant la Parole de Dieu… chacun à sa manière. À la fin, nous adressons également nos prières de manière spécifique pour la situation en Israël. Une fois par mois, Hans-Joachim Scholz nous guide dans la prière de réconciliation. Nous avons souvent l’expérience d’être nous-mêmes bénis et fortifiés dans la foi grâce à ce rendez-vous. Et Dieu agit toujours à nouveau – rendons-lui grâce pour cela ! »
Porter le battement de l’actualité à Dieu
Nous aimons conclure par une pensée du Pape François, 1 : « Peut-être que la force de l’habitude et une certaine ritualité nous ont amenés à croire que la prière ne transforme pas l’homme et l’histoire. Au contraire, prier, c’est transformer la réalité. C’est une mission active, une intercession continue. Ce n’est pas s’éloigner du monde, mais changer le monde. Prier, c’est porter à Dieu le battement de l’actualité pour que son regard s’ouvre sur l’histoire. (…) Si le prière est vivante, elle nous incite continuellement à nous laisser troubler par le cri de souffrance du monde ».
Les personnes intéressées à participer à l’un de ces moments de prière peuvent nous contacter via le site.
Le secrétariat international d’Ensemble pour l’Europe
(1)Homélie dans l’église du Gesù à Rome, le 12 mars 2022
Le prophète Jérémie avait une idée claire de ce que signifie rechercher le Bien dans l’environnement dans lequel nous vivons et habitons. Il savait que le peuple de Dieu prospère lorsqu’il ne se renferme pas sur lui-même, mais se met au service de la société. Il crée ainsi un espace de vie et d’espoir pour les générations futures.
Nous expérimentons depuis des années que Dieu veut rassembler son peuple. Nous sommes conscients que le don-charisme qu’Il a fait à chaque Mouvement et Communauté est destiné à être « lumière et sel » dans la société dans laquelle nous vivons, dans toute l’Europe. Au milieu de la crise profonde que nous vivons aujourd’hui, cherchons ensemble « le Bien » dans les défis et les possibilités de notre temps.
L’initiative de Munich se veut une expérience d’amitié et d’inspiration. Ensemble, nous voulons célébrer Dieu et vivre dans l’unité et la réconciliation. ENSEMBLE POUR L’EUROPE.
Le vendredi 27 juin , « ENSEMBLE » sera exploré : il y aura une visite guidée de la ville, suivie d’une collation et d’un programme en soirée.
Le samedi 28 juin, c’est le temps du « POUR » : approfondissement du texte de Jérémie 29,7 suivi de moments d’échanges. L’après-midi sera consacré à des groupes thématiques : prière pour la ville, initiatives sociales, jeunesse, mariage et famille, transmission de l’Évangile, migration et autres. La soirée se terminera par un moment de louange.
Le dimanche 29 juin est consacré à l’« EUROPE » avec une célébration œcuménique.
Pour plus d’informations et pour les réservations, voir le site national : www.miteinander-wie-sonst.org. L’événement se déroulera en allemand, aucune traduction n’est prévue.